Section Thématique 31
La production partisane des candidatures. Vers une démonopolisation ?
The partisan production of candidates. Toward a demonopolization ?
Responsables
Julien Fretel (Université Picardie Jules Verne/CURAPP) freteljulien@yahoo.fr
Rémi Lefebvre (Université Lille 2/CERAPS) remi.lefebvre@univ-lille2.fr
Présentation scientifique
Dates des sessions
Programme
Résumés
Participants
Une des fonctions traditionnellement assignées aux partis politiques est la socialisation et la sélection des élites ainsi que l’attribution des investitures partisanes lors des différentes élections (locales et nationales). Un des fils principaux de l’histoire des partis politiques est celui de leur progressive monopolisation des candidatures en politique. Les luttes intrapartisanes portant alors sur la compétition pour le droit de revendiquer la marque du parti lors des élections (M Offerlé). Cette tendance historique à la monopolisation, si elle n’est pas radicalement remise en cause, est néanmoins perturbée par un certain nombre d’évolutions récentes qui paraissent ébranler le rôle traditionnel des institutions partisanes. Ces évolutions peuvent être synthétisées par l’affirmation d’une « démocratie du public » qui se serait substituée à la « démocratie des partis », pour reprendre un terme à Bernard Manin. L’action des partis serait ainsi largement concurrencée par le développement des logiques d’opinion, par le poids des sondages et celui des médias qui contribueraient par conséquent à façonner différemment les profils d’éligibles légitimes au sein des organisations partisanes. L’un des effets serait la dévaluation du vote et du pouvoir des adhérents au profit d’autres logiques et modes de plébiscite. Par conséquent, les adhérents ne représenteraient plus la figure centrale en matière de construction et de consécration du leadership partisan.
On en veut pour preuve la manière dont s’est déroulée l’élection présidentielle de 2007 en France. En effet, désignée comme « présidentiable » par les médias, Ségolène Royal, dès 2006, a largement contourné le PS, disqualifiant ainsi son « appareil » et s’imposant dans l’opinion avant d’être investie par des militants qui avaient, d’un certain point de vue, entériné le verdict des sondages. Certes, lors de cette même élection présidentielle, la plupart des candidats étaient bien les dirigeants de leurs partis politiques respectifs. Ces derniers n’ont pas donc pas tout perdu de la maîtrise de la production des candidatures. Mais cette dernière semble s’organiser de plus en plus selon de nouvelles modalités. Sans doute l’affaiblissement du militantisme dans les partis politiques a-t-il conduit ces derniers à développer de nouvelles modalités de désignation fondées sur l’individualisation du vote et l’élargissement – le contournement ou le débordement ? - de la base électorale militante traditionnelle. Le développement du système des primaires en Italie et en Grèce semble indiquer que le benchmarking partisan a de beaux jours devant lui ! Le cas américain, de toute évidence, suscite également un engouement, et les primaires ouvertes s’imposent dès lors comme une nouvelle règle à laquelle les formations politiques se doivent d’être sensibles.
One of the duty traditionnally assigned to the political parties is the socializatoin and the choice of the elite as well as the allocation of sectarian nominations during the elections (from local to national). The story of political parties is in some degree the one of the gradual monopolization of the applications in politics. In France the nationalization of the political life more particularly took shape through the growing hold over the choice of the applicants. The sectarian fights plan the competition for the right to claim the sectarian mark during the elections. This historical tendency to monopolization if not questioned is disrupted by a number of present day developments which seem to shake the traditional role of the parties. These developments can be synthesized by the assertion of a"democracy of the people" substituting for "the democracy of the parties" according to Bernard Manin. The effect of the parties would be widely competed by the development of the opinion logic, the weight of polls, the influence of the media which would contribute to shape the legitimate profiles of the candidates to value some candidates rather than others to weigh the vote of the members. The weakening of militancy in the political parties induce them to develop new methods of appointment based on the individualization of the vote or on the extension of the electoral militant and traditional foundation. The americain primary elections arouse a new sectarian craze. if this matter is deeply considered in the anglo saxon political science it is a blind spot(dead angle) in the french political science.
Les travaux de la Section Thématique se dérouleront sur les sessions suivantes :
Session 1 : 31 août 2011 13h45-16h30
Session 2 : 1er septembre 2011 8h45-11h30
Voir planning général...
Lieu : IEP (salle 416)
Axe 1 : Les candidatures partisanes dans l’enjeu présidentiel
Cadrage médiatique : Erik Neveu (sous réserve)
Nicolas Kaciaf (UVSQ/CERAPS)
La désignation des présidentiables comme événement médiatique. Une approche sociohistorique de la couverture journalistique des investitures partisanes (1965-2007)
Olivier Baisnée (LaSSP, IEP de Toulouse)
Questionner la question qui ne se pose pas. Les logiques de la candidature de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2012
Aïcha Bourad (LaSSP/IEP de Toulouse)
José Bové ou la candidature « collective » et « spontanée »
Au cœur des partis politiques (discutant : Julien Fretel)
Vanessa Jérôme (CESSP/Paris 1)
Mécanismes d’investiture et principes de légitimité. Des Verts à Europe Ecologie Les Verts (EELV) : du partisan au médiatique ?
Anne-Sophie Petitfils (CERAPS/Lille 2)
« Made in UMP ». Modalités pratiques et symboliques, logiques et effets de la construction partisane de la candidature Sarkozy à l’élection présidentielle de 2007
Le cas des primaires socialistes (discutant : Frédéric Sawicki)
Thierry Barboni (CESSP/Paris 1) et Eric Treille (CRAPE/IEP de Rennes)
Du principe de « coopétition ». Les primaires socialistes entre coopération et compétition
Rémi Lefebvre (CERAPS/Lille 2)
Sociologie d’une décision partisane : les primaires
Laurent Olivier et Jean-Nicolas Birck (IRENEE Université Nancy 2)
Usages concurrentiels de la procédure des primaires au PS. Limites et aléas de la logique stabilisatrice d'un instrument de démonopolisation de la sélection des candidats. L'exemple de la Lorraine
Omar Haffaf (LaSSP/IEP de Toulouse)
Le pacte de Marrakech : une primaire avant la primaire ?
