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Congrès 2019

Conférences

Quatre Conférences seront organisées en juillet 2019 à Sciences Po Bordeaux, dont une qui mettra à l’honneur Pippa Norris. Ces conférences permettront de traiter des grandes questions de notre discipline, qu’il s’agisse des évolutions du comparatisme dans le monde contemporain ou du développement des études africaines. Une conférence « grand public » sera également consacrée aux Elections européennes 2019 dont les résultats auront été connus quelques semaines auparavant.

 

Le mardi 2 juillet de 17h00 à 18h00, Pippa Norris donnera une conférence intitulée « Cultural Backlash: Brexit, Trump and the Rise of Authoritarian Populism ».

Pippa Norris is the Paul F. McGuire Lecturer in Comparative Politics at the John F. Kennedy School of Government, Harvard University, ARC Laureate Fellow and Professor of Government and International Relations at the University of Sydney, and Director of the Electoral Integrity Project.

 

« Authoritarian populist parties have gained votes and seats in many countries, and entered government in states as diverse as Austria, Italy, the Netherlands, Poland, and Switzerland. While Donald Trump’s success is unique, even small parties can still exert tremendous ‘blackmail’ pressure on governments and change the policy agenda, as demonstrated by UKIP’s role in catalyzing Brexit. Polarization between social liberals and social conservatives has fueled support for Authoritarian-Populist parties and leaders in the U.S. and Europe. This book draws on new empirical evidence to establish a general theory explaining the increase of polarization between social liberals and social conservatives. These divisions in values within electorates translate into support for Authoritarian-Populist parties and leaders in the U.S. and Europe. The conclusion highlights the dangers to liberal democracy arising from these developments and what could be done to mitigate the risks ».

About Pippa Norris and Cultural Backlash…

https://www.pippanorris.com/cultural-backlash

https://www.un.org/development/desa/dspd/wp-content/uploads/sites/22/2018/09/Norris.pdf

 

Le jeudi 4 juillet de 11h à 13h, se tiendra une conférence sur « La théorie démocratique revisitée à partir des expériences africaines et latino-américaines », conférence animée par Céline Thiriot (LAM – Sciences Po Bordeaux) et articulée autour des interventions de Nic Cheeseman (Université de Birmingham) et Olivier Dabène (CERI – Sciences Po Paris).

 

What does Africa have to teach the world about democratic theory? / Qu’est ce que l’Afrique peut apporter à la théorie démocratique ?
Nic Cheeseman

Africa is often depicted as a continent in which democracy faces its toughest challenges – a particularly difficult context in which to establish political pluralism and good quality elections. But there is another less frequently told story that is just as important: many African countries have emerged as thriving and dynamic democracies despite featuring none of the pre-conditions identified by political scientists and theorists. In this talk, Professor Nic Cheeseman explains how countries such as Benin, Botswana, Ghana, Mauritius, Namibia and Senegal have ‘democratized against the odds’. These cases, he will argue, enable us to see alterative pathways through which democratization can occur even when the classic structural foundations of consolidation are not in place. Indeed, he will also argue that while political reform in Africa has faced tough challenges over the last decade, in some ways the democratic recession has been less severe than in other parts of the globe.

L’Afrique est souvent dépeinte comme le continent sur lequel la démocratie est confrontée aux plus défis les plus complexes – un contexte particulièrement difficile pour établir le pluralisme politique et des élections qualitatives. Il y a cependant une autre version moins courante mais tout aussi importante : de nombreux pays d’Afrique sont parvenus à instaurer des démocraties dynamiques et florissantes, bien que ne remplissant aucune des préconditions identifiées par les politistes. Dans cette présentation, le Professeur Nic Cheeseman explique comment des pays tels que le Bénin, le Botswana, le Ghana, Maurice la Namibie ou le Sénégal se sont ‘démocratisés malgré tout’. Il montre que ces cas nous permettent d’identifier des voies alternatives permettant la démocratisation même en l’absence des fondements structurels classiques de la consolidation. De fait, même si les réformes politiques ont été difficiles en Afrique durant la dernière décennie, il montre que d’une certaine façon la récession démocratique y a été moins grave qu’ailleurs dans le monde.

Nic CHEESEMAN (@fromagehomme) is Professor of Democracy at the University of Birmingham and was formerly the Director of the African Studies Centre at Oxford University. He mainly works on democracy, elections and development and has conducted fieldwork in a range of African countries including Ethiopia, Ghana, Kenya, Malawi, Nigeria, Uganda, Zambia, and Zimbabwe. The articles that he has published based on this research have won a number of prizes, the Political Studies Association of the United Kingdom awarded him the prestigious Joni Lovenduski Prize in 2019. Professor Cheeseman is also the author or editor of ten books. A frequent commentator of African and global events, Professor Cheeseman’s press articles have been read over a million times. www.democracyinafrica.org.

