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Congrès 2019

ST GA « Inégalités et discriminations »

Discriminations : les apports de la science politique

Discrimination: Perspectives from Political Science

 

ST du Groupe AFSP « Inégalités et discriminations »

Responsables scientifiques :

Laure Bereni (CNRS/CMH) laure.bereni@ens.fr
Juliette Galonnier (INED) juliette.galonnier@gmail.com
Daniel Sabbagh (Sciences Po, CERI) daniel.sabbagh@sciencespo.fr

Après avoir longtemps été quasi absente du débat public en France, la notion de discrimination a fini par s’imposer il y a près de deux décennies (Fassin, 2002). Cependant, elle a connu une expansion incontrôlée. Autrefois ignoré, le terme est aujourd’hui galvaudé. Or toute inégalité n’est pas une discrimination. Stricto sensu, constitue une discrimination tout acte ou pratique qui, dans le cadre d’un jeu à somme nulle, détermine l’allocation de biens en quantité limitée et s’avère préjudiciable à au moins un individu du fait de son appartenance à un groupe saillant, défini à raison d’un critère de distinction prohibé ou qui devrait l’être, sans être indispensable à la réalisation d’un objectif à caractère impérieux. Ainsi conçue, la discrimination n’est que l’un des processus générateurs d’inégalités, qui s’articulent à d’autres tels la ségrégation, la stigmatisation, la violence physique, la socialisation elle-même, etc. (Anderson, 2015 ; Loury, 2015).

Largement issue du droit (Lochak, 1987), dont elle tire sa valeur de référence commune et de base de mobilisation potentielle, la notion de discrimination a fait l’objet d’élaborations parallèles ou concurrentes dans une pluralité de cadres disciplinaires. La théorie économique a notamment donné naissance au concept de discrimination probabiliste (statistical discrimination), lequel renvoie aux décisions préjudiciables aux membres d’un groupe et principalement motivées, non par une animosité à leur endroit ou l’adhésion à une idéologie justifiant leur exclusion, mais par l’existence d’une corrélation entre l’appartenance au groupe — trait dénué de pertinence intrinsèque mais immédiatement observable — et une caractéristique non immédiatement observable mais pertinente au regard d’un objectif du décideur communément tenu pour légitime (Arrow, 1973). La psychologie sociale a montré que la discrimination avait fréquemment pour ressort le jeu inconscient de stéréotypes intériorisés (Hamilton Krieger, 2008). La philosophie s’est interrogée sur les fondements de l’immoralité des discriminations immorales et sur les justifications éventuelles de celles qui ne le seraient pas nécessairement (Singer, 1978 ; Hellman, 2008 ; Lippert-Rasmussen, 2013 ; Eidelson, 2015). À l’exception partielle de la sociologie du droit (Bereni et Chappe, 2011), la sociologie n’est guère parvenue à forger une définition rigoureuse du concept qui lui soit propre. En témoignent tant la tendance à rebaptiser « discrimination » l’ensemble des modalités de l’exclusion ethno-raciale (Castel, 2007) que, à l’inverse, l’élaboration de typologies complexes des mécanismes constitutifs des inégalités où le terme est purement et simplement absent – en dépit de congruences frappantes (Brubaker, 2015).

Qu’en est-il de la science politique ? À cette question, notre section thématique entend apporter des éléments de réponse, en visibilisant et en confrontant des travaux sur les discriminations menés par des politistes en ordre dispersé. La focale est délibérément large, puisque sont a priori inclues toutes les formes de discrimination à raison de l’ensemble des critères prohibés ou susceptibles de l’être, quelle que soit l’échelle d’analyse retenue (locale, nationale, internationale et/ou comparative).

