Section Thématique 38

Logiques de la participation politique, de la contestation à la démocratie participative
Logics of Political Participation, from Contention to Participative Democracy  

Responsables

Camille Goirand (IEP de Lille, CERAPS) cgoirand@wanadoo.fr
David Garibay (Université Lyon 2, TRIANGLE) david.garibay@univ-lyon2.fr

Présentation scientifique Dates des sessions Programme Résumés Participants

 

Présentation scientifique

Depuis une trentaine d’années, des procédures participatives de gestion du pouvoir local invitent les citoyens à s’associer à la définition de l’action publique, tant en Europe que dans certains pays du Sud, et en particulier en Amérique latine. La mise en place des institutions participatives locales a partout été marquée par la volonté affichée par leurs promoteurs d’approfondir la démocratie, d’élargir l’espace public par le débat et d’ouvrir la décision aux citoyens, en appelant des groupes sociaux défavorisés et sous-représentés dans le champ politique à « participer ». Alors que l’abstention électorale ne cesse d’augmenter et que la désaffiliation partisane se confirme parmi les citoyens des classes populaires, la démocratie « participative » en appelle donc à un investissement exigeant, souvent à destination des populations les moins compétentes et les moins participantes. Par ailleurs, la mise en place des dispositifs participatifs a reposé sur la conjonction de plusieurs types d’incitations, aux origines et aux intentions parfois contradictoires : demandes formulées par de multiples organisations des sociétés civiles ; promotion de ces solutions par des organismes multilatéraux porteurs des discours de la « bonne gouvernance » ; discours d’exécutifs locaux ou nationaux, qui, après s’être convertis à la ‘troisième voie’, restent soucieux de conserver des marqueurs de gauche.

Grace à la multiplication des travaux de recherche sur la démocratie participative depuis une quinzaine d’année, nous disposons d’une bonne compréhension de la mise en place de mécanismes participatifs locaux, de leur impact sur l’exercice du pouvoir local ou sur la compétition partisane, de leurs effets de politisation et d’apprentissage, ou encore de leurs usages clientélistes. D’autres travaux ont montré l’importance de la diffusion internationale des modèles en matière de dispositifs de participation. Le plus souvent, leur analyse a été abordée depuis un point de vue normatif, favorable à la participation, vue davantage comme une valeur et comme un impératif démocratique à défendre que comme un comportement social et politique à observer. En revanche, les travaux sur les contours sociaux des comportements de participation ont été encore peu nombreux, alors qu’ils permettraient de mieux connaître comment les dispositifs participatifs s’inscrivent dans des continuités historiques et sociales et d’interroger d’éventuelles modifications des logiques de l’intervention politique des citoyens.

C’est pourquoi cette « section thématique » aborde l’analyse de ces dispositifs à partir d’une sociologie comparée des pratiques de participation et des espaces sociaux et politiques dans lesquels ces comportements s’inscrivent. Deux axes de travail seront suivis :

Le premier aborde la participation comme un processus inscrit dans des dynamiques de changement, à la fois historiques et sociales. Seront donc observés les circulations des participants, les parcours individuels de participation, et les processus d’apprentissage et d’acquisition de compétences voire de professionnalisation politique. L’interrogation sur le profil social et militant des citoyens part de deux constats : la participation est attendue des groupes les moins participants, et elle est le plus souvent encadrée par des organisations issues des sociétés civiles, voire des organisations de mouvement social. Ces constats renvoient donc à un enjeu ; celui de l’ouverture des arènes participatives à des groupes sociaux jusqu’à là peu participants, ou au contraire de leur occupation par des groupes militants déjà investis en politique et qui y trouvent simplement un nouvel espace d’intervention et de médiation.
Cela conduit donc à poser une première série de questions sur le « milieu participatif » et le profil social des participants, afin de comprendre ce qui conduit des citoyens à s’investir dans des dispositifs de participation. Comment s’articulent les différentes pratiques de participation des citoyens : électorale, contestataire, militante ? Comment les citoyens circulent-ils d’une arène à l’autre, et comment les apprentissages, les répertoires d’action d’une arène leur servent-ils dans l’autre ? Peut-on dégager des « parcours de participation » et sont-ils associés à des trajectoires militantes voire de professionnalisation politique ? Enfin que sait-on des motivations des participants : quelles sont leurs attentes et le sens qu’ils donnent à leur participation ?

