Assises de la science politique
Toutes les informations sur ce rendez-vous disciplinaire proposé par l'AFSP, l'AECSP et l'ANCMSP

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4èmes Assises de la science politique
2 et 3 avril 2014

Organisées par l'AFSP, l'AECSP et l'ANCMSP à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

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Cartographie de la science politique
Dans le cadre des 4èmes Assises de la science politique qui se dérouleront les 2 & 3 avril 2014 dans les locaux de l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne, l'AFSP vous propose de découvrir une cartographie de la discipline. Cette cartographie a été actualisée à la date du 31 décembre 2013 et permet de découvrir pour tous les sites où la discipline est implantée l'état de la situation du point de vue du nombre des enseignants-chercheurs (section CNU 04) et chercheurs (section 40 CNRS, FNSP) en poste. Une attention particulière a été portée à la mise en place d'indicateurs complémentaires permettant notamment d'apprécier le taux de féminisation de notre discipline ainsi que la part relative des personnels non statutaires dans l'enseignement de notre discipline.
N'hésitez pas à nous indiquer les erreurs que la carte pourrait encore comporter. Cette carte est aussi un outil permettant d'anticiper les recrutements à venir et offre à notre communauté un moyen de suivre avec précision les campagnes futures de recrutement. Là encore, l'outil a besoin de vos informations pour s'actualiser de manière continue.
Une très bonne découverte à vous ! Accéder à la cartographie en ligne...

Compte rendu des 4èmes Assises de la science politique

Organisées par l’AFSP, l’AECSP et l’ANCMSP, dans les locaux de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, la quatrième édition des Assises de la discipline a été ouverte par Julie Gervais, directrice-adjointe du Département de science politique de la Sorbonne (UFR 11). Dans son propos liminaire, cette dernière a indiqué l’importance d’une telle réunion dans le contexte actuel de modification récurrente du paysage universitaire français et plus encore du fait des contraintes budgétaires qui pèsent de plus en plus sur les universités et les laboratoires de recherche. Comme d’autres intervenants lors de ces Assises, Julie Gervais insiste aussi sur les risques d’ « invisibilisation » de la discipline compte tenu notamment des nouvelles nomenclatures régulant les offres de formation des établissements universitaires français.
 
Après cette prise de parole introductive, un hommage est rendu par Bastien François (directeur de l’UFR 11) et Yves Déloye (Secrétaire général de l’AFSP) à Jean-Claude COLLIARD, ancien Président de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne et ancien directeur de l’UFR 11, décédé le 27 mars dernier [voir la page d'hommage sur le site de l'AFSP].
 
La première matinée des Assises est consacrée à un état des lieux de la discipline à l’Université. Quatre exposés structurent ce bilan. Le premier, présenté par Yves Déloye, vise à faire état des résultats d’une enquête menée par l’AFSP sur la morphologie de la discipline dans les IEP et départements universitaires accueillant des collègues (MCF, PRU) relevant de la section CNU 04. Les chiffres mentionnés dans le document présenté tiennent compte de la situation au 31 décembre 2013 et permettent d’établir des comparaisons avec une autre enquête menée avec Loïc Blondiaux et Nonna Mayer en 2004. En un peu moins de dix ans, trois évolutions sont constatées :
1/ une évolution certes positive (+ 10,5 % entre les deux dates) mais au rythme sans cesse décroissant laissant penser que l’évolution des années à venir sera beaucoup plus contrariée que dans le passé récent ;
2/ une nationalisation de la discipline désormais présente dans 67 établissements publics de l’Enseignement supérieur (contre 41 en 2005). C’est d’ailleurs grâce à son implantation en région que la discipline a connu ces dernières années une évolution positive. La cartographie de la discipline réalisée par l’AFSP pour les Assises permet de visualiser cette situation ;
3/ une féminisation inégale entre les deux corps (tant en nombre qu’en évolution) qui reste encore loin de la parité au sein de la discipline (30 % de femmes, 70 % d’hommes).
Un deuxième exposé, proposé par l’ANCMSP permet de compléter ce portrait en relatant la part des enseignements (hors enseignements spécialisés) réalisés par ces personnels aux statuts précaires (ATER, vacataires…). A partir d’une enquête réalisée sur huit sites universitaires, on constate que la place des ATER est très variable d’un site à l’autre (pouvant aller de l’absence d’ATER comme à l’Université de Lorraine à plus de 60 % à l’Université Lille 2 [en part relative au nombre de titulaires]). En moyenne, les titulaires n’effectuent que 62 % des heures de la discipline. Pour d’autres informations, voir bientôt ici le document de l’ANCMSP.
Les deux derniers exposés de la matinée sont proposés par la section 04 du CNU. Dans un premier temps, Olivier Nay, Président de la section 04 et vice-président de la CP-CNU, fait un bilan des dix dernières années de la politique de qualification de la section (télécharger le document). De son côté, Frédéric Sawicki, vice-président de la section 04, fait un premier bilan d’une enquête plus qualitative portant sur le contenu des thèses qualifiés par la section. Cette présentation qui esquisse le bilan que tirera l’après midi Nonna Mayer, Présidente de l’AFSP, permet de mieux cerner les évolutions infradisciplinaires. Ce bilan sera bientôt validé par la section lors d’une prochaine réunion plénière et posté sur le site de la section CNU 04.
 
