Section Thématique 30
Territorialisation
des systèmes politiques et transformations organisationnelles des
partis en Europe
Territorialization of Politics and Party Organizational Changes in Europe
Responsables
Juan J. Torreiro (GSPE-PRISME, IEP de
Strasbourg et CRPS-CESSP, Université Paris 1) juan.torreiro@unistra.fr
Grégory Hû (GSPE-PRISME,
IEP de Strasbourg) gregory.hu@unistra.fr
Présentation scientifique
Dates des sessions
Programme
Résumés
Participants
Suite aux transferts de
compétences entrepris au cours des trente dernières années au sein de la plupart des Etats ouest-européens, les
recherches portant sur les espaces politiques infra-étatiques
se sont renouvelées autour de la question de la territorialisation des systèmes
politiques (1). L’accent a ainsi été mis, entre autres, sur le développement
d’une « capacité politique » des régions (2), la
« dénationalisation » des comportements électoraux (3) ou la
résurgence des partis autonomistes et du clivage territorial (4).
Les évolutions de
l’ordonnancement institutionnel, et l’affirmation d’une compétition politique
et électorale « multi-niveaux » qui les accompagne, ne sont pas
cependant sans effets sur l’organisation des partis d’envergure nationale (state-wide parties), comme l’ont montré
un nombre croissant de travaux ces dernières années (5). Ces derniers ont
cependant surtout envisagé les effets structurels de la territorialisation des
systèmes politiques sur les formes de recomposition organisationnelle des
partis, entre autres : 1) l’hétérogénéité culturelle et socio-économique
des territoires (6) ; 2) la nature des formes d’organisation territoriale
de l’Etat (répartition duale ou fonctionnelle des compétences, formes
d’asymétrie constitutionnelle entre les régions, etc.) ; 3) enfin, les
caractéristiques des configurations politiques « multi-niveaux » dans
lesquelles s’insèrent ces partis (participation des partis au gouvernement
régional et/ou national; présence ou non dans l'espace politique régional de
partis ethno-régionalistes; congruence ou non des modes de scrutin, des dates
d'élection, c'est à dire des règles structurant l’accès aux marchés électoraux
régionaux et nationaux).
En revanche, le rôle de
la réappropriation de ces contraintes par les groupes d’acteurs partisans
semble avoir été moins pris compte, de même que le caractère plus ou moins
fluctuant des activités qui relèvent de l’institution partisane et la
variabilité des formes d’ « emboîtement » entre entreprises
politiques locales et instances nationales du parti (7).
L’objectif de cette
section thématique sera d’approfondir cette perspective en se centrant sur les
transformations des ressources ouvrant l’accès aux carrières politiques au sein
de l'espace régional et sur la mise en forme et les prescriptions de rôles
nationaux ou territoriaux.
1) On s’interrogera tout
d’abord sur la question de la
reconfiguration des carrières politiques et la manière dont les
trajectoires des élites politiques régionales associent positions
institutionnelles et partisanes. Ainsi, l’étendue des pouvoirs accordés aux
institutions locales, de même que la « dénationalisation » des
comportements électoraux et la spécificité des configurations politiques
régionales sont susceptibles de modifier la nature des ressources disponibles,
pour les entrepreneurs politiques régionaux aussi bien que nationaux. Comment
les premiers intègrent-ils les contraintes précédentes pour construire et
consolider leurs positions de pouvoir ? pour valoriser leurs ressources
dans le cadre de carrières nationales partisanes ou gouvernementales ?
Dans quelle mesure les carrières régionales deviennent-elles plus attractives pour
des entrepreneurs politiques nationaux en perte de vitesse au sein des arènes
nationales ?