Axe 2 : Candidatures partisanes et jeux d’échelles
Jouer du local et du national (discutant : Rémi Lefebvre)
Aysen Uysal (Université Dokuz Eylül/Izmir-Turquie)
Compétition à multi-armes. Répertoire d’action des acteurs politiques pour peser sur la sélection des candidats
Nicolas Azam (CESSP/Paris 1)
Composer une liste aux élections européennes L'exemple des communistes français depuis 1979
Clément Desrumaux (CERAPS/Lille 2)
Quand les investitures font les partis politiques. Comparaison franco-britannique de la sélection des candidats aux élections législatives
Frédéric Vairel (École d’études politiques/Université d’Ottawa)
La liste nationale au Maroc : monopolisation partisane et critères de l’excellence en politique
Cédric Pellen (Émile Durkheim/IEP de Bordeaux)
Transformer les modalités de sélection des candidats pour donner à voir la « normalité » politique. Le mouvement Samoobrona à l’épreuve de la politique institutionnelle en Pologne (2001-2007)
Dans les profondeurs du local (discutant : Nathalie Ethuin)
Samir Hadj Belgacem (ENS/CMH)
Les fragilités du monopole partisan : Élections locales et usages sociaux du parti. Le cas d’une section du Modem aux élections municipales de mars 2008 dans une ville de la banlieue rouge parisienne
Sébastien Vignon (CURAPP/UPJV)
Les logiques de (re)définition des stratégies d’implantation électorale du Front National dans les mondes ruraux. L’exemple des candidats frontistes aux élections cantonales dans la Somme
Tania Navarro (CESSP/Paris 1)
Le passage en politique des « experts démocrates » : le cas de l’Alliance civique au Mexique
Axe 1
Nicolas Kaciaf (Université Versailles Saint-Quentin / CERAPS)
La désignation des présidentiables comme événement médiatique. Une approche sociohistorique de la couverture journalistique des investitures partisanes (1965-2007)
Cette contribution vise à inverser les termes d’une problématique récurrente dans l’analyse des rapports ordinaires entre acteurs médiatiques et politique. Plutôt que d’interroger l’éventuel impact de la médiatisation sur les logiques du recrutement politique, nous souhaiterions au contraire questionner l’incidence des règles du jeu politique sur les manières de couvrir et de cadrer cette activité. Pour cela, nous observerons différentes transformations dans la couverture journalistique des séquences de désignation des candidats lors des élections présidentielles françaises depuis 1965. L’exploitation du corpus de journaux écrits et télévisés permettra de répondre à différentes questions : ces occurrences sont-elles systématiquement érigées en événement ? Quelles rhétoriques les journalistes mobilisent-ils pour en rendre compte ? Qui s’exprime lors de ces séquences ? Selon quelles modalités de prise de parole ? Les médias sont-ils appréhendés par les compétiteurs internes comme des arènes pertinentes pour rendre visible leur compétition ? Il s’agira alors de tester l’hypothèse selon laquelle ces changements dans les récits journalistiques peuvent être conditionnés par différentes évolutions dans la structuration interne des partis. Trois facteurs retiendront plus précisément notre attention : la capacité à garantir une discipline de parole, la distribution des ressources « médiatiquement » pertinentes, le degré d’autonomie dans la régulation des controverses internes.
The appointment of presidential candidates as a media event. A sociohistorical approach to news coverage of partisan nominations (1965-2007)
This contribution aims to reverse the terms of a recurrent problem in the analysis of ordinary relations between media and political actors. Rather than examine the possible impact of media on political recruitment, we would rather question the impact of political rules on how journalists cover and frame this activity. For this, we will observe various changes in the journalistic coverage of selections of candidates in the French presidential elections since 1965. The exploitation of the corpus of newspapers and television news will answer several questions: Are these occurrences systematically built into an event? What rhetorical devices do journalists mobilize to report on? Who speaks in these sequences? In what manner of speaking? Are the media apprehended by competitors as relevant arenas to make visible their struggle? We will then test the hypothesis that these changes in journalistic accounts can be influenced by various changes in the internal structure of parties. Three factors will hold our attention more specifically: the ability to ensure discipline of speech, the distribution of resources that are “mediatically” relevant, the degree of autonomy in regulating the internal controversies.
Olivier Baisnée (LaSSP, IEP de Toulouse)
Questionner la question qui ne se pose pas. Les logiques de la candidature de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2012
Poser une question qui ne se pose pas c’est évidemment s’exposer au ridicule des vains questionnements universitaires qui inventent des paradoxes au risque de ne jamais y apporter de réponse. Néanmoins, s’interroger sur l’absence quasi totale de débats sur la pertinence de la candidature de Nicolas Sarkozy à un second mandat présidentiel ne relève pas, à l’examen, du seul exercice de spéculation intellectuelle. Ce silence, relativement assourdissant, semble en effet dire des choses d’un état donné des champs politique et journalistique français. Certes la candidature du titulaire de la fonction présidentielle à sa réélection est dans « l’ordre des choses » politiques du régime. Du moins l’histoire de la 5ème République enseigne-t-elle qu’hormis Georges Pompidou, décédé en fonction, tous les présidents furent candidats à leur propre succession à l’issue de leur premier mandat. Néanmoins, dans l’hypothèse d’une démocratie du public ou d’une démocratie d’opinion, cette probable candidature semble contradictoire avec ce que supposent ces transformations annoncées du jeu politique.
A un an de l’élection présidentielle et alors que les commentateurs politiques ont, avec un décalage temporel de plus d’une année, désormais fait leur l’impopularité présidentielle, il reste que cette dernière ne semble pas hypothéquer la candidature de N. Sarkozy à sa réélection. L’hypothèse que l’on proposera d’éprouver est celle de la transformation des grandeurs politiques (Darras) et d’une restructuration du capital politique autour de compétences liées à la communication (Nollet, Davis, Couldry, Benson).
