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ACTUALITE Appel à communications pour le 15 mars 2017 sur "Ethnographie politique des émotions. Approches comparées"
Journée d’études CHERPA (Sciences Po Aix) et EthnoPol (AFSP)
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Groupe de projet 2015-2017
EthnoPol
Ethnographie politique

Responsables scientifiques : Martina Avanza, Sarah Mazouz, Romain Pudal

EthnoPol est un groupe de projet AFSP consacré à l’ethnographie politique. Il s’agit de structurer un réseau de chercheur.e.s dont la caractéristique est de mener des enquêtes ethnographiques sur le ou la politique. L’enquête ethnographique est une méthode et une épistémologie susceptible de redéfinir des objets canoniques de la discipline : partis, mouvements sociaux, administrations publiques, mais aussi acteurs inter et transnationaux et idées politiques. Que se passe-t-il, en termes de gain de connaissance, lorsque l’on saisit ces objets au « ras des pratiques » ? Telle est la question centrale qui guide ces travaux. Comme l’écrivait Charles Tilly, « if you believe (as I do) that how things happen is why they happen, then ethnography has great advantages over most other conventional social scientific methods as a way of getting at cause-effects relations » (Tilly 2006, p. 410).
 
Plusieurs raisons nous incitent à constituer ce groupe.

Configurations intellectuelles nouvelles

Tout d’abord, il y a une configuration intellectuelle relativement nouvelle propice au développement de ce type de travaux. Selon The Chronicle of Higher Education du 22 septembre 2009 (Glenn 2009), on assisterait aujourd’hui à un renouveau de la méthode ethnographique en science politique, voire à un renouveau de la science politique sous l’effet de la méthode ethnographique. En témoigne l’ouvrage paru aux Etats-Unis sous la direction d’Edward Schatz, Political Ethnography : What Immersion Contributes to the Study of Power (Schatz 2009), comme la tentative, par des sociologues, des chercheur.e.s venant des ethnic studies et des anthropologues, de créer une nouvelle sous-discipline appelée « political ethnography » (Auyero, Joseph, Mahler 2007). Un renouveau qui aurait lieu, selon le Chronicle of Higher Education, après 30 ans d’un long silence, à savoir depuis l’ouvrage pionnier de Richard Fenno (Fenno 1978).
 
Toutefois, cette généalogie de l’ethnographie politique, centrée sur la production anglophone, ne prend pas en compte les transformations qui, depuis au moins une dizaine d’années, traversent les sciences sociales françaises. L’ethnographie y est de plus en plus reconnue comme une méthode d’enquête ayant une forte portée heuristique, au point qu’elle s’est diffusée largement, à partir de sa discipline « mère », l’ethnologie-anthropologie, d’abord à la sociologie puis à la science politique. Il est possible de repérer ce tournant ethnographique en science politique dans les principales revues francophones de la discipline. Ainsi, la Revue Française de Science Politique a publié en 2007 un numéro thématique « Enquêter en milieu difficile » (n° 57) entièrement consacré à des enquêtes ethnographiques. Quant à Politix, son numéro 100 (2012), intitulé « Faire des sciences sociales du politique », comporte un important dossier « Faire du terrain, penser par cas » qui souhaite valoriser l’apport des enquêtes de terrain dans le renouveau de la discipline. Nous pouvons encore citer, entre autres, le numéro « Enquêter dans les partis politiques » de la Revue Internationale de Politique Comparée (2010/4), le dossier « Ethnographies de la participation » (2012/3) de la revue Participations ou le numéro « Anthropologie des organisations internationales » de Critique Internationale (n° 54, 2012).
 
Cette ébullition et ce renouveau ne se sont pourtant pas accompagnés de la création de lieux de discussion et de formation. Il n’y a qu’à voir la part (très) congrue consacrée dans les summer schools à la formation en méthodes qualitatives, encore moins ethnographiques. Comme si ces méthodes, contrairement aux méthodes quantitatives, pouvaient s’improviser sur le terrain. Ce groupe ne pourra pas combler tous ces manques, mais il peut contribuer à mieux définir et valoriser cette approche, en constituant une « communauté » qui fonde ses travaux sur une approche ethnographique du politique.

