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ST 20

La crise écologique, les industries et le politique : quelles approches et quelles analyses ?

The ecological crisis, industries and politics: towards more heuristic approaches and analyses

 

Responsables scientifiques :

Sébastien Chailleux (CED-Sciences Po Bordeaux) s.chailleux@sciencespobordeaux.fr
Andy Smith (CED-Sciences Po Bordeaux) a.smith@sciencespobordeaux.fr

 

Deux séries de données écologiques sont sans appel : 1) nous vivons une crise écologique d’une ampleur massive et 2) nous savons que la cause principale de cette crise se trouve dans la manière dont des industries bien identifiées produisent, transforment, emballent et commercialisent leurs produits et services respectifs (IPCC, 2018). Grâce aux sciences sociales, nous disposons également d’analyses fines de comment les entreprises, les pouvoirs publics, les ONG, les experts, etc. ont participé à la mise en place de nouvelles pratiques, normes et règles qui encadrent les systèmes productifs en question, et/ou à la résistance face à de telles évolutions (Meckling & Jenner, 2016 ; Rea, 2019 ; Ponte, 2020). Pour autant, nous savons encore trop peu de choses de précise sur comment et pourquoi, pour l’heure, la quasi-totalité de ces systèmes productifs n’ont pas transformé leur logique d’action dominante et, ainsi, réduit sensiblement leurs impacts environnementaux néfastes respectifs.

La proposition analytique que cette section thématique cherche à explorer et à mettre en débat part du postulat suivant : puisque l’activité économique s’organise foncièrement en termes d’industries qui sont autant des espaces des affaires que des espaces du politique (Jullien et Smith, 2011), c’est à l’échelle de chaque industrie qu’il importe de générer les données et les analyses des contours de leur « transition écologique » respective. Autrement dit l’atelier vise à mieux cerner les contours des transitions écologiques opérées dans chaque filière productive en analysant comment cette injonction vague est redéfinie par les « ses » et quels effets elle produit sur sa restructuration. Trois phénomènes semblent participer de cette injonction :

– l’écologisation des industries d’abord en portant le regard sur la réduction des effets négatifs sur l’environnement ;

– la démocratisation ensuite en analysant si et comment les filières s’adaptent à l’injonction participative et inclusive ;

– la territorialisation enfin en étudiant comment ces industries tentent de s’adapter aux particularités locales.

Pour se faire, toutefois, et notamment en raison du caractère multiscalaire de l’activité économique contemporaine et trans-sectoriel de la crise écologique, il importe de dépasser les limites d’analyses en termes de secteurs d’action publique et de politiques publiques (Hay et Smith, 2018). Le défi analytique à relever consiste donc à la fois à affiner des conceptualisations du rapport économie-politique au sein de chaque industrie et à effectuer des travaux de terrain en phase avec cette reconstruction de l’objet de la recherche (notamment en ciblant autant les professionnels du commerce que ceux de l’administration et de la politique).

Dans cette perspective, l’objectif de la section thématique est de structurer un débat constructif autour de communications qui :

  • Expliciteront les fondements théoriques d’une approche du rapport entre la crise écologique, un ou des industrie(s) et le politique ;
  • Illustreront l’apport de l’approche et de l’objet de recherche adoptés à l’aide de données d’enquête en adéquation avec l’ambition théorique affichée ;
  • Interrogeront le rôle que peut jouer la variable territoriale dans l’articulation entre une industrie, l’écologie et le politique.

 

Two sets or data are undisputable: 1) we are currently living through a massive ecological crisis; 2) we know that the principal cause of this crisis are the way in which well identified industries produce, process, package and sell their respective goods and services (IPCC, 2018). Thanks to the social sciences, we also have at out disposal numerous fine-grained analyses of how firms, public authorities, NGOs, experts and other actors have participated in the establishment of new practices, norms and rules that structure the productive systems at issue, and/or resistance to such structures (Meckling & Jenner, 2016; Rea, 2019; Ponte, 2020). However, we still know far too little about precisely how and why, at least until now, virtually all these productive systems have not transformed their dominant logic of action and, therefore, significantly reduced their respective harmful environmental impacts.

The analytical proposition that this thematic section seeks to explore and contribute to debates is based on the following postulate: given that economic activity is fundamentally structured in terms of specific industries, i.e. highly structured spaces of both business and politics (Jullien & Smith, 2011), this is therefore the unit of analysis that needs to be used when generating data and analysis concerning the contours of their respective ‘ecological transition’. This workshop therefore aims at better grasping how ecological transition is interpreted and instrumented in each industry by analysing how this vague imperative is redefined by its actors and the restructuring effects it has produced. Three phenomena involved will be examined in particular by asking whether:

  • the “ecologisation” of industries has actually reduced harmful effects on the environment;
  • any democratization has taken place in line with other imperatives regarding “participation” and “inclusion”;
  • the degree to which territorialisation has played a role in industries changing by adapting to local specificities.