2) La question des
effets de cette reconfiguration sur les
formes d’articulation entre jeux territoriaux et nationaux au sein des « partis » (8) constituera
un second angle d’approche. Dans quelle mesure la transformation de leurs
ressources permet-elle aux entrepreneurs politiques régionaux de s’affranchir
des ressources matérielles et symboliques conférées par l’institution
partisane et de se différencier, dans leur activité politique, des
instances nationales du parti ? Par exemple de contrôler localement les
investitures ? de définir des coalitions spécifiques ? de contraindre à une transformation des règles
formelles, favorisant entre autres une recomposition organisationnelle au
niveau régional ? Face à ces stratégies de différenciation et de contournement
des règles partisanes, comment les entrepreneurs
politiques nationaux s’efforcent-ils d’homogénéiser les rôles partisans et
d’accroître l’attractivité de leur marque politique ?
De quelle manière ces
stratégies dépendent-elles des configurations politiques nationales et
régionales ? Les entrepreneurs politiques nationaux sont ainsi d’autant
moins susceptibles d’autoriser certaines variations territoriales des activités
politiques qu’ils sont au gouvernement. Enfin, dans quelle mesure ces
stratégies sont-elles contraintes par les formes d’ « emboîtement »
entre structures locales et nationales héritées de l’histoire et constitutives
des « modèles originels » (9) de l’institution partisane ?
Following the generalisation of devolution
designs within most of Western European countries, the impact of elected
regional institutions on the organization of state-wide parties has drawn
increasing academic interest in recent years. However, the research has
predominantly addressed the structural effects of territorialized political
systems on parties’ types of organizational restructuring, including territorial
structure of the state (jurisdictional or functional design, scope of
decentralization, constitutional asymmetry), regionalization of state-wide
electoral trends, presence or absence of “ethno-regionalist” parties, etc
– and less their reappropriation by party groups of actors and the
construction of national and territorial party roles in
a context where boundaries between internal and external processes are
increasingly blurred.
This panel invites scholars to probe this
perspective by exploring the following dimensions:
1) The changes in the nature of resources
employed in pursuing regional political careers and the ways in which regional
political entrepreneurs career paths combine institutional and party positions.
How do they take the above mentioned institutional and electoral constraints
into account to build and secure their power positions? How do their resources
allow them to pursue party or governmental national careers? Conversely, to
what extent do regional careers become more attractive to faltering national
leaders?
2) The effects of this reconfiguration of
political careers on multi-level interactions between the party central
organization and its local “franchises” (10). To what extent does the
transformation of their resources allow regional political entrepreneurs to
break free from the material and symbolic resources delivered by the party and
differentiate themselves, in their day-to-day political activities, from the
party national arenas? To control candidate nominations? To push for a
transformation of formal rules, notably enabling organizational restructuring
at the regional level? Conversely, how do national leaders work to enforce
party discipline, homogenize party roles and increase the attractiveness of
their political label? To what extent are these strategies constrained by the national and
regional political configurations political entrepreneurs find themselves in
and their incumbency at the statewide or regional levels? or by the
historically inherited forms of multi-level interactions constituent of party’s
“genetic model”?
1
Romain Pasquier, Yann Fournis, « La politisation des identités régionales. Perspectives
ouest-européennes », Revue d’Etudes Comparatives Est/Ouest, vol. 39,
n° 3, 2008, p. 37-53
2 Michael KEATING, The New Regionalism in Western Europe. Territorial
Restructuring and Political Change, Cheltenham, Edward Elgar, 1998 ; Romain Pasquier, La capacité politique des régions : une comparaison France-Espagne,
Rennes, PUR, 2004
3 Dan Hough, Charlie Jeffery (eds.), “Multi-Level Electoral Competition: Elections
and Parties in Decentralized States”, European Urban and Regional Studies, vol. 10, n° 3, 2003, p. 195-273 ; Elisabeth Dupoirier, “La régionalisation des
élections régionales? Un modèle d’interprétation des élections régionales en
France », Revue française de science
politique, vol. 54, n° 4, 2004, p. 571-594
4 Margarita Gomez-Reino, Romain Pasquier (dir.), « Les partis régionalistes et
nationalistes », Pôle Sud, n°20,
2004, p. 3-164; Lieven De Winter,
