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CM 01

(Non) Accès au terrain

Keeping (and losing) our access to the field

 

Responsables scientifiques :

Hélène Combes (CNRS, CERI Sciences Po), helene.combes@sciencespo.fr
Jacobo Grajales (Université de Lille), jacobo.grajales-lopez@univ-lille.fr

Dans le cadre de cette conversation méthodologique nous souhaiter discuter collectivement de la fermeture de nombreux terrains extra-européens et de ses conséquences sur notre manière de faire de la recherche (dégradation des relations avec ses enquêté.e.s, problèmes institutionnels (refus de visa…), fermeture d’accès à des archives, réorientation  méthodologique voire changement de terrain). L’enjeu est donc de saisir les effets de long cours sur le métier de comparatistes : sur les publications, sur la mise en scène de soi, sur l’orientation à donner à son métier ainsi que sur la division internationale du travail.

This methodological conversation will collectively address the closure of a number of extra-European fields and the consequences on our way of doing research (deterioration of relations with our respondents, institutional problems like visa refusal, closure of access to archives, methodological reorientation or even change of field). Therefore, we aim to understand the long-term effects on the profession of comparative political scientists: on our publications, on the presentation of oneself, on the orientation to be given to our profession, as well as on the international division of labour.

 

Dans le cadre de cette conversation méthodologique nous souhaiter discuter collectivement de la fermeture de nombreux terrains extra-européens et de ses conséquences sur notre manière de faire de la recherche (dégradation des relations avec ses enquêté.e.s, problèmes institutionnels (refus de visa…), fermeture d’accès à des archives, réorientation  méthodologique voire changement de terrain). L’enjeu est donc de saisir les effets de long cours sur le métier de comparatistes : sur les publications, sur la mise en scène de soi, sur l’orientation à donner à son métier ainsi que sur la division internationale du travail.

Nous prendrons en compte des situations variées allant de transformations radicales du terrain (guerre civile, destruction du collectif qu’on étudie, disparition physique d’une partie des enquêtés) à des problèmes d’accès générés par des facteurs divers (régulations sécuritaires et sanitaires, normes de sécurité, demandes d’autorisation préalable). En cela, croiser les configurations nationales des pays étudiés mais aussi les institutions de tutelle (Universités, CNRS, IRD, Sciences Po, etc.) est essentiel pour mieux comprendre le panorama actuel. L’enjeu est ainsi et aussi de comprendre le lien avec des processus de bureaucratisation de la recherche et l’impact des modes de financement.

Enfin, il s’agira d’évoquer une question en partie tabou : les éventuelles implications sur les relations entre recherche au nord et au sud. Ces transformations rendent la recherche au Nord particulièrement dépendante des partenariats avec des institutions et des individus au Sud. Or, les relations asymétriques se reproduisent par des modes de sous-traitance. Ceux-ci posent des questions scientifiques de fond, dès lors par exemple qu’ils sont basés sur la croyance d’une possibilité de la séparation des phases de recueil des données et des phases d’analyse. Ils posent également des problèmes déontologiques, particulièrement sur l’attribution du crédit scientifique (bien souvent au seul commanditaire de l’étude, alors que les chercheurs du Sud sont relégués au rôle d’assistant). Sur ce point, il ne s’agit pas d’édicter des normes générales sur ce qui est ou non acceptable en termes de collaboration, mais plutôt de réfléchir aux moyens d’éviter que la collaboration ne se mue en sous-traitance.

 

This methodological conversation will collectively address the closure of a number of extra-European fields and the consequences on our ways of doing research (deterioration of relations with our respondents, institutional problems such as visa refusal, closure of access to archives, methodological reorientation or even change of field). Therefore, we aim to understand the long-term effects on the profession of comparative political scientists: on our publications, on oneself presentation, on the orientation to be given to our profession, as well as on the international division of labour.

We will take into account various situations ranging from radical transformations of the field (civil war, destruction of the collective being studied, physical disappearance of a part of the respondents) to problems of access generated by various factors (security and sanitary regulations, security norms, requests for prior authorization). In this respect, a wide perspective of diverse national situations, as well as different research institutions (Universities, CNRS, IRD, Sciences Po, etc.) is essential to better understand the current context. The challenge is also to understand the link with the processes of research bureaucratisation and the impact of funding practices.

Finally, we will raise a question that is often concealed by our profession: the possible implication of field transformations on the relation between research in the North and the South. These transformations make research in the North particularly dependent on partnerships with institutions and individuals in the South. Asymmetrical relationships are reproduced through modes of subcontracting. The characteristics of these relationships raise fundamental scientific questions; for instance they are often based on the belief that it is possible to separate the data collection and analysis phases. They also raise ethical problems, particularly with regard to the attribution of scientific credit (very often reduced to the sole sponsor of the study, while researchers from the South are relegated to the role of assistants). On this point, it is not a question of laying down general standards on what is or is not acceptable in terms of collaboration, but rather of reflecting on how to avoid collaboration turning into subcontracting.

 

Références / References

FRANGVILLE Vanessa, Aude Merlin, Jihane Sfeir, Pierre-Étienne Vandamme, La liberté académique en question, Paris, Editions de la MSH, 2021.

ALDRIN Philippe, Pierre Fournier, Vincent Geisser, Yves Mirman, L’enquête en danger, Paris, Armand Colin, 2022.

BACZKO, Adam, and Gilles DORRONSORO. “The Ethical, Epistemological, and Conceptual Need to
Resume Fieldwork.” Social Science Research Council, November 20, 2020.

MARCHAIS, G., BAZUZI, P., & AMANI LAMEKE, A. (2020). Data is gold and we are the gold-diggers’: whiteness, race and contemporary academic research in eastern DRC, Critical African Studies.
https://doi.org/10.1080/21681392.2020.1724806
https://bukavuseries.com/

Hélène Combes, CNRS, CERI Sciences Po

Jacobo Grajales, Université de Lille

Laura Ruiz de Elvira, IRD, CEPED

Ioulia Shukan, Université Paris Nanterre, ISP

Benoît Lallau, Sciences Po Lille

Gilles Dorronsoro, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Josaphat Musamba, Université de Gand

COMBES Hélène helene.combes@sciences po.fr

GRAJALES Jacobo jacobo.grajales-lopez@univ-lille.fr

RUIZ DE ELVIRA Laura laura.ruiz-de-elvira@ird.fr

SHUKAN Ioulia ioulia.shukan@parisnanterre.fr

LALLAU Benoît benoit.lallau@sciencespo-lille.eu

DORRONSORO Gilles gilles.dorronsoro@gmail.com

MUSAMBA Josophat josaphat.musambabussy@ugent.be