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ST 82

Contester la métropole

The metropolis and its malcontents

 

Responsables scientifiques :

Gilles Pinson (Sciences Po Bordeaux, Centre Emile Durkheim) g.pinson@sciencespobordeaux.fr
Valérie Sala Pala (Université Jean Monnet Saint-Etienne, Triangle) valerie.sala.pala@univ-st-etienne.fr

Mouvements d’opposition à la construction de grandes infrastructures, mobilisation contre l’appropriation des espaces urbains par les touristes, prises de position d’associations d’élus de villes petites et moyennes se sentant abandonnés par l’Etat, grève des fonctionnaires territoriaux contre la fusion des administrations municipales et métropolitaine… La métropole et la métropolisation sont l’objet d’un nombre croissant de mobilisations qui ont un point commun : la contestation de cette nouvelle norme dominante de l’action publique qu’est la norme métropolitaine et de ses conséquences (congestion et dégradation du cadre de vie ; accélération des inégalités territoriales, sociales, économiques et environnementales ; dépolitisation de l’action publique urbaine). Cette ST a pour ambition d’analyser ces formes plurielles de contestation de la métropole.

Le processus de métropolisation est aujourd’hui l’un des thèmes forts de la recherche en études urbaines. La communauté des politistes y contribue largement en s’intéressant aux processus politiques et institutionnels qui sous-tendent la construction et le gouvernement des métropoles. En revanche, on peut difficilement identifier aujourd’hui un corpus de recherche dédié à l’étude des formes de contestation de la métropole. Cette question est bien traitée mais de manière éclatée, dans le cadre de recherches le plus souvent centrées sur d’autres objets (politiques urbaines, luttes urbaines, etc.) ou bien sur des problématiques proches mais décalées (contestations de la ville néolibérale).

La section thématique portera donc sur des mobilisations qui « désignent » la métropole ou la métropolisation comme la source des maux dénoncés ou comme l’adversaire politique et institutionnel, mais aussi sur des mobilisations qui, sans désigner explicitement la métropole, la contestent à travers l’un de ses effets (congestion, cherté du logement, consommation foncière, caractère opaque des processus de décision qui font la ville, etc.). Ces mobilisations peuvent partiellement recouper celles visant la « ville néolibérale » ou encore la « gentrification » mais notre hypothèse est que la contestation de la métropole désigne un ordre distinct de phénomènes et ne mobilisent pas nécessairement les mêmes groupes sociaux et organisations. Au-delà, on peut même imaginer que le rejet des phénomènes spatiaux, socio-économiques et culturels associés à la métropole –et parallèlement l’acceptation sinon l’adhésion à ces mêmes phénomènes- est constitutif des identités politiques, voire générateur de pratiques.

On s’intéressera particulièrement aux dimensions suivantes :

  • Qu’est-ce qui est contesté dans ou à propos de la métropole ? La métropole ou la métropolisation sont-elles explicitement désignées ? Les acteurs sociaux impliqués se contentent-ils de s’opposer à des projets ou politiques publiques spécifiques ou proposent-ils soit des alternatives à la métropolisation du monde, soit des modes alternatifs de construction métropolitaine ?
  • Qui conteste ? Qui sont les acteurs mobilisés (profil social, ancrage territorial, proximité des institutions) ? Comment dit-on « nous » face à la métropolisation ? Les mouvements « anti-métropole » sont-ils le lieu de construction de nouvelles identités de participation/mobilisation et si oui lesquelles ? Il faudrait étudier ici le rôle de différentes catégories d’acteurs, au sein des sociétés locales ou au-delà : acteurs politiques, élus locaux ; habitants/citoyens, mouvements sociaux urbains ; professionnels de l’urbain, à l’échelle locale mais aussi à l’échelle de leurs fédérations et structures d’influence ; entreprises, intérêts économiques et syndicats de salariés.
  • Quels répertoires d’action contre la métropole ? La contestation de la métropole se fait-elle essentiellement par le biais de mobilisations élitistes, celles des élus et de leurs associations ? S’il existe des mouvements sociaux « grassroots» explicitement anti-métropole, quel est leur répertoire et la cible de leur mobilisation ? Les élections locales sont-elles un espace de contestation des phénomènes associés à la métropole ?

 

Movements of opposition to the construction of major infrastructures, mobilizations against the appropriation of urban spaces by tourists, declarations by small and medium towns’ elected officials associations feeling abandoned by the national government, strikes by local government workers contesting the merging of municipal and metropolitan administrations… In a word, the metropolis and the process of metropolisation are the object of a growing number of mobilizations. These mobilisations have one thing in common: they are all challenging this new dominant norm of public policymaking that is the metropolitan norm and its consequences (congestion and degradation of the environment, acceleration of territorial, social, economic and environmental inequalities, the depoliticization of urban public policy). This panel aims to analyze these forms of contestation of the metropolis in their diversity.

The process of metropolisation is nowadays a structuring research theme in urban studies. The community of political scientists contributes to it greatly by focusing on the political and institutional processes that underpin the construction and governance of metropolises. However, it is difficult to clearly identify a stream of research dedicated to the study of forms of contestation of the metropolis. This question is dealt with implicitly but in a quite patchy way, using research perspectives that are most often centred upon other objects (urban policies, urban struggles, etc.) or other analytical focuses (‘the neoliberal city’ and its malcontents).