Panel 1 – La discrimination comme catégorie d’analyse

Un premier axe de problématisation consiste à engager une analyse épistémologique, réflexive et critique sur les usages du concept de discrimination en science politique. Dans cette optique, une première piste de réflexion conduit à s’interroger sur la définition même de la notion de discrimination dans la discipline. Si celle-ci hérite en partie des perspectives théoriques du droit et de l’économie, certains travaux ont souligné les spécificités d’une conception de la discrimination propre aux sciences sociales, arrimée à l’analyse des rapports de pouvoir entre les groupes majoritaires et minoritaires, à rebours d’une approche strictement individualiste et intentionnaliste (Stryker, 2001). Il n’empêche que la notion de discrimination demeure marquée par « l’abstraction universalisante » du droit (Sabbagh, 2003) – qui met en équivalence une variété de rapports sociaux dans une grammaire commune –, et centrée sur les disparités de traitement dans l’allocation de ressources rares sur différents marchés (travail, logement, biens et services…) (Bereni et Chappe, 2011 ; Chappe, Eberhard et Guillaume, 2016). On examinera donc tant ses vertus heuristiques que ses limites pour l’analyse des mécanismes de production des inégalités.

Dans le prolongement de ces premiers questionnements, on pourra examiner comment le concept de discrimination s’articule avec d’autres concepts utiles à l’analyse des rapports de domination, qu’ils soient génériques (violence, stigmatisation, socialisation…) ou spécifiques à tel ou tel critère (racisme, sexisme, validisme, hétéronormativité, homophobie, etc.). Enfin, on pourra se demander si et comment la notion de discrimination permet d’appréhender l’imbrication des rapports sociaux. Si le concept d’intersectionnalité a été forgé initialement dans une perspective critique du droit de la non-discrimination (Crenshaw, 1988), bon nombre de recherches sociologiques contemporaines s’intéressent en effet à l’articulation entre différentes formes de discriminations (par exemple, sur l’articulation entre discrimination religieuse et raciale, voir Galonnier, à paraître ; voir aussi, plus généralement, Jaunait et Chauvin, 2012).

Panel 2 – Politisation des discriminations

Un deuxième axe d’analyse porte sur l’expérience et la perception des inégalités et des discriminations (Eberhard et Simon, 2016) comme source et/ou enjeu de mobilisations politiques.

Dans ce cadre, une première série d’interrogations porte sur le vécu des discriminations comme matrice d’engagement. Comment les individus réagissent-ils aux discriminations et inégalités dont ils sont victimes (Dubet et al., 2013 ; Lamont, Moraes Silva et al., 2016) ? Comment l’expérience des discriminations façonne-t-elle le rapport au politique et à l’engagement collectif (Carrel et al., 2017 ; Talpin et al., 2017) ? On s’interrogera notamment sur les formes de mobilisation et les répertoires d’action que le vécu des discriminations est susceptible de produire (Lefranc et Mathieu, 2009), via le recours au droit en particulier (Israël, 2012 ; Chappe, 2013 ; Lejeune et Yazdanpanah, 2017), et sur le passage de l’indignation individuelle à l’organisation collective (Thévenot, 2006 ; Fillion et Torny, 2015). Il est possible de s’intéresser aussi bien à des mobilisations et des mouvements sociaux qui font de la lutte contre les inégalités leur objet central (Laplanche-Servigne, 2014 ; Mesgarzadeh, 2018 ; Chappe et Keyhani, 2018) qu’à des formes d’engagement qui, bien que partiellement suscitées par le vécu des discriminations, se déploient dans d’autres directions, comme c’est le cas dans certaines trajectoires de radicalisation (Bonelli et Carrié, 2018). À cet égard, on n’omettra pas de considérer que l’expérience des inégalités peut aussi être un vecteur de désengagement et de retrait de la vie civique (Lagrange, 2008).

On peut aussi s’interroger sur les formes d’action collective qui prennent pour objet les politiques de lutte contre les discriminations et/ou les discriminations positives. On pourra se pencher tant sur les mouvements sociaux qui militent pour la mise en place de ces politiques que sur ceux qui s’y opposent ardemment (Massei, 2017 ; Hsu, 2018).

Enfin, il s’agit aussi d’examiner le comportement électoral des discriminés, et, plus généralement, la configuration électorale des sociétés traversées par de fortes inégalités. Comment les individus ou les groupes discriminés se positionnent-ils sur l’échiquier politique (Le Texier, 2006 ; Brouard et Tiberj, 2007) ? Peut-on identifier et hiérarchiser les déterminants de leur vote ? Au-delà, les sociétés relativement inégalitaires en termes de classe, de genre, d’âge, ou quant au rapport entre groupes définis sur une base ethno-raciale, sont-elles caractérisées par des équilibres politiques et électoraux spécifiques (Jacobs et Skocpol, 2007) ?