Apports théoriques et enjeux d’(auto)définition

Les apports de la méthode ethnographique dépassent largement le seul intérêt de la sociologie politique à dé/reconstruire, par une analyse microsociale, les certitudes de la discipline quant à des notions telles que la « politisation » (Hamidi 2006, Pudal 2011), les « partis » (Mischi 2012), les « mouvements sociaux » (Balsiger Lambelet 2014, Plows 2008) ou « la citoyenneté » (Mariot 2010) en montrant, à partir d’un travail de terrain, la grande complexité ou l’ambivalence de ces notions. Nous essaierons de voir comment l’ensemble de la discipline – des politiques publiques (Dubois 2012, Huby, Harries, Grant 2011) à la philosophie politique (Hauchecorne 2012), en passant par la sociologie électorale (Braconnier 2012) et les relations internationales (Siméant 2012) – peut bénéficier d’une telle approche.
L’ethnographie politique permet en effet de renseigner et de documenter les médiations pratiques et matérielles constitutives de toute interaction. C’est par elles que se font et se défont les politiques publiques, les collectifs ou que voyagent les idées politiques. De même, on verra combien cette méthode permet de repenser les frontières des systèmes d’acteurs étudiés et plus largement des objets étudiés. Elle nous oblige aussi à déplacer des lignes de partage qui sont encore trop souvent pensées comme figées par les approches plus conventionnelles. On verra encore combien cette approche permet de restituer une épaisseur sociale aux individus, sortant de dichotomies ou d’approches rationnelles trop souvent limitées. Enfin, cette méthode peut permettre de renseigner les actions dans leur dynamisme, dans la succession de la résolution des problèmes, au-delà des seules analyses ex-post que proposent le plus souvent les travaux usant d’autres méthodologies.

Pour Edward Schatz, deux critères de définition de l’ethnographie du politique semblent consensuels parmi les chercheur.e.s états-uniens : faire de l’observation participante et être sensible à la signification que les observé.e.s donnent à leurs pratiques. Dvora Yanow, dans le même ouvrage, rajoute un troisième critère de définition : une écriture narrative et réflexive (2009). Sans vouloir être dogmatiques, Schatz et ses contributeurs pensent donc qu’il est nécessaire de délimiter, a minima, le champ de l’ethnographie politique. Nous partageons ce point de vue puisque, en France, on assiste aujourd’hui à la diffusion d’un usage « light » du terme ethnographie qui nous semble desservir la légitimité des recherches ethnographiques. Un.e chercheur.e ayant observé quelques réunions politiques dira ainsi que sa recherche est ethnographique alors que ce dispositif est tout à fait marginal dans sa démarche et ne sert, le plus souvent, qu’à donner un peu de chair à des analyses fondées sur d’autres matériaux. De même, un dispositif fondé entièrement sur de l’observation, mais qui ne s’intéresse pas au sens que les observé.e.s donnent à leurs pratiques n’est à notre sens pas ethnographique. Le critère rajouté par Yanow nous semble aussi central : si l’on a fait un long terrain par immersion, mais que l’on restitue les données issues de ce terrain de façon décontextualisée et non réflexive, la recherche produite ne sera pas à notre sens ethnographique. En effet, l’ethnographie n’est pas seulement une technique de récolte de données (dont le premier outil est pour nous l’observation participante, mais nous sommes conscients que ce point fait débat), mais aussi une épistémologie, ce qui demande une cohérence entre la manière de recueillir et de restituer les données.
 
En revanche, un critère communément utilisé en France pour définir une enquête de type ethnographique n’est jamais mobilisé dans les deux manifestes américains de la political ethnography que sont les ouvrages de Schatz et Auyero. Selon Stéphane Beaud et Florence Weber (2010), dont le manuel a largement contribué en France à définir la pratique ethnographique, on ne peut véritablement parler d’enquête ethnographique que quand le chercheur évolue dans un milieu d’interconnaissance, seule façon de pouvoir saisir l’insertion des individus dans des appartenances multiples et de saisir les effets de réputation. « Un ensemble lâche de personnes qui, parce qu’elles ont une histoire au moins partiellement commune, partagent des connaissances, des références, des expériences, et jouissent d’une réputation individuelle » (Beaud, Weber, 2010, p. 300). Enfin, le critère de la durée de l’enquête et celui des modalités concrètes du travail en immersion sont autant de questions qui méritent d’être précisément et collectivement débattues.
 
