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Badr KARKBI


Etudiant(e)


Université de Bordeaux


Science politique



Politique comparée
Sociologie historique
Sociologie politique


Mes recherches en cours ambitionnent de repenser l’articulation du religieux et du politique à travers un objet classique de la science politique: Les partis politiques.

A travers une comparaison socio historique dont le noyau est le concept de sécularisation, je compare l'évolution de l'islam politique tunisien dans sa version tunisienne et la démocratie chrétienne Italienne. En s'inscrivant d'ores et déjà dans deux contextes spatio temporels différents, cette comparaison interroge la sécularisation dans sa version partisane et comble un vide académique s'agissant de deux objets longtemps restés cloisonnés. Partant, l'interaction entre les partis d'obédience religieuse et les régimes en place générè une réflexion plus globale sur la démocratie et la place de la religion dans une démocratie.

Mes recherches également s’intéressent aux régimes du Maghreb, notamment le Maroc et la Tunisie, leurs fonctionnement, légitimité et devenir, oscillant entre les régimes et les idées politiques.




Le premier trimestre de 2020 verra la publication d'un chapitre d'ouvrage et deux de mes articles.

Le chapitre fait partie d'un ouvrage collectif sur " le jeûne dans les différentes traditions religieuses du monde". Ma contribution s'intéresse au volet politique dans sa version contestataire à travers l'étude d'un mouvement inédit : Le mouvement alternatif pour les libertés individuelles ( MALI ). Constitués sur les réseaux sociaux ( Facebook), des jeunes ont décidé en 2009 d’organiser un pique-nique en plein ramadan à Mohammedia, ville proche de Casablanca pour revendiquer le droit de « dé-jeûner » pendant le ramadan. Cette initiative, unique à l’époque, avait suscité une vive polémique mais aussi une réaction policière disproportionnée. Depuis, le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Mali), constitué alors, milite inlassablement pour dépénaliser la rupture du jeûne en public.

Bien que symbolique, cette action a déchainé les passions sur l’existence d’une résistance et l’existence d’un néo projet de société dont le berceau est le militantisme cybernétique. Ce papier se propose donc de scruter ce projet dans sa relation avec le jeune à la fois pilier religieux et identitaire d’une société conservatrice.

Mon second article qui va paraitre dans la revue Egypte / monde arabe est intitulé " Alain Roussilon et la réforme en terre d'Islam". Aborder l’islam à travers ses intellectuels semble une aventure excitante à laquelle nous nous sommes livrés à la suite d’Alain Roussillon. Déboussolé par la multitude des acteurs qui se réclament de son héritage, l’Islam aujourd’hui est devenu source de conflit, d’apaisement et de légitimité. Proie de ces usages multiples, l’Islam a finalement trouvé refuge chez des intellectuels déterminés à briser le silence et lui restituer ses valeurs éthiques et heuristiques.

Ces nouveaux acteurs du changement ont pour autant nourri notre interrogation dans un contexte de globalisation et de brassage culturel où la demande de la sécularisation se fait de plus en plus pressante. Leurs parcours universitaires et les attitudes qu’ils ont adopté vis-à-vis des textes sacrés nous invité à la fois de repenser le fait islamique, et scruter ce champ intellectuel inédit, guidés par l’ouvrage d’Alain Roussillon La pensée islamique contemporaine. Acteurs et enjeux (Paris, Téraèdre, 2005).

Le troisième article s'intitule " les chemins de la sécularisation : Ennahdha au au mirroir de la démocratie chrétienne italienne" et va paraitre dans la revue du Centre arabe des études politiques. Notre interrogation est née d’une insuffisance. L’attrait des chercheurs pour le mirage turc et leurs indifférences par rapport à la démocratie chrétienne a alimenté notre conviction quant à l’exigence d’une étude comparative entre deux univers qui n’ont cessé de cohabiter.

En interrogeant l’islam politique dans sa spécifité tunisienne et la démocratie chrétienne dans sa version italienne, on cherche à scruter deux phénomènes qui se distinguent dans l’espace et dans le temps, en dressant simultanément les parallèles et les convergences utiles pour mieux appréhender la contribution de chacun au processus démocratique et son accommodement à la modernité. Le choix de l’Italie et la Tunisie n’est pas incongru. La décolonisation dans le cas tunisien et le Risorgimento en Italie ont été respectivement l’œuvre d’une élite qui a mis au-devant de la scène la laïcité comme mode de gouvernance.

Orphelin des frères musulmans, Ennahdha apparait comme une réaction contre le bourguibisme, appelant à l’édification d’un Etat islamique. La D.C Italienne, en revanche, hérite d’un puissant parti politique a-confessionnel, le parti populaire de Don Sturzo, marquant la réconciliation des catholiques avec la politique.

Cette réconciliation nait également de la pensée de Pie XII. Dans son appui au régime démocratique, il nous parait instructif de le confronter à la pensée de Rached Ghannouchi, pour s’arrêter sur les mérites et les limites d’une saine démocratie en islam. Enfin, nous nous intéresserons particulièrement au compromis Historique élaboré par les deux partis durant des périodes de transitions, après l’entrée au gouvernement.