Margarita Gomez-Reino, Peter Lynch (eds.), Autonomist Parties in Europe. Identity Politics and the Revival of the Territorial
Cleavage, Barcelone,
Institut de Ciències Politiques i Socials, 2006
5 Entre autres, Martin Laffin,
Eric Shaw, Gerald TAYLOR, “British devolution and the Labour
Party: How a national party adapts to devolution”, British Journal of
Politics and International Relations, vol. 9, n° 1, 2007, p. 55-72; Jonathan Hopkin,
Pieter van Houten (eds.),
“Decentralization and State-Wide parties”, Party
Politics, 2009, vol. 15, n°2, p. 131-240; Bart Maddens, Wilfried Swenden (eds.), Territorial Party Politics in
Western Europe, Basingstoke, Palgrave, 2009; Nicolo Conti, Christophe Roux,
Filippo Tronconi (eds.), Parties and voters in Italy: The challenges
of multi-level competition, London, Routledge, 2009; Francesc PALLARÉS (ed.), Espacios de competición en gobiernos multinivel: Ciudadanos, Partidos y
Elecciones en el Estado de las Autonomías, Valencia, Tirant lo Blanch, 2010
(à paraître)
6 Seymour M. LIPSET, Stein ROKKAN, "Cleavages, structures, party systems and
voters alignments: an introduction", in Seymour M. LIPSET, Stein ROKKAN (eds.), Party Systems and
Voters Alignments, New York, Free Press, 1967, p. 1-64
7 Entre autres Frédéric Sawicki,
« Questions de recherche. Pour une analyse locale des partis
politiques », Politix, n°2,
1988, p. 13-28 et Les réseaux du Parti
socialiste – Sociologie d’un milieu partisan, Paris, Belin,
1997 ; Philippe Garraud,
« Les contraintes partisanes dans le métier d’élu local », Politix, 1994, n°28, p. 113-126 ;
Julian MISCHI, Servir la classe ouvrière.
Sociabilités militantes au PCF, Rennes, PUR, 2010.
8 Julien Fretel, « L’UDF au prisme
du jeu d’échelle », in Florence Haegel (dir.), Partis politiques et système partisan en France, Paris, Presses de
Sciences Po, 2007, p. 183-218
9 Angelo Panebianco, Modelli di partito (1982), Trad. Political
Parties: Organization and Power, Cambridge, Cambridge University Press, 1988
10 R. Kenneth CARTY, « Parties as Franchise Systems
– The Stratarchical Organizational Imperative », Party Politics, 2004, vol. 10, n°1, p.
5-24
Les travaux de la Section Thématique se dérouleront sur la session suivante :
Session 3 : 1er septembre 2011 13h30-16h15
Voir planning général...
Lieu : IEP (salle 321)
Discutant : Romain Pasquier (CRAPE, IEP de Rennes)
Catherine Achin (Cressppa-CSU, Université Paris 8)
La reconfiguration des carrières politiques entre échelons régional et national. Comparaison France – Allemagne
Juan Rodriguez Teruel (Universitat de València), Astrid Barrio (Universitat de València), Oscar Barbera (Universitat de València)
L’élite gouvernementale régionale en Espagne : stabilité et continuité des conseillers autonomiques (1980-2010)
Régis Dandoy (Cevipol, Université Libre de Bruxelles), Juan Rodriguez Teruel (Universitat de València)
Leadership stability and political careers after decentralization : Regional prime ministers in Belgium and Spain
Aurélie Roger (CRPLC, Université des Antilles et de la Guyane)
Un « emboîtement » des structures locales et nationales à géométrie variable : les recompositions de la fédération UMP de la Martinique
Jean-Marie Izquierdo (CECL, Université de Pau)
Disciplines nationales et autonomie régionale des partis : la reprise en main des fédérations régionales basque et navarraise par le PSOE
Catherine Achin (Cressppa-CSU, Université Paris 8)
La reconfiguration des carrières politiques entre échelons régional et national. Comparaison France - Allemagne
Cette communication entend explorer les liens contemporains entre échelon régional et national dans la construction des carrières des professionnels de la politique en France et en Allemagne. On oppose fréquemment le fédéralisme allemand caractérisé par l’existence d’élites politiques « fermées » faisant carrière soit au niveau du Land soit au niveau du Bund, au système (dé)-centralisé français défini quant à lui par une plus grande circulation du personnel politique entre ces niveaux et des pratiques « d’accumulation » des mandats. C’est cette apparente inertie des conditions de la professionnalisation politique entre échelons régional et national dans les deux pays que l’on interrogera. Il importe pour cela de comparer trois facteurs : les conditions d’attractivité et de rémunération des mandats, les règles formelles et informelles encadrant les pratiques de cumul et plus largement la déclinaison partisane des filières d’accès à la professionnalisation politique. Ces liens seront analysés à partir des caractéristiques des députés actuels de l’Assemblée nationale (élus depuis 2007) et du Bundestag (élus depuis 2009). Il s’agira de retracer les étapes de leur carrière, de construire une chronologie de leurs responsabilités institutionnelles et partisanes aux différents échelons. On sera particulièrement attentive aux variations partisanes et sexuées de ces pratiques.
