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ST 44

De la démocratie en numérique. Les appropriations du web et des réseaux sociaux dans les processus électoraux

When democracy gets digital. Web & social media in electoral processes

 

Responsables scientifiques :

Fabienne Greffet (IRENEE-Nancy, Université de Lorraine) fabienne.greffet@univ-lorraine.fr
Marie Neihouser (ESPOL, Institut Catholique de Lille) neihouser.marie@gmail.com

 

Au cours des dernières décennies, les technologies numériques sont devenues des outils indispensables pour la communication et la participation politiques (Jungherr et al., 2020 ; Chadwick, 2006, 2017 ; Kreiss, 2016; Koc-Michalska & Lilleker, 2016). L’utilisation des dispositifs numériques par les partis et les mouvements politiques est désormais naturalisée, tant en campagne électorale qu’en termes d’organisation et de mobilisation partisanes (Gerbaudo, 2019). Du point de vue des citoyens aussi, les réseaux sociaux et les médias numériques ont transformé les pratiques d’information, de sociabilité, d’acquisition de connaissances et d’expression politiques (DiMaggio & Hargittai, 2001 ; Shradie, 2019 ; Vromen, 2017). Cette hybridation croissante entre technologies numériques et politique invite à reconsidérer les pratiques routinisées de la démocratie représentative, tels par exemple que le vote, les campagnes électorales ou les mobilisations.

La littérature sur la politique numérique et sur l’interaction entre les TIC et les processus politiques s’est fortement développée ces dernières années, particulièrement au plan international. Toutefois, plusieurs aspects de cette interaction mettant en jeu les processus électoraux restent à explorer, à un moment où se fait jour un « désenchantement de l’internet » (Badouard, 2017). La propagande informatique, le micro-ciblage et la publicité politique sur les réseaux sociaux ont fait leur entrée dans les campagnes électorales (Nickerson & Rogers, 2014 ; Woolley & Howard, 2018). Le vote électronique, de plus en plus utilisé, pose des problèmes de sécurité aux gouvernements et aux partis (Bennett, 2016). Les questions de la consommation médiatique de l’information politique par les citoyens et des effets de celle-ci sur leur participation politique (Min et al., 2020), tout comme celles de leurs (non)prises de parole en ligne ou des inégalités de participation restent centrales (Gil de Zúñiga et al., 2014). Et ces débats revêtent une nouvelle dimension à l’occasion de la crise sanitaire (Neihouser et al., à paraître).

Le but de cette section est d’approfondir les recherches empiriques et théoriques sur ces enjeux cruciaux de la digitalisation des processus électoraux, afin de rassembler la communauté francophone des chercheurs du domaine, encore trop peu visible au plan international. En particulier, la ST interroge les relations entre élections et numérique en termes de campagnes électorales (y compris en ce qui concerne la régulation), et en termes d’effets des médias numériques et des réseaux sociaux sur le vote et la participation politique.

La ST accueille ainsi des recherches portant sur la manière dont les processus électoraux ont été affectés par l’émergence des technologies numériques (vote électronique par exemple), d’outils de communication digitaux (les réseaux socionumériques/médias sociaux, etc.), de nouveaux acteurs (la société civile ou les organisations politiques non conventionnelles, les agences ou entreprises du numérique, par exemple), des pratiques militantes et d’engagement en ligne. Elle associe des approches françaises et des approches comparatives. Elle est ouverte à des recherches appuyées sur des méthodes digitales (Rogers, 2013).

La ST constitue une contribution aux débats de portée générale sur le fonctionnement de la démocratie représentative et des processus électoraux dans un contexte de (post) crise sanitaire. Elle prend part aux controverses scientifiques internationales sur les effets induits par les usages des technologies numériques en politique (inégalités de participation politique en ligne, émergence de la propagande computationnelle, poids des plateformes en matière politique et leur régulation, engagement digital et « slacktivism« , émergence de partis plateformes…).

 

Over the last decades, digital technologies have become central for both political communication and political participation (Jungherr et al., 2020; Chadwick, 2006, 2017; Kreiss, 2016; Koc-Michalska & Lilleker, 2016). Digital devices are now part of everyday politics, both in election campaigns and in terms of party organisation and mobilisation (Gerbaudo, 2019). Social media uses also have transformed many citizen practices, including information, social ties and networking, political knowledge and political expression (DiMaggio & Hargittai, 2001; Shradie, 2019; Vromen, 2017).

