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ST 39

Sociologie de l’action publique transnationale

Sociology of transnational public action

 

Responsables scientifiques :

Quentin Deforge (Université Paris-Dauphine, IRISSO) quentin.deforge@gmail.com
Aykiz Dogan (Institut d’étude du développement économique et social (IEDES), Université Paris 1) ayykiz@gmail.com
Natália Frozel Barros (Université Paris 1, CESSP-CRPS) nfrozelb@hotmail.com
Mailys Mangin (CERAPS, Université de Lille) mailysmangin@gmail.com

Quels sont les usages possibles des outils de la sociologie de l’action publique sur des objets situés à la croisée d’espaces transnationaux ? L’objectif de ce panel est de décloisonner les approches sectorielles des politiques internationales (économie, sécurité, santé, environnement, etc.) pour amorcer une discussion sur le fonds théorique commun. L’ambition poursuivie est alors de revisiter le dialogue entre la sociologie de l’action publique et celle des espaces transnationaux.

La sociologie de l’international puise dans les concepts de champs (Bourdieu, 1992), secteur (Dobry, 1986) ou arène (Cefaï, 2016) pour penser les processus sociaux au-delà des espaces nationaux. Les études sur la circulation transnationale d’élites, et de techniques de “gouvernance” internationale y ont occupé une place centrale (Garth, Dezalay, 2002; Lefranc, 2008; Vauchez, 2008). Dans le cadre d’un dialogue critique avec les théories des relations internationales, l’étude de la connexion des espaces sociaux à travers les figures du courtier (Dezalay, 2004), de l’intermédiaire (Nay, Smith, 2002), ont permis de mettre en évidence les effets de hiérarchies internationales, des luttes de concurrence entre espaces sociaux différents et des alliances, parfois inattendues. L’étude de ces processus et de ces acteurs a donné lieu à de productifs débats autour des difficultés théoriques et empiriques liées à l’enquête transnationale (Congrès AFSP 2013, ST 44 “Champs transnationaux, enquête transnationale” dirigée par Sandrine Lefranc et Antoine Vauchez). Nous proposons ici de réfléchir à ces difficultés théoriques à partir des outils de la sociologie de l’action publique. Si les espaces transnationaux sont souvent hybrides, faiblement cloisonnés et structurés par des frontières professionnelles instables, il nous semble productif de s’intéresser aux processus qui participent à hiérarchiser les espaces sociaux ainsi qu’aux dynamiques relationnelles qui les composent.

La sociologie de l’action politique, par sa capacité à rendre compte des dynamiques interactionnelles qui forgent les problèmes et les politiques publiques peut être utilement mobilisée pour rendre compte des processus transnationaux contemporains. Que ce soit au sein des études des processus de mise à l’agenda, de problématisation et de mise en oeuvre de ces politiques ou à travers les processus de traductions (Callon), de transcodage (Lascoumes) permettant de saisir des cadres cognitifs (Muller), certains concepts (processus décisionnels, path dependence) et choix méthodologiques (partir de la séquence d’interactions, modèle séquentiel) de ce sous-champ disciplinaire permettent de souligner l’enchaînement de séquences qui cristallisent, par exemple, une définition au détriment d’une autre, un instrument au détriment d’un autre, de façon à peser plus ou moins fortement sur les décisions futures. Ce qu’en ressort surtout est la dimension temporelle de l’analyse de politiques publiques. Nous proposons ici de nous intéresser à des objets comme la COP 21, l’expertise nucléaire et d’autres en tant que processus d’action publique pris dans leur dimension temporelle et indissociables des relations inter-champs. La construction d’une action publique transnationale n’est pas imperméable à la différenciation de l’espace social : elle en fait usage, en subit les effets et peut même créer des fenêtres d’inflexion. Au sein des controverses environnementales ou sanitaires globales, les acteurs du transnational mobilisent les ressources propres à différents espaces sociaux pour légitimer ou délégitimer une définition de ce qui est le réchauffement climatique ou une crise sanitaire. En le faisant ils renforcent ou atténuent des hiérarchies sociales (Dubois, 2010; Gilbert, Henry, 2012).

Si le numéro de la revue française de science politique en 2006 “Politique publiques et relations internationales” poursuivait cette démarche, nombre de ces travaux se sont en effet ensuite structurés autour de réseaux thématiques particulier qu’on envisage décloisonner dans le cadre de la ST.

 

What are the possible uses of the tools of the sociology of public action on objects at the crossroads of transnational spaces? The objective of this panel is to bridge the gap between the sectoral approaches of international politics (economy, security, health, environment, etc.) to initiate a discussion on the common theoretical fund. Therefore, the aim is to revisit the dialogue between the sociology of public action and that of transnational spaces.