La 1ère partie de l’après-midi du 2 avril est consacrée à un module relatif au 12ème Salon des thèses, intégré cette année aux Assises. Nonna Mayer (AFSP) y présente d’abord un bilan des thèses de la discipline soutenue en 2013. Ensuite, une vidéo réalisée spécialement pour les Assises permet à Patrick Fridenson de présenter la mission ministérielle visant à améliorer l’insertion professionnelle des docteurs dans la haute fonction publique et dans l’entreprise qu’il est en train de mener. En contre point, un débat est organisé par l’ANCMSP et permet de retracer trois expériences de valorisation du doctorat de science politique dans le milieu associatif. Ce débat, centré sur « l’usage des savoirs critiques en dehors de l’Université », est l’occasion de présenter trois trajectoires biographiques d’anciennes docteures de SHS : Jessica Sainty (Association pour le Développement des Etudes Economiques et Sociales, CGT), Charlotte Recoquillon (Humanity in Action) et Yaëlle Ansellem-Mainguy (INJEP). Pour conclure cette première journée, Nicolas Kaciaf (AECSP) anime une table ronde sur « la science politique et ses usages publics et/ou médiatiques ». Vous trouverez ici la liste des intervenants de cette TR.
 
La 2ème journée des Assises est consacrée d’abord à la situation de la discipline au CNRS. Les interventions croisées de Florent Champy (ex-DAS), de Patrick Le Galès (Section 40 du CNRS) et de Sophie Duchesne (CNRS, INSHS) permettent de préciser les critères de sélection qui ont présidé récemment au choix des collègues admis au CNRS dans la section 40 (CR1, CR2). Plus encore, le débat permet de prendre la mesure des risques qui affectent l’avenir de la discipline au CNRS [voir les trois documents rapport 1, rapport 2 et rapport 3]. Outre une démographie qui appellera moins de départs à la retraite dans les années à venir, l’orientation de la politique scientifique du CNRS va provoquer une sélection drastique des thématiques soutenues (aires culturelles, méthodologie quantitative et modélisation, interdisciplinarité forte…). Dans le cadre du 12ème Salon des thèses, un débat animé par Magali Della Sudda (CNRS, CED) permet de confronter l’expérience des laboratoires qui soutiennent les candidats (avec la présence de Jean-Gabriel Contamin [CERAPS], Alain Faure [PACTE] et Andy Smith [CED]) avec celle de jeunes collègues récemment recrutés au CNRS (Lorenzo Barrault, Benjamin Lemoine, Julie Pagis, Julien Talpin). Ce débat permet de prolonger les échanges sur les critères de sélection et les procédures de soutien des collègues intéressés par le débouché professionnel que constitue le CNRS (autour de 200 chercheurs rattachés à la Section CNRS 40).
 
Le dernièer après-midi des Assises est consacré à un partage d’expériences autour des procédures récentes d’habilitation des offres de formation des établissements universitaires. Une attention particulière est portée à la question des Licences de science politique en lien avec l’enquête en cours réalisée par l’AECSP. Cette table ronde permet de prendre la mesure des effets de nomenclature et de la situation très contrastée de l’offre de diplôme de la discipline. Animée par Nathalie Ethuin (AECSP), cette table ronde conclusive permet de prendre connaissance de la situation à Avignon (Magali Nonjon), à l’Université de Montpellier 1 (Jean Joana), à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne (Bastien François), à l’Université de Rennes 1 (Christine Guionnet) et à l’UVSQ (Emmanuel Blanchard). Cette table ronde confirme l’attractivité générale des diplômes de science politique et l’image valorisée associée à l’enseignement de notre discipline. Les débats pointent aussi le paradoxe de voir une discipline reconnue fragilisée, dans nombre de sites, par des effectifs d’enseignants-chercheurs en nombre insuffisant pour assurer pleinement l’ensemble de leurs missions.
 
En guise de clôture, un hommage amical est rendu à Nadine Dada, bibliothécaire à la FNSP (Bibliothèque de recherche) partie récemment à la retraite, que nombre des participants aux Assises souhaitaient remercier pour son aide et son dévouement à notre discipline.

Lire également :
Etat des lieux de la discipline au CNRS
Intervention de Sophie Duchesne (CNRS/ ISP, Université Paris Ouest Nanterre La Défense) :
La science politique, une science sociale parmi d’autres.

