Section Thématique 43
Le rapport aux institutions des descendants d’immigrés
Migrant’s descendants attitudes toward institutions
Responsables
Ariane Jossin (Centre Marc Bloch Berlin et CRAPE Rennes) ja@cmb.hu-berlin.de
Ingrid Tucci (DIW Berlin) itucci@diw.de
Présentation scientifique
Dates des sessions
Programme
Résumés
Participants
L’action des institutions à l’égard des immigrés et des descendants d’immigrés (politiques d’intégration, politiques de lutte contre les discriminations, politiques de lutte contre l’immigration), a d’ores et déjà fait l’objet de nombreuses études (Koopmans et al. 2005). Ce n’est pas le cas du rapport des jeunes descendants d’immigrés aux institutions auquel cette section thématique s’attachera. Pour cela, elle s’appuiera sur la littérature existante, que ce soit sur la relation entre les descendants d’immigrés et la police (Jobard et Névanen 2007), sur les discriminations et la ségrégation socio-spatiale (Lapeyronie et Dubet 1991 ; Beaud et Pialoux 2003 ; Kokoreff 2006 ; Felouzis, Liot et Perroton 2005), sur l’état des lieux de l’institution scolaire (van Zanten 2001 ; Beaud 2003 ; Tucci 2010) ou encore sur l’influence des politiques d’accueil des immigrés sur les parcours d’intégration des immigrés et leurs enfants (Portes et Rumbaut 2006).
Avec le processus de socialisation et de passage à l’âge adulte se forme le rapport des jeunes aux institutions. C’est lors de leurs socialisations primaires et secondaires qu’ils se familiarisent avec l’école, l'idée de citoyenneté, les institutions du marché du travail ou encore avec la police. Cette rencontre ou confrontation avec les institutions n’est pas toujours bien vécue par les descendants d’immigrés implantés dans les quartiers défavorisés qui expriment fréquemment leur sentiment d’être traités comme des "citoyens de seconde zone" : orientations subies à l’école, absence de débouchés professionnels, discriminations fréquentes (à l’embauche, au quotidien, lors de leurs démarches), relation tendue avec les forces de police, impression de ne pas être représentés politiquement, relégation dans des zones de non-droit, etc. Conséquemment, ils entretiennent souvent un rapport ambigu aux institutions, lorsqu’il n’est pas franchement hostile. Alors qu’une partie des jeunes descendants d’immigrés compte sur l’acquisition de compétences et de savoirs pour leur promotion sociale, d’autres misent bien plus sur la mobilisation de réseaux familiaux ou sociaux au sein de leurs quartiers ("stratégies informelles"). Ceci peut être interprété, là aussi, comme une forme de défiance face aux institutions. Plus encore, certaines études portant sur les parcours professionnels dans les quartiers défavorisés ont montré que la participation à des groupes de pairs – si elle s’accompagne d’une négligence des "stratégies formelles" d’insertion professionnelle – peut mener à une forme marginalisation de l’individu (Willis 1977 ; Johnston et al. 2000 ; Webster et al. 2004 ; Keller 2007) et donc à une rupture de plus en plus marquée du lien aux institutions. L’expérience de la discrimination, bien réelle dans certains cas (Cediey et Foroni 2007 ; Adida, Laitin et Valfort 2010), semble dans d’autres cas être plus abstraite, mais néanmoins incorporée par les individus et constituer un frein en amont de toutes démarches institutionnelles. En effet, de nombreux jeunes descendants d’immigrés vivant dans des quartiers dits « sensibles » renoncent à se tourner vers les institutions, estimant leurs démarches d’avance vouées à l’échec. Ainsi, c’est cette relation parfois tumultueuse de certains jeunes descendants d’immigrés aux institutions qui sera étudiée dans la section thématique. Ceci ne devra pas exclure des contributions portant sur les relations plus simples et fructueuses des descendants d’immigrés à ces mêmes institutions.