The sociology of the international draws on the concepts of fields (Bourdieu, 1992), sectors (Dobry, 1986) or arenas (Cefaï, 2016) to think about social processes beyond national spaces. Studies on the transnational circulation of elites, and international « governance » techniques have been central (Garth, Dezalay, 2002; Lefranc, 2008; Vauchez, 2008). In the context of a critical dialogue with the theories of international relations, the study of the connection of social spaces through the figures of brokers (Dezalay, 2004), or intermediaries (Nay, Smith, 2002), has highlighted the effects of international hierarchies, struggles for competition between different social spaces and alliances, sometimes unexpected. The study of these processes and actors has given rise to productive debates around the theoretical and empirical difficulties associated with transnational investigation (Congrès AFSP 2013, ST 44 “Champs transnationaux, enquête transnationale” dirigée par Sandrine Lefranc et Antoine Vauchez). We propose here to reflect on these theoretical difficulties using the tools of the sociology of public action. While transnational spaces are often hybrid, weakly partitioned and structured by unstable professional borders, it seems productive to focus on the processes that contribute to hierarchizing social spaces and the relational dynamics that compose them.

The sociology of political action, through its ability to account for the interactional dynamics that shape problems and public policies, can be usefully mobilized to capture contemporary transnational processes. Whether in studies on agenda setting, problematization and implementation of these policies or still through processes of translation (Callon), transcoding (Lascoumes) allowing to grasp cognitive frameworks (Muller), some concepts (decision-making processes, path dependence) and methodological choices (based on the sequence of interactions, sequential model) of this approach allow to highlight the succession of sequences that crystallize, for example, a definition in spite of another, an instrument at the expense of another. We propose here to focus on the processes through which inter-field relations and public policy are intertwined. The construction of transnational public action is not impermeable to the differentiation of the social space: it makes use of it and suffers its effects. Transnational actors use different social spaces to legitimize or delegitimize a definition, strengthen or mitigate social hierarchies (Dubois, 2010; Gilbert, Henry, 2012).

While the 2006 issue of the French political science journal « Politique publiques et relations internationales » continued this approach, many of these studies were then structured within specific thematic networks. In seeking to mobilize the tools of sociology of public action, one of the underlying objectives of this panel will be to decompartmentalize sectoral approaches to international policies (economics, security, health, environment, etc.) in order to put common theoretical practices at the centre of discussions.

Axe 1 / Structuration des espaces transnationaux et construction des problèmes publics

Discutant(s) : Dorota Dakowska (Université Lumière Lyon 2 (Triangle – UMR 5206) et Florent Pouponneau, Université de Strasbourg (SAGE – UMR 7363)

Samuel Rippol (IEP de Lyon), Un monde méditerranéen de la réforme urbaine – Réseaux de villes et organisations internationales dans la Méditerranée des années 1980-1990

Karim Fertikh (Université de Strasbourg), Politiques sociales transnationales : une sociologie de l’internationalisation des droit sociaux depuis 1945

Julien Pomarède (Université libre de Bruxelles (ULB), REPI), La fabrique transnationale du contre-terrorisme : sociologie des réseaux professionnels de l’OTAN dans les années 2000

Médéric Martin-Mazé (Université Paris 8, CRESSPA-LabToP), Sarah Perret (ENS), Mapping the Emerging Economy of Border Security Devices in Europe

Axe 2 / Institutionnalisation des instruments, catégories et pratiques dans l’action publique transnationale

Discutant(s) : Benjamin Lemoine (CNRS, Université Paris-Dauphine – IRISSO – UMR 7170) et Ioana Popa, Université Paris Nanterre (ISP – UMR 7220)

Camille Al Dabaghy (EHESS, CNE), La division transnationalisée du travail de production de la décentralisation malgache et des appuis à la décentralisation malgache, une enquête sociologique à Antananarivo et à Diégo-Suarez

Sélima Kebaili (EHESS), La justice transitionnelle au prisme du genre. Devenir une femme victime en Tunisie post-révolution

Monique Beerli (The New School & Sciences Po Paris), The ICRC and its Delegates: A Transnational Sociology of Non-State Diplomacy

Anthony Amicell (Université de Montréal, Centre International de Criminologie Comparée), Simon Tordjman (Sciences Po Toulouse, LaSSP), L’action multilatérale par ses instruments : le cas des sanctions onusiennes anti-terroristes

AL DABAGHY Camille dabaghy@ehess.fr

AMICELLE Anthony anthony.amicelle@umontreal.ca

BEERLI Monique Moniquejo.beerli@sciencespo.fr

DAKOWSKA Dorota Dorota.Dakowska@univ-lyon2.fr

DEFORGE Quentin quentin.deforge@gmail.com

DOGAN Aykiz ayykiz@gmail.com

FERTIKH Karim karimfertik@yahoo.fr

FROZEL BARROS Natália nfrozelb@hotmail.com

KEBAILI Sélima selima.kebaili@gmail.com

LEMOINE Benjamin benjamin.lemoine@dauphine.fr

MANGIN Mailys mailysmangin@gmail.com

MARTIN-MAZE Médéric mederic.martinmaze@gmail.com

PERRET Sarah sarahperret.an@gmail.com

POMAREDE Julien julien.pomarede@gmail.com

POPA Ioana Ioana.POPA@cnrs.fr

POUPONNEAU Florent f.pouponneau@gmail.com

RIPPOL Samuel samuel.ripoll@ens-lyon.fr

TORDJMAN Simon simon.tordjman@sciencespo-toulouse.fr