Section Thématique 3
La sortie des conflits armés
contemporains :
Responsables
Barbara Delcourt (Université libre de Bruxelles) bdelcou1@ulb.ac.be
Frédéric Ramel (Université Paris Sud,
Présentation scientifique
Dates des sessions
Programme
Résumés
Participants
La « sortie des conflits
armés » peut revêtir deux aspects : celui de la sortie immédiate (« sortie de guerre » stricto sensu), ou bien celui de la paix
durable (« sortie de
conflit »). Etroite, la sortie immédiate se limite aux actions
ayant pour finalité la cessation des hostilités. Large, la sortie durable
s’étire sur la période post-conflictuelle et a pour ambition d’établir les
ressorts d’une réconciliation inscrite dans le temps. Or, les faits
stratégiques contemporains révèlent toutes les difficultés à réaliser cette
double sortie. Ils invitent parfois à des jugements très sévères sur des
opérations menées sans véritable reconnaissance de l’altérité sur le terrain, à
l’instar de Rory Stewart suite à son observation récente en Afghanistan.
L’objectif de la section
thématique consiste à identifier les discours ainsi que les pratiques de sortie
des conflits armés sur la base de différentes enquêtes de terrain et d’une
pluralité de grilles d’analyse. Toutefois, la focale retenue sera celle des
institutions internationales car elles incarnent des acteurs
indispensables in situ comme le prouvent les expériences récentes. Comme le
souligne Guillaume Devin, s’il est possible de faire la guerre sans leur
soutien, il est impossible de faire la paix sans leur implication. Au-delà de
la crise qui les affecte et qui suscite des interprétations divergentes, c’est
bien là leur sentier principal.
Trois dimensions seront
privilégiées au sein de cette section thématique.
1. Décider la sortie des
conflits armés.
S’approprier une situation
stratégique en vue de contribuer à sa résolution suppose une détermination
politique mais aussi des instruments adaptés. Sur quelles bases les
institutions internationales construisent leur expertise en matière de sortie
des conflits ? Comment l’inscrivent-elles sur leur agenda ? En quoi réside
la spécificité du discours et des actions entreprises par les institutions
internationales ? Peut-on repérer une convergence doctrinale entre ces
institutions (une sorte de doxa)
? Cette première série d’interrogation portera ainsi sur l’élaboration d’une
stratégie de sortie des conflits armés ainsi que ses sources (épistémiques et
transnationales, bureaucratiques et institutionnelles, politiques et
diplomatiques). L’analyse tentera d’identifier de façon comparative :
- une double série de
critères : ceux relatifs à la mise en place d’une stratégie (moment
considéré comme opportun, intensité conflictuelle, …), ceux concernant le
retrait (qualification d’une « réussite » ou d’une nécessaire
terminaison).
- des dynamiques d’interaction
entre les institutions d’une part et les populations ou acteurs locaux d’autre
part (appréciation de « l’empreinte légère » notamment) dans la mise
en place de la stratégie.
- des mécanismes d’analogie entre
conflits en vue de faire reposer la stratégie de sortie de conflits sur une
expérience préexistante considérée comme applicable et structurante pour le cas
d’espèce.
2.Coordonner la sortie des
conflits armés.
De plus en plus de conflits armés
mobilisent côté à côté plusieurs institutions internationales. Ce partage des
tâches sur le terrain devient une constante dans le déploiement des opérations
de paix que ce soit pendant ou après la période conflictuelle. Cette
coopération révèle l’existence d’une demande en faveur d’une plus grande
présence des organisations régionales en la matière. Elle ne repose pas
seulement sur la reconnaissance d’avantages comparatifs dans le sens où elle
tend à faire éclore une division du travail entre les acteurs institutionnels
(thèses de MacFarlane et Weiss). Comment se décline cette coordination ?