The panel will therefore focus on mobilizations that « designate » the metropolis or metropolisation as the source of the evils they denounce or as political and institutional adversaries, but also on mobilizations that, without explicitly identifying the metropolis, challenges it through one of its effects (congestion, expensive housing, land consumption, opaque nature of decision-making processes that make the city, etc.)? These mobilizations can partially overlap those targeting the « neoliberal city » or « gentrification », but our hypothesis is that the contestation of the metropolis designates a distinct order of phenomena and does not necessarily mobilize the same social groups and organizations. Beyond this, one can even imagine that the rejection of the spatial, socio-economic and cultural phenomena associated with the metropolis-and, at the same time, the acceptance if not the adhesion to, these same phenomena-is constitutive of political identities, and even a generator of new practices.

Special attention will be paid to the following dimensions:

  • What is contested in or about the metropolis? Are metropoles or is metropolisation explicitly designated? Are the social actors involved only opposed to specific public projects or policies, or do they propose alternatives to the metropolitanization of the world or alternative paths to the building of metropolitan governance?
  • Who contends? Who are the mobilizing actors (social profile, territorial anchoring, proximity of institutions)? How do they say « we » in the face of metropolisation? Are « anti-metropolitan » movements the place where new identities of participation / mobilization are built and if so, which ones? The role of different categories of actors in local societies or beyond should be studied here: local elected representatives; inhabitants / citizens, urban social movements; urban professionals, at the local level but also at the level of their federations and structures of influence; businesses, economic interests and unions.

Which repertoires of action are deployed against the metropolis? Is the contestation of the metropolis mainly through elitist mobilizations, or those of elected officials and their associations? If « grassroots » social movements that are explicitly anti-metropolis exist, what is their repertoire and the targets of their mobilization? Are local elections a forum for challenging phenomena associated with the metropolis?

Séance 1

Présidente de séance : Hélène Reigner (Aix-Marseille Université, IUAR, LIEU)

Introduction. Ludovic Halbert (Université Paris-Est, LATTS), Gilles Pinson (Sciences Po Bordeaux, Centre Emile Durkheim) et Valérie Sala Pala (Université Jean Monnet Saint-Etienne, Triangle)

Axe 1 / Contester la métropole d’hier à aujourd’hui : mises en perspective

Discussion : Gilles Pinson (Sciences Po Bordeaux, Centre Emile Durkheim)

Thibault Tellier (Sciences Po Rennes, Arènes), Aux origines de la contestation du choix métropolitain. Le moment gaullien (1958-1969)

Fabien Desage (Université de Lille, CERAPS) et Nicolas Kaciaf (Sciences Po Lille, CERAPS), « Publicité, sauvegarde du peuple » ? Les voies étroites de la contestation interne et externe des métropoles

Axe 2 / Elus et syndicats contre la métropole

Discussion : Ludovic Halbert (Université Paris-Est, LATTS)

Clément Lescloupé (Université Paris 1, CESSP), Les Territoires face à la Métropole : luttes d’institutions entre échelles intercommunales de la Métropole du Grand Paris

Pierre Rouxel (Université Rennes 1, Arènes / Université de Buenos Aires, CEIL-Piette), Un territoire métropolitain au service des grands groupes économiques ? Construction d’un discours critique et recompositions du champ syndical autour d’un processus de métropolisation en Rhône-Alpes

Séance 2

Président de séance : Ludovic Halbert (Université Paris-Est, LATTS)

Axe 3 / Contester la métropole : enjeux identitaires et modes d’action

Discussion : Valérie Sala Pala (Université Jean Monnet Saint-Etienne, Triangle)

Cléa Pineau (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CESSP), La métropole à l’épreuve de la fabrique des identités

Madeg Leblay (Université Rennes 1, Arènes), Fuir la métropole. Les habitats ‘alternatifs’ en milieu rural comme espaces de refuge et de contestation

Axe 4 / Mobilisations fragmentaires ou construction d’identités de mobilisation ?

Discussion : Hélène Reigner (Aix-Marseille Université, IUAR, LIEU)

Thomas Chevallier (Université de Lille, Ceraps / Humboldt Universität zu Berlin, Centre Marc Bloch), Le « mouvement des locataires » à Berlin. Pratiques et généalogie d’une coalition large de contestation de la politique néolibérale de développement urbain

Margaux De Barros (Université Libre de Bruxelles, Centre d’Études de la Vie Politique) et, Björn Herold (Université de Konstanz – Faculté d’Anthropologie sociale), Reclaiming the City of Cape Town : From the occupation to the Street

Discussion générale, synthèse de la ST et suites

CHEVALLIER Thomas thomas.chevallier@outlook.com

DE BARROS Margaux margaux.de.barros@ulb.ac.be

DESAGE Fabien fabien.desage@univ-lille.fr

HALBERT Ludovic ludovic.halbert@enpc.fr

HEROLD Björn bjoern.herold@uni-konstanz.de

KACIAF Nicolas nicolas.kaciaf@sciencespo-lille.eu

LEBLAY Madeg madeg.leblay@gmail.com

LESCLOUPÉ Clément lescloupe.clement@gmail.com

PINEAU Cléa pineau.clea@gmail.com

PINSON Gilles g.pinson@sciencespobordeaux.fr

REIGNER Hélène helene.REIGNER@univ-amu.fr

ROUXEL Pierre pierrerouxel.53@gmail.com

SALA PALA Valérie valerie.sala.pala@univ-st-etienne.fr

TELLIER Thibault thibault.tellier@sciencespo-rennes.fr