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Qu’est-ce que « faire consensus » ? Dispositifs, logiques et usages du consensus dans la fabrication de la loyauté politique

What does it mean to « reach a consensus » ? Devices, Logics and Usages of Consensus in the Making of Political Loyalty

 

ST du Groupe de projet FoLo (Formes de la loyauté politique)

Responsables scientifiques :

Vanessa Bernadou (Université Paris-Dauphine) vanessa.bernadou@hotmail.fr
Félix Blanc (CESPRA/EHESS) fb.blanc@gmail.com

Le FoLo souhaite proposer une section thématique sur les dispositifs et les logiques de la production du consensus, qui viendra clore les travaux menés pendant deux ans par ce groupe de projet. Ceux-ci ont porté sur plusieurs questionnements centraux concernant la loyauté politique, à partir notamment des travaux de Max Weber, qui ont constitué le « fil rouge théorique »  que nous avions proposé dans notre projet initial. Ce travail collectif a permis à la fois de faire le point sur l’apport de la sociologie wébérienne de la domination dans l’étude des processus d’adhésion et d’obéissance (journée d’études sur le concept de Herrschaft à Strasbourg, juin 2018), tout en revenant sur le rôle problématique des croyances dans l’instauration et le maintien de l’ « esprit de corps » dans divers types d’organisations (cf. Atelier « Que faire des croyances ? » aux Rencontres de la science politique 2018). Au cours de ces discussions, la notion de consensus et les dispositifs institutionnels (variés) qui ont été mis en œuvre historiquement pour tenter de susciter des attestations de légitimité, sont apparus comme des éléments cruciaux de toute étude sur la loyauté politique.

C’est pourquoi les membres du FoLo souhaitent conclure (provisoirement) leurs travaux collectifs en ouvrant un espace de discussion et de comparaison entre les différents dispositifs de « fabrication du consensus. »

Qu’est-ce que « faire consensus » ? Comment fait-on « cause commune » ? Par quels moyens et dispositifs garantit-on l’adhésion (au moins formelle) du plus grand nombre à une cause ou à une mesure publique suscitant des tensions et des désaccords initiaux ? Quelles sont les outils mobilisés pour convaincre mais surtout légitimer l’action pubique ? Les « idées », les « croyances », les « convictions personnelles » peuvent-elles expliquer les dynamiques d’adhésion et de fidélité vis-à-vis d’une organisation particulière, ou doit-on privilégier l’analyse des intérêts et des stratégies « en coulisses » ?

L’ensemble de ces questionnements a pour objectif d’interroger à nouveaux frais la fabrication des loyautés politiques, mais également la question des conversions et des croyances affichées par les acteurs se revendiquant d’un groupe, d’une organisation, d’une « communauté » ou de tout autre type de collectif.

Les propositions de communication pourront porter sur un ou plusieurs types de dispositifs visant explicitement à « faire consensus », aussi bien dans les démocraties représentatives contemporaines que dans d’autres types de régimes et sociétés, présents ou passés. Les communications proposant une comparaison spatiale ou historique entre plusieurs types de dispositifs, ou dans la mise en œuvre d’un même type de dispositif dans plusieurs configurations sociohistoriques différentes sont particulièrement bienvenues.

Afin de favoriser la discussion au cours de cette journée, les contributeurs seront invités à répondre à des interrogations communes, notamment :

  1. Quelle définition du « consensus » est-elle revendiquée par les acteurs chargés de le produire ?
  2. Quelle forme exacte prend la contrainte institutionnelle imposée par le dispositif(s) étudié(s) (manifeste ou latente) ? Degré de participation active requise ? Fréquence de l’actualisation du consensus (régulière, ponctuelle, exceptionnelle…).
  3. Dans quelle mesure le(s) dispositif(s) étudiés parviennent-ils empiriquement à l’objectif affiché de production et de maintien d’un « consensus » ?
  4. Comment évoluent dans le temps les dynamiques au fondement du dispositif et/ou du consensus affiché ?
  5. Quelle(s) approche(s) explicative(s) privilégiez-vous pour rendre compte de l’absence (totale ou partielle) d’opposition manifeste en cas de « consensus » apparent ? (rôle et place respective des émotions, croyances, intérêts, habitudes)

La Section thématique prendra ainsi la forme d’un véritable atelier de travail collectif, dont le résultat sera la publication d’un numéro de revue bilan de ces deux années de recherche.