Avec quel degré d’efficacité se manifeste-t-elle ? Ce second axe visera à
- identifier les échelles de
« task-sharing » : développement des institutions sous-régionales
(tout particulièrement en Afrique) ; incorporation des échelles
transrégionales (Commonwealth,
OIF, …) ; inter-régionalisme (dispositifs de l’UE).
- mettre en relief des retours
d’expérience dont les matériaux permettront de repérer des obstacles et des
avancées que ce soit sur le plan logistique des opérations ou sur bien sur
celui des représentations.
L’OTAN se pose la question d’une
« exit strategy » pour l’Afghanistan. La stratégie adoptée par le
général McChrystal va dans le sens de la mise en place d’une approche globale,
pour « passer la main » aux Afghans. Ce choix s’inscrit dans un débat
plus général sur la transformation de l’organisation en alliance dite globale.
Il participe d’une réforme de l’OTAN en vue de s’adapter à l’environnement
international. Ce cas d’espère est révélateur d’une corrélation entre la sortie
des conflits armés et la pertinence d’une alliance militaire dans le contexte
oligopolaire en formation. Plus généralement, il met en évidence le lien entre
des opérations de sortie des conflits armés et la problématique du changement
au sein des institutions internationales (cf. l’appel à la réforme des
Nations-Unies sous l’effet conjugué d’une crise des opérations de paix). Afin
d’appréhender ces différents liens, ce troisième aspect de la réflexion
permettra de repérer :
- la place de l’approche dite
« globale » dans la sortie des conflits armés et ses effets sur la
transformation des institutions internationales de sécurité.
- les effets des opérations de
sortie de conflits sur l’appareil bureaucratique et le répertoire d’action de
ces institutions.
Du point de vue transversal, ces
trois dimensions relatives à la décision, à la coordination ainsi qu’à
l’appréhension des effets de la sortie des conflits armés ont une visée :
mettre en relief l’existence ou non de convergences.
Elles sont de trois types :
-
Convergences perceptuelles : ou représentations partagées de la sortie
des conflits armés au-delà des singularités empiriques auxquelles sont
confrontés les acteurs institutionnels (émergence potentielle d’une
« culture stratégique » spécifique) ;
-
Convergences pratiques : ou instruments articulés en vue de réaliser les opérations de sortie
des conflits armés (mutualisation des ressources, connectivité des
dispositifs) ;
-
Convergences fonctionnelles : ou incidences similaires des sorties de
conflits armés sur les rouages administratifs ainsi que sur la nature de
l’institution internationale qui déploie ces opérations.
The end of armed conflicts can have two aspects: the immediate one
(the end of the conflicts stricto sensu), or the one of sustainable peace.
Narrow, the first is limited to actions aiming at the cessation of hostilities. Wide, the second stretches
the post-conflict period and the ambition to establish lasting reconciliation
in time. However, the contemporary strategic facts reveal all the difficulties
to achieve this double goal. They lead sometimes to very harsh judgments on
operations ran without genuine recognition of otherness in local situations, in
the manner of Rory Stewart as underlined in his last book dedicated to an
experience in Afghanistan.
The objective of this thematic section is to identify practices related to
the end of armed conflicts on the basis of different surveys and a plurality of
analysis. However, we focus here on the international institutions’ role
because they embody fundamental actors in situ. As Guillaume Devin asserts, if
it is possible to be involved in a war without their support, it is impossible
to make peace without them. Three dimensions will be dealt with in this
thematic section.
To Decide the end of armed conflicts: On which basis international institutions
build their expertise regarding the end of armed conflicts? How do they
inscribe them on their agenda? What is the specificity of international
institutions’ posture and practices in this field?
To Coordinate the end of
armed conflicts: More and
more armed conflicts mobilize several international institutions on the same
strategic “theatre”. This task-sharing on the field becomes an enduring feature
in the deployment of peacekeeping operations either during or after the
conflict period. How is this task-sharing achieved?