Questionning the unquestionnable question. Nicolas Sarkozy’s candidature in 2012’s election
Raising a question that is not raised obviously tends to put the one who’s raising it in the tricky and potentially ridiculous position of reproducing the scholars’ caricature of the one who invents paradox he isn’t able to solve. Yet, wondering why there is a quasi absolute lack of debate about the candidature of Nicolas Sarkozy’s second mandate does not fall, on second thought, in the purely intellectual speculation category. Indeed, this silence seems enlightening of a given state of the political and journalistic fields. If the candidature of the President to a second mandate is rather unsurprising in the context of the French political regime and history, the hypothesis of a democracy of the public or of a public opinion democracy appears contradictory with this probable announcement. One year before the presidential election and as political commentators have now (but one year late) integrated the presidential unpopularity in their frame of analysis, it does not appear as a serious obstacle to Sarkozy’s candidature. The hypothesis we would like to test relates to the transformations of political highnesses (Darras) and to the reorganisation of the political capital around communication skills (Nollet, Davis, Couldry, Benson).
Aïcha Bourad (LaSSP/IEP de Toulouse)
José Bové ou la candidature « collective » et « spontanée »
Cette communication est une contribution au débat sur les évolutions contemporaines qui paraissent ébranler l’équilibre du champ politique et les rôles classiquement dévolus aux partis, notamment du point de vue de la socialisation militante et de la sélection des chefs [Michels, Offerle…]. Elle questionne la production partisane des candidatures par le prisme de la campagne de José Bové lors l’élection présidentielle de 2007. Après un retour sur la construction médiatique d’un porte parole « charismatique » de l’altermondialisme, la réflexion se porte à la fois sur la reconversion politique d’un capital médiatique et ses conditions de possibilités mais aussi sur les évolutions et les persévérances du champ politique face à cette tentative d’intrusion d’un « prophète » profane (ou pas). Et parmi ces évolutions notamment les différentes façons de ne pas renoncer à la forme « Parti » et à son rôle tout en essayant de prendre en considération les évolutions de la pratique militante issues du mouvement social.
José Bové : spontaneous or collective candidature ?
The debate on the contemporary evolutions that seem to undermine the equilibrium of the political field and the parties’ traditional roles, particularly those on militant socialization and the leaders’ selection [Michels, Offerle…], leads us to question the tension between new ways of doing politics coming from social movements and the integration of traditional roles, such as the importance to remain a party. Through the study of the José Bové’s 2007 presidential campaign, the partisan production is questioned: After a return on the journalistic construction of a “charismatic” altermondialist spokesman, a dual approach seems useful. First, a reflection on the political reconversion of a media capital and its conditions of possibilities is analysed. Second, I will question the political field’s evolutions and perseverance facing to the intrusion of a “profane prophet”.
Vanessa Jérôme (Département de Science Politique, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / Laboratoire CESSP)
Mécanismes d’investiture et principes de légitimité chez les Verts/Europe écologie : du partisan au médiatique ?
Chez les Verts, l’investiture des candidats est réputée se faire en fonction de deux critères : l’éthique et la compétence. Ces deux critères s’évaluent généralement sur le long terme et leur reconnaissance fonctionne comme octroi d’une double légitimité : une légitimité en valeurs et une légitimité de « terrain ». Etre sélectionné pour concourir à une élection au nom des Verts se conçoit ainsi comme la preuve d’un engagement militant soutenu et vérifié dans les moments de mobilisation et d’action collective, et la preuve du respect des règles institutionnelles et des valeurs écologistes. Dans la pratique, l’entrée dans la carrière politique se fait selon un processus d’investiture réglé par les statuts et le règlement intérieur du parti. S’il existait déjà un accord tacite sur le fait que des candidats non encartés au parti Verts pouvaient concourir aux élections sous leur bannière – leur sélection était alors soumise aux mêmes principes de légitimités que les candidats du parti -, c’est l’arrivée sur la scène politique d’Europe écologie qui a bousculé les pratiques concrètes qui régissaient la production et la sélection partisane des candidatures. Cette communication, retraçant les événements depuis les élections européennes de 2009 et anticipant – modestement – sur les candidatures pour la prochaine élection présidentielle, se propose de mettre en question cette apparente opposition de critères de sélection et de légitimité, et donc, de comprendre ce qu’Europe écologie fait aux Verts du point de vue de la production et de la sélection des candidatures. Détaillant les transformations des procédures de sélection, elle permettra d’évaluer le poids relatif des différentes logiques, notamment partisanes et d’opinion, qui vont présider à la sélection des candidats écologistes.
Nomination mechanisms and principals of legitimity in the Green french party : from partisanism to mediatization ?
In the french Green party, the nomination of the candidates is supposed to be based on two criteria : ethic and competence. Both criteria, usally evaluated over a long period, brings the candidates a double reward: legitimity in value and legitimity as a true activist. Being selected to compete in an election on behalf of the Greens designs as well as evidence of a sustained and active commitment checked in moments of mobilization and collective action, and evidence of compliance with institutional rules and ecologist values. In practice, entry into the political career is made by a nominating process governed by statutes and party's internal rules. If there was already a tacit agreement on the fact that the candidates not part of the Green party could compete in elections under their own banner - their selection was then subjected to the same principles of legitimacy that party’s candidates - the arrival on the political scene of Europe ecology has shifted the concrete practices that governed the production and partisan selection of candidates. This communication, tracing events since the European elections of 2009 and anticipating - modestly - on the nominations for next Presidential election intends to question this apparent opposition of selection criteria and legitimacy, and thus, to understand what Europe ecology does to the Green in terms of production and selection of candidates. Detailing changes in selection procedures, it will assess the relative weight of different logics, including partisan opinion, which will govern the selection of ecologist candidates.
Anne-Sophie Petitfils (Université Lille 2, CERAPS)
« Made in UMP ». La construction partisane de l’éligibilité de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2007
Comment N. Sarkozy a-t-il pu apparaître comme le « candidat naturel » de l’UMP à l’élection présidentielle de 2007 ? A rebours des approches psychologisantes qui évacuent le rôle des institutions ou, organisationnelle qui laissent dans l’ombre le rôle des acteurs politiques, cette communication entreprend de s’intéresser aux usages des technologies du pouvoir partisan qui ont participé à la construction de l’éligibilité de N. Sarkozy. Pour ce faire, nous reviendrons sur la mobilisation partisane, qu’a connue l’UMP entre 2004 et 2007. Tout d’abord, il convient de revenir sur la centralisation – ou pourrait-on dire la privatisation – des ressources matérielles du parti (notamment financières) et sur le travail institutionnel d’individualisation (individualisation de la relation entre le dirigeant du parti et les « adhérents », préalablement recrutés sur son nom, et la construction de la « personne » Sarkozy, à la fois « manager » et héros). En nous intéressant ensuite à l’histoire de l’UMP et à la carrière de N. Sarkozy, nous mettrons en exergue les contraintes structurelles, conjoncturelles et configurationnelles de cette construction particulière du « charisme ». Enfin, nous envisagerons certains de ses effets pervers dans sa prise de rôle présidentiel et dans la pérennité de l’unité de l’UMP.