Le second axe de travail consiste à observer les configurations des milieux participatifs, non seulement à travers leurs contours sociaux, mais aussi en ce qui concerne leur insertion dans les réseaux de pouvoir local. Partant du constat que les dispositifs participatifs sont pleinement articulés à l’action publique et politique locale, l’analyse portera les configurations des réseaux d’acteurs qui interviennent dans les arènes participatives. L’objectif sera donc de réinsérer les dispositifs de participation dans des cadres plus larges et d’en observer l’environnement.
Au niveau local, comment la mise en place de procédures participatives par des exécutifs locaux s’inscrit-elle dans l’espace du mouvement social qui a appuyé le cas échéant leur arrivée au pouvoir ? Comment la participation à ces dispositifs s’inscrit-elle dans des réseaux d’action publique et politique locale ? En quoi la multipositionnalité des « participants » limite-elle l’ouverture des arènes participatives, voire donne-t-elle aux administrations locales les moyens de contrôler les décisions qui en sont issues ?
L’ensemble permet finalement de revenir aux enjeux qui ont motivé la mise en œuvre des politiques participatives, notamment en ce qui concerne l’ouverture de l’espace public à des groupes sociaux peu participants et la démocratisation des systèmes de pouvoir locaux.

Ce double volet de questions a conduit à privilégier, pour cette ST, des travaux qui combinent plusieurs méthodes d’enquête, qui permettent d’identifier le profil des participants, et de donner des éléments sur l’articulation entre ces dispositifs de participation et le « milieu participatif » (questionnaires, entretiens, observation des dispositifs de participation, analyse d’archives publiques, de partis, de mouvements sociaux locaux). Seront confrontés les trajectoires des individus et des collectifs qui s’investissent dans les dispositifs participatifs, les usages qu’ils en font, leurs répertoires d’action, leur insertion dans les réseaux d’action publique, avec une comparaison des cas des parents d’élèves en France (Lorenzo Barrault), des acteurs qui interviennent dans le montage et la mise en œuvre des politiques de participation dans le Nord-Pas-de-Calais (Magali Nonjon), des groupes qui participent aux conseils de quartiers à Paris et à Cordoue (Héloïse Nez), des organisations sociales indigènes dans plusieurs Etats du Mexique (Julie Devineau et Raphaëlle Parizet), des femmes de milieux populaires dans le Centre et le Nordeste du Brésil (Marie-Hélène Sá Vilas Boas et Daniella Rocha).

Participative procedures for local power administration have been constructed, in Europe and in Latin America since the democratizations of the early 1980s. Their supporters have presented them as an instrument for improving the quality of democracy. Recent research work on this issue provides a good understanding of local participative mechanisms, of their impact on local power practice, on party competition, or on their clientelist use. However, those issues have often been dealt with a normative approach, in which participation is conceived as a democratic imperative more than as a social and political behaviour that can be observed. As a consequence, numerous questions are still unexplored. This thematic section intends to address them, on the basis of a comparative sociology of participation behaviours. In view are not only the local institutions of participatory democracy, or the most obvious actors (like local authorities or political parties). We try to understand how citizens are involved and act in participatory democracy, and how their participation is structured. More largely, how this political practice is linked to others and configures a “participatory domain”.
Two sets of questions will be asked.
- Relative to the “participatory domain”, the social profile of participants and to their practices (articulation of different participatory practices, such as elections, contention, activism, circulation within participatory arenas, motivation and meaning attached to participation, trajectories of participation)
- Relative to activist and public policy networks (locating the participants within the spaces of the social movement, interactions with national and local public policy networks, activist and expert networks involved in spreading the imperative of participation…)
This thematic section will analyze individual and collective trajectories of actors engaged in participative institutions, repertories of action in those arenas, and the insertion of those actors in public action networks. Several cases will be compared: parents associations in France (L. Barrault), activist and expert groups that conceive and implement participation politics in France (M. Nonjon), groups engaged in local councils in Paris and Cordoba (Spain) (H. Nez), indigenous social organizations in Mexico (J. Devineau & R. Parizet), women and party activists in Brazil (M.-H. Sá Vilas Boas and D. Rocha).