To tackle the reforms of
international institutions in terms of armed conflicts: NATO raises the question of an "exit
strategy" for Afghanistan. General McChrystal strategy aims at achieving a
global approach. This choice is part of a broader debate on the so-called
global alliance organization transformation but many international institutions
cope with the same situations. To what extent practices related to the end of
armed conflicts entail change in institutions? What are the bureaucratic,
operational and doctrinal consequences of these local experiences?
All these dimensions regarding the decision, the coordination as well as
the apprehension of the effects of the end of armed conflicts have the same
goal: shared representations of this issue (potential emergence of a
specific “strategic culture” on the end of armed conflicts), articulated
instruments to achieve the end (pooling of resources, connectivity devices), similar impact of armed conflict on the bureaucracy as well as
the nature of international institutions that develop such operations.
Les travaux de la Section Thématique se dérouleront sur les sessions suivantes :
Session 4 : 2 septembre 2011 15h15-18h
Voir planning général...
Lieu : Institut Le Bel (salle 113 H)
Christophe Griffin (Université Paris III, Sorbonne Nouvelle)
De la guerre limitée à la victoire limitée : la stratégie des alliés pour gagner la guerre en Afghanistan
Romuald Coussot (IEP Strasbourg / GSPE-PRISME)
Le rôle de la Communauté internationale en Bosnie-Herzégovine
depuis la fin de la guerre (1992-1995) : de l’action à l’impasse
Bastien Nivet (Institut de relations internationales et stratégiques)
La difficile émergence de l’Union européenne comme acteur global de la sortie des conflits armés : inerties institutionnelles et task-sharing stratégique
Nicolas Lemay-Hébert (Ecole des sciences de gestion et Chaire Raoul Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, Université du Québec à Montréal, OSCE)
Quel rôle pour le state-building européen ?
Dorly Castaneda (Centre d’études européennes, Institut d’études politiques de Paris)
Quel rôle pour l’Union européenne dans la sortie du conflit armé en Colombie ? Le cas des laboratoires de paix
Discutant : Christophe Wasinski (Université Libre de Bruxelles)
Christopher Griffin (Université de Paris III – Sorbonne Nouvelle)
De la guerre limitée à la victoire limitée : la stratégie des alliés pour gagner la guerre en Afghanistan
En 2008, l’OTAN a adopté une « approche globale » pour gagner la guerre en Afghanistan. Pour l’OTAN, les buts de la victoire sont les suivants : d’une part, un Etat afghan démocratique et centralisé à Kaboul, et d’autre part, la sécurité sur le terrain, garantie par une armée afghane capable de lutter contre l’insurrection talibane sans l’appui international. Cette approche de l’OTAN présuppose un consensus stratégique entre les pays membres sur la manière de gagner la guerre. Cependant, les pays militairement les plus puissants en Afghanistan ont des idées fondamentalement différentes sur les méthodes pour gagner la guerre ainsi que sur la définition de la victoire. De plus, les stratégies et buts nationaux en Afghanistan ont changé plusieurs fois de 2001 à 2010, et depuis 2006 en particulier. La divergence des stratégies a produit une situation où les pays membres de l’OTAN font plusieurs guerres en fonction de leurs buts nationaux. Pourquoi y a-t-il une telle divergence de stratégies et de buts au sein de l’OTAN ? Les différences résultent de trois facteurs : les intérêts nationaux individuels en Afghanistan, les relations civilo-militaires et la formulation de la stratégie militaire dans chaque Etat membre. Depuis 2006, la doctrine américaine de la contre-insurrection est devenue aussi un facteur important pour la conduite des opérations sur le terrain par les pays européens. Les trois facteurs sont particulièrement visibles dans les stratégies des trois pays les plus puissants de l’Alliance : les Etats-Unis, le Royaume-Uni, et la France. Une étude comparative des trois cas peut révèler plusieurs sources importantes des divergences au niveau de l’Alliance atlantique dans la stratégie militaire concernant le sort de l’Afghanistan.