The reconfiguration of political careers between regional and national levels. Comparison France - Germany
This communication aims to investigate the contemporary links between regional and national levels in the construction of political professional’s careers in France and Germany. The German federalism characterized by the existence of "closed" political elites making a career either at the level of Land or at the level of Bund is often analyzed as a counterpoint to the French (de)-centralized system defined by a deeper circulation of the political staff between the different levels and by practices of elective position’s “accumulation”. I would like to reassess the conditions of political professionalization between regional and national levels in both countries. In order to explain what seems to be inertia in this professionalization process, we need to compare three factors: the attractiveness and payments for elective positions, the formal and informal rules framing the practices of holding concurrent elective positions and more widely the ways to political professionalization according to the partisan membership. These links will be enlightened analysing the characteristics and resources of current members of the National Assembly (elected since 2007) and of the Bundestag (elected since 2009). The explanation lays on the study of the stages of their career and on building a chronology of their institutional and partisan responsibilities, being particularly attentive to the partisan and sexual variations of these practices.
Juan Rodriguez Teruel (Universitat de València), Astrid Barrio (Universitat de València), Oscar Barbera (Universitat de València)
L’élite gouvernemental régional en Espagne: stabilité des conseillers autonomiques (1980-2010)
L’émergence de gouvernements régionaux en Europe pose quelques questions importantes sur les partis au gouvernement et la stabilité du cabinet. Notre travail a deux objectifs. Premièrement, mesurer le degré de participation ministérielle de cadres régionaux et les comparer au niveau national. Deuxièmement, expliquer pourquoi certains ministres régionaux restent plus longtemps au pouvoir que les autres. En ce sens, nous chercherons à mesurer l'effet des facteurs institutionnels sur la participation des ministres, ce qui suppose de prendre en compte: a) le type de gouvernement; b) le nombre de partis au gouvernement; c) les parlementaires et la présence de la direction de partis régionalistes; d) la congruence multi-niveau au sein du gouvernement (présence des partis simultanément dans les exécutifs nationaux et régionaux); e) les caractéristiques institutionnelles et, plus particulièrement, la compétence différemment établie d'une dissolution anticipée. Suivant notre hypothèse principale, ces paramètres régionaux qui contribuent à la pérennité du cabinet peuvent favoriser aussi la stabilité ministérielle. Pour vérifier celle-ci, nous avons recueilli des données sur les 1200 postes ministériels régionaux en Espagne de 1980 à 2011. Nos résultats montrent que la présidentialisation du système politique régional en Espagne concoure à la stabilité ministérielle, bien que celle-ci reste sensible aux problèmes internes des partis au gouvernement.
Regional ministers in Spain: stability and turnover (1980-2010)
The emergence of regional governments in Europe points out some relevant questions on party government and cabinet stability. This paper have two aims. First, to measure the degree of ministerial turnout in regional executives and to compare it to the national level. Second, to explain why some regional ministers stay longer in power than other. In this sense we aim to test the impact of institutional factors on ministerial turnout: type of government; number of parties in cabinet; parliamentary and executive presence of non state wide parties; “multilevel congruence” in government; and the institutional design and, specifically, the differences in early dissolution powers. Our main hypothesis is that regional political settings that foster cabinet stability also favour ministerial stability. To test our hypothesis, we have collected data from the whole regional executives that have taken place in Spain from 1980 to 2011. In almost thirty years there have been 122 legislative mandates in the 17 Spanish regions, and more than 1200 regional cabinet posts. This data will allow us to use explanatory inference to test our hypothesis. Our results show that presidentialisation in Spanish regional politics favour ministerial stability, although intra-party life also has an impact in their duration.
