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EPoPé

Etudes politiques sur le pénal

Responsables scientifiques du groupe de projet EPoPé : Jacques de Maillard, Jérémie Gauthier, Camille Lancelevée

#SaveTheDate Le groupe EPoPé organise le 3 avril 2018 à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales une journée d’étude sur « Les institutions pénales saisies par les gouverné.e.s ». Cette journée est coordonnée par Jérémie Gauthier (IRIS-EHESS et Centre Marc Bloch) et Cécile Vigour (CNRS, Sciences Po Bordeaux, Centre Emile Durkheim).
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Présentation du groupe de projet

En France comme ailleurs, les institutions pénales[1] sont devenues un objet d’analyse stimulant de multiples recherches empiriques au croisement entre plusieurs traditions disciplinaires (sociologie, histoire, psychologie, science politique, droit, etc.). Si cette prolifération de travaux représente un enrichissement, elle ne manque de poser plusieurs questions du point de vue de la science politique, que ce groupe de projet propose d’articuler.

Objet multidisciplinaire, les institutions pénales apparaissent souvent comme un objet relativement marginal de la science politique, au sens où elles sont avant tout interrogées à partir d’une approche de sociologie du travail, des organisations, du droit, mais moins souvent dans un questionnement de sociologie politique. Le « politique » (en tant que politiques publiques, compétition politique ou espace politique) peut se voir alors dissous dans des approches ne lui accordant qu’une place secondaire ou implicite. Un tel risque est renforcé par le fait que les auteurs de sociologie politique, et plus largement de science politique, sont parfois conduits à délaisser ce champ d’étude.

Une seconde limite des recherches actuelles sur les institutions pénales réside dans la forte segmentation des objets d’étude : police, prison, justice, sécurité locale, etc. Si cette segmentation se comprend dans une logique pragmatique de division du travail scientifique, elle conduit implicitement à cloisonner les questionnements à des réflexions mono-institutionnelles. Or, promouvoir des échanges entre ces domaines de spécialité favorise une réflexion plus globale sur les recompositions de l’Etat (entre social et pénal, entre logique webérienne et néo-managérialisation, etc.), permettant d’interroger plus spécifiquement les ressorts de l’État pénal.

Pour répondre à ces enjeux, notre groupe de projet défend trois convictions. D’abord, si ces questions doivent être abordées selon une logique multidisciplinaire, les approches de sociologie politique doivent se situer au cœur de ces questionnements. Ensuite, la réflexion doit être résolument comparée et internationale, en s’appuyant sur des mises en réseau d’acteurs travaillant dans des institutions de recherche francophones et au-delà. Enfin, aborder les recompositions de la pénalité exige d’établir des passerelles et liens scientifiques entre les sous-spécialisations thématiques pour proposer des théorisations plus générales.

Nous proposons des activités de recherche autour de trois axes :

Axe 1 : politiques et institutions pénales : continuités, changements et demande sociale
Cet axe propose d’interroger l’hypothèse du renforcement de l’État pénal en regroupant les travaux traitant du lien entre politique et pénalité selon trois aspects : les évolutions des politiques pénales et les groupes d’acteurs qui contribuent à les produire, les institutions pénales face aux réformes et les circulations infra- et internationales des normes et des pratiques pénales.

Axe 2 : Délimiter les illégalismes, produire un ordre politique
Ce deuxième axe entend réunir des chercheurs.ses travaillant sur la façon dont l’activité des institutions pénales délimite en pratiques le légal de l’illégal et contribue, ainsi, à produire un ordre politique. Trois pistes sont ici envisagées pour engager le dialogue : les frontières mouvantes des illégalismes, les institutions pénales en actes professionnels, citoyens et institutions pénales.

Axe 3 : Production académique, expertise institutionnelle et débat public
Il s’agit ici d’un axe plus réflexif portant à la fois sur la production académique, la production d’un savoir expert (et sa réception par les institutions et professionnels) et les enjeux de la contribution au débat public. L’objectif est d’ouvrir une réflexion épistémologique sur les frontières disciplinaires dans les pays francophones et anglophones, mais également une réflexion politique sur l’effet de ces découpages disciplinaires, sur la production de savoirs « experts » et sur les liens existants entre expertise externe, savoirs institutionnels, logiques médiatiques et réformes.

 

[1]                Dans ce texte, les « institutions pénales » désignent l’ensemble des acteurs, des pratiques, des normes et des espaces qui concourent à la régulation des déviances dans une société donnée..

Contacts des responsables :

Jacques de Maillard (UVSQ-CESDIP), demaillard@cesdip.fr
Jérémie Gauthier (Iris, Centre Marc Bloch), jeremie.gauthier@ehess.fr
Camille Lancelevée (Iris, Ministère de la justice), camille.lancelevee@gmail.com

 

Coordination scientifique

Anthony Amicelle (Université de Montréal), Mathilde Darley (CNRS-CESDIP), Jérémie Gauthier (IRIS et Centre Marc Bloch), Virginie Gautron (Université de Nantes-Laboratoire Droit et changement social), Valérie Icard (CESDIP et UPJV), Camille Lancelevée (IRIS et ministère de la Justice), Jacques de Maillard (UVSQ-CESDIP), Cécile Vigour (CNRS–Centre Emile Durkheim)

Le groupe de projet « Etudes politiques sur le Pénal » (Epopé), constitué dans le cadre de l’Association française de science politique ambitionne de rassembler des chercheurs et chercheuses en sciences sociales travaillant sur les dimensions politiques des institutions pénales (police, justice, prison) en France et ailleurs. Trois journées d’études sont d’ores et déjà prévues entre 2017 et 2019 (la première orgenisée le 3 avril 2018 portera sur les institutions pénales saisies par les gouvernés),

Un carnet de recherche est désormais accessible, en complément de cet espace web : https://epope.hypotheses.org/

Le groupe est ouvert à toutes les propositions, tout particulièrement de jeunes chercheurs encore peu visibles dans les réseaux de recherche. Les chercheur-e-s intéressé-e-s par les axes de recherches du groupe (voir ci-dessus) peuvent nous adresser une note d’environ 150 mots indiquant leur affiliation institutionnelle et leurs thématiques de recherches. Nous pourrons constituer un répertoire sur cette base. Plus largement, ces informations pourront servir au lancement de projets collectifs.

Informations bientôt disponibles.