In order to shift analysis in this direction, however, and notably due to the multiscalar character of contemporary economic activity and the transversality of the ecological crisis, it is important to go beyond the limits of analysis couched purely in terms of sectors and sectorial public policies (Hay and Smith, 2018). The analytical challenge is therefore to refine conceptualizations of the economy-politics relationship within each industry, then to conduct empirical analysis in line with this redefinition of the very question to be researched (in particular by targeting as much the professionals of business as those of administration and politics).

From this perspective, the aim of this session is to structure a constructive debate around papers that:

  • clearly set out the theoretical foundations of an approach to the relationship between ecological crisis, one or more industries and the political;
  • illustrate the contribution of this approach and the research question adopted using data that fits with the theoretical ambition pursued;
  • researches the role that the territorial variable may play in mediating between an industry, ecology and politics.

 

Références / References

IPCC (2018) Gobal Warming of 1.5%, Report by the International Panel on Climate Change:

Jullien, Bernard & Smith, Andy (2011) ‘Conceptualizing the role of politics in the economy: Industries and their institutionalizations’, Review of International Political Economy, 18(3): 358-383.

Meckling, Jonas & Steffen Jenner (2016) ‘Varieties of market-based policy: Instrument choice in climate policy’, Environmental Politics, 25:5, 853-874

Ponte, Stefano (2020) ‘Green Capital Accumulation: Business and Sustainability Management in a World of Global Value Chains’, New Political Economy, 25:1, 72-84

Rea, Christopher M. (2019) ‘Regulatory thickening and the politics of market-oriented environmental policy’, Environmental Politics, 28:7, 1167-1191

Axe 1 / La transition écologique des industries face à leurs économies politiques territorialisées

Thibaut Joltreau (CED-Sciences Po Bordeaux), Systèmes productifs territoriaux, politiques publiques et écologisation agro-industrielle: une perspective ultra-marine

Brice Laurent (CSI Mines, ParisTech) et Alexandre Violle (CEMES, EHESS), La politique territoriale du passage à l’échelle. Expérimentation et développement des mobilités hydrogènes en France

Sylvain Le Berre (ETBX, INRAE) et Aurélien Reys (GéoRessources, CNRS, Université de Lorraine), Ecologisation, territorialisation et participation : stratégie et storytelling de l’industrie extractive à l’heure des ‘transitions’

Arnaud Thomas (ETBX, INRAE), La politisation des interdépendances économie-environnement des milieux aquatiques continentaux : une approche par les industries hydroélectrique et agricole

Axe 2 / L’impact variable des instruments de politique publique sur les transitions industrielles

Maude Benoît (Université de Québec à Montréal) et Paul Treille (Université de Québec à Montréal), La non-transition du secteur agricole au Québec : lorsque le désengagement de l’Etat mène à une prise en charge de l’action agro-environnementale par l’industrie agrochimique

Antoine Ducastel (Art-Dev, CIRAD) et Camille Rivière (CEMS , EHESS), La péréquation tarifaire, un frein à la transition écologique ? L’écologisation de l’industrie d’énergie en Guadeloupe au prisme des circuits de financement

Patience Le Coustumer, (GREThA, Université de Bordeaux), Les innovations environnementales dans le bâtiment au prisme des dispositifs réglementaires

Flavie Retourney (TREE, Université de Pay et Pays de l’Adour), Les instruments de la transition écologique dans l’industrialisation minière en Guyane. Le cas Montagne d’or

BENOIT Maude benoit.maude@uqum.ca

CHAILLEUX Sébastien s.chailleux@sciencespobordeaux.fr

DUCASTEL Antoine antoine.ducastel@cirad.fr

JOLTREAU Thibaut thibaut78320@hotmail.fr

LAURENT Brice  brice.laurent@mines-paristech.fr

LE BERRE Sylvain  sylvain.le-berre@inrae.fr

LE COUSTUMER Patience patience.lecoustumer@gmail.com

RETOURNEY Flavie flavie.retourney@univ-pau.fr

REYS Aurélien aurelienreys@gmail.com

RIVIERE Camille camille.riviere@ehess.fr

SMITH Andy a.smith@sciencespobordeaux.fr

THOMAS Arnaud arnaudthomas479@yahoo.fr

TREILLE Paul treille.paul@courrier.uquam.ca

VIOLLE Alexandre alexandre.violle@sciencespo.fr