Section Thématique 26

Agir par reseaux. Les réseaux en science politique : méthodes et objets.
Acting through NETWORKS ? Social networks as objects and methods in political science

Responsables

Camilo Argibay (Université Lyon II, Laboratoire Triangle) camilo.argibay@univ-lyon2.fr
Anouk Flamant (Université Lyon II, Laboratoire Triangle) anouk.flamant@sciencespo-lyon.fr
Renaud Payre (Université Lyon II, Laboratoire Triangle) renaud.payre@univ-lyon2.fr

Présentation scientifique Dates des sessions Programme Résumés Participants

 

Présentation scientifique

L’analyse des réseaux sociaux renvoie à un sous champ disciplinaire des sciences sociales relativement bien défini. Les premiers sociogrammes de Moreno dans les années 1930, l’enquête de Barnes sur les communautés norvégiennes dans les années 1950 et les travaux de Milgram sur les « petits mondes » dans les années 1960 sont aujourd’hui reconnus comme les travaux fondateurs de cette approche (Mercklé 2004). L’utilisation accrue de l’outil informatique a fait se multiplier les usages des réseaux sociaux en sociologie depuis les années 1990. Ces enquêtes ont toutes pour point commun l’étude d’individus (qui peuvent être collectifs) et des liens qui les connectent. Ces derniers peuvent être amicaux, professionnels, politiques, militants, familiaux, etc.

En science politique, l’usage a longtemps été simplement métaphorique. Pourtant les réseaux ont été au cœur d’un renouvellement des approches du métier politique, des milieux partisans (sawicki,1997). Par ailleurs, des questionnements – notamment en analyse des politiques publiques – ont été menés depuis fort longtemps sur les liens entre acteurs aux statuts divers et ce pour comprendre l’élaboration des politiques. Que l’on songe aux travaux sur le « triangle de fer », à ceux sur le poids des groupes d’intérêts ou encore aux communautés de politiques, on saisit la place d’une approche relationnelle de l’action. Des débats se sont noués autour du degré de stabilité de ces réseaux ou encore de leur ouverture et de leurs frontières. Il s’agit de repérer la multiplicité des acteurs impliqués dans l’action publique et la capacité des réseaux à produire de la stabilité et de la permanence dans une action publique contemporaine fragmentée (Le Gales, Thatcher, 1995). L’analyse des réseaux d’action publique est également mobilisée pour s’intéresser aux acteurs en interaction dans ces réseaux et les effets en retour de ceux-ci sur ces acteurs (Marsh, smith, 2000). Cette approche permet également de comparer les réseaux d’action publique dans différents pays et de renouveler l’analyse des politiques publiques à l’échelon international (Knoke, Pappi, Broadbent, Tsujinaka, 1996).

Reste que les réflexions méthodologiques au sujet de l’analyse des réseaux sont encore assez peu nombreuses. Comment fait-on pour enquêter sur ces réseaux ? Comment peut-on objectiver ces réseaux ? De quels types d’outils disposons-nous ? De quelle manière l’analyse du réseau comme objet de recherche permet-elle d’apporter un nouvel éclairage sur la construction des politiques publiques ?

Parmi les premières analyses inter-organisationnelles mobilisant les réseaux d’action publique, on compte les travaux sur l’action publique urbaine et/ou territoriale (Rhodes, 1999). Les travaux insistent surtout sur les relations structurelles entre les différentes institutions politiques davantage que sur les relations  entre acteurs. Par leur attention portée aux réseaux formels, une partie de ces études ont principalement trait à l’action publique urbaine produite par les groupements de villes de plus en plus nombreux ou encore par des programmes européens (Bennington, Harvey, 1998). D’autres analyses s’intéressent à la vision du monde et aux théorisations politiques implicites cristallisées dans ces instruments que sont les réseaux de villes. Elles reviennent sur le rôle des réseaux dans la compétition entre villes ou au contraire dans leur capacité à limiter cette dernière (Leitner, Sheppard, 2002) Il est possible enfin de dégager un troisième ensemble d’enquêtes davantage socio-historiques qui souhaitent repérer le travail d’institutionnalisation de ces réseaux, réseaux qui voient le jour dès la fin du dix-neuvième siècle (Contemporary European History  2002 ;  Annuaire  d’histoire administrative européenne 2003). En rétablissant une épaisseur historique des réseaux, en les isolant comme objets d’études, une nouvelle grille de lecture s’impose. Une grille de lecture attentive à la construction des réseaux mais également à leurs usages politiques. Ces questionnements étaient déjà présents dans les travaux de science politique qui s’intéressaient aux ressources mobilisées par les élus locaux pour participer et influencer les politiques publiques (Le Lidec, 2001).