Régis Dandoy (Cevipol, Université Libre de Bruxelles), Juan Rodriguez Teruel (Universitat de València)
Stabilité et carrière des élites politiques: les premiers ministres régionaux
Cette communication analyse l’impact des carrières multi-niveaux sur la stabilité des élites politiques régionales. Alors que de nombreux pays d’Europe occidentale connaissent une décentralisation significative, l’expérience politique à la fois au niveau national et régional est devenue une ressource importante pour les élites politiques. Nous analysons dans cette communication les mandats et la longévité des chefs des exécutifs régionaux dans quatre pays européens (France, Espagne, Belgique, Royaume-Uni) et sur une période de 30 ans. La principale question à laquelle répondra cette communication est celle d’expliquer dans quelle mesure les carrières multi-niveaux influent sur la longévité et la stabilité des élites régionales. L’analyse des données démontrera que l’existence de différents modèles de carrière permet d’expliquer certaines différences observées en ce qui concerne les décideurs au niveau régional et, plus particulièrement, les chefs des exécutifs.
Leadership stability and political careers after decentralization : Regional prime ministers
This paper analyses the impact of the multi-level careers on the stability of the regional political elites. Many West European countries witnessing a significant decentralisation, the political experience gained at the regional and national level is gradually becoming an important resource for political elites. We analyse in this paper the mandates and longevity of the heads of the regional executives in four European countries (France, Spain, Belgium, United Kingdom) and over a period of 30 years. The main research question is to explain in what way the multi-level careers influence the longevity in office and the stability of the regional elites. The analysis of our date demonstrate that the existence of different career patterns explains some of the observed differences as far as the political elite of the regional level, and more particularly the heads of government, are concerned.
Aurélie Roger (CRPLC, Université des Antilles et de la Guyane)
Un « emboîtement » des structures locales et nationales à géométrie variable : les recompositions de la fédération UMP de la Martinique
Le paysage politique martiniquais témoigne d’un mouvement ancien de territorialisation des structures partisanes, via la désaffiliation aux partis nationaux et/ou la création de partis strictement locaux. Longtemps cantonnée à la gauche locale, cette tendance affecte aujourd’hui la famille politique de droite. La communication analyse les ressorts actuels du rapport complexe entretenu entre la fédération UMP de la Martinique et les instances nationales du parti, dans un contexte de défaites électorales récurrentes et de défections multiples de cadres du parti, justifiées par la tutelle trop lourde de « Paris » (choix des investitures, programmes), ainsi que par l’incapacité à se reconnaître dans l’image « assimilationniste » associée traditionnellement à la droite martiniquaise. Cette double pesanteur, organisationnelle et génétique, nécessite pour certains de « rebattre les cartes », à défaut de pouvoir se débrouiller avec leur « distribution » initiale, en créant de nouveaux partis locaux, qui inscrivent le territoire au cœur de la « marque » partisane (Forces martiniquaises de Progrès, Parti régionaliste martiniquais). Il en découle une étonnante superposition organisationnelle, les affiliations croisées (au parti national et au parti territorial) étant fréquentes. Les recompositions en cours autour de la fédération UMP sont ainsi le lieu original d’un « emboîtement » des structures locales et nationales à géométrie variable, qui permettra de questionner les arrangements locaux complexes avec la « franchise » partisane et les ressources variables associées à ces différentes affiliations. L’observation de la récente campagne pour les élections cantonales ainsi que des entretiens menés avec les principaux cadres locaux, présents et passés, des différentes formations évoquées serviront de fondement empirique à l’analyse.