Sessions

Les travaux de la Section Thématique se dérouleront sur les sessions suivantes :
Session 3 : 1er septembre 2011 13h30-16h15
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Lieu : IEP (salle 319)


Programme

Discutante : Julie Devineau (Centre d’études mexicaines et centre-américaines / CEMCA)


Résumés des contributions

Lorenzo Barrault (Université Paris 1 / CESSP-CRPS)

Les usages de dispositifs participatifs par les militants parents d’élèves en France : des négociations de l’action publique entre concertation et contestation

L’investissement dans des dispositifs participatifs de militants parents d’élèves en France permet de questionner les logiques et l’agencement de différentes formes de participation liées à l’action publique locale. Menée depuis 2006 dans le cadre d’une thèse sur la carte scolaire et ses appropriations, l’analyse localisée s’appuie sur des observations dans des associations de parents et dans différentes arènes participatives (conseils de quartiers, réunions publiques, comités de concertation liés à la fabrique de la carte scolaire), des entretiens avec des parents et des acteurs institutionnels diversifiés, et des archives (FCPE). La plupart des participants à ces dispositifs sont parmi les militants les plus favorisés culturellement dont l’implication politique prend diverses formes, par contraste avec la minorité de parents moins favorisés socialement qui s’y expriment davantage sur un mode privatif et dont les formes de participation sont plus restreintes. Dans le cadre de ces arènes participatives, les parents les plus favorisés et investis politiquement tentent notamment de faire valoir leurs intérêts sociaux en négociant l’action publique et l’aménagement de l’environnement scolaire local. En portant la focale sur les dynamiques de diverses mobilisations liées à des projets locaux, une sociologie comparée des différentes modalités d’action des parents souligne que les dispositifs participatifs constituent une des pièces du répertoire d’action des plus militants qui, en dépit de sa forme institutionnalisée, n’empêche pas la contestation en leur sein aussi bien qu’à l’extérieur.

The practices of participative appliances from the militant parents in France: negotiations of public action between dialogue and protest

The investment in participative appliances of parents’ militants in France allows to question the logics and the articulation of different forms of participation linked to local public action. Conducted since 2006 as part of a thesis concerning the school map and its appropriations, the located analysis leans on observations in parents' associations and in different participative arenas (councils of districts, public meetings, committees of dialogue linked to the creation of the school map), interviews with parents and diversified institutional actors, and archives (FCPE). The most part of the participants in these implements are among the most favored militants in the cultural background of which political involvement takes various forms, by contrast with the minority of parents less favored socially who express themselves there more on a private way and whose participation’ forms are more limited. In these participative arenas, the most favored parents in a cultural way and politically invested especially try to enforce their social interests by negotiating the public action and the development of local school environment. By carrying the focal on the dynamics of various mobilizations linked to local projects, a comparative sociology of different modalities of action from parents underlines that participative implements constitute one of the pieces of action of the most militant which, in spite of its institutionalized form, does not prevent protest in their middle as well as outside.

Héloïse Nez (Centre de recherche sur l'habitat du Laboratoire architecture ville urbanisme environnement (CRH-LAVUE) et Université Paris 13)

Participer, et après ? Trajectoires d’individus et de collectifs investis dans des dispositifs participatifs à Paris et Cordoue

Les dispositifs participatifs visant à associer les citoyens à l’élaboration des politiques locales se multiplient, depuis deux décennies, dans des contextes variés en Europe. Si la participation est souvent limitée en nombre et qu’elle tend à reproduire un « cens caché » (excluant les jeunes, les étrangers et les classes populaires), les citoyens qui prennent activement part à ces démarches s’inscrivent dans des dynamiques d’apprentissage. Que font-ils des savoirs qu’ils acquièrent au contact des associations, des élus et des techniciens ? Leur qualification par la participation est-elle limitée aux instances participatives, ou leur sert