This growing hybridisation between digital technologies and politics is an opportunity to reconsider classical elements of representative democracy, such as voting, campaigning or mobilisation. Since the 2000s, political science literature on digital politics has grown rapidly, particularly at the international level. However, several aspects of the interaction between ICTs and political processes remain unexplored, especially in a context of ‘disenchantment with the internet’ (Badouard, 2017). Computational propaganda, micro-targeting and political advertising on social media are now part of election campaigns (Nickerson & Rogers, 2014; Woolley & Howard, 2018). Internet voting is used to a larger extent, which results in security challenges for governments and parties (Bennett, 2016). Research questions related to citizens’ media consumption of political information and its effects on political participation (Min et al., 2020) remain central in the literature (Gil de Zúñiga et al., 2014), as well as inequalities in online participation. These debates are more accurate in the context of the Covid-19 crisis (Neihouser et al., forthcoming).

The aim of this section is to deepen empirical and theoretical research on the issue of digital technologies in electoral processes, in order to make more visible the francophone research community in the field. Specifically, it focuses on the relationship between elections and digital technology in terms of electoral campaigns (including regulation), and in terms of the effects of social media on voting and political participation.

The ST welcomes research looking at the way electoral processes have been affected by the emergence of digital technologies in a broad sense, including e-voting, digital communication tools (e.g. social media), new actors (e.g. civil society or non-conventional political organisations, digital agencies or companies), online activism. It combines French and comparative approaches. It is open to research based on digital methods (Rogers, 2013).

The ST is a contribution to the debates on the functioning of representative democracy and electoral processes in a context of (post) health crisis. It takes part in international controversies on the effects of the use of digital technologies in politics (inequalities in online political participation, emergence of computational propaganda, weight of platforms in politics and their regulation, digital engagement and « slacktivism », emergence of platform parties…).

 

Références / References

-Badouard, R. (2017). Le désenchantement de l’internet. Désinformation, rumeur, propagande. Paris, FYP.

-Bennett, C. J. (2016). Voter databases, micro-targeting, and data protection law: can political parties campaign in Europe as they do in North America?. International Data Privacy Law, 6(4), 261-275.

-Chadwick, A. (2006). Internet politics:States, citizens, and new communication technologies. Oxford University Press, USA.

-Chadwick, A. (2017). The hybrid media system: Politics and power. Oxford University Press.

-DiMaggio, P. & Hargittai, E. (2001). From the ‘digital divide’ to ‘digital inequality’: Studying the internet use as penetration increases. Working paper, Centre for Arts, Cultural and Political Studies, Princeton University.

-Gerbaudo, P. (2019). The Digital Party, Political Organisation and Online Democracy. Londres, Pluto Press.

-Gibson, R. K. (2020). When the Nerds Go Marching in. Oxford University Press.

-Gil de Zúñiga, H., Molyneux, L., & Zheng, P. (2014). Social media, political expression, and political participation: Panel analysis of lagged and concurrent relationships. Journal of communication, 64(4), 612-634.

-Kreiss, D. (2016). Prototype politics: Technology-intensive campaigning and the data of democracy. Oxford University Press.

-Jungherr, A., Rivero, G., & Gayo-Avello, D. (2020). Retooling politics: How digital media are shaping democracy. Cambridge University Press.

-Lilleker, D., & Koc-Michalska, K. (2016). The normalization of online campaigning in the web. 2.0 era. European Journal of Communication, 31(3), 331-350.

-Min, B., Bai, Y., Wang, R. Y., Grzeslo, J., & Jayakar, K. (2020). Voting in local and national elections: the role of local and national news consumption and news media preference. Atlantic Journal of Communication, 1-13.

-Neihouser, M., Haute, T., Sandri, G. & von Nostitz, F. (soumis à la revue).  News media consumption and political participation during the COVID-19 Pandemic.

-Nickerson, D. W., & Rogers, T. (2014). Political campaigns and big data. Journal of Economic Perspectives, 28(2), 51-74.

-Rogers, R (2013), Digital Methods, MIT Press.

-Schradie, J. (2019). The Revolution that Wasn’t. How Digital Activism Favors Conservatives. Harvard University Press.