Procédure de recrutement et place de la science politique au CNRS
Intervention de Patrick Le Galès (Section 40 du CNRS)


Bilan du 12ème Salon des thèses en science politique
par Nonna Mayer
 

Le Salon des thèses permet de faire un  point périodique sur le renouvellement de la discipline, à travers les champs de recherche choisis par les docteur.e.s qui ont soutenu en 2013. Un miroir partiel, puisque sur la grosse centaine de thèses en science politique soutenues chaque année nous n’avons des informations précises que sur 68 (celles dont la présentation est disponible sur le site web de l’AFSP). Un miroir un peu décalé aussi puisque les sujets ont été choisis il y a au moins six ans, parfois plus, compte tenu de la durée moyenne et médiane des thèses dans la discipline (6,2 et 6 ans, rapport Section CNU 04 pour l’année 2013). Avec ces deux bémols, l’examen des quelques rares informations comparables disponibles (titre, jury, date et lieu de soutenance) confirme quelques grandes tendances.

Genre
: jusqu’en 2001 la majorité des docteur.e.s était de sexe masculin. Depuis le gender gap a quasiment disparu et il s’était même inversé de 2006 à 2008. Le rapport hommes /femmes tend depuis à s’équilibrer. En 2013, les femmes représentent 48 % de notre échantillon.  

Lieu de production
: comme les années précédentes, on note que la très grande majorité des thèses est soutenue à Paris et en région parisienne (68 % du total). Et trois institutions concentrent 84 % des thèses de l’année : Sciences Po Paris, les autres IEP (dont pour les deux tiers l’IEP de Bordeaux) et l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne (respectivement 25, 17 et 15 thèses).

Sujets
: différencier les thèses par sous discipline aujourd’hui n’a plus grand sens tellement les frontières se brouillent, tellement les croisements de plusieurs champs sous disciplinaires sont fréquents  ainsi que leur application à  une ou plusieurs aires culturelles. La principale tendance à souligner, si l’on se fie aux titres, est l’ouverture croissante sur le monde. Les thèses consacrées exclusivement à la France sont devenues minoritaires (une quinzaine). Les deux tiers des thèses recensées portent sur un ou plusieurs pays ou régions du monde, en particulier l’Afrique et l’Amérique latine et elles font la part belle aux conflits et aux mobilisations. Enfin, les absences sont tout aussi révélatrices. Il n’y a pas de thèse portant explicitement sur le genre, ni sur la sociologie électorale par exemple. Et pour autant qu’on puisse en juger les approches qualitatives sont largement privilégiées, contrairement à ce que l’on observe dans le reste de l’Europe ou aux Etats-Unis.


Enquête AECSP pour les 4ème Assises de la science politique

"Au moment où nous est imposée une nomenclature de masters qui réduit la visibilité et la diversité de la science politique et où l’offre de formation devient de plus en plus une variable d’ajustement budgétaire, il nous semble important de tenter de dresser un bilan des formations de science politique dans les universités.

Dans le cadre de la préparation des Assises qui se tiendront les 2 et 3 avril prochains, nous souhaitons donc au sein de l’AECSP lancer une petite enquête (pour l’instant très modeste !) sur les enseignements de science politique, notamment en licence et master. (Un autre questionnaire spécifique pour la formation dans les IEP est en préparation)
L’objectif est à la fois d’établir un état des lieux et de dessiner collectivement des perspectives pour l’avenir de nos formations universitaires.
Nous avons réalisé deux questionnaires : l’un porte sur les enseignements de science politique en licence, l’autre sur les masters. Ils comportent beaucoup de questions ouvertes, compte tenu de la grande diversité des configurations locales et des enjeux.
Le questionnaire concernant les licences a été envoyé aux responsables identifiés de filières de science politique, mais nous souhaitons également faire le point sur les enseignements de science politique là où n’existe pas de formation spécifique en science politique.
Pour les masters, le grand nombre de spécialités rend difficile l’identification des équipes pédagogiques. C’est pourquoi nous diffusons ce questionnaire sur la liste ANCMSP, pour pouvoir entrer en contact avec le maximum d’intervenants et de responsables  de masters de science politique.
Nous espérons que cette démarche retiendra votre attention et que vous pourrez répondre à ce questionnaire. Nous pourrons ainsi disposer de premiers éléments de bilan et de réflexion pour les Assises de la science politique.
Vous pouvez renvoyer le questionnaire à Pierre-Yves Baudot, Nathalie Ethuin et David Garibay, membres du bureau de l’AECSP
pybaudot@yahoo.com;david.garibay@univ-lyon2.fr;nethuin@yahoo.fr
Nous vous remercions par avance de votre participation
Cordialement
Le bureau de l’AECSP
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L'AFSP vous invite à renseigner ces questionnaires lancés par l'AECSP dans le cadre des prochaines Assises de la science politique.