La première session thématique sera consacrée aux questions méthodologiques. Elle donnera lieu à des retours sur les deux grands types d’enquêtes (réseau personnel et réseau complet), sur la mobilisation de bases de données et sur la représentation graphique de différents réseaux. Au travers de ces exemples empiriques, nous interrogerons les outils mis à la disposition de la science politique pour comprendre et rendre compte de ces réseaux d’action publique.

La seconde session thématique se concentrera sur les apports de l’analyse des réseaux dans les études politiques pour la compréhension de l’action publique en particulier des collectivités locales. Par la présentation de réseaux concrets d’action publique, pris comme objet de recherche, nous nous focaliserons à la fois sur la manière dont les intervenants les ont objectivés, comment ils les ont étudiés, les protocoles d’enquête mis en place. Ces approches empiriques contribuent à apporter un nouveau regard sur les politiques publiques, leur construction et les acteurs la composant.

The analysis of social networks is a well defined subfield in social sciences. Nowadays, some researches are recognised as the founding ones: the first sociograms of Moreno in the 30s, the study of Barnes on Norwegian communities in the 50s and “the small worlds” of Milgram in the 60s (merckle,2004). Since the 90s, NTIC tools have increased the use of social networks in sociology. All these studies are focusing on individuals or groups and their links.
In political science, network has been for a long time only a world. Nevertheless, networks have been in the heart of new approaches dealing with political trades and partisan worlds
(Sawicki, 1997).  Moreover, researches have been conducted –especially in policy analysis – on the role played by different actors to elaborate public policies.  Recently, some studies have looked to the diversity of actors in the public action and the capacity of networks to produce stability and continuity in the current fragmented public action. (Le Gales, Thatcher, 1995).
However concerns about methodology are still weak. How can we study these networks? How could we objectivise these networks? What kind of tools do we already have ?
Among these studies dealing with the networks of public action, some of them are focusing on urban policies. Most of these studies are looking at urban policies produced by city networks, more and more numerous, or by European programs (Bennington, Harvey, 1998). Other studies are concentrating on the political model spreading through these networks, perceived as tools of the public action. Networks are either playing a key role in the competition between cities either are trying to contain it (Leitner, Sheppard, 2002).

Finally, an other group of studies in a socio-historical perspective is trying to identify the progressive institutionalisation of these networks which are born at the end of the 19th century (Contemporary European History  2002 ;  Annuaire  d’histoire administrative européenne 2003). With this historical perspective and by considering them as objects, a new way of understanding networks have to be developed. It has to pay attention to the gradual construction of networks and their political uses. The same kind of methodology was used in the studies which considered the use of resources by local representatives to define and to influence public policies (Le Lidec, 2001).
The first session will be dedicated to methodology. It will be the occasion to focus on the two major types of studies (personal network and full networks), on the use of data bases and on the graphic representation of different networks.

The second session will concentrate on the benefits of the analysis of networks in political science to understand public action particularly the one led by local authorities.  


Sessions

Les travaux de la Section Thématique se dérouleront sur les sessions suivantes :
Session 1 : 31 août 2011 13h45-16h30
Session 2 : 1er septembre 2011 8h45-11h30

Voir planning général...