Shifting “Fitting Options” between Local and National Political Structures : The Reorganisations of the Local UMP Party in Martinique
In Martinique (FWI), the political scene has been characterized for a long time by a territorialisation of the political parties, resulting from a disaffiliation from the state level parties, and/or from the very creation of local parties. This trend, that merely concerned the local left-wing parties until a recent period, nowadays reaches the right-wing ones. The paper deals with the motives of the complex relationship between UMP’s local branch and state level structure, which is very interesting in this respect, especially regarding the repeated electoral defeats and party local leaders’ regular desertions, those explained by too much control at Paris level (in terms of candidates selection and programmatic issues), as well as a disagreement with the ‘assimilationist’ image of the traditional local right-wing parties. New local parties have been created, that put emphasis on their territorial component, firmly inscribing it in the political ‘brand’ (Forces martiniquaises de progrès, Parti régionaliste martiniquais). This leads to a fascinating organizational superposition, due to frequent crossed affiliations (at both national and local parties). The current reorganisations of the local UMP structure in Martinique hence result in various fitting options between the local and national political structures. Through its study, one may question the local compositions with the party’s ‘franchise’ and the variable resources associated to such changing affiliations. The paper is based on both an empirical observation of the last political campaign and interviews with the main past and present local leaders of the right-wing parties in Martinique.
Jean-Marie Izquierdo (CECL, Université de Pau)
Disciplines nationales et autonomie régionale des partis : la reprise en main des fédérations régionales basque et navarraise par le PSOE ?
Entre 2007 et 2009, la direction fédérale du PSOE a adopté une même stratégie pour faire déjouer ses adversaires locaux en Navarre et en Euskadi, s’appuyant paradoxalement sur son adversaire majeur au niveau national, le PP. Or, alors que la direction madrilène a imposé à ses affiliés navarrais de rompre l’offre qu’ils avaient négociée, en Euskadi, les socialistes basques ont suivi les directives sans contestation. Ces deux situations illustrent la difficile liberté concédée aux fédérations autonomes vis-à-vis de la structure fédérale du parti où la stratégie « nationale » domine le management des différents systèmes politiques autonomes. Ainsi, l’intérêt du parti oscille entre un contrôle à distance souple ou, au contraire fortement dirigiste, selon les circonstances géographiques et historiques. Localement, ce sont les ressorts multi-niveaux organisationnels et individuels (personnel politiques, évolution des carrières, rôle des leaders, importance du parti…) et les déterminants stratégiques territoriaux qui commandent à la diversité des choix faits par le PSOE au sein des fédérations socialistes en Espagne.
National disciplines and regional autonomy within parties: the takeover of Basque and Navarra regional federations by the PSOE?
In 2007, the autonomous federation of the PSOE was able to govern the Navarra Foral Community thanks to a coalition with the nationalist platform Nafarroa Bai (NaBai) and the communists of Izquierda Unida (IU-EB). Despiste the previous agreement with these partners, the direction in Madrid decided to breack the accord to let the conservative UPN (Unión del Pueblo navarro) govern. In 2009, in the Basque autonomous community, the Socialist Party of Euskadi agreed to build an electoral block to exclude the nationalist parties from the government with its main oponent at the State level: the Partido popular. Both situations express the lack of autonomy earned by the autonomous federations faced with the federal structure. But the party interests are managed through different methods according to the historical and local situations: soft control vs hard direction. In fact, only the multilevel organisational and personnal articulations (eg. political staff: individual strategies, plan career, leaders management...) made this kind of apparent contradictory management strategies possible.
ACHIN Catherine achincat@yahoo.com
BARBERÀ Oscar O.barbera@uv.es
BARRIO Astrid Astrid.Barrio@uv.es
DANDOY Régis rdandoy@ulb.ac.be
HÛ Grégory gregory.hu@unistra.fr
IZQUIERDO Jean-Marie jmd.izquierdo@gmail.com
PASQUIER Romain rpasquier@hotmail.fr
RODRIGUEZ TERUEL Juan jrteruel@uv.es
ROGER Aurélie au.roger@yahoo.fr
TORREIRO Juan J. juan.torreiro@unistra.fr