« Made in UMP ». The partisan construction of Nicolas sarkozy’s “éligibilité” to the French presidential election of 2007
How did N. Sarkozy achieve to appear as the « natural candidate » of UMP to the French presidential election of 2007? Instead of taking for granted either psychological approaches or organizational ones, this communication focuses on technologies of the partisan power which participated to N. Sarkozy’s “eligibilité”. From the partisan mobilization of UMP between 2004 and 2007, we will first analyze the centralization – one can say the privatization – of the material resources (notably financial) and the institutional work of individualization understood in a double sens: individualization of the relation leader / partisanship and the construction of Sarkozy’s individuality (a “manager” or a “hero”). In order to determine structural and contextual constraints of this specific construction of charism, we will secondly take a look on the UMP genesis and N. Sarkozy’s career. Finally, we will get a reflexion on its perverse effects on his hability of assuming the presidential role and keeping the UMP unity.
Thierry Barboni (CESSP Université Paris I), Eric Treille (CRAPE IEP de Rennes-Université de Rennes 1)
Du principe de « coopétition ». Les primaires socialistes entre coopération et compétition
En inventant le néologisme de « coopétition », contraction de coopération et de compétition, Arnaud Montebourg, secrétaire national à la rénovation et initiateur des primaires « ouvertes et populaires » au sein du Parti Socialiste, résume bien toute l’ambiguïté de l’exercice. Invités en 2011 à choisir leur candidat à l’élection présidentielle, les sympathisants socialistes doivent également éviter de reproduire les divisions qui ont marquées en 2006 la première primaire socialiste organisée entre Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius.
C’est ce double mouvement contradictoire – des « primaires de confirmation » selon la formule polémique de Claude Bartolone qui ne doivent pas se transformer en « primaires de confiscation » selon la mise en garde de Manuel Valls- qui va retenir notre attention à travers l’exemple de la mécanique électorale créée par le PS. Outils de confrontations, les primaires doivent également demeurer, au-delà de l’épreuve de la sélection, une « machine à unir et à rassembler ».
The “coopetition” principle.
The socialist primary elections between cooperation and competition
Arnaud Montebourg, French socialist party’s national secretary for renovation, who promoted the party’s primary elections, invented the new word “coopetition” (mixing cooperation and competition) to describe this procedure’s ambiguousness. Invited in 2011 to select their candidates for the next presidential election, the socialist sympathizers must avoid reproducing the divisions that occurred in 2006 during the first socialist primaries between Segolène Royal, Dominique Strauss-Khan and Laurent Fabius.
We will focus on this double contradictory trend in the French socialist party’s election process : “confirmation primaries” (as Claude Bartolone called them in a controversial phrase) that Manuel Valls warns not to be turned into “confiscation primaries”.
Beyond the confrontation, primary elections must be considered as a “unifying and gathering machine”, once the candidate is selected.
Rémi Lefebvre (CERAPS/Lille 2)
Sociologie d’une décision partisane : les primaires socialistes
En octobre 2009, les adhérents du parti socialiste approuvent à 68% le principe de primaires ouvertes pour les élections présidentielles de 2012. Pour la première fois de leur histoire, le candidat du parti à l’élection présidentielle sera désigné à la faveur d’une procédure impliquant les sympathisants de gauche. L’objet de la communication est de comprendre la « décision » qui a conduit à ce choix et de résoudre une énigme : comment un parti de tradition parlementaire et militante adopte il un mode de désignation qui consacre présidentialisation et personnalisation de la vie politique ? L’analyse de la genèse des primaires doit prendre en compte la présidentialisation de l’organisation, ses transformations structurelles et le contexte de « crise » produit du congrès de Reims.
“The socialist primaries : a partisan decision sociology”
In october 2009 the members of the socialist party approved to more than 68 per cent the principle of open primary elections before 2012. For the first time in its history the ps will appoint its candidates to the leading presidential elections of the fifth republic thanks to a process summoning up an electorate and its sympathizers. The communication tries to understand how this decision was made. How did the ps come to the point of adopting proceedings being widely irrelevant to its double parlementary and sectarian traditions?
how did the primary elections assert themselves on the socialist diary as "the" procedure solution to the crisis the ps would be going through? The carrying of the primary elections must be within the long time of the "presidentialisation"of the organization, of its structural transformations but also in a shorter time( the recurrentmatter of leadership since 2002) and a critical situation (the political crisis coming from the congress of Reims).
Laurent Olivier et Jean-Nicolas Birck (IRENEE Université Nancy 2)
Usages concurrentiels de la procédure des primaires au PS. Limites et aléas de la logique stabilisatrice d'un instrument de démonopolisation de la sélection des candidats. L'exemple de la Lorraine
L'élection primaire du PS s'inscrit a priori dans une tendance à la généralisation de procédures partisanes d'élargissement de la désignation du candidat ou du leader depuis les années 1990. Pourtant, loin d'être standardisée, cette procédure, produit de l'espace de concurrence partisan, a aussi une dimension conjoncturelle, aléatoire et des significations diverses. À travers les accidents et incertitudes d'une procédure discutée quant à son principe, ses modalités et son calendrier, on analysera dans une perspective processuelle les usages partisans de cette nouvelle technologie de légitimation. La procédure des primaires n'est donc pas un simple instrument de légitimation de l'institution partisane ou de pacification de la compétition, mais un enjeu de concurrence pour l'appropriation de ressources partisanes. Elle constitue une ressource investie de stratégies multiples et de significations variables selon les acteurs en interaction pour le leadership. Cette technologie participative valorisée pour sa performance arbitrale n'est neutre ni socialement ni politiquement. Instrument de démonopolisation, elle fait aussi l'objet d'une réappropriation de la sélection par l'appareil. Á partir de l’étude des débats entourant l’organisation territoriale des primaires, de leur réception et reproduction dans le cadre des fédérations socialistes de Lorraine, on analysera ces phénomènes de tension - entre logiques régulatrice et de démarcation, stratégies de démonopolisation et de contrôle de l'espace de légitimation - liée à l'usage de l'instrument indépendamment de la compétition interne qu'il organise explicitement.