From Limited War to Limited Victory: Allied Strategy to Win the War in Afghanistan
In 2008, NATO adopted a “comprehensive approach” to win the war in Afghanistan. NATO defined two general goals for victory: the establishment of a democratic and centralized Afghan state in Kabul, and military security on the ground, underpinned by an Afghan National Army capable of fighting the Taliban rebellion without international support. NATO’s approach assumes the existence of a strategic consensus between its member states over the way in which to achieve victory. The most powerful member states, however, have fundamentally different ideas about the methods employed to win the war, as well as the definition of ultimate victory. In addition, national goals and strategies for Afghanistan changed a number of times between 2001 and 2010, most notably in 2006. The divergence in national strategies has produced a situation in which the NATO member states are conducting multiple national wars to achieve their own national goals. Why is there such a divergence in strategies and goals in NATO in Afghanistan? The differences are due to three factors: the particular national interests of each state in the alliance, civil-military relations, and the formulation of military strategy in each state. Since 2006, American counterinsurgency doctrine has also become an important factor for the conduct of operations by European allies. The three factors are particularly salient in the strategies of the three most powerful countries in the alliance, the U.S., the U.K., and France. A comparative study of the three cases will reveal a number of important sources of discord in NATO over the military strategy to end the war in Afghanistan.
Romuald Coussot (IEP Strasbourg / GSPE-PRISME)
Le rôle de la Communauté internationale en Bosnie-Herzégovine
depuis la fin de la guerre (1992-1995) : de l’action à l’impasse
La Constitution en Bosnie-Herzégovine issue des Accords de Dayton de 1995 a mis en place un système institutionnel qui repose sur des bases de séparation ethnique fonctionnant sur la relation entre les trois peuples constituants : Serbe, Croate et Bosniaque.
Les antagonismes ethniques restent très puissants et une situation entre guerre et paix s’est figée. La Communauté internationale a rendu possible ce « semblant de paix ».
Du fait des oppositions radicales entre les trois communautés et des menaces séparatistes, la Communauté internationale se voit contrainte d’imposer un statu quo dont personne ne veut (mis à part la Communauté Serbe) de peur que la situation ne dégénère en nouveau conflit armé.
Cette communication a pour but d’analyser le rôle joué par la Communauté internationale en Bosnie-Herzégovine et de fournir des éléments d’explication sur les raisons des balbutiements et atermoiements de la Communauté internationale dans sa politique de peacebuilding.
Enfin cette communication montre également que non seulement la Communauté internationale ne semble pas arriver à sortir des contradictions inhérentes à la situation, mais en plus nos analyses montrent que par une série d’effets pervers, la Communauté internationale contribue en réalité à renforcer une certaine forme d’ethnicisation et ainsi échouent à inscrire un processus de paix durable.
The role of the International Community in Bosnia-Herzegovina since the end of the war (1992-1995) : from action to standstill
The Bosnia-Herzegovina's Constitution issued from the Dayton Accords in 1995, established an institutional system which lay on ethnic separation bases, working on the connexion between the three component nations : Serbian, Croatian and Bosniak.
The ethnic antagonisms remain very powerful and a war and peace situation installed itself.
The International Community made this semblance of peace possible.
Because of the radical oppositions between the three communities and the separatists threats, the International Community is forced to impose an unwanted statu quo (apart from the Serbian community), with the fear of a new armed conflict happening again.
This communication aim to analyse the International Community's role in Bosnia-Herzegovina and to give keys of explanation on the stammering and postponement habits of the International Community politics in peacebuilding.
Lastly, this communication points out that not only the International Community does not seem to find a way out of the inherent contradictions in this situation, but also our analyses show that by series of perverse effects, the International Community actually contributes to strengthen a kind of ethnicization and in this way, fail to set down a long lasting peace process.
