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ST 42

Prévenir les radicalités violentes : du « problème » aux dispositifs d’action publique

Preventing violent radicalism: from « issue » to public action mechanisms

 

Responsables scientifiques :

Benjamin Ducol (Centre International de criminologie comparée, Université de Montréal) bducol@info-radical.org
Sylvie Ollitrault (ARENES, CRAPE Rennes) s.ollitrault@yahoo.fr
Jacques Sémelin (CERI, Sciences Po) jacques.semelin@sciencespo.fr

Cette section thématique portera sur la constitution de la prévention des radicalités violentes comme problème public et sur l’émergence des dispositifs d’action publics qui s’y rattachent dans le contexte français et à l’international. Elle s’adresse aux chercheurs dont les travaux portent plus directement sur l’analyse des dispositifs de prévention de la radicalité violente.

Au côté d’une lutte antiterroriste marquée par un renforcement des logiques sécuritaires et des dispositifs répressifs a émergé un autre champ d’action publique parallèle : celui de la prévention de la radicalisation violente. Objets d’analyse nouveaux, les politiques et les dispositifs publics de prévention de la radicalisation violente soulèvent une série de questionnements au croisement des questions pénales, politiques et sociales, autant qu’elles suscitent polémiques, interrogations et débats. Afin d’éclairer leur nature, cette section thématique vise à mieux discerner leur matérialisation, leurs composantes et leur mise en œuvre.

Cette section thématique sera structurée autour de deux axes de réflexion :

AXE 1. Mobilisation des acteurs et construction d’un problème public

Ce premier axe visera à éclairer la constitution de la « prévention des radicalités violentes » comme problème public au regard d’un contexte et d’une trame historique singulière. Elle interrogera le rôle d’une série d’entrepreneurs (familles, acteurs politiques ou associatifs, etc.) dans la mise en visibilité et la constitution de la radicalisation violente comme un objet d’attention public. Cet axe entend permettre un regard rétrospectif sur la genèse de l’émergence de la « radicalisation » comme « répertoire médiatique », puis comme objet du regard et d’un traitement des pouvoirs publics.

AXE 2. Savoirs experts, circulation des dispositifs et controverses

Ce second axe visera à interroger le rôle de savoirs experts à la fois dans la constitution des réponses publiques apportées à ce problème public constitué des « radicalités violentes », mais aussi à mieux cerner la circulation des expériences et des dispositifs d’action publique au niveau local tout comme au niveau supranational. Cet axe visera également à appréhender les controverses autour de la mise en œuvre des dispositifs d’action publique en matière de prévention de la radicalisation violente.

Pour les deux axes évoqués, la ST entend favoriser une approche comparée à la fois au niveau national (Grande-Bretagne, France, Canada, etc.) et supranational (en particulier européen).

 

This thematic section will focus on the constitution of the prevention of violent radicalisms as a public problem and on the emergence of the public action mechanisms attached to it in the French and international context. It is intended for researchers whose work is more directly concerned with the analysis of prevention mechanisms for violent radicalism.

Alongside a fight against terrorism marked by a reinforcement of security logics and repressive devices has emerged another parallel field of public action: that of the prevention of violent radicalization. New objects of analysis, policies and public devices to prevent violent radicalization raise a series of questions at the crossroads of criminal, political and social issues, as much as they cause controversy, questions and debates. In order to shed light on their nature, this thematic section aims to better discern their materialization, their components and their implementation.

This thematic section will be structured around two axes of reflection:

AXIS 1. Actors mobilization and the construction of a public issue

This first axis will aim to shed light on the constitution of the « prevention of violent radicals » as a public issue with regard to a context and a singular historical framework. It will question the role of a series of entrepreneurs (families, political or associative actors, etc.) in the visibility and constitution of violent radicalization as an object of public attention. This axis intends to allow a retrospective look at the genesis of the emergence of « radicalization » as « media repertoire », then as object of the gaze and treatment of public authorities.

AXIS 2. Expert knowledge, circulation and controversies

This second axis will seek to question the role of expert knowledge both in the constitution of public responses to this public problem constituted by « violent radicals », but also to better understand the circulation of experiences and public action mechanisms at the level of public opinion. local as well as at the supranational level. This axis will also aim to understand the controversies surrounding the implementation of public action plans for the prevention of violent radicalization.

For the two axes mentioned, the ST intends to promote a comparative approach both at the national level (Great Britain, France, Canada, etc.) and supranational (especially European).

 

REFERENCES

Bonneli ,L., Carrié,F, (2018) La Fabrique de la radicalité,une sociologie des jeunes djihadistes français, Paris, Seuil.

El Difraoui, A., & Uhlmann, M. (2015) « Prévention de la radicalisation et déradicalisation: les modèles allemand, britannique et danois ». Politique étrangère, (4), 171-182.

Lascoumes, P., & Simard, L. (2011) « L’action publique au prisme de ses instruments ». Revue française de science politique, 61(1), 5-22.

Otero, M. (2012) « Repenser les problèmes sociaux ». SociologieS.

Ragazzi, F. (2017) « Countering terrorism and radicalisation: Securitising social policy? » Critical Social Policy, 37(2), 163-179.

Ragazzi, F. (2014) Vers un » multiculturalisme policier »?: la lutte contre la radicalisation en France, aux Pays Bas et au Royaume-Uni. (Paris : Centre d’études et de recherches internationales / SciencesPo).

Romaniuk, P. (2015) Does CVE work? Lessons learned from the global effort to counter violent extremism (New York: Global Center on Cooperative Security).

Présidence de séance : Sylvie Ollitrault (UMR 6051 Arènes, associée CERI)

Discussion : Jacques Sémelin (CERI, Sciences Po), Benjamin Ducol (Université de Montréal)

Julien Fragnon (Université de Lyon – Sciences Po Lyon, IRSEM, Triangle UMR 5206), La prévention de la radicalisation au local : cadrage et bricolage d’une action publique contrainte

Bénédicte Laumond (Centre Marc Bloch, Berlin), L’extrémisme politique comme problème public : les évolutions du modèle de la démocratie militante allemande

Maelle Moalic-Minnaert (UMR 6051 Arènes), Prévenir les radicalités violentes « en ligne » : Retour sur l’appropriation nuancée d’un projet importé

Zeynep Bursa-Millet (EHESS, CETOBAC UMR 8032, EHESS-CNRS-Collège de France), La constitution des “Terrorism Studies” en Turquie

Adrien Mével (UMR 6051 Arènes), Coopérations concurrentielles et redéfinitions professionnelles : ce que la lutte contre les radicalités liées au terrorisme fait aux polices locales en Bretagne (Fr) et en Catalogne (Esp)

BURSA-MILLET Zeynep zbursa@hotmail.com

DUCOL Benjamin bducol@info-radical.org

FRAGNON Julien julien.fragnon@sciencespo-lyon.fr

LAUMOND Bénédicte benedicte.laumond@gmail.com

MEVEL Adrien adrien.mevel@etudiant.sciencespo-rennes.fr

MOALIC-MINNAERT Maelle maellemoalic@hotmail.fr

OLLITRAULT Sylvie s.ollitrault@yahoo.fr

SEMELIN Jacques jacques.semelin@sciencespo.fr