Soyons clairs : nous avons notre idée de ce que devrait être l’ethnographie politique, mais nous n’avons pas l’intention de l’imposer. Bien au contraire ce groupe doit être le lieu de discussions entre chercheur.e.s faisant des enquêtes ethnographiques pour aboutir à des critères le plus possible partagés de définition de cette approche épistémologique et méthodologique. Nos collègues qui font de l’histoire sociale du politique ont très bien réussi ce travail à la fois de définition méthodologique et de promotion des travaux produits. Nous aimerions faire de même pour l’ethnographie politique : rendre plus rigoureuse sa pratique (aujourd’hui parfois un peu approximative par manque justement de lieux de formation et de confrontation) et plus reconnue sa valeur.
 
Quelles spécificités de la pratique ethnographique en science politique ?

Un autre but d’EthnoPol est de discuter collectivement des spécificités de la démarche ethnographique en science politique. Le principal médium de l’enquête ethnographique étant l’expérience incarnée de l’enquêteur (Cefaï 2003, p. 544), son implication directe à la première personne dans le milieu étudié (Fassin Bensa 2008), il nous faut réfléchir aux enjeux spécifiques que pose l’entrée puis l’immersion dans un milieu militant (Avanza 2008, Broqua 2009, Dunezat 2011), une organisation internationale ou étatique. La sortie aussi doit être pensée avec les questions épineuses de restitution qui se posent là aussi de manière spécifique puisque l’on a plus souvent à faire non pas à des groupes dominés, mais à des acteurs dotés de pouvoir, dont le pouvoir de se servir de nos enquêtes ou de les censurer, voire de nous attaquer en justice (Sommier, Torreiro 2010).
La pratique ethnographique restant minoritaire en science politique, il s’agit aussi d’en défendre les spécificités. Ainsi, aux Etats-Unis, plus de deux douzaines d’importantes revues scientifiques de la discipline ont adopté une politique de transparence et accessibilité des données (appelé  DA-RT Data Access and Research Transparency, voir http://www.dartstatement.org) comme condition préalable à la publication. Il est évident qu’un telle politique ne peut pas s’appliquer dans le cas d’enquêtes ethnographiques (ne serait-ce que pour le respect de l’anonymat des enquêtés), ce que des collègues américains ont souligné au congrès de l’APSA en septembre 2015. Dans ce contexte, il est important que EthnoPol se mobilise en collaboration avec des collègues d’autres pays, pour mieux faire reconnaître l’ethnographie politique et ses spécificités.