Panel 3 – Discriminations, organisations et action publique

Un troisième et dernier axe d’analyse consiste à explorer la production des discriminations dans et par les organisations et institutions politiques, telles que les administrations, les collectivités locales, les partis, les syndicats, ou encore les associations. On s’appuiera pour cela sur la riche littérature sur les discriminations dans les organisations de travail, qui souligne le rôle des règles et des pratiques de gestion, des cultures et des réseaux de sociabilité dans la production des discriminations (Baron et Bielby, 1980 ; Acker, Reskin, McBrier et Kmec, 1999 ; Acker, 2006 ; Sala Pala, 2013 ; Bonnet, 2014 ; Marry et al., 2017), en dépit de la norme de non-discrimination censément en vigueur.

On pourra aussi s’interroger sur les manières dont les organisations administratives et politiques sont affectées par les politiques d’égalité déployées en leur sein, notamment par les dispositifs de discrimination positive fondés sur le sexe (parité, quotas) (Bereni et Jacquemart, 2018 ; Milner, Demilly et Pochic, 2018). Les réflexions pourront s’inscrire dans le prolongement des travaux qui, concernant les modalités et les limites de l’action antidiscriminatoire à la française, ont souligné la prégnance d’une double dynamique de territorialisation et de délégation à des acteurs professionnels – privés notamment – soumis à des logiques contradictoires (Noël 2010 ; Doytcheva 2015 ; Mazouz 2017 ; Flamant 2017 ; Cerrato Debenedetti 2018 ; Bereni 2018).

Au-delà des organisations proprement dites, on examinera la genèse, la mise en œuvre et les effets des politiques publiques de lutte contre les discriminations, ainsi que des programmes d’action ou de discrimination positive, directe ou indirecte (Calvès 2010 ; Skrentny 1996 ; Sabbagh 2003 ; Sabbagh 2011 ; Sabbagh 2015). On pourra mettre l’accent notamment sur la circulation internationale de concepts ou d’instruments à la faveur de l’européanisation (Guiraudon 2004 ; Jacquot 2014) ; sur la constitution inachevée des discriminations en problème public et ses déterminants – parmi lesquels figure sans doute l’indisponibilité d’une partie des statistiques qui permettraient d’en estimer l’ampleur, statistiques dont le recueil suscite dans certains pays des résistances dignes d’examen (Peer et Sabbagh 2008 ; Simon 2008) ; ou encore – et corrélativement – sur la sélection implicite des critères prohibés définissant les groupes de fait appelés à bénéficier d’une protection comparativement efficace (en France, sexe, âge et handicap).

 

Long absent from the French public debate, the notion of discrimination has eventually gained traction over the last two decades (Fassin, 2002). Yet, it has witnessed an uncontrolled expansion. Formerly ignored, the term is now overused. But inequality does not always imply discrimination. Stricto sensu, discrimination is defined as any act or practice, within a zero-sum game, that determines the allocation of a short supply of goods and proves prejudicial to at least one individual on the basis of his/her belonging to a salient group identified through a distinguishing criterion, the use of which is, or should be, prohibited – such act or practice being unessential to the completion of an overriding objective. As such, discrimination is only one of the various processes that produce inequalities, and interacts with others, such as segregation, stigmatization, physical violence, socialization itself, etc. (Anderson, 2015; Loury, 2015).