Bastien Nivet (Institut de relations internationales et stratégiques)
La difficile émergence de l’Union européenne comme acteur global de la sortie des conflits armés : inerties institutionnelles et task-sharing stratégique
L’émergence de la PESD devait faire de l’UE un acteur international global, capable d’agir sur l’ensemble du spectre des outils, temps et registres d’intervention des conflits armés et de leur sortie. Les interventions menées depuis dans le cadre de la PESD ont pourtant davantage entériné l’existence de l’UE comme acteur de prévention et de stabilisation à long terme des conflits que son émergence comme acteur de leur sortie immédiate. A partir de l’analyse de ce constat européen, cette communication entend contribuer à la compréhension plus large de la complexité de la sortie des confits armés comme objet pour les institutions internationales. Deux hypothèses sont en particulier envisagées. Celle d’une inertie institutionnelle et stratégique européenne, expliquant que l’UE ne renouvelle que lentement et laborieusement sa gamme de positionnement et de registres d’intervention, du fait de pressions internes ou externe. Le cas européen permet ici de montrer qu’une approche globale de la sortie des conflits armés exige un profond renouvellement des approches, compétences et outils pour un acteur donné. Seconde hypothèse, celle d’un task-sharing entre institutions et acteurs internationaux, impliquant que l’UE, malgré ses évolutions importantes, continue de faire ce que les autres ne font pas ou ce qu’elle fait mieux que les autres.
The difficult emergence of the European Union as a global actor of the exit of armed conflicts: institutional inertias and strategic task-sharing
The emergence of the ESDP was supposed to turn the EU into a global international actor, able to act on the whole spectrum of the tools, times and registers of intervention of armed conflicts and their exit. The interventions carried out since within the framework of the ESDP however confirmed the existence of the EU as an actor of prevention and long-term stabilization of conflicts rather than its emergence as an actor of their immediate exit. From the analysis of this European case, this communication intends to contribute to the broader comprehension of the complexity of the exit of armed conflicts as an object for international institutions. Two hypotheses are considered in particular. That of an institutional and strategic European inertia, explaining that the EU only slowly and laboriously renews her range of positioning and registers of intervention, because of internal or external pressures. The European case makes it possible here to show that a comprehensive approach to the exit of armed conflicts requires a deep renewal of the approaches, competences and tools for any given actor. Second hypotheses, that of a task-sharing between international institutions and actors, implying that the EU, despite her major adaptations, continues to do what others do not do or what it does better than the others.
Nicolas Lemay-Hébert (UQAM et Université de Birmingham)
OSCE : Quel rôle dans le state-building européen?
Malgré le fait qu’elle puise ses origines dans la bipolarité, l’OSCE a développé, dès sa création, des caractéristiques normatives tout à fait uniques qui lui permettront de développer une approche particulière des nouveaux défis posés par l’effondrement de l’État au sortir de la guerre froide. Depuis le début du processus d’Helsinki en 1973, la CSCE, devenue maintenant l’OSCE, a adopté une vision large et étendue du phénomène sécuritaire. La protection et la promotion des droits fondamentaux ainsi que les aspects économiques et environnementaux de la sécurité ont été considérés par l’organisation comme tout aussi importants pour le maintien de la paix et de la stabilité que les aspects politico-militaires de la sécurité. Cet article visera à comprendre l’évolution de l’OSCE de la guerre froide à nos jours et le rôle que cette organisation peut jouer dans la sortie des conflits armés contemporains. Nous viserons à faire ressortir son potentiel en tant qu’acteur particulier de l’architecture de la sécurité européenne, ainsi que les limites inhérentes liées à sa structure. Cet article puisera dans un travail de terrain effectué au Kosovo (2007) et en Géorgie (2006-2007), ainsi qu’au siège de l’OSCE à Vienne (2006) et au siège du Haut Commissaire de l’OSCE pour les minorités nationales à La Haie (2006).
The OSCE : What role in European Statebuilding ?