Avanza Martina, « Comment faire de l’ethnographie quand on n’aime pas ses indigènes ? Une enquête au sein d'un mouvement xénophobe », in Didier Fassin, Alban Bensa (dir.), Les politiques de l’enquête, Paris, La Découverte, 2008, pp. 41-58.
Auyero Javier, Joseph Lauren, Mahler Matthew (dir.), New Perspectives in Political Ethnography, New York, Springer, 2007.
Braconnier Céline, « Ce que le terrain peut faire à l’analyse des votes », Politix, n. 100, 2012, pp. 99-112.
Baiocchi Gianpaolo, Connor Brian, « The Ethnos in the Polis: Political Ethnography as a Mode of Inquiry », Sociology Compass, n. 2/1, 2008, pp. 139–155.
Balsiger Philip, Lambelet Alexandre, « Participant Observation », in Donatella Della Porta, Methodological Practices in Social Movement Research, Oxford University Press, 2014, pp. 144-171.
Beaud Stéphane, Weber Florence, Guide de l’enquête de terrain. Paris, La Découverte, 2003.
Broqua Christophe, « L’ethnographie comme engagement : enquêter en terrain militant », Genèses, n.75, 2009, pp. 109-124.
Cefaï Daniel (dir.), L’Enquête de terrain, Paris, La Découverte, 2003.
Critique Internationale, n. 54, 2012, dossier « Anthropologie des organisations internationales ».
Fassin Didier, Bensa Alban (dir.), Les Politiques de l’enquête. Épreuves ethnographiques, Paris, La Découverte, 2008, p. 81-98.
Dubois Vincent, « Ethnographier l’action publique. Les transformations de l’Etat social au prisme de l’enquête de terrain », Gouvernement et action publique, n.1, 2012, pp. 83-101.
Dunezat Xavier, « Travail militant et/ou travail sociologique? Faire de la sociologie des mouvements sociaux en militant », in Delphine Naudier et Maud Simonet (dir.), Des sociologues sans qualités ? Pratiques de recherche et engagements, Paris, La Découverte, 2011, pp. 80-97.
Fenno Richard, Home Style : House Members in their Districts, Boston, Longman, 1978.
Glenn David, « Political Scientists Get Their Hands Dirty. Scholars in the discipline, taking their cue from anthropologists, try fieldwork », The Chronicle of Higher Education, 21 septembre 2009.
Hamidi Camille, « Eléments pour une approche interactionniste de la politisation », Revue Française de Science Politique, n. 56, 2006, pp. 5-25.
Hauchecorne Mathieu, « Faire du terrain en pensée politique », Politix, n. 100, 2012, pp. 149-165.
Huby Guro, Harries John, Grant Suzanne, « Contributions of Ethnography to the Study of Public Services Management », Public Management Review, n. 13, 2011, pp. 209–25.
Mazouz Sarah, « Faire des différences. Ce que l’ethnographie nous apprend sur l’articulation des modes pluriels d’assignation », Raisons politiques, 58, mai 2015.
Mischi Julian, « Observer un collectif militant en milieu populaire », Politix, n. 100, 2012, pp. 149-165.
Mariot Nicolas, « Pourquoi il n’existe pas d’ethnographie de la citoyenneté ? », Politix, n. 23, 2010, pp. 161-188.
Participations, n. 4, 2012, dossier « Ethnographies de la participation ».
Plows, Alexandra, « Social Movements and Ethnographic Methodologies: An Analysis Using Case Study Examples », Sociology Compass n.2 (5), 2008, pp. 1523–38.
Pudal Romain , « La politique à la caserne. Approche ethnographique des rapports à la politique en milieu pompier », Revue Française de Science Politique, n. 61, 2011, pp. 917-944.
Revue Française de Science Politique, n. 57, 2007, dossier « Enquêter en milieu difficile ».
Revue Internationale de Politique Comparée, n. 4, 2010, dossier « Enquêter dans les partis politiques ».
Schatz Edward (dir.), Political Ethnography : What Immersion Contributes to the Study of Power, Chicago, CUP, 2009.
Siméant Johanna, « Localiser le terrain de l’international », Politix, n. 100, 2012, pp. 149-165.
Sommier Isabelle, Torreiro Juan, « Ecriture sociologique et labellisation politique : réflexion autour d’un procès en diffamation », in Sylvain Laurens, Frédéric Neyrat, Enquêter de quel droit ? Menaces sur l’enquête en sciences sociales, Vulaines-sur-Seine, Editions du Croquant, 2010, pp. 39-54.
Tilly Charles, « Political Ethnography as Art and Science », in Qualitative Sociology, n. 29, 2006, pp. 409–412.
Yanow Dvora, « Dear author, dear reader: The third hermeneutic in writing and reviewing ethnography », in Edward Schatz (dir.), Political ethnography: : What Immersion Contributes to the Study of Power, Chicago, CUP, 2009, pp. 275-302.


How ethnography expands the study of politics and policies? Beyond the ethnographic revival in political science in the US as well as in France, we believe this question to be particularly relevant insofar as ethnography is a method and an epistemology, that can deeply renew the way in which political science addresses its traditional topics such as political parties, social movements, national and transnational actors or even political ideas.
Nevertheless, while several special issues of peer-reviewed French Journals of political science were dedicated to this topic, summer schools or workshops providing training in qualitative method and political ethnography remain scarce.
As an AFSP project Group, EthnoPol aims, therefore, to create a multidisciplinary network of researchers in social science, whose study of political issues leans on ethnographic approach. It is to foster discussion and concrete cooperation between French, European and international scholars (especially in Germany, Italy, in the UK in the US, in Brazil, in Colombia, in Morocco, in Tunisia as well as in Lebanon).
To define the contours of political ethnography, we consider it as an approach to be based on:
-      Participant observation,
-      Attention paid to the own perspective of the people being observed and studied,
-      Narrative and reflexive writing,
-      Fieldwork carried out in a milieu of inter-knowledge and long-standing contacts
Given these grounds, EthnoPol has two scopes of work. First, by promoting dialogue, it seeks to determine jointly criteria in the definition of political ethnography as a method and as an epistemology. Secondly, it aims to figure out collectively the specificities of the ethnographic approach in Political Science. For instance, what is at stake when a researcher enters an activist group to carry out observations? What are the consequences of being long and deeply immerged or even embedded to a national or an international institution during a fieldwork? We would also like to address the way in which a fieldwork should be left and ended. For example, how a feedback should be done? In which conditions should it be carried out when the studied people have a position of dominance that might allow them control and even seek to censor the study?
It is, thus, to make the practice of political ethnography more rigorous and to contribute to a wider recognition of its scientific value.