Lieu : IEP (salle 320)


Programme

Session 1 : Le réseau comme méthode d’enquête en science politique

Discutant : Pierre François (CSO, CNRS)

Session 2 : Analyser le politique par l’étude des réseaux. Le cas des collectivités territoriales

Discutant : Vincent Dubois (PRISME, IEP de Strasbourg)


Résumés des contributions

Session 1 : Le réseau comme méthode d’enquête en science politique / Network as a method of investigation in political science

Jean-Pierre Le Bourhis (CURAPP – CNRS, Université de Picardie)

Décrire et visualiser les réseaux d’action publique au niveau régional : réflexions méthodologiques à partir du cas des politiques environnementales

La communication traite des problèmes et enjeux méthodologiques que soulèvent la représentation et la comparaison des réseaux d’acteurs intervenant dans la production d’actions publiques au niveau régional et en deçà. Elle mobilise au plan empirique les premiers résultats d’une recherche sur les politiques environnementales - gestion de l’eau et maîtrise de l’énergie- mises en œuvre dans un cadre régional. L’analyse s’appuie tout d’abord sur un état des travaux en analyse des politiques publiques mobilisant la notion de réseaux d’acteurs, en focalisant sur leurs choix épistémologiques, leurs cadrages conceptuels et les méthodologies privilégiées dans la collecte, le traitement et la visualisation des données. Les options épistémologiques et méthodologiques retenues dans la recherche sont replacées dans cette perspective, en mettant l’accent sur plusieurs points problématiques et les modes de résolution adoptés concernant les types de données mobilisées, les outils de collecte, de traitement et de visualisation des informations sur les réseaux concernés et le choix des unités pertinentes dans la représentation et la visualisation de ces réseaux.

Describing and visualising the policy networks at regional level: methodological thoughts from environmental policies

The communication discusses the issues and methodological stakes raised by the representation and the comparison of the actors networks involved in the production of policies at regional level and below. On the empirical level, it mobilises the first results of a research on environmental policies - water management and energy control - implemented within a regional framework. The analysis rests on the current state of work as regards the study of public policies reflecting the different traditions for investigating the actors networks, by focusing on their epistemological choices, their conceptual delineations and the favoured methodologies for collecting, processing and visualising data. The epistemological and methodological options adopted in the research are considered in line with this perspective, with an emphasis on several problematic points and the resolution modes adopted for the types of data mobilised, the tools for collecting, processing and visualising information on the networks and the choice of the relevant units in the representation and the visualisation of such networks.

Carolina Gutiérrez Ruiz (CERAPS, Université Lille 2)

Les réseaux sociaux dans l’analyse des politiques publiques : un complément nécessaire aux approches comparatives

Cette communication montre qu’une manière d’analyser les isomorphismes repérés par l’analyse comparative est de croiser deux éléments qui permettent d’expliquer les convergences des modèles observables dans différentes réalités nationales : le facteur temporel, que nous traitons sous la forme de séquences, et le facteur relationnel, que nous analysons à l’aide de l’analyse des réseaux sociaux. L’analyse des interactions entre les acteurs d’une politique publique, notamment dans le contexte d’une circulation, permet de mieux comprendre l’apparition de certaines idées, dans le cas précis, celle relative à la décentralisation de l’État. L’étude du réseau transnational qui est à l’origine de cette politique publique au Chili nous permettra de traiter un certain nombre de questions méthodologiques posées par l’analyse du réseau comme méthode d’enquête en science politique.

Social networks in public policy analysis : a necessary addition to comparative analysis

This paper shows that one way of analyzing the isomorphisms spotted by comparative analysis is to cross two elements which allow us to explain the convergences of the models observable in various national realities: the temporal factor, which we treat in the form of sequences, and the relational factor, which we analyze by means of the analysis of social networks. The analysis of interactions between the actors of public policies, in particular in the context of circulation, allows us to better understand how certain ideas appear – in this particular case, the ideas relating to the decentralization of the State. The study of the transnational network from which these public policies originate in Chile will allow us to treat some methodological questions raised by network analysis as a method of survey in political science.