 

The FoLo wishes to propose a thematic section on the devices, means and logics that can explain the manufacturing of consensus, which will serve as a conclusion to the works of our research group. These works have been focusing on the production of political loyalty, relying in particular on Max Weber’s works, which constituted a common theoretical ground of our initial project. During these discussions, the notion of consensus and the (varied) institutional devices, which were implemented historically to try to produce “certificates” and testimonials of legitimacy”, appeared as crucial elements of any study on political loyalty. That is why the members of the FoLo wish to conclude (temporarily) their collective works by opening a space of discussion and comparison on the ways and meanings of « manufacturing a consensus. »
What does it mean to “reach a consensus »? How do we transform a cause in an (apparently) “common cause »? By what means and devices is it possible to preserve the support (at least formal) from the largest number of people in a cause or in a public measure? What tools are mobilized for legitimizing public measures and action? To what extent (and in what combination) do « ideas », “beliefs », and « personal convictions » account for the dynamics of consensus and support for a particular organization? What is the exact role of interests and instrumental strategies, that are working « behind the scenes »?

This set of questions aims at studying the manufacturing of political loyalties, but also the question of the conversions and the beliefs shown by the actors claiming their membership to a group, an organization, a « community »…

The FoLo is interested in paper proposals dealing with one or several kinds of devices aiming explicitly at reaching a consensus, whether in contemporary representative democracies or in other types of political regimes, present or past. Communications aiming at proposing a spatial or historical comparison between several types of devices, or a comparison in the implementation of the same type of device in several sociohistorical configurations are particularly welcome.

The contributors will be invited to answer common interrogations, particularly:

  1. What definition of « consensus » is used by the actors trying to “reach a consensus” in your case study?
  2. What exact kind of constraint is imposed by the studied device (manifest or latent)? Is the explicit support of participants required, and if so, to what extent? With what frequency is the expression of consensus updated (regular, limited, exceptional …).
  3. To what extent does the case studied actually reach an apparent « consensus » ?
  4. How do the “consensus”, and the device supposed to be producing it, evolve in time?
  5. What theoretical and explanatory approach do you favour to account for the (total or partial) lack of obvious opposition in case of visible « consensus »?

We thus hope to make of this thematic section a real collective workshop, the results of which will be the publication of a special issue in a political science journal.

Axe1 / Construction et héritage des loyautés autour d’institution dites « consolidées »

Discutant : Francisco Roa Bastos (IEP de Strasbourg)

Introduction. Vanessa Bernadou (Université Paris Dauphine, IRISSO)

Cédric Plont (Université Paris Ouest Nanterre – ISP), Il se fut unir d’un commun consentement et concerversoubs l’obeïssance du Roy : construction du consensus national en France autour de la figure de Henri IV (1589-1595)

Magali Gravier (Dept. Of Management, Society and Communication, Copenhagen Business School), Consensus et représentativité : quelle place pour la représentativité bureaucratique dans la France du 21e siècle ?

Clément Claret (Centre d’études européennes et de politique comparée de Sciences Po.), Un consensus en négatif ? Euphémiser le désaccord dans les activités des sections locales du Labour Party

Axe 2 / Tester les loyautés à l’épreuve des dissensions et du scandale

Discutant : Félix Blanc (CESPRA/EHESS)

Claire Bloquet (CESSP, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), « L’alignement politique des astres » : la construction du soutien des socialistes à la pénalisation des clients de la prostitution

Clémentine Belle Grenier (Université Paris Dauphine, IRISSO), Tester la loyauté et fabriquer le consensus : le parrainage comme outil de maintien de la candidature de François Fillon pendant l’élection présidentielle de 2017

Hervé Rayner, Fabien Thetaz, Bernard Voutat (UNIL, IEPHI), Rétablir le « consensus helvétique » par le droit : la surveillance politique à l’épreuve du scandale des fiches (1989-1998)

BERNADOU Vanessa vanessa.bernadou@hotmail.fr

BLANC Félix fb.blanc@gmail.com

BLOQUET Claire claire.bloquet@gmail.com

CLARET Claret clement.claret@sciencespo.fr

GRAVIER Magali mg.msc@cbs.dk

GRENIER BELLE Clémentine clementine.gb@live.fr

PLONT Cédric cedric.plont@gmail.com

RAYNER Hervé herve.rayner@unil.ch

ROA BASTOS Francisco froabastos@gmail.co

VOUTAT Bernard bernard.voutat@unil.ch