Actualité

Appel à Communications pour le 15 mars 2017
Journée d’études CHERPA (Sciences Po Aix) et EthnoPol (AFSP)
Ethnographie politique des émotions. Approches comparées.
Aix-en-Provence - 30 mai 2017

Responsables : Martina AVANZA (CRAPUL, UNIL Lausanne) et Stéphanie DECHÉZELLES (CHERPA, Sciences Po Aix)
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Panel EthnoPol au congrès 2016 de l’ECPR
“Politicization From an Ethnographic Perspective”
10 septembre 2016
In perusing the academic literature on "ordinary" relations to politics and politicization (specifically in the working class), numerous studies reveal the multiple forms of incompetence , disinterest , and even apathy supposed to exist in this milieu, while others point out the absence of politics, its diminishing presence, or even its avoidance . However, ethnographic inquiries can drive us to radically rethink our initial conception and to become more attentive to the methods of creation and expression of political opinions. It also steered us towards a more interactionist approach to politicization  that sought to construct an ethnography of ordinary relations to politics . We can reconstruct certain elements of a study in line with the "Malinowskian revolution": long-term immersion, primacy conferred to context, and beliefs inferred by the researcher without exclusive recourse to propositional content. Political opinions appeared less as “a deliberate choice founded on free will according to the ordinary conception of the political game, surveys, and political intellectuals” , than as variable translations of specific social and professional conditions . In this sense, this panel will contribute to the debate around the arguments set forth by Anne Norton, who prompts reflection on American citizens' “ordinary relations” to politics by fully delving into their daily life, since, according to her, a better understanding of individuals' behavior in ordinary times sheds light on their political behavior in general, as well as on their political behavior during particular events, such as elections.
The panel welcomes contributions addressing cases located in different social backgrounds, as the ordinary formation process of opinions stands as a cross-cutting question and can be best understood through comparative ethnography.
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Partenariat Ethnopol à Berlin
Conférence internationale "Transnational Politics: State Practices and Ev
eryday Life Experiences"
8-9 septembre 2016
Les 8 et 9 septembre prochain, le groupe de projet EthnoPol est partenaire du colloque international Transnational Politics: State Practices and Everyday Life Experiences organisé à l’Institut für europäische Ethnologie de l’université Humboldt de Berlin.
Vous pouvez retrouver ici tous les détails concernant l’événement : https://www.facebook.com/events/312887949056668/