Rachel Polaud (PACTE, IEP Grenoble)

La société civile constituée en réseau d’experts: l’implication des ONG dans les négociations internationales sur la propriété intellectuelle

Notre objectif était d’identifier les ONG qui exercent une activité de lobby destinée à influencer la décision internationale dans le cadre des négociations sur la propriété intellectuelle menée à l’OMC, à l’OMPI et à l’OMS entre 1996 et 2006. La question de départ était de déterminer les ONG impliquées durablement dans une relation avec l’une au moins de ces OIG. Le fil conducteur de notre recherche a été l’identification des ONG expertes (c’est-à-dire produisant de l’expertise) parce qu’elle était facilement repérable et qu’elle correspondait à l’activité des réseaux de politique publique (qui regroupe en général des spécialistes d’un thème), l’un des rares concepts qui permet d’obtenir des informations sur la composition, l’action et l’utilité de ces groupements d’acteurs non étatiques. Ce concept offre le grand intérêt de préciser la composition du réseau sans connaître au préalable les acteurs impliqués dans les négociations, grâce notamment à des recoupements d’informations. La représentation graphique que nous en avons tirée nous a conduits à identifier les acteurs centraux, préciser la densité du réseau et mieux comprendre les activités de chaque ONG dans les négociations (elles ont chacune leur spécialité). Ces conclusions ont été corroborées par le dépouillement des communiqués de presse des ONG.

Civil society as networks of experts : NGOs involvement in international negotiation dedicated to intellectual property

Our purpose was to identify NGOs acting as lobbies during international negotiations dedicated to intellectual property at the WTO, the WIPO and the WHO (1996-2006). The first point was to identify NGOs able to produce expertise. This aspect was quite easy to be noticed. What is more, expertise is one of the main activities of policy networks. The concept of policy networks was interesting for two main reasons. First it allows pointing out the organizations involved and their kind of activity/speciality within the network. Secondly, it helps understanding the part they can play to build the influence of the network. We cross that information with the one collected in NGOs’ press releases.

Eric Cheynis (CRESPPA-CSU, Université de La Rochelle)

Les laboratoires de l’action publique. Enquête sur les réseaux réformateurs marocains

Les transformations de l’action publique aujourd’hui au Maroc prennent notamment la forme d’un partenariat croissant entre l’Etat et le monde associatif. La forme associative devient un instrument et un dispositif technique de l’action publique renforçant l’imbrication entre "public" et "privé". Cette réforme de l’action publique met en jeu une multitude d’acteurs bien au-delà des seuls agents de l’administration marocaine : des acteurs associatifs, des employés d’institutions internationales, d’agences étrangères de coopération ou d’organisations non gouvernementales, des universitaires, etc. Cette communication vise à comprendre comment se structure cet espace de production d'une réforme de l’action publique qui passe par le développement de partenariats entre l’Etat et les associations. Le concept de champ montre ses limites pour étudier un ensemble d’acteurs marqués par des logiques antagoniques et au sein duquel coexistent plusieurs professions et sphères d’activité. Le recours à la notion de réseaux sociaux vise à analyser la manière dont s’agglutinent des fractions de différents espaces. Elle permet de mettre en évidence les liens interpersonnels, les relations amicales, professionnelles, militantes nouées au cours des trajectoires et ainsi de dépasser les catégories classiques d’analyses, les frontières institutionnelles tout comme celles de l’Etat-nation afin de faire ressortir les racines sociales des transformations en cours.

Marie-Clotilde Meillerand (ANR MOSARE, Triangle)

Capitaliser l’information pour préparer l’analyse de réseaux : le système modulaire de gestion de l’information historique (Symogih). Une approche des publications administratives et de leurs auteurs (fin 19ème siècle-début 20ème siècle).

