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GrUE

Groupe de recherche sur l’Union européenne

Responsables scientifiques du groupe de projet GrUE : Lola Avril, Samuel B. H. Faure

 

ACTUALITES 

Journée d’étude « Formes de légitimation de l’action publique européenne »
Le GrUE organise le 20 avril 2018 à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en partenariat avec le CESSP une journée d’étude intitulée « Formes de légitimation de l’action publique européenne ».
Attention ! Cette journée d’étude initialement programmée le 20 avril est repoussée à une date ultérieure bientôt communiquée.

AAC Journée d’étude « La différenciation est-elle l’avenir de l’Union européenne ? Production et adaptation aux logiques de différenciation »
Le groupe de recherche sur l’Union européenne (GrUE) de l’Association française de science politique organise  organise le 29 juin 2018 à la Maison française d’Oxford (MFO) / Université d’Oxford une journée d’étude sur le thème « La différenciation est-elle l’avenir de l’Union européenne ? Production et adaptation aux logiques de différenciation ». Un appel à communications est lancé dont la date limite est fixée au 20 avril 2018.

 

La création du « Groupe de recherche sur l’Union européenne » (GrUE) part d’un constat scientifique préoccupant : depuis la fin des années 2000, l’UE est un objet d’étude délaissé par les chercheurs en science politique. A l’international, Vivien Schmidt (Université de Boston), a insisté lors du congrès de l’association américaine d’études européennes (EUSA) de 2015, sur le recul structurel des recherches portant sur l’UE aux États-Unis. En France, malgré des réalisations pédagogiques majeures – comme la création et le développement de plusieurs diplômes d’études européennes, ainsi que la réédition de manuels classiques et la publication de nouveaux – un désengagement scientifique est simultanément observé.

Dans le même temps, l’UE a connu un ensemble de « crises » : crise monétaire et macroéconomique de la zone euro, crise migratoire de l’espace Schengen, crise diplomatique et militaire avec la Russie liée à l’annexion de la Crimée par cette dernière, crise institutionnelle à la suite du « Brexit », crise politique liée à la montée des « populismes ». La liste n’est pas exhaustive. Les causes de ces transformations politiques européennes, ainsi que leurs effets au sein du « champ de l’Eurocratie » comme sur les États et les citoyens européens, demeurent à bien des égards méconnus.

Par conséquent, le GrUE entend générer des savoirs à même de rendre intelligibles les dynamiques multiples de reconfiguration politique à l’œuvre, à partir de l’étude de l’UE. Il faut continuer à étudier l’UE parce qu’elle incarne un objet utile pour poser des questions de science politique, d’ordre théorique et méthodologique. Pour ce faire, il s’agit de réactiver et de fédérer la communauté des politistes, juniors et séniors, français et étrangers, mais aussi celles des sociologues et des historiens, qui analysent l’UE comme un objet « normal ». Au sein de cette communauté scientifique, le GrUE veut valoriser le décloisonnement théorique (entre l’approche socio-historique, la sociologie de l’action publique, la sociologie politique et les théories des relations internationales), et l’innovation méthodologique (en triangulant plusieurs méthodes qualitatives et quantitatives, et en générant des données primaires à partir d’enquêtes de terrain).

Les activités scientifiques du GrUE s’organisent autour de deux axes de recherche qui correspondent à deux enjeux majeurs en science politique : les reconfigurations de la gouvernance d’un système politique et les formes de légitimation de l’action publique. Chaque axe aboutira à la réalisation d’un numéro spécial de revue.

Axe 1 : Conditions et effets des logiques de différenciation de l’intégration européenne
Responsables : Samuel B.H. Faure (SciencesPo-CERI) et Francisco Roa Bastos (Université Paris Ouest-ISP)

Le premier axe de recherche analyse les transformations de la gouvernance de l’UE à partir de la problématique des conditions et des effets des dynamiques de « différenciation » de l’intégration européenne. Alors que les logiques de différenciation de l’intégration européenne renvoient à des processus politiques structurels qui affectent le et la politique, mais aussi les politiques publiques élaborées et mises en œuvre par l’UE, on constate un impensé théorique et méthodologique de la part des chercheurs dans la littérature francophone.