EthnoPol au congrès de l'APSA
“On the Ethnographic Proof”
Roundtable at the APSA Annual Conference
September 1-4 Philadelphia
Proposed by Martina Avanza, University of Lausanne, in behalf of EthnoPol (French Political Science Association Research Group on Political Ethnography.
Chair: Dvora Yanov (Guest Professor at Wageningen University, The Netherlands)
Participants: Martina Avanza (Senior Lecturer at the University of Lausanne/EthnoPol), Sarah Mazouz (Marie Curie post-doc at the Humboldt University, Germany), Timothy Pachirat (Assistant Professor at the University of Massachusetts Amherst/EthnoPol), Lisa Wedeen (Professor at the University of Chicago).
The controversy around Alice Goffman’s book “On the Run” (2014) highlighted the fragility of the ethnographic work since Goffman was sharply criticized about the accuracy and robustness of her empirical claims. As the Chronicle of Higher Education (June 16 2015) underscores, “the dust-up reveals anxieties that go beyond the censure of Ms. Goffman, opening a fresh debate over longstanding dilemmas of ethnographic research”. In a word, given that fieldwork is necessarily a singular experience, it is the credibility of ethnography as well as the robustness of its data that are clearly under attack.
Therefore, we do think that political ethnographers must figure out what makes ethnography credible and what an ethnographic proof is. It is all the more urgent since, quantitative methods and positivist epistemologies have a dominant position in political science.
Thus the proposed roundtable aims to address the way in which the effect of proof is produced in ethnographic work (during fieldwork as well as in the writing process). This question is not a new one (see Becker 1958). The controversy around Goffman’s book has nevertheless shown that it has to be raised again and in a new intellectual context.
Among the questions that we would like to raise and discuss:
-       How many cases do we need to produce the effect of proof? (Small 2009). How do we treat the negative cases? How long do we have to stay in the field in order to produce the effect of proof? (Marcus-Okeley 2007).
-      How do we know that we reach data saturation and how can we prove that we did during the writing process?
-      Should we, instead of trying to convince our quantitative and positivist colleagues, just speak our own language as Howard Becker suggested [*] ?
-      Do observation protocols are a useful tool? And which protocols? How can we use them?
-      How can we produce causal inference with ethnographic data? How can we go from how to why? (Katz, 2001)
-      How can we generalise our findings to other situations? (Glaser 2005).
-      How can we balance participant confidentiality with providing evidence of our claims? This question is even more important now with the Data Archiving-Research Transparency (DART) policy.
-      Can we use our field notes as a proof? How? (Emerson, Fretz, Shaw 1995).
-       How to use reflexivity to produce the effect of proof without falling into a narcissist approach that deals more with the ethnographer than with the participants?
US scholars and EthnoPol members will gather together and try to compare how do we deal with the ethnographic proof in the English and French ethnographic literature.
References
Howard Becker, “Problems of inference and proof in participant observation”, American Sociological Review, December 1958, vol. 23, n. 6, pp. 652-660.
Howard Becker, “The Epistemology of Qualitative Research”, in Richard Jessor, Anne Colby and Richard A. Shweder (ed.), Ethnography and Human Development. Context and Meaning in Social Inquiry, Chicago University Press, 1996.
Emerson Robert, Fretz Rachel, Shaw Linda, Writing Ethnographic Fieldnotes, Chicago, University of Chicago Press, 1995.
Glaeser Andreas, “An ontology for the ethnographic analysis of social processes: extending the extended case method”, Social Analysis, 2005, vol. 49, n. 3, pp. 16-45.
Jack Katz, “From how to why. On luminous description and causal inference in ethnography”, Ethnography, December 2001, vol. 2 no. 4, pp. 443-473
George Marcus, Judith Okeley, “How short can fieldwork be?”,Social Anthropology, 2007, vol. 15, n.3, pp. 353-367.
Mario Luis Small, “How many cases do I need?”, Ethnography, March 2009, vol. 10 n. 1, pp. 5-38.
[*] “It is my observation over the years that quantitative researchers always want to know what answers qualitative researchers have to their questions about validity and reliability and hypothesis testing. They do not discuss how they might answer the question qualitative researchers raise about accuracy and precision and breadth. …. In other words… they want the discussion to go on in their language and the standards of qualitative work translated into the language they already use” (Becker, 1996, p. 68).


Agenda


Participants & Contacts

Responsables scientifiques : Martina Avanza, Sarah Mazouz, Romain Pudal

Martina Avanza est maître d’enseignement et de recherche en sociologie politique à l’Université de Lausanne, à l’Institut d’Etudes Politiques, Historiques et Internationales (IEPHI) et chercheuse au Crapul (Centre de Recherche sur l’Action Politique de l’Université de Lausanne). Etant venue à la science politique après une formation en anthropologie, elle mène des enquêtes de terrain de longue durée dans des univers militants (partis politiques, syndicats, mouvements, associations), notamment des groupes conservateurs en Italie. Elle a notamment publié « Comment faire de l’ethnographie quand on n’aime pas ses indigènes ? Une enquête au sein d'un mouvement xénophobe », in Didier Fassin et Alban Bensa (dir.), Les Politiques de l’enquête, Paris, La Découverte, 2008, pp. 41-58.
http://www.unil.ch/unisciences/MartinaAvanza