Cette communication propose de revenir sur la méthodologie du projet de recherches ANR MOSARE. Cette entreprise collective s’intéresse à la mobilisation de savoirs pour la réforme de l’Etat depuis le milieu du 19ème siècle. Le corpus de sources privilégié est très diversifié et renvoie à la documentation produite par et sur l’administration : dictionnaires, revues, ouvrages spécialisés. A cela s’ajoute l’étude des parcours et carrières d’administrateurs au sein de différents services en charge de la réforme/construction de l’Etat à partir du milieu du 19ème siècle.
La communication propose donc de revenir sur la façon dont ces différentes données sont stockées et croisées au sein d’une base de données pour permettre une approche renouvelée de la mobilisation/construction des savoirs administratifs. Ce système, au delà du stockage de l’information, permet en effet de mener des requêtes multiples pour faire émerger des réseaux de personnes, des « moments » fondateurs ou encore de retracer les étapes de l’institutionnalisation de certaines pratiques ou compétences administratives. Après une présentation de la démarche adoptée, nous proposerons de développer un exemple à partir des données stockées dans le système de stockage de l’information.

Capitalizing on information to prepare a network analysis: the modular system of historical information management (Symogih). An approach of administrative publications and their writers (end 19th century – beginning 20th century).

Our purpose is to examine the methodology developed in the ANR MOSARE project to focus on the use of knowledge for state reform since the middle of the 19th century. With a diverse chosen corpus of sources composed of documents produced for and by the administration: dictionaries, journals and technical books, this paper also scrutinizes civil servants’ careers in different departments responsible for state building/reform.
At the same time this exploration offers an investigation into how different data is stored and matched up in a database to offer a new understanding of the building/use of administrative knowledge. This system, beyond the storage of information, enables several questions to be considered such as networks, “key foundation periods,” the institutionalisation of some practices and administrative competences. After a short presentation of the project, we will develop an example with the data collected in the database.

Session 2 : Analyser le politique par l’étude des réseaux. Le cas des collectivités territoriales / Analysing policies through networks studies. The case of local authorities.

Nagisa Mitsushima, Alexandre Lambelet (CRPS, Université Paris I)

Désetatiser l’action publique: Réseaux de réforme sociale et milieux d’action.

La sociologie des mobilisations comme des politiques publiques se sont construites en plaçant l’Etat au cœur de leur questionnement. L’action contestataire viserait d’abord à influencer l’Etat quand l’action publique s’articulerait autour de la décision institutionnelle et de l’intervention de la puissance publique. Travaillant sur des mouvements de réforme sociale – la défense des retraités en Suisse (1917-2007) et la protection de l’enfance en France (1890-1940) – nous sommes amenés à questionner cette centralité de l’Etat. La perspective stato-centrée ne permet pas de rendre compte d’une action publique initiée à partir de multiples centres d’impulsion ou de différents « milieux » qui confèrent les spécificités à une action publique pensée indépendamment de l’Etat et selon des formes multiples sur le territoire. Nous voudrions alors montrer en quoi l’analyse des réseaux (socio-historienne et ethnographique) permet, à travers des analyses situées du politique, d’affiner la compréhension de l’action publique sous deux aspects : elle permet 1) de comprendre la structuration et la circulation de solutions d’action publique sur le territoire, et 2) de sortir d’une conception de l’Etat comme cible structurant les formes d’actions publiques et d’envisager, à côté d’une vision stato-centrée des répertoires d’action, des ressorts et des supports d’action articulés à des cultures organisationnelles ou à des modes de légitimation qui prennent sens dans des milieux situées.

« De- nationalize » public action : networks of social reforms and environments of action

For mobilizations and policies studies, the State is the core issue. Every protest would tend to influence the State while every policy should be articulated with the intervention of the public power. Working on social movements for social reforms – Elderly Interest groups and social movements in Switzerland (1917-2007) and child protection reform in France (1890-1940) - we are both questioning this overpresence of the State in our researches. A focus on the State hides how policies can be initiated and conducted by various actors outside and independently of the State. It also hides how policies can be run or completed in various « environments » or « networks » according to specificities from a territory to another. We would like to demonstrate that network analysis – through socio-historian and ethnographic perspectives – allows us to refine, by located analysis, the comprehension of policies in two ways : 1) Network analysis enables us to understand the circulation of policies’ solutions among national or transnational territories 2) if the State is not the sole target that structures the forms of policies and the nature of « repertoires of action », network analysis allows us to understand how organizational cultures and located forms of legitimation constrain the types of action.