Largely stemming from the legal domain (Lochak, 1987), from where it derives its value as a widely-recognized point of reference and as a potential basis for collective action, the notion of discrimination has been the object of alternative, and at times competing, conceptualizations in a plurality of disciplines. In particular, economic theory has devised the notion of statistical discrimination, which relates to decisions that prove detrimental to members of a group and which are primarily motivated, not by hostility towards that group or adherence to a particular ideology legitimating their exclusion, but by the existence of a correlation between group membership – a feature not intrinsically relevant but immediately observable – and another feature not immediately observable but relevant to the decision-maker’s objectives, whenever those are deemed legitimate (Arrow, 1973). Social psychology has demonstrated that discrimination often arises from the unconscious interplay of internalized stereotypes (Hamilton Krieger, 2008). Philosophy has investigated what makes wrongful discrimination wrong and has reflected upon the potential justifications for those forms of discrimination that are not necessarily wrong (Singer, 1978; Hellman, 2008; Lippert-Rasmussen, 2013; Eidelson, 2015). With the partial exception of the sociology of law (Bereni and Chappe, 2011), sociology as a discipline has failed to provide its own distinctive definition of the concept. This is apparent in the tendency to call “discrimination” every single form of ethno-racial exclusion (Castel, 2007) and, conversely, in the development of complex typologies of inequality-producing mechanisms that do not make any reference to the term “discrimination,” in spite of striking similarities (Brubaker, 2015).

Where does political science stand in these debates? This thematic session aims at providing some answers to this question by showcasing and engaging with research on discrimination conducted by political scientists from various parts of the field. Our focus is purposefully wide, for we include all forms of discrimination based on criteria that are or could be prohibited, and which can be investigated from a variety of analytical standpoints (local, national, international and/or comparative).

Panel 1 – Discrimination as a category of analysis

One first axis of reflection is to initiate a reflexive and critical epistemological analysis on the uses of the concept of discrimination in political science. In this perspective, one possibility is to question the very definition of discrimination in the discipline. While the concept partially inherited the theoretical perspectives brought by law and economics, some authors have emphasized the specificities of discrimination as it is framed by the social sciences, which pay attention to power relations between majority and minority groups and go against a strictly individualistic and intentionalist approach (Stryker, 2001). Yet the very idea of discrimination is still marked by the “universalizing abstraction” of law (Sabbagh, 2003) – which brings together a variety of social relations within a single grammar – and focuses upon differential treatment in the allocation of scarce resources within markets (employment, housing, goods and services, etc.) (Bereni and Chappe, 2011; Chappe, Eberhard and Guillaume, 2016). We therefore seek to examine its heuristic value as well as its limits in accounting for various inequality-producing mechanisms.

Following on these first interrogations, we also seek to investigate how the concept of discrimination interacts with other useful concepts in the study of power relations, be they generic (violence, stigmatization, socialization, etc.) or focusing on a particular criterion (racism, sexism, ableism, heteronormativity, homophobia, etc.). Finally, we intend to explore whether and how the concept of discrimination helps understand the entanglement of social relations. While the concept of intersectionality emerged as a critique of antidiscrimination law (Crenshaw, 1988), a good portion of contemporary sociological research investigates the intricate relationships between various forms of discrimination (for instance, on the entanglement between racial and religious discrimination, see Galonnier, forthcoming; also see, more generally, Jaunait and Chauvin, 2012).

Panel 2 – The politicization of discrimination

A second axis of analysis addresses the experiences and perceptions of inequality and discrimination (Eberhard and Simon, 2016) as a source of and/or an issue for political action. In this light, one first line of inquiry explores the lived experience of discrimination as a driving force for social engagement. How do individuals respond to discrimination and inequality (Dubet et al., 2013; Lamont, Moraes Silva et al., 2016)? How does the experience of discrimination shape their relationship to politics and collective commitment (Carrel et al., 2017; Talpin et al., 2017)? The session intends to investigate the various forms of mobilization and repertoires of action that the experience of discrimination is likely to foster (Lefranc and Mathieu, 2009), especially in resorting to the law (Israël, 2012; Chappe, 2013; Lejeune and Yazdanpanah, 2017), and moving from individual outrage to collective organization (Thévenot, 2006; Fillion and Torny, 2015). We can either focus on social movements that put the fight against inequality and discrimination at the center of their action (Laplanche-Servigne, 2014; Mesgarzadeh, 2018; Chappe and Keyhani, 2018), or on other forms of engagement which, albeit initiated by the experience of discrimination, may unfold in other directions, as it is the case in some trajectories of radicalization (Bonelli and Carrié, 2018). In this regard, we may also consider that the experience of inequality can be a factor of disengagement and retrenchment from civic life (Lagrange, 2008).