Sarah Mazouz est post-doc Marie Curie à l’Institut für Europäische Ethnologie (Université Humboldt de Berlin) et chercheuse associée au Centre Marc Bloch. Elle a soutenu en 2010 à l'EHESS (Paris) une thèse dirigée par Didier Fassin et intitulée « La République et ses autres. Politiques de la discrimination et pratiques de naturalisation dans la France des années 2000 ». 
Après avoir été chercheuse post-doctorante au sein du programme MORALS - Towards a Critical Moral Anthropology, financé par le Conseil européen de la recherche, elle travaille maintenant sur les politiques et les usages sociaux de la double nationalité en France et en Allemagne. Elle a notamment publié « Faire des différences. Ce que l’ethnographie nous apprend sur l’articulation des modes pluriels d’assignation », Raisons politiques, 58, mai 2015.
https://cmb.hu-berlin.de/fr/lequipe/profil/sarah-mazouz

Romain Pudal, chargé de recherche au CNRS, au CURAPP-ESS, co-dirige l'axe de recherche "Encastrement social des préférences politiques" du laboratoire. Il développe ses travaux à partir d'une enquête ethnographique au long cours chez les sapeurs pompiers français (avec des éléments comparatifs en Amérique du Nord). Un ouvrage à La Découverte et plusieurs articles sont en cours de rédaction sur le sujet, et il a notamment publié : « La politique à la caserne : approche ethnographique des rapports à la politique en milieu pompier », Revue française de science politique, VOL. 61, No 5, 2011, p. 917-944 et « Du "Pioupiou" au "Vieux Sarce" : ethnographie d’une socialisation chez les pompiers », Politix, n° 93, juin 2011, p. 167-194.
https://www.u-picardie.fr/curapp/IMG/pdf/CVPudal.pdf

Contacts :

Avec le soutien du comité scientifique suivant :
Vincent Dubois,Professeur de Sociologie et Science Politique à Université de Strasbourg, membre du SAGE.
Johanna Siméant, Professeure de Science Politique à l'Université de Paris 1, membre du CESSP.
Marie Vannetzel, Chargée de Recherche au CNRS, CURAPP


Focus

En savoir plus sur les objectifs d'EthnoPol ?

Rencontres scientifiques :

18 Mars 2016 à Lausanne "La preuve ethnographique". Journée d'études co-organisée avec l'Institut de Sciences Sociales (ISS) de l'Université de Lausanne.
Responsable principale: Martina Avanza

Avril 2016 à l’Université d’Amiens journée d'études autour du rapport au politique co-organisée avec le CURAPP (à préciser).
Responsable principal : Romain Pudal.​

Juin 2016 à Lausanne « Militantismes de guichet. Ethnographie du travail de permanence dans des organisations politiques ». Journée d'études co-oraniséee avec le Crapul (Centre de recherche sur l'Action Politique de l'Université de Lausanne).
Responsable principale : Martina Avanza.

Juin 2016 à Prague, panel (si accepté) au congrès IMISCOE (International Migration, Integration and Social COhEsion) autour de l'ethnographie des loyautés citoyennes (à préciser).
Responsable principale: Sarah Mazouz

1-4 Septembre 216, à Philadelphie, panel (si accepté) au congrès de l’APSA en collaboration avec des chercheurs américains (projet avec Edward Schatz, Professeur à l’Université de Toronto et auteur du livre Political Ethnography).​

Septembre 2016 à Berlin journée d'études autour de l’ethnographie de l’Etat et des politiques publiques (à préciser) en collaboration avec le Centre Marc Bloch et l’Institut für Europäische Ethnologie de l’Université Humboldt.
Responsable principale : Sarah Mazouz.

Publications :
A la fin de nos deux années de travaux communs, nous souhaitons rédiger un livre collectif qui rende compte de la richesse de l’ethnographie politique francophone. Le livre que nous proposons devrait aussi servir aux étudiant.e.s et doctorant.e.s, sur le modèle du livre Pratiques et méthodes de la socio-histoire dirigé par François Buton et Nicolas Mariot et sorti en 2009. Il s’agirait donc de quelque chose à mi chemin entre le manifeste (sur le modèle des deux manifestes américains dont on a parlé dans la présentation scientifique) et le manuel.
 
Pour rendre visible la production scientifique en ethnographie politique, nous proposerons une « chronique bibliographique » annuelle à la Revue Française de Science Politique, sur le modèle de ce qui se fait déjà sur « le genre » ou « approches historiques du politique ».
 
Formations :
Pour combler un réel manque de formation de nos doctorant.e.s, qui se « lancent » dans des enquêtes pour leurs thèses sans être suffisamment armé.e.s méthodologiquement, nous aimerions réussir à organiser une école d’été (été 2017).


Publications

 

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