 

Democratic regression in Latin America?
Olivier Dabène

Latin America is currently living its longest democratic period in history. Yet, signs of disappointment have been perceptible since the transitions forty years ago. Today, there is no shortage of empirical evidence showing that representative democracy dramatically lacks credibility, paving the way for the election of populist outsiders who end up further undermining democracy. Worse, some countries have fallen into the category of electoral authoritarianism.
Few scholars would take issue with such account. There is, however, a less commented and more encouraging story to be told about democracy in Latin America. While the region was consolidating a poor-quality type of democracy, it was also innovating with participatory and deliberative democracy. From world-famous Porto Alegre’s participatory budget to civil society organizations holding authorities accountable and street artists making public claims that can shape public opinion, Latin America is a region of many democratic experiments that mitigate its poor balance on elections.

L’Amérique latine vit actuellement la plus longue période démocratique de son histoire. Pourtant, des signes de déception sont perceptibles, quarante ans après la transition démocratique. On ne manque pas à l’heure actuelle de preuves empiriques du peu de crédibilité de la démocratie représentative en Amérique latine, ouvrant la voie à l’élection d’outsiders populistes qui sapent un peu plus la démocratie. Pire encore, certains pays sont tombés dans la catégorie de l’autoritarisme électoral. Peu d’analystes contesteraient un tel bilan. Il y a cependant une histoire moins connue et plus encourageante de la démocratie en Amérique latine. Alors que dans la région se consolidaient des démocraties de qualité médiocre, elle innovait en matière de démocratie participative et délibérative. Du célèbre budget participatif de Porto Alegre aux organisations de la société civile qui mettent les autorités politiques face à leurs responsabilités, en passant par les artistes de rue exprimant les revendications populaires et influant l’opinion publique, l’Amérique latine est le lieu de nombreuses expérimentations démocratiques qui contrebalancent son pauvre bilan en matière électorale.

Olivier DABENE est professeur de science politique à l’Institut d’Études Politiques de Paris (Sciences Po) et chercheur au Centre de Recherches Internationales (CERI, FNSP). Ses travaux portent sur l’état de la démocratie et l’intégration régionale en Amérique latine. Auteur de nombreux ouvrages, il est professeur invité dans plusieurs universités latino-américaines. En 2019, il était visiting fellow à Oxford.
Olivier Dabène est Président de l’Observatoire Politique de l’Amérique Latine et des Caraïbes (www.sciencespo.fr/opalc) du CERI à Sciences Po qui publie chaque année Amérique latine. L’année politique (LAPO) dans les Études du CERI.

 

Key speakers / conférenciers
Nic Cheeseman (University of Birmingham) cheeseman@bham.ac.uk
Olivier Dabène (CERI – Sciences Po Paris)  dabene@sciencespo.fr

Chairwoman / animatrice
Céline Thiriot (LAM – Sciences Po Bordeaux) thiriot@sciencespobordeaux.fr 

La démarche comparative a longtemps fait l’objet d’appréciations contrastées dans la science politique francophone : indispensable à l’obtention de résultats robustes et à la formulation de conclusions généralisables pour les uns, elle était synonyme de nominalisme et faisant obstacle à une construction rigoureuse des objets selon les autres. Ces débats ont eu cours en marge des développements de la science politique anglophone, largement acquise à la cause du comparatisme quant à elle et tout entière concentrée sur des querelles méthodologiques quant à elle (small N / Large N ; selection bias, etc.) – parfois au détriment de considérations épistémologiques plus fondamentales. Plusieurs évolutions récentes imposent de remettre sur le métier la question de l’utilité et des modalités de la comparaison. Des organismes de recherche nationaux et européens multiplient tout d’abord les injonctions au comparatisme, en entretenant parfois une confusion entre cette démarche et un simple décentrement (étude d’un terrain éloigné appréhendée comme une « comparaison implicite »). Il paraît utile d’engager une réflexion sur le périmètre et les formats des enquêtes comparatives, mais aussi sur les articulations possibles entre différents terrains, au Nord et au Sud. Le développement de dynamiques transnationales a ensuite remis au goût du jour des interrogations sur l’autonomie des cas étudiés. Plusieurs propositions théoriques et méthodologiques en ont découlé qui amènent à contester la pertinence même de la comparaison (histoire globale ; histoire croisée ; ethnographie multisituée, etc.). Elles invitent à reconsidérer la nature même du projet (comparaison de cas, de variables ou de processus). A différentes échelles (organisations internationales, Commission européenne, administrations nationales locales), une pratique de la comparaison s’impose enfin qui obéit à des fins normatives : elle amène à dresser des classements, le plus souvent sur la base d’indicateurs chiffrés, et à désigner des « bonnes pratiques ». Cette évolution impose de préciser les critères d’une démarche proprement scientifique.

Liste des intervenant.e.s bientôt disponible.