Si les acteurs politiques et les experts des think tanks se sont saisis de cette problématique, aucun numéro spécial d’une revue scientifique, ni aucun livre publié dans une maison d’éditions universitaires francophones, n’y a été consacré. Répondre à cette insuffisance apporterait des contributions théoriques utiles à l’interprétation des conditions ou des effets des dynamiques de différenciation au sein de l’UE. L’argument du néo-institutionnalisme du choix rationnel, dominant dans la littérature anglo-américaine, devrait être complété par la formulation d’hypothèses construites à la croisée d’approches, socio-historique, de l’action publique et des relations internationales. En cela, la proposition du GrUE se situe dans le prolongement, d’initiatives récentes prises dans le cadre des activités soutenues par l’AFSP pour inciter à un décloisonnement théorique, ainsi que d’un mouvement historiographique qui se focalise moins sur l’histoire de l’intégration européenne que sur celle des coopérations européennes.

De plus, l’analyse de cas d’étude multiples situés à des échelles d’action publique, programmatique (programme « Erasmus »), sectorielle (défense européenne, espace Schengen, politique extérieure, zone euro) ou nationale (processus d’élargissements, mécanisme d’ « opt-out », « Brexit ») permettrait de révéler les différentes logiques de différenciation de l’intégration européenne. Pour ce faire, l’élaboration de protocoles d’enquête originaux articulant plusieurs niveaux d’analyse (micro, meso, macro), et mobilisant des méthodes pour produire des données (archives, base de données, entretiens semi-directifs, observation participante) et les analyser (analyse de réseaux sociaux, « process tracing », comparaison), sera encouragée.

Axe 2 : Formes de légitimation de l’action publique européenne
Responsables : Lola Avril (Université Paris 1-CESSP) et Yohann Morival (SciencesPo-CSO)

Le deuxième axe de recherche a trait aux différentes formes prises par un type de légitimation, l’expertise, qui est historiquement au fondement du projet européen mais connaît des remises en causes profondes. La littérature portant sur la légitimation de l’Europe par l’expertise analyse, majoritairement, les effets qu’elle génère sur les modes d’élaboration des politiques publiques européennes, à partir d’études de cas sectoriels. Nous souhaitons contribuer à ces recherches majeures en s’attelant à éclairer deux angles morts.

Un premier enjeu est de penser l’articulation du rôle des acteurs intermédiaires dans la mise sur agenda et l’élaboration des politiques publiques européennes (policies) avec le cadrage global de la politique de l’UE telle que la référence au marché, aux droits fondamentaux ou à la sécurité (politics). Il s’agit par-là de mettre au jour les conditions de la fabrique d’un « problème public » par laquelle émerge des formes de légitimation de l’action publique européenne. L’entrée par les acteurs intermédiaires éclaire également la diversité des espaces au sein desquels se fait ou se discute l’action publique européenne, ce qui invite à poursuivre les réflexions sur les frontières entre les acteurs publics et privés, et celles entre les espaces nationaux et européens.

Le second enjeu concerne l’action publique européenne à l’échelle nationale. Si la littérature a questionné l’affirmation de professionnels de l’Europe au sein d’administration régionale, ou ses appropriations au sein de groupes d’intérêt nationaux, peu de travaux abordent l’effet (ou l’absence d’effet) des processus de légitimation de l’action publique européenne sur l’échelle nationale. En analysant les tensions, conflits et investissements à l’œuvre dans l’application des politiques de l’UE au sein des Etats membres, le projet vise à varier les échelles d’analyse (transnationales, nationales voire locales), afin de saisir les éventuelles adhésions ou contestations aux modes de légitimation identifiées. Pour ce faire, il s’agira d’encourager le dialogue entre positionnements épistémologiques (autour du rapport du chercheur à l’objet), ontologiques (sur l’éclectisme théorique et la montée en généralités) et méthodologiques (sur le type de données et leurs usages), et à la formulation d’une typologie des instruments (stratégiques, institutionnels, idéels et discursifs) de légitimation des politiques publiques européennes.

 

Simultanément au travail de recherche, le GrUE entend se saisir de deux outils d’action pour diffuser la production scientifique en études européennes : de « l’intérieur », en répertoriant les chercheurs et les enseignants de l’UE ; vers « l’extérieur », en se saisissant des réseaux sociaux. La mobilisation de ces outils aboutira à la réalisation de deux livrables : une cartographie représentant les chercheurs travaillant sur l’UE en France et des capsules vidéos pour promouvoir les recherches portant sur l’UE.

 

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Lola AVRIL, lola.avril@univ-paris1.fr Doctorante, Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP), Université Paris 1

Samuel B.H. FAURE, samuel.bh.faure@alumni.harvard.edu Docteur associé, Centre de recherches internationales (CERI), SciencesPo

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