As part of this second axis, we also seek to explore the various forms of collective action focusing upon antidiscrimination and/or affirmative action policies. We intend to study social movements advocating the implementation of such policies, or social movements that, on the contrary, fervently oppose them (Massei, 2017; Hsu, 2018).

Finally, an additional line of inquiry focuses on the voting behavior of the discriminated, and more broadly, on the electoral configurations of societies that are marked by strong inequalities. How do discriminated individuals or groups position themselves on the political spectrum (Le Texier, 2006; Brouard and Tiberj, 2007)? Can we identify and prioritize determinants of their vote? Beyond that, are relatively unequal societies in terms of class, gender, age or race characterized by specific political and electoral patterns (Jacobs and Skocpol, 2007)?

Panel 3 – Discrimination, organizations, and public policies

A third and last axis of investigation explores the production of discrimination by and within political organizations and institutions, such as administrations, local authorities, political parties, unions, or associations. This axis relies on the substantial literature studying discrimination within work organizations, which emphasizes the role of management norms and practices, corporate culture and sociability networks in fostering discrimination (Baron and Bielby, 1980; Acker, Reskin, McBrier and Kmec, 1999; Acker, 2006; Sala Pala, 2013; Bonnet, 2014; Marry et al., 2017), despite antidiscrimination law.

We also seek to explore how administrative and political organizations have reacted to the various equality policies that have been implemented in their midst, specifically affirmative action policies based on sex (parity, quotas) (Bereni and Jacquemart, 2018; Milner, Demilly and Pochic, 2018). We can also build on the literature which, with regards to the modalities and limits of French anti-discrimination policies, has brought to light the existence of a double trend of territorialization and delegation to professional actors – chiefly from the private sector – operating under contradictory rationales (Noël 2010; Doytcheva 2015; Mazouz 2017; Flamant 2017; Cerrato Debenedetti 2018; Bereni 2018).

As part of this last axis, we also focus on the genesis, the implementation and the effects of antidiscrimination policies, as well as programs of direct or indirect affirmative action (Calvès 2010; Skrentny 1996; Sabbagh 2003; Sabbagh 2011; Sabbagh 2015). We intend to investigate the international circulation of concepts and instruments to fight against discrimination, especially in the context of Europeanization (Guiraudon 2004; Jacquot 2014); we can focus on the incomplete social and political construction of discrimination as a public problem and explore the reasons for such incompletion – among which one may think of the partial absence of statistics that could enable its measurement, since the collection of such statistics encounters serious opposition in some countries, which deserves examination (Peer and Sabbagh 2008; Simon 2008); or we can also – and correlatively – explore the implicit selection of those prohibited grounds of discrimination which define the groups that de facto benefit from a greater degree of protection (in France, sex, age and disability).

 

REFERENCES

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Simon Patrick, 2008, « Les statistiques, les sciences sociales françaises et les rapports sociaux ethniques et de ‘race’ », Revue française de sociologie, vol. 49, n°1, p. 153-162.

Singer Peter, 1978, « Is racial discrimination arbitrary ? », Philosophia, vol. 8, n° 2-3, p. 185-203.

Skrentny John David, 1996, The Ironies of Affirmative Action. Politics, Culture, and Justice in America, Chicago : The University of Chicago Press.

Stryker Robin, 2001, « Disparate Impact and the Quota Debate: Law, Labor Market Sociology, and Equal Employment Policies », The Sociological Quarterly, vol. 42, n° 1, p. 13-46.

Talpin Julien, O’Miel Julien et Frégosi Franck (dir.), 2017, L’islam et la cité. Engagements musulmans dans les quartiers populaires, Villeneuve-d’Ascq : Presses universitaires du Septentrion.

Thévenot Laurent, 2006, L’action au pluriel. Sociologie des régimes d’engagement, Paris : La Découverte, 2006.