Competitive uses of the PS primary procedure. Limits and uncertainties of the stabilizing logic of a tool for candidate selection demonopolization. The example of socialist federations of Lorraine
The PS primary election comes within the scope of a trend to generalizing party procedures to enlarge the candidate or leader appointment since the 1990s. Yet, far from being standardized, this procedure, product of a partisan space of ??competition, also get a cyclical, aleatory dimension, and various meanings. Through accidents and uncertainties of a procedure which is discussed in principle, modalities and calendar, we will analyze in a processual perspective partisan uses of this new technology of legitimation. So the primary procedure is not a mere instrument of legitimizing party institution or of pacification of the competition, but also is an issue of competition for the appropriation of partisan resources. This resource is invested by multiple strategies and variable meanings according to the interacting actors for leadership. This participatory technology, valued for its arbitral performance is neither socially nor politically neutral. As a tool of demonopolization, it is also the subject of a reappropriation of the selection by party head office. From the study of candidates debates and strategies, surrounding the primary territorial organization, of their reception and reproduction within the framework of the socialist federations of Lorraine, we will analyze the tension phenomenon - between logic of regulation and of demarcation, strategies of demonopolization and of control of space of legitimation - related to the use of the instrument regardless of the intra-party competition that it explicitly organizes.
Omar Haffaf (IEP de Toulouse/LaSSP)
«L’emprise du journalisme» sur la production partisane des investitures ? Eléments sur les primaires socialistes
En croisant sociologie des partis politiques et sociologie du journalisme, cette communication vise à appréhender les modalités de la prise en compte des médias dans la sélection du candidat à l’élection présidentielle de 2012. Ainsi, la première partie est consacrée à l’analyse des règles pratiques et symboliques d’accès au champ journalistique. En revenant sur la coproduction de la campagne, il s’agira d’objectiver les règles de fonctionnement du champ journalistique. On montrera que la médiatisation de la compétition se caractérise par une visibilité différentielle des candidats, une suprématie du jeu sur les enjeux, un cadrage différentiel des compétiteurs politiques et « un usage forcené des sondages» (Lehingue, 07). Dans une deuxième partie, il faudra voir ce que la prise en compte des règles de fonctionnement du champ journalistique fait aux professionnels de la politique (Davis, 10, Nollet,10). Sur la base d’un travail mené sur les élites socialistes de Haute-Garonne, il s’agira de reformuler la question du «pouvoir des médias», afin d’appréhender dans quelle mesure l’anticipation de la contrainte médiatique peut modifier ou conforter les règles du recrutement politique basées sur le capital politique.
"The grip of journalism" on the presidential candidate selection ? Elements on the socialist primary
By crossing the political sociology and sociology of journalism, this communication aims to understand the terms of the consideration of the media in the selection of the candidate in the presidential election of 2012. Thus, the first part is devoted to the analysis of the practical and symbolic of the journalistic field access. Returning to the co-production of the campaign, it will presentend rules of operation of the journalistic field. It will show that media coverage of the competition is characterized by differential visibility of candidates, a supremacy of the game on the issues, differential framing of political competitors and "a fanatical use of polls" (Lehingue, 07). In a second part, need to see what the taking into account rules of operation of the journalistic field to professionals in the policy (Davis, 10, Nollet, 10). On the basis of work conducted on Haute-Garonne’s socialists elite, it will try to reformulate the question of the "power of the media", to understand how the anticipation of the media constraint may modify or strengthen political recruitment rules based on the political capital.
Axe 2
Aysen Uysal (Université Dokuz Eylül Izmir-Turquie)
Compétition à multi-armes. Répertoire d’action des acteurs politiques pour peser sur la sélection des candidats
L’analyse du processus de la sélection des candidats à partir de l’exemple de la Turquie nous renseigne sur quatre points: l’absence de la démocratie interne dans l’organisation des partis, les luttes internes et la concurrence pour le partage du pouvoir, la perte d’importance de la prise de position politique en face de l’accélération des transfères interpartisans, les relations entre l’argent et la politique (Uysal 2009).
Nos travaux sur trois principaux partis turcs (Parti de la justice et du développement, Parti républicain du peuple et Parti de l’action nationaliste) nous montrent comment la sélection des candidats lors des élections nationales et locales est un monopole du leader central du parti et combien les organisations locales restent hors jeu (Uysal 2009 et Uysal & Topak 2010). Même si le leader central prépare les listes des candidats souvent tout seul, ce processus n’exclut pourtant pas les concurrences et les luttes intrapartisanes. Entre autres facteurs, le capital économique et la trajectoire politique fidèle au leader principal joue un rôle décisif lors de cette sélection. De l’autre coté, les candidats pour la candidature ont aussi d’autres armes pour peser sur la décision du leader et pour la changer : lobbying, action collective, répertoire juridique, etc. constituent une partie de ce répertoire d’action.
Dans cette communication, en partant de l’exemple du CHP (Parti républicain du peuple, centre gauche) et celui de l’AKP (Parti de la justice et du développement, islamique) et des élections nationales du 2007 et 2011, nous analysons le profil social des candidats. Les différents répertoires des concurrents politiques pour intervenir dans le processus de la sélection seront également traités. Les entretiens approfondis, les observations participantes dans des locaux, lors des congrès, des campagnes électorales nous permettent d’analyser ce processus et le répertoire d’action des acteurs pour influencer et changer le choix du leader.
Competition with multi-arms. Repertoire of action of political actors in order to effect candidate selection process
Analyzing candidate selection within the example of Turkey informs us on four points: lack of inter-party democracy in party organizations, internal struggles and competition for sharing the power, decreasing of the importance of political positioning due to increase in transfers between parties, relations between money and politics (Uysal 2009).