Osmany Porto de Oliveira (IHEAL, Université de São Paulo/Université de la Sorbonne Nouvelle)

L'implication des réseaux dans la circulation des politiques de gouvernance participative: Le cas du Forum des Autorités Locales.

Les dispositifs de participation directe dans les débats publics font, de nos jours, l’objet d’une prolifération massive au sein des villes et induisent une dynamique de transferts internationaux. De fait, l'inclusion des citoyens et des associations, dans les décisions et les domaines qui les concernent directement, est devenue, aussi bien un élément de revendication de la part des mouvements sociaux, qu’une priorité pour différents gouvernements locaux. Il est indispensable de chercher des éléments qui permettent de comprendre la logique sous-jacente à ce phénomène. L'objectif de cette communication est d'analyser le rôle joué par les réseaux de villes dans la circulation internationale des dispositifs participatifs entre l'Amérique Latine et l'Europe.
Notre travail se dédie au cas du Réseau FAL (Forum des Autorités Locales pour l’Inclusion Sociale et la Démocratie Participative) et son implication dans le processus de transfert du Budget Participatif brésilien, l’un des exemples les plus significatifs de ce mouvement complexe de dissémination internationale. Le FAL a été crée parallèlement au Forum Social Mondial en 2001 avec la volonté de proposer un espace plus important pour la discussion et l’échange d'expériences en matière de gestion urbaine. L'étude des interactions au sein de ce réseau nous révèle des dynamiques plus larges sur la construction et les transferts, entre les villes, d'idées et de solutions publiques en matière de gouvernance participative.

The involvement of networks in the circulation of participatory governance policies: The case of Local Authorities Forum

The devices of direct participation in public debates are, nowadays, the object of a massive proliferation in cities and induce a dynamic of international transfers. In fact, the inclusion of citizens and associations in the decisions and issues that concern them directly has become not only an advocacy on behalf of social movements, but also a priority for local governments. It is indispensable to look for elements that allow us to understand the subjacent logic of this phenomenon. The purpose of this paper is to examine the role played by networks of cities in the international circulation of participatory devices between Latin America and Europe.
Our work is dedicated to the case of FAL Network (Forum of Local Authorities for Social Inclusion and Participatory Democracy) and its involvement in the process of transfer of the Brazilian Participatory Budgeting, one of the most influential examples of this complex movement of international diffusion. The FAL Network was created in parallel to the World Social Forum in 2001 with the purpose of being an important space to discuss and exchange experiences on urban management. The analysis of the interactions in the network reveals a broader dynamic of the construction and transfer, among cities, of ideas and policy solutions in terms of participatory governance.

Sarah Russeil (RIVES)

Usages et rôles des réseaux dans la gestion du patrimoine mondial. Le cas de l’Organisation des villes du patrimoine mondial.

Conçue par des « savants » comme un levier pour l'élaboration de politiques urbaines de protection du patrimoine, l’Organisation des villes du patrimoine mondial (Ovpm), réseau de villes créé au début des années 1990, visait à palier certaines insuffisances de la gouvernance des biens du patrimoine mondial. En devenant, notamment par l'implication d’élus urbains soucieux de maîtriser leurs politiques urbaines, un espace de représentation des villes et de légitimation du label Ville du patrimoine mondial, l'Ovpm a érigé la gestion du patrimoine en impératif des politiques urbaines et favorisé un renouvellement des approches de l’objet patrimoine tant au niveau international que local. Devenu un interlocuteur des institutions internationales, ce réseau, vecteur efficace de la diffusion des normes internationales, cherche désormais à apporter des réponses aux problèmes de gestion des sites sans remettre en cause les rôles des Etats ou des institutions internationales.
Ainsi sans bouleverser réellement la gouvernance des sites du patrimoine mondial, l'Ovpm a modifié certains traits de cette gouvernance en créant les conditions d’une véritable différenciation entre processus de définition des biens et politique de gestion des lieux. La participation municipale à une politique internationale s’est in fine, dans ce cas, traduite par une intégration de ce réseau à la gouvernance des sites.