Séance 1

Axe 1 / La discrimination comme catégorie d’analyse

Président de séance : Daniel Sabbagh (Sciences Po/CERI)

Vincent-Arnaud Chappe (CNRS/CSI-I3), Pour une sociologie de la discrimination comme régime de qualification : l’exemple du droit

Martin Aranguren (CNRS/URMIS) et Francesco Madrisotti (CNRS/URMIS), Le concept de discrimination dégradante

Annabelle Lever (Sciences Po/Cevipof), Against statistical discrimination

Elise Marsicano (Université de Strasbourg/Sage), Les discriminations intra-familiales : le cas des personnes atteintes du VIH/sida en France

Axe 2 / Politisation des discriminations

Présidente de séance: Juliette Galonnier (INED)

Elodie Druez (Sciences Po/CEE et INED), Les déterminants de la politisation des discriminations : le cas de diplômé.e.s d’origine subsaharienne à Paris et à Londres

Hélène Balazard (ENTPE/EVS), Anaik Purenne (CNRS/EVS) et Marion Carrel (Université de Lille et EHESS/CEMS), Expérience des discriminations et trajectoires de politisation dans les quartiers populaires

Margot Dazey (Institut universitaire européen), Réagir aux discriminations avec politesse. Éthique de l’exemplarité et critiques de postures victimaires chez des élites musulmanes

Bleuwenn Lechaux (Université de Rennes 2/IDA), Distinguer sans discriminer ? Lutter contre les discriminations dans le monde du théâtre à New York

Evelia Mayenga (Université Paris I Panthéon-Sorbonne/CESSP), Un droit à la représentation ? Mettre en œuvre la lutte contre les discriminations dans le domaine audiovisuel

Séance 2

Axe 3 / Discriminations, organisations et action publique

Présidente de séance : Laure Bereni (CNRS/CMH)

Elyamine Settoul (CNAM/Lirsa), Discriminer sous les drapeaux

Marine Bourgeois (Université Jean Monnet de Saint-Etienne/Triangle), La production organisationnelle des discriminations dans l’accès au logement social, entre culture professionnelle et contraintes institutionnelles

Pierre Gilbert (Université Paris 8/Cresppa-CSU), Choisir le bon locataire : Race, classe et autochtonie dans l’attribution des HLM

Manon Torres (EHESS/CMH et INED), Un ciblage paradoxal. L’usage de la catégorie de ‘lutte contre les discriminations’ auprès des jeunes de quartiers populaires

Angéline Escafre-Dublet (Université Lyon 2/Triangle), Samir Hadj Belgacem (Université de Saint-Etienne/Triangle), Camille Hamidi (Université Lyon 2/Triangle), Sumbul Kaya (Institut Français d’Etudes Anatoliennes, Istanbul) et Julien Talpin (CNRS/CERAPS), Quelle action publique locale contre les discriminations ethno-raciales en contexte color-blind ? Étude comparée de cinq communes françaises

ARANGUREN Martin Martin.ARANGUREN@cnrs.fr

BALAZARD Hélène Helene.BALAZARD@entpe.fr

BERENI Laure laure.bereni@cnrs.fr

BOURGEOIS Marine marine.bourgeois@sciencespo.fr

CARREL Marion marion.carrel@free.fr

CHAPPE Vincent-Arnaud vincent-arnaud.chappe@mines-paristech.fr

DAZEY Margot margot-dazey@hotmail.fr

DRUEZ Elodie elodie.druez@gmail.com

ESCAFRE-DUBLET Angéline angeline.escafre-dublet@univ-lyon2.fr

GALONNIER Juliette juliette.galonnier@gmail.com

GILBERT Pierre pierre.gilb@gmail.com

HADJ BELGACEM Samir hadj-belgacem.samir@hotmail.fr

HAMIDI Camille camillehamidi@hotmail.com

KAYA Sumbul kayasumbul@hotmail.com

LECHAUX Bleuwenn bleuwenn.lechaux@univ-rennes2.fr

LEVER Annabelle annabelle.lever@sciencespo.fr

MADRISOTTI Francesco francesco.madrisotti@cnrs.fr

MARSICANO Elise marsicano@unistra.fr

MAYENGA Evelia evelia.mayenga@gmail.com

PURENNE Anaik Anaik.PURENNE@entpe.fr

SABBAGH Daniel daniel.sabbagh@sciencespo.fr

SETTOUL Elyamine elyamine.settoul@sciencespo.fr

TALPIN Julien julien.talpin@univ-lille2.fr

TORRES Manon manon.torres@ehess.fr