Our research on three main Turkish political parties (Justice and Development Party, Republican People’s Party, Nationalist Action Party) (Uysal 2009 et Uysal & Topak 2010) demonstrate how the candidate selection process is in the monopole of the central leader of party and how the local organizations are left out of the game. Although the central leader prepares the candidate lists on its own, this is not a process excluding inter-party competition and struggles. Besides other factors, economic capital and political trajectory based on loyalty to the leader are the most important determinants in the process. On the other hand, candidates for nomination have different repertoire of actions to effect and change the decision of the leader: Lobbying, collective action, juridical repertoire, etc.
This paper analyses the social profiles of candidates from the Republican People’s Party (CHP) and Justice and Development Party (AKP) examples for 2007 and 2011 national elections. Furthermore, different repertoires used by political competitors in order to intervene in the candidate selection process will be discussed in our paper. Semi-structured interviews and participant observation in party headquarters, congresses, and election campaigns are used in order to analyze the repertoire of action used by actors in order to have an effect on and change candidate selection process and the decision of the leader.
Nicolas Azam (CESSP, Paris I)
Composer une liste aux élections européennes. L'exemple des communistes français depuis 1979
Depuis 1979, le Parlement européen est élu au suffrage universel direct. Comme bon nombre de partis politiques, le PCF est ainsi appelé à intervalles réguliers à composer des listes aux élections européennes. La sélection des candidats chargés de porter les couleurs du PCF lors des différents types de consultation électorale est l'un des principaux instruments dont dispose la direction partisane pour assoir son autorité et donner à voir l'homogénéité du groupe dont elle se veut le porte-parole légitime. Il convient donc d’appréhender cette entreprise de production des candidatures comme un résultat du rapport de force entre les agents qui concourent au sein du parti pour la définition de l’identité partisane. Plus largement, une bonne compréhension des logiques qui président à la composition des listes requiert de restituer la configuration historique particulière dans laquelle la formation partisane s'insère. Pour la direction du PCF, confrontée à la crise multidimensionnelle qui affecte l’institution dont elle a la charge, la composition des listes aux élections européennes a été à plusieurs reprises un outil de communication destiné à manifester publiquement la redéfinition identitaire à laquelle elle s’attelait. En retour, elle a été périodiquement un abcès de fixation des luttes intrapartisanes, rappelant à l’ordre le cercle dirigeant quant à ses responsabilités au sujet de la gestion des équilibres internes du parti.
To compose a list in the European elections. The example of the French Communists since 1979
Since 1979, the European Parliament is elected by universal suffrage. Regularly, as a lot of political parties, the PCF must to compose lists in the European elections. The selection of the candidates asked to wear the colors of the PCF during the various ballots is one of the main instruments which the partisan lead has to impose its authority and give to see the homogeneity of the group. We need to study this process of production of candidacies as a result of the balance of power between the agents who compete within the party for the definition of the partisan identity. A good understanding of the logics which determine the composition of lists requires to be interested in the particular historic configuration into which the party fits. For the PCF lead, confronted with the multidimensional crisis which affects the institution, the composition of lists in the European elections was a communications tool used to show publicly the identical redefining to which it got down. In return, it was periodically a satke of the infightings. Indeed, the PCF lead must to consider the balance of power inside the party.
Clément Desrumaux (Lille 2, CERAPS)
Quand les investitures font les partis politiques. Comparaison franco-britannique de la sélection des candidats aux élections législatives
La monopolisation des investitures par les partis politiques se révèle incertaine lorsque la question est abordée à partir des candidats. Lors des élections législatives, les instances centrales des partis ne peuvent revendiquer l’exclusivité de la distribution de l’étiquette partisane et doivent compter avec les instances locales et les différents candidats.
En Grande-Bretagne, les partis sont souvent tenus pour être plus centralisés et pour monopoliser les investitures. A l’inverse, les partis français, plus décentralisés, laisseraient une liberté plus grande aux branches locales. Pourtant, dans les deux pays, les investitures sont moins l’action unidirectionnelle des organisations qu’une rencontre avec les stratégies des candidats ou des branches locales. L’inégale force des institutions partisanes locales dessine des lignes entre des candidatures contrôlées centralement et d’autres soutenues localement.
A partir d’entretiens avec des candidats, d’archives de presse et d’archives partisanes, il s’agit de comprendre la triple interdépendance entre les logiques nationales, locales et individuelles. Cette communication analyse les investitures par le biais des trajectoires des candidats, de la prise en compte des ressources inégales des partis sur le territoire et du degré de centralisation des organisations.
When Nominations Shape Political Parties. A Franco-British Comparison of the Selection of Parliamentary Candidates
The monopolisation of nominations by political parties appears uncertain when the question is regarded through candidates. In the parliamentary elections, the party head quarters cannot claim the monopole over the distribution of the party label; they must cope with local authorities and individual candidates.
In Britain, parties are often said to be more centralised and to monopolise the nominations. The French parties would be the opposite: more decentralised, a greater freedom would be left to local branches. Yet in both countries, the nominations are less the unidirectional action of central organisations, but rather a crossing with the strategies of candidates and of local branches. The unequal strength of local branches draws lines between centrally controlled nominations and other locally supported.
Using interviews with candidates, press archives and archives of political parties, the paper aims at understanding the interdependence between the national, local and individual strategies. Nominations are analysed through the trajectories of the candidates, the differences in resources of the local branches and the degree of centralisation of organisations
Frédéric Vairel (École d’études politiques/Université d’Ottawa)
La liste nationale au Maroc : monopolisation partisane et critères de l’excellence en politique
En 2002, un quota de 30 femmes – soit environ 10 % des 325 sièges que compte la Chambre des représentants – a été introduit au Maroc sous le nom de Liste nationale (al qâ’ima al wataniyya). Le mécanisme en est assez simple. Chaque parti s’engage à ne présenter que des femmes sur une liste dite « nationale » pour laquelle les électeurs sont appelés à se prononcer en sus de leur vote pour les listes dites « locales » (c’est-à-dire correspondant à l’une des 91 circonscriptions qui divisent le territoire marocain). Au sein des partis, les luttes entre femmes, et c’est sans doute là un des principaux paradoxes de l’introduction de ce quota, en sont exacerbées, chacune se voyant (ré)élue. Dès lors que l’élection se limite à un effet de classement sur une liste, les luttes d’appareils se substituent aux luttes électorales comme le montrent la constitution des listes en 2007.