Although the OSCE’s origins lies in bipolarity, this organisation has developed, since its creation, singular normative characteristics that will allow it to develop a particular approach to new conflicts posed by state‘s downfall at the end of the cold war. Since the beginning of the Helsinki process in 1973, the CSCE, named now the OSCE, has adopted a broad and extended vision of security phenomenon. The organisation considered both protection and promotion of fundamental rights and economic and environmental aspects of security as important parts of peacekeeping, stability and other aspects of security such as politico-military concerns. This article will aim to understand the evolution of the OSCE from the cold war to nowadays, and the role that this organisation may play in crisis management in contemporary armed conflicts. We will point out its potential as a particular actor within the European security architecture and the limits inherent to its structures. This article lies on field research conducted in Kosovo (2007), in Georgia (2006-2007), and both at the OSCE Headquarter in Vienna (2006) and at the OSCE High Commissioner on National Minorities in The Hague (2006).
Dorly Castaneda (Sciences Po Paris)
Quel rôle pour l’Union européenne dans la sortie du conflit armé en Colombie ? Le cas des Laboratoires de paix
Les Laboratoires de Paix sont les principaux programmes de la coopération de l’Union Européenne (UE) en Colombie. A la fin des années 1990, ces programmes matérialisaient la participation européenne au processus de paix engagé entre le gouvernement colombien et les guerrillas. Il s’agissait d'un soutien à la société civile pour la préparation du post-conflit. Pourtant, l’échec du processus de paix en 2002 a donné lieu à la stratégie militariste officielle de la dernière décennie, le Plan Colombie, financée par les Etats-Unis. Malgré ce changement de perspective dans la résolution du conflit colombien, l’UE a maintenu son approche civile de « construction de la paix », et trois Laboratoires de Paix ont été développés au milieu du conflit dans six régions stratégiques pour les acteurs armés. Après huit ans de vie du premier Laboratoire et du Plan Colombie, l’UE est confrontée à deux perspectives de paix structurellement opposées : celles des organisations de la société civile colombienne, qui militent pour la transformation des causes du conflit armé (paix durable), et celle du gouvernement colombien qui cherche avant tout à (re)conquérir le monopole légitime de la force (sortie immédiate). Comment l’UE manœuvre-t-elle dans cette concurrence pour la définition légitime d’une solution au conflit armé ? Quelle relation existe-il avec la stratégie étatsunienne ?
What role for the European Union in the resolution of the Colombian conflict? The case of the Peace Laboratories
Peace Laboratories are the main cooperation programs of the European Union (EU) in Colombia. In the late 1990s, these programs materialized European participation in the peace process between the Colombian government and guerrillas. It was a support to civil society for the preparation of post-conflict. However, the failure of the peace process in 2002 led to the official militarist strategy of the last decade, Plan Colombia, financed by the United States. Despite this change of perspective in the Colombian conflict resolution, the EU has maintained its civilian approach of "peacebuilding", and three Peace Laboratories were developed in the middle of the conflict in six strategic areas for the armed actors. After eight years of execution of the first Peace Laboratory and Plan Colombia, the EU is dealing with two proposals for peace structurally opposite. One comes from the Colombian civil society organizations who advocate the transformation of the causes of armed conflict (lasting peace). The other comes from the Colombian government that seeks above all to (re)conquer the legitimate monopoly of force (immediate pacification). How does the EU maneuver in this competition for the definition of a legitimate solution to conflict? Is there a link with the strategy of the United States?
CASTANEDA Dorly dorly_cas@yahoo.com
COUSSOT Romuald romuald.coussot@yahoo.fr
DELCOURT Barbara bdelcou1@ulb.ac.be
GRIFFIN Christopher cwgriffi@yahoo.fr
LEMAY-HEBERT Nicolas nicolas.lemayhebert@sciences-po.org
NIVET Bastien nivetb@yahoo.fr
RAMEL Frédéric framel@free.fr
WASINSKI Christophe christophe.wasinski@ulb.ac.be