Plusieurs éléments pourront être pris en compte dans l’analyse de ce rapport aux institutions : la situation sociale de l’individu, l’histoire migratoire familiale, les caractéristiques de l’implantation géographique des jeunes, leur parcours scolaire et leurs stratégies d’accès à l’emploi, l’importance des réseaux interethniques dans le pays d’accueil et des phénomènes de socialisation au sein des groupes de pairs. Nous nous intéresserons également au lien entre engagement militant et rapport aux institutions. Enfin, cette section thématique portera un regard sur les dispositifs compensatoires qui sont mis en place pour améliorer les chances de réussite des descendants d’immigrés dans les échelons les plus élevés des administrations publiques et ainsi combler la distance qui peut exister entre cette population et ce secteur d’emploi. L’ensemble de ces éléments sera étudié aussi bien avec des méthodes qualitatives qu’avec des outils quantitatifs. Une approche comparative internationale sera mobilisée pour certaines des études présentées. Ainsi, les effets du système éducatif propre à chaque société d’accueil, mais aussi des spécificités nationales en matière de droit de la nationalité et de politique d’intégration sur le rapport aux institutions des descendants d’immigrés pourront être étudiés.
Références
- Adida C., Laitin D. et Valfort M-A. (2010) : Les Français musulmans sont-ils discriminés dans leur propre pays ? Une étude expérimentale sur le marché du travail. Rapport de la Fondation franco-américaine et de Sciences Po.
- Beaud S. (2003) : 80% au bac... et après ?, Les enfants de la démocratisation scolaire. La Découverte. Paris.
- Beaud S. et Pialoux M. (2003) : Violences urbaines, violences sociales. Fayard. Paris.
- Cediey E. et Foroni F. (2007) : Les discriminations à raison de « l’origine » dans les embauches en France. Une enquête nationale par tests de discrimination selon la méthode du BIT. Bureau International du Travail. Genève.
- Dubet F. et Lapeyronnie D. (1992) : Quartiers d’exil. Le Seuil. Paris.
- Felouzis G., Liot F. et Perroton J. (2005) : L'Apartheid scolaire. Le Seuil. Paris
- Jobard F. et Névanen S. (2007) : « La couleur du jugement. Discriminations dans les décisions judiciaires en matière d’infractions à agents de la force publique (1965-2005) ». Revue Française de Sociologie, 48, 2, p. 243-272.
- Johnston L., MacDonald R., Mason P. , Ridley L. et Webster C. (2000) : Snakes and ladders: Young people, transitions and social exclusion. Policy. Bristol.
- Keller C. (2007) : « Selektive Effekte des Wohnquartiers. Sozialisation in räumlicher Segregation ». Zeitschrift für Soziologie der Erziehung und Sozialisation, 2/07.
- Kokoreff M. et al. (2006) : Enquêtes sur les violences urbaines. Comprendre les émeutes de novembre 2005 : l’exemple de Saint-Denis. Centre d’analyse stratégique. Paris.
- Koopmans R. et al. (2005) : Contested Citizenship. Immigration and Cultural Diversity in Europe. University of Minnesota Press. Minneapolis.
- Portes A. et Rumbaut R. (2006) : Immigrant America. A portrait. University of California Press. Berkeley. -
Tucci I. (2010) : « Les descendants de migrants en France et en Allemagne : deux types de mise à distance sociale ? ». Revue Française de Sociologie, 51, 1, p. 3-38.
- Van Zanten A. (2001): L'école de la périphérie. Scolarité et ségrégation en banlieue. PUF, Le lien social. Paris.
- Willis P. (1977) : Learning to Labour. How working class kids get working class jobs. Farnborough/Hants.
- Webster C., Simpson D., MacDonald R., Abbas A., Cieslik M., Shildrick T. et Simpson M. (2004) : Poor transitions. Social exclusion and young adults. The Policy Press. Bristol.
Institutions’ action towards migrants and migrants’ descendants (integration politics, politics against discrimination etc.) has already often been studied (Koopmans et al. 2005). It is not the case of the relation of young migrants’ descendants to institutions to which our Thematic Section Nr.43 (ST 43) is dedicated. The transition into adulthood is the moment when young people build their relation to institutions. They familiarize themselves with school, citizenship, work market and the police during their primary and secondary socialisations. This confrontation with state representatives is not always successful for young migrant’s descendants who live in socially deprived neighbourhoods. In fact, they often express their feeling of being second class citizens and have therefore an ambiguous or sometimes even hostile relation to institutions. Some of them consequently don’t rely on the acquisition of diplomas or formal skills to achieve social mobility (“formal strategies”) but rather on the mobilization of familial and social (“informal strategies”). Moreover, previous studies showed that peer-groups strategies in socially deprived neighbourhoods associated with the negligence of formal professional strategies can lead to the marginalisation of individuals (Willis 1977; Johnston et al. 2000; Webster et al. 2004; Keller 2007). The ST43 will try to understand the complex relation some descendants of immigrants entertain with institutions in France and in other national contexts. Papers concerning easier relations to institutions will also be presented. Communications retenues pour la ST43 1. Emmanuelle Comtat, La confiance dans les institutions et dans le système démocratique des descendants de migrants. Etude à partir des données d’enquête EVS 2008. 2. Nathalie Fuchs, L’engagement militant des descendants de maghrébins dans les cités dans les années 1990. 3. Hubert Peres et Cécile Prad Frank, Les étudiants « d’origine immigrée » face aux concours d’accès à la fonction publique. Une enquête dans les centres de préparation aux concours (IPAG et CPAG). 4. Anaïs van Sull, Les carrières en économie souterraine des jeunes de banlieue. Ruptures de liens sociaux et difficultés d’intégration sociale. 5. Agathe Voisin, Multiculturalisme et modèle républicain : rapport aux discriminations et rapport aux institutions des jeunes habitants des quartiers populaires de la périphérie de Londres et de Paris.