-Vaccari, C. (2013). Digital politics in Western democracies: A comparative study. JHU Press.

-Vromen, A. (2017). Digital Citizenship and Political Engagement, the Challenge from Online Campaigning for Advocacy Organizations. Palgrave MacMillan.

-Woolley, S. C., Howard, P. N. (eds.), Politicial Parties, Politicians and Manipulation of Social Medias. Oxford University Press, 3-18.

Session 1 / Les transformations organisationnelles et communicationnelles des partis en campagne 

Présidente de séance : Marie Neihouser (ESPOL, Université Catholique de Lille)
Discutante : Fabienne Greffet (IRENEE, Université de Lorraine, IRENEE)

Giulia Sandri (Université catholique de Lille), Felix-Christopher von Nostitz (Université catholique de Lille), Patterns of organisational digitalisation of European political parties

Alexandre Borrell (Université Paris-Est Créteil, Céditec), Anne Jadot (Université de Lorraine, Iréné), Stéphanie Wojcik (Université Paris-Est Créteil, Céditec), Pierre Lefébure (Université Sorbonne Paris-Nord, Irisso-LCP), La communication des partis sur Facebook, entre contenus originaux online et chambre d’écho de la campagne offline. Analyse quantitative de 141 comptes européens et qualitative de sept comptes français impliqués dans les élections européennes de 2019

Philippe R. Dubois (Université Laval, GRCP), Portrait et parcours des stratèges numériques locaux : la professionnalisation des campagnes municipales québécoises en ligne

Ines Kalai (Sciences Po Aix, AMU, Mesopolhis, et Université Catholique de Louvain, Lasco, IL&C), Comment les contraintes d’usage du réseau socio-numérique Facebook en campagne électorale interviennent-elles dans la relation du candidat à son parti ? Éclairage empirique en contexte de scrutin de liste semi-ouverte

Session 2 / Les usages stratégiques du web et des réseaux sociaux en campagne

Présidente de séance : Fabienne Greffet (IRENEE, Université de Lorraine)
Discutante : Marie Neihouser (ESPOL, Université Catholique de Lille)

Mireille Lalancette (Université du Québec à Trois-Rivières, GRCP), Angelia Wagner (University of Alberta), Karen Bird (McMaster University), Joanna Everitt (University of New Brunswick), Web, identité et diversité en campagne : le cas de la campagne électorale canadienne de 2021

Stéphanie Wojcik (Université Paris Est Créteil, Céditec), Discours électoral et engagement des internautes : l’exemple de la campagne présidentielle 2017 sur Facebook

Guillaume Marrel (Université d’Avignon, LBNC), Jeanne Vermeirsche (Université d’Avignon, LBNC ), Sur les traces d’un “Wikipédia politique” : questionner la neutralité de l’encyclopédie participative à travers les usages (des) politiques

Marie Neihouser (Université Catholique de Lille), Tristan Haute (Université de Lille-CERAPS), Giulia Sandri (Université catholique de Lille), Felix-Christopher von Nostitz (Université catholique de Lille), Diversité des usages politiques des réseaux sociaux, diversité sociopolitique des usager·e·s ?? Le cas de la campagne présidentielle de 2022 en France

BIRD Karen kbird@mcmaster.ca

BORREL Alexandre alexandreborrell@hotmail.fr

DUBOIS Philippe philippe.dubois.3@ulaval.ca

EVERITT Joanna jeveritt@unb.ca

GREFFET Fabienne fabienne.greffet@univ-lorraine.fr

HAUTE Tristan tristan.haute@orange.fr

JADOT Anne anne.jadot@univ-lorraine.fr

KALAI Ines ines.kalai@uclouvain.be

LALANCETTE Mireille Mireille.Lalancette@uqtr.ca

LEFEBURE Pierre pierre.lefebure@univ-paris13.fr

MARREL Guillaume guillaume.marrel@univ-avignon.fr

NEIHOUSER Marie neihouser.marie@gmail.com

SANDRI Giulia giulia.sandri@univ-catholille.fvon

VERMEIRSCHE Jeanne jeanne.vermeirsche@univ-avignon.fr

VON NOSTITZ Felix Felix.Vonnostitz@univ-catholille.fr

WAGNER Angelia angelia@ualberta.ca

WOJCIK Stéphanie stephanie.wojcik@u-pec.fr