How networks are used and what are their roles in world heritage management.The case of the Organization of world heritage cities

The Organization of world heritage cities (OWHC) has been designed, early 90s, by erudites to develop urban policies of heritage’s protection. This cities network’s aim is to overcome the shortcomings of world heritage governance. As many mayors have got involved in this network, notably to be sure to manage their urban policies, the network has became fastly a space of representation and legitimization of the new label world heritage cities. So that, the OWHC has established management of heritage as a necessity of urban policies; local and international approaches of heritage have been revitalized in the same time. The OWHC make easier the dissemination of international standards of conservation of world heritage cities and is now one preferred contact of international organisations. Henceforth the network looks like to improve management of world heritage cities without disrupt rules of states and international organisations.
The OWHC has modified some aspects of world heritage governance, notably because it has identified a difference between creating world heritage and managing world heritage sites. Cites’ participation at an international policy amount, in that case, to the OWHC is integrated into world heritage governance.

Gildas Tanguy (LaSSP, IEP de Toulouse)

Des hauts fonctionnaires en réseau. Le rôle de l’Association européenne des représentants territoriaux de l’État dans la construction d’une culture administrative préfectorale transnationale

L’Association européenne des représentants territoriaux de l’État (AERTE) ne doit pas être simplement considérée comme une association professionnelle défendant des intérêts corporatistes. Elle s’apparente davantage à un réseau « d’experts des territoires » – animé par des hauts fonctionnaires territoriaux – qui cherchent à mettre en commun leurs savoirs de gouvernement, leurs expériences administratives et leurs bonnes pratiques afin de peser sur la décision politique et d’infléchir les politiques publiques européennes territoriales. À partir d’une enquête en cours, la communication vise à rendre compte des logiques de circulation et de transfert des savoirs de gouvernement ; participant ainsi à la formation d’une culture administrative préfectorale européenne. C’est aussi une fenêtre opportune pour s’interroger sur les procédures d’étalonnage et de rationalisation des pratiques de corps. Plus largement, l’analyse cherchera à vérifier l’hypothèse selon laquelle un tel réseau européen de hauts fonctionnaires territoriaux parvient à infléchir – ou non – les politiques de réformes territoriales.

Senior officials in network. The role of the European Association of the territorial representatives of the State in the construction of a prefectoral administrative transnational culture

The European Association of the territorial representatives of the State (AERTE) must not be simply considered as a professional association defending corporatist interests. She’s more similar to a network " of experts of territories " - livened up by territorial senior officials - who try to share their knowledge of government, their administrative experiences and their good practices to press on the political decision and bend the territorial European public policies. From a current research, the communication aims at reporting logics of circulation and transfer of the knowledge of government; so participating in the formation of an European prefectoral administrative culture. It is also a convenient window to wonder about the procedures of calibration and rationalization of the practices of body. More widely, the analysis will try to verify the hypothesis according to which such an European network of territorial senior officials succeeds in bending - or not - the policies of territorial reforms.


Participants

ARGIBAY Camilo camilo.argibay@univ-lyon2.fr
CHEYNIS Eric eric.cheynis@wanadoo.fr
DUBOIS Vincent vincent.dubois@misha.fr
FLAMANT Anouk anouk.flamant@sciencespo-lyon.fr
FRANÇOIS Pierre p.francois@cso.cnrs.fr
GUTIÉRREZ Carolina Camila ccgr78@yahoo.fr
LAMBELET Alexandre alexandre.lambelet@unil.ch
LE BOURHIS Jean Pierre lebourhis@u-picardie.fr
MEILLERAND Marie-Clotilde mcmeillerand@gmail.com
MITSUSHIMA Nagisa nmitsushima@hotmail.com
PAYRE Renaud renaud.payre@sciencespo-lyon.fr
POLAUD Rachel rachel.polaud@wanadoo.fr
PORTO DE OLIVEIRA Osmany osmanyporto@yahoo.com
RUSSEIL Sarah sarah.russeil@free.fr
TANGUY Gildas gildasfy.tanguy@wanadoo.fr