Les travaux de la Section Thématique se dérouleront sur les sessions suivantes :
Session 4 : 2 septembre 2011 15h15-18h
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Lieu : IEP (salle 209)
Emmanuelle Comtat (PACTE, Institut d’Etudes Politiques de Grenoble)
La confiance dans les institutions et dans le système démocratique des descendants de migrants. Etude à partir des données d’enquête EVS 2008.
Hubert Peres et Cécile Prad Frank (CEPEL, Université Montpellier 1)
Les étudiants « d’origine immigrée » face aux concours d’accès à la fonction publique. Une enquête dans les centres de préparation aux concours (IPAG et CPAG)
Nathalie Fuchs (Sciences Po Paris, CEVIPOF)
L’engagement militant des descendants de maghrébins dans les cités dans les années 1990.
Anaïs van Sull (Université
Catholique de Louvain/GIRSEF et Ecole des Hautes Etudes en Sciences
Sociales/ERIS)
Les carrières en économie souterraine des jeunes de banlieue. Ruptures de liens sociaux et difficultés d’intégration sociale.
Agathe Voisin (Science po Paris, Observatoire Sociologique du Changement)
Multiculturalisme et modèle républicain : rapport aux discriminations et rapport aux institutions des jeunes habitants des quartiers populaires de la périphérie de Londres et de Paris.
Emmanuelle Comtat (PACTE, Institut d’Etudes Politiques de Grenoble)
Confiance dans les institutions et dans le système démocratique des Français de confession musulmane. Etude à partir des données d’enquête EVS 2008
L’objet de cette communication est de présenter le rapport aux institutions et à la démocratie des Français de confession musulmane. Le cumul de désavantages sociaux et l’existence de discriminations peuvent-ils entraîner un affaiblissement du sentiment d’appartenance à la communauté nationale qui se traduirait par le rejet des institutions ? Distingue-t-on une spécificité dans leurs perceptions des institutions ou est-ce que celles-ci rejoignent celles de leurs compatriotes ? Sera ainsi analysé le degré de confiance accordé au Parlement et au Gouvernement ainsi que le positionnement face aux institutions qui comme la presse, les syndicats et les partis politiques assurent le fonctionnement de la démocratie. On observera également le degré d’attachement au système démocratique ainsi que le niveau de politisation, de participation politique et d’engagement militant ? Par ailleurs, les Français musulmans font-ils confiance aux institutions qui, comme le système éducatif, la Sécurité Sociale et le système de santé, ont pour mission de corriger les inégalités sociales et d’assurer l’égalité des chances ? Quel est le positionnement face aux institutions qui comme l’armée, la police ou le système judiciaire sont chargées d’assurer le maintien de l’ordre public.
French Muslim Citizens’ trust in Institutions and in the Democratic System. Research from EVS 2008 Survey (France)
The purpose of this lecture is to analyze the links French Muslim Citizens have with Institutions and Democracy. Do social disadvantage and discrimination lead to a decrease of the feeling of belonging to the national community and in fine to the rejection of republican institutions? Can we observe variations in perceptions of Institutions between French Muslim Citizens and Natives? How much confidence do they have in the institutions which guarantee the normal functioning of Democracy like Parliament, the Government, Trade unions, the Press and political parties? We also analyze the level of commitment to democratic principles and the level of political participation and politicization. An estimation of the level of confidence in Institutions (educational system, social security system and health care system) whose aim is to reduce social inequalities will also be made. We will evaluate the perceptions of Institutions whose responsibility is to maintain public order like the Police, the armed forces and the Justice system.