The National List in Morocco : Political Parties’ Monopoly and Definitions of Excellence
In 2002, a gender quota was introduced in Morocco. 30 women, about 10% of the 325 seats at the House of Representatives, were elected on a National list (al qâ’ima al wataniyya). The mechanism of this National List is very simple. All political parties agree to field only women on the so-called « national » list to which voters cast a ballot together with their vote for « local » lists (those of the 91 constituencies of the Moroccan territory).
The most salient paradox of this quota is probably that inside political parties struggles between women are aggravated. Every feminine member considers herself as (re)elected. As the election is limited to rank candidates on a list, apparatus struggles are substituted to electoral struggles as shown with the lists making in 2007.
The monopolization of candidacy by political parties remains ambiguous. By analyzing the struggles to win eligible positions on the lists, the paper will shed light on the social and political logic of political recruitment in Morocco. Struggles around candidates’ accreditation are moments of confrontation between definitions of what political excellence means. Parties use these definitions of excellence as justifications to list making. Criteria are quite recurrent and they help understand the “qualities” needed to be a member of parliament.
Pellen Cédric (Émile Durkheim/IEP de Bordeaux)
Transformer les modalités de sélection des candidats pour donner à voir la « normalité » politique. Le mouvement Samoobrona à l’épreuve de la politique institutionnelle en Pologne (2001-2007)
Suite à son entrée au Parlement en 2001, le mouvement polonais Samoobrona (Autodéfense) connaît de profondes mutations. Afin de pallier les vifs procès en illégitimité dont ce groupement à la double structure syndicale et partisane est l’objet, ses dirigeants engagent une entreprise de redéfinition de son identité politique visant à le présenter comme une organisation « normale » et à le faire reconnaître comme un prétendant sérieux à l’exercice du pouvoir gouvernemental. Cette entreprise prend notamment la forme d’une transformation radicale des modalités de sélection de ses candidats aux élections. Dès 2004, des « nouveaux venus » détenteurs de propriétés sociales jugées conformes aux règles dominantes de sélection du personnel politique sont investis au détriment de cadres locaux historiques du mouvement, issus dans leur grande majorité de sa branche syndicale. Cette redéfinition des modalités de distribution des investitures a des effets dramatiques sur le fonctionnement du mouvement. Si elle semble dans un premier temps couronnée de succès, elle s’accompagne en effet d’un délitement progressif des structures du parti et du syndicat qui s’avère particulièrement coûteux lors des élections législatives anticipées de 2007 à l’issue desquelles le mouvement Samoobrona perd toute représentation parlementaire.
Transforming the procedures for selecting candidates to show its political “normality” : the Samoobrona movement confronting the rules of the political institutions in Poland (2001-2007
The Polish movement Samoobrona (Self Defense), at once party-political and trade-union based, has undergone substantial changes after entering Parliament in 2001. In order to reduce the stigma of illegitimacy which affected for years the movement, its leaders have engaged a process of redefinition of its political identity. The aim of this process was to show Samoobrona as a “normal” political organization, eligible for the exercise of the governmental power in Poland. This process took especially the form of a radical transformation of the procedures for selecting candidates of the movement to the elections. From 2004 on, “newcomers” with traditionally valorized social characteristics in the polish political competition are invested as candidates at the expense of historical local leaders of the movement, most of them coming from the trade-union. This redefinition of the terms of the distribution of nominations had dramatic effects on the functioning of the movement. If it appeared initially successful, it occasioned a gradual disintegration of the structures of both the party and the trade union. The weakness of the structures and the lack of activists appeared particularly harmful for the movement during the campaign for the parliamentary election of 2007. After this election, Samoobrona lost all its seats in Parliament.
Samir Hadj Belgacem (Centre Maurice Halbwachs – ENS/EHESS/CNRS)
Les fragilités du monopole partisan. Les usages sociaux du Modem aux élections municipales de mars 2008 dans une ville de la banlieue rouge parisienne.
L’analyse de la vie politique en terme de professionnalisation, qui postule un jeu politique réglé par les partis, sous-estime le fait que leur monopole repose sur les bases d’un travail d’homogénéisation et d’imposition de l’étiquette partisane, effectué par les cadres et les militants et donc in fine dépendant de ces derniers. Les fragilités du monopole partisan se situent au niveau des élections municipales du fait notamment des usages sociaux que les candidats font de l’étiquette partisane. Pour montrer cela, nous nous appuierons sur une ethnographie des élections de mars 2008, dans une ville communiste du nord de la banlieue parisienne. La municipalité sortante a dû faire face à la multiplication des listes d’opposition en ses marges, en particulier au niveau du centre. En étudiant, au travers d’entretiens, la liste de la section Modem alliés aux membres dissidents du PS, nous verrons les usages sociaux différenciés que font les candidats de l’étiquette partisane. De la volonté de définir une identité partisane au centre gauche jusqu’aux aveux de faible allégeance partisane, les candidats Modem locaux souvent issus des classes populaires en ascension sociale et de familles immigrées du Maghreb, apparaissent d’autant mieux négocier leur existence politique que l’image du parti n’est pas encore stabilisée et que ce dernier est appelé à faire ses preuves sur la scène électorale.
A fragile monopoly of the party. Social uses of partisanship in a Centrist party, in March 2008 municipal elections in a communist city in the surroundings of Paris
The professionalization of political life, which postulate a political game regulated by parties, underestimate the fact that their monopoly relies on a process of of homogenization and labelling . Party leaders and activists are in charge of this process. However their monopoly over the party is challenged at the local level, because of the various social uses of the party label candidates make. This argument will be developped through the ethnographic case study of March 2008 municipal elections in a communist city located in the northern suburbs of Paris. The incumbent city council had to face an increasing number of opposition candidates emerging from its own margins, especially in the Centrist party. Studying the « Modem » list, through interviews with its members, I will demonstrate how the candidates have different social uses of partisan label. Expressing the desire to define the partisan identity of a moderate left, or admitting to a weak loyalty towards the party, local « Modem » candidates – who often shared a working class or North-African immigrant background – are negotiating their political existence, especially as the party image of the party is not stabilized and it has yet to prove powerful at the national level.
Sébastien Vignon (Centre Universitaire de Recherches sur l’Action Publique et le Politique UMR 6054 CNRS)
Les logiques de (re)définition des stratégies d’implantation électorale du Front National dans les mondes ruraux. L’exemple des candidats frontistes aux élections cantonales dans la Somme
Le Front National obtient des scores de plus en plus élevés dans les campagnes aux élections locales. Les résultats différenciés de cette formation selon les territoires doivent être rapportés aux transformations des modalités d’investiture et de désignation des candidats qui prévalaient jusqu’alors au profit des élites dirigeantes du parti. L’absence – presque totale – de travail partisan et/ou syndical dans des lieux en déclin facilite la conquête « à distance » du FN qui sait capter à son profit le(s) « sentiment(s) d’être soi-même maltraité » sans pour autant que ce vote ait nécessairement une dimension politique. Mais cette « conquête à distance » ne doit pas conduire à négliger les mobilisations de « proximité » qui traduisent un véritable ancrage du FN. Dans quelle mesure le « capital d’autochtonie » permet-il un accès privilégié aux investitures ? Permet-il la promotion des agents les moins dotés en ressources organisationnelles ? Assiste-t-on à une transformation des règles formelles du parti au niveau départemental ? Tels sont les principaux questionnements auxquels cette communication entend apporter des éléments de réponse à partir d’une enquête menée dans la Somme.
The logics of (re)definition of the strategies of electoral presence of the National Front in the rural worlds. The example of the candidates frontistes in the cantonal elections in the Somme.
The National Front obtains scores more and more raised in countrysides to the local elections. The results differentiated by this formation according to territories must be reported to the transformationsof the modalities of nomination and name of the candidates who prevailed until then for the benefit of elites leaders of the party. The absence – almost total – of partisan and\or labor-union work in places in decline facilitates the "remote" conquest of the FN which knows how to get in his profit the " feelings of itself to be mistreated however, it doesn't mean that this vote has inevitably a political dimension. But this " remote conquest " does not have to lead to neglect the mobilizations of "nearness" which translate a real anchoring of the FN. In what measure the " capital of autochtonie " does he allow an access privileged to the nominations? Does he allow the promotion of the agents the least endowed in organizational resources? Do we attend a transformation of the formal rules of the party at the departmental level? Such are the main questionings to which this communication intends to bring elements of answer from a survey led in the Somme.
Tania Navarro (CESSP/Paris 1)
Le passage en politique des ‘experts démocrates’ : le cas de l’Alliance civique au Mexique
L’Alliance civique est une action collective qui se constitue en 1994, dans le contexte de la transformation du régime politique mexicain, afin de plaider pour la défense des droits électoraux et politiques. Menée depuis 2004, dans le cadre d’une thèse sur l’institutionnalisation de cette association et de ses pratiques militantes et professionnelles, l’analyse de la reconnaissance des ressources collectives associatives en tant que marqueurs valorisés pour les partis politiques s’appuie sur des entretiens avec d’actuels et d’anciens participants de l’Alliance civique, des archives historiques de cette organisation et des observations réalisées au cours d’une permanence de plus de deux mois à son siège. En se focalisant sur la reconversion dans la politique de plusieurs des participants à l’Alliance, cette communication met en évidence l’apparition de la figure de « candidatures citoyennes » qui participe au changement des modes de sélection des candidats par les partis. Elle précise également comment les gouvernements d’opposition et les institutions publiques dites « indépendantes », construites dans le cadre de la transformation de régime, intègrent comme politique de recrutement une certaine préférence pour ces « individus ayant un parcours associatif ».
The shift to politics of ‘democrat experts’: the case of the civic Alliance in Mexico
The civic Alliance is a collective action constituted in 1994 – within the course of a transforming Mexican political regime – in order to advocate for the defense of electoral and political rights. For a PhD started in 2004 on the institutionalization of this association and its activist and professional practices, the analysis – of the recognition of collectives associative resources as valued benchmarks for political parties – is based on interviews with present and former participants to the civic Alliance, historical archives of this organization, and observations made during a full-time presence of more than two months at its head-quarters. By focusing on the political reconversion of several participants to the Alliance, this paper sheds a light on the revelation of the figure of “citizen candidacies”, which participates to changes in selection modes for party candidates. It also shows how opposition governments and so-called “independent” public institutions built in the context of regime transformation integrate as recruitment policies a discrete preference for these “individuals with associative career paths”.
AZAM Nicolas nicolas.azam@live.fr
BAISNEE Olivier obaisnee@club-internet.fr
BARBONI Thierry tbarboni@hotmail.com
BIRCK Jean-Nicolas jnbirck@orange.fr
BOUAD Aïcha aichabourad@gmail.com
DESRUMAUX Clément clement.desrumaux-2@univ-lille2.fr
ETHUIN Nathalie nethuin@yahoo.fr
FRETEL Julien freteljulien@yahoo.fr
HADJ BELGACEM Samir hadj-belgacem.samir@hotmail.fr
HAFFAF Omar omar.haffaf@yahoo.fr
JEROME Vanessa vanessa0jerome@gmail.com
KACIAF Nicolas kaciaf@yahoo.fr
LEFEBVRE Rémi remi.lefebvre@univ-lille2.fr
NAVARRO Tania tanianavarro@gmail.com
NEVEU Erik erik.neveu@sciencespo-rennes.fr
OLIVIER Laurent laurent.olivier@univ-nancy2.fr
PELLEN Cédric cedric.pellen@yahoo.fr
PETIFILS Anne-Sophie a-s.petitfils@wanadoo.fr
SAWICKI Frédéric Frederic.Sawicki@univ-paris1.fr
TREILLE Éric eric.treille@laposte.net
UYSAL Aysen uysalaysen@yahoo.fr
VIGNON Sébastien sebastienvignon@yahoo.fr
VAIREL Frédéric Frederic.Vairel@uottawa.ca