Agathe Voisin (Science po Paris, OSC)
Multiculturalisme et modèle républicain dans le rapport aux institutions des jeunes habitants des quartiers populaires à Londres et Paris.
Une enquête qualitative dans deux quartiers populaires des banlieues parisienne et londonienne met en évidence proximités et différences dans le rapport aux institutions des jeunes habitants majoritairement descendants d’immigrés. Localement, celui-ci est structuré de manière assez similaire par les dimensions d’âge, de genre, ainsi que par les trajectoires urbaines, scolaires et familiales. Toutefois le positionnement des jeunes enquêtés face à la société majoritaire révèle une articulation très différente entre rapport aux institutions locales, représentations de la citoyenneté et expérience des discriminations. En Ile-de-France, l’expérience des discriminations nourrit, en même temps que le sentiment de destin commun d’une jeunesse populaire et « immigrée », une forte opposition aux institutions locales et des appels aux valeurs de la République. Les relations aux institutions locales sont plus apaisées à Londres dans un cadre ou la citoyenneté britannique n’est pas objet de débat et où les discriminations, perçues comme plus individuelles, opposent les différents groupes présents localement plus qu’elles ne les rassemblent. Ces oppositions révèlent, au-delà des particularités locales, la prégnance des modèles nationaux.
British Multiculturalism and French Republicanism: young people’s perception of institutions in deprived neighborhoods of Paris and London.
This contribution explores similarities and differences of young people’s perception of institutions within two working-class neighborhoods of Paris Suburbs and Greater London. Age, gender but also urban, family and school trajectories draw similar local patterns. However young people’s perceptions of the larger society highlight different articulations of relationship to local institutions, citizenship representations and discrimination experiences. In Paris, experiences of discrimination nurture a sense of common destiny as young working-class “immigrants”; this fuels a sharp opposition to local institutions combined with abundant references to the Republic and its values. In London, young people’s relationships to local institutions are far less strained; British citizenship isn’t a confronting issue and discriminations, perceived on a more individual basis, foster separation between ethnic groups rather than a feeling of shared destiny. Without undermining the importance of local specificities, these contrasts reveal the pregnancy of national models.
Anaïs Van Sull (Université Catholique de Louvain, GIRSEF & EHESS / ERIS)
Les carrières en économie souterraine des jeunes de banlieues: ruptures de liens sociaux et difficultés d’intégration sociale
Cette communication analyse les carrières déviantes de descendants d’immigrés résidant dans des quartiers précaires, à partir d’une hypothèse de rupture du lien de participation organique et de faiblesse du lien de citoyenneté. L’étude de la socialisation des jeunes à leur entrée en bizness nous a conduit à développer une analyse en termes de (rupture) de liens sociaux. Nous prendrons appui sur la théorie des liens sociaux développée par S. Paugam (2008), s’intéressant aux différents types de liens sociaux existant dans nos sociétés modernes et à la manière dont les ruptures de liens façonnent les trajectoires individuelles.
A partir de cette théorie, nous analysons les entrées des jeunes dans des carrières professionnelles illégales, dans lesquelles les enjeux de reconnaissance et de protection sont centraux. L’absence de croyance dans le système scolaire et dans la perspective de débouchés, ainsi que le manque de confiance accordée à l’Etat, augmente la force du lien de participation élective, autrement dit, l’attachement au groupe de pairs. Le rapport difficile que connaissent ces jeunes de rue avec l’Ecole (et plus globalement avec l’Etat) a comme effet un évitement des institutions, ainsi qu’une recomposition identitaire qui s’appuie sur les réseaux (la protection et la reconnaissance qu’ils peuvent en tirer) et l’attachement au territoire.
Underground economy careers in fragile neighbourhoods: Rupture of social bonds and social integration difficulties.
This document analyses the deviant careers of immigrants offspring living in fragile neighbourhoods through a double hypothesis of rupture: the “organic participation bond”, and the “citizenship bond”. The analyse of the socialisation of youngsters from their entry in “bizness” inevitably leads us to develop an analysis in terms of (ruptured) social bonds. We rely on Serge Paugam's (2008) theory of social bonds which focuses on the different types of social bonds existing in our modern societies and on the way the rupture of these bonds brings about individual trajectories. From this theory, we analyse the entry of youngsters in illegal professional careers where recognition and protection are primordial. The distrust in the schooling system, in the possibility of a favourable outcome and in the State increases the strength of the elective participation bond. In other words the bond built between peers. In fact, the problems that youngsters from fragile neighbourhoods experience with school (and more globally with the State) lead them to avoid contact with institutions in general and to recompose an identity based on social network (the protection and recognition they may drag from it) and attachment to the territory.
Hubert Peres et Cécile Prad Frank (CEPEL, Université Montpellier 1)
Les étudiants « d’origine immigrée » face aux concours d’accès à la fonction publique : une enquête dans les centres de préparation aux concours (IPAG et CPAG).
Bien que le mode de recrutement des fonctionnaires par les concours anonymes semble satisfaire le principe républicain de « l’indifférence aux différences », même les rapports officiels présument qu’il est difficile pour les membres des « minorités visibles » (notamment celles issues de l’immigration récente) d’accéder à la fonction publique, et particulièrement aux emplois de « catégorie A ». Or, ces discours ne reposent actuellement sur aucune preuve empirique. C’est cette lacune que notre travail cherche à combler en évaluant la diversité des origines des candidats aux concours des emplois administratifs les plus élevés. Il existe en France une vingtaine de « centres de préparation », dont la moitié sont inclus dans notre échantillon. Nous avons procédé dans chacun de ces centres à une enquête par questionnaire anonyme portant sur les caractéristiques des étudiants préparant les concours. Le repérage des origines aurait peu d’intérêt si l’on ne s’intéressait pas également aux caractéristiques sociales et aux parcours scolaires et universitaires des candidats. Il est essentiel de savoir de quels milieux sociaux proviennent les enfants d’immigrés, et à quelles études universitaires ils ont eu accès, pour expliquer la nature des discriminations qu’ils doivent surmonter afin de se présenter aux concours administratifs.
Students from “immigrant origin” and the recruitment process of the French Civil Service: a survey of students preparing for civil service competitive examination.
Despite the fact that French civil servants are recruited through anonymous competitive examinations in accordance with the Republican principle of “indifference to differences”, even public reports acknowledge that the members of “visible minorities” (notably those from recent immigration) find it particularly difficult to join the French Civil Service, more particularly high ranking positions (in French administrative language “A category” posts). However these assumptions are not based on any empirical evidence. Our research aims at providing such evidence by examining the recruitment procedures and assessing the diversity of the candidates’ origins. There are about twenty “training centres” in France, among which we have selected ten to form our sample. In each of these centres we have carried out a survey by distributing anonymous questionnaires focussing on the students’ characteristics. Specifying their origins would be of little interest if their social characteristics as well as their secondary and higher education were not taken into account. It is essential to determine which social background immigrants’ children come from and what type of higher education they have to explain the nature of the discriminations they must overcome in order to take Civil Service competitive exams.
Nathalie Fuchs (IMREST, Université de Marne la Vallée)
Les processus d’intégration et de radicalisation à travers les trajectoires militantes des descendants de maghrébins des cités
Cette communication se focalise sur le rapport au politique, aux institutions (Police, Justice) des descendants d’immigrés maghrébins à travers l’analyse de l’engagement militant dans les cités. Cette analyse se place au niveau micro-sociologique en considérant les motivations individuelles qui incitent à s’engager dans l’action collective tout en tenant compte des contextes dans lesquels elles s’inscrivent et des organisations en concurrence sur le marché de l’offre militante. Elle se fonde sur la comparaison entre trois organisations du champ militant issu de l’immigration dans les années 90 et 2000.
The processes of integration and radicalization through the analysis of activists' careers of North African descent in the "banlieues"
This communication aims to show the various relations to politics, institutions (Police force, Justice) of the North African descendants through the analysis of the Activism in "banlieues" (French suburbs). The micro and meso sociological levels will be considered for this analysis, by considering the individual motivations which encourage to act collectively while holding account of the contexts in which it occurs and of the competition of the organizations. It is based on the comparison between three organizations of the immigrant social movement's in the 90s and 2000.
Comtat Emmanuelle Emmanuelle.comtat@iep-grenoble.fr
Fuchs Nathalie nafuchs@wanadoo.fr
Jossin Ariane ja@cmb.hu-berlin.de
Peres Hubert hubert.peres@univ-montp1.fr
Prad Frank Cécile cecile.frank@laposte.net
Tucci Ingrid itucci@diw.de
van Sull Anaïs anais.vansull@uclouvain.be
Voisin Agathe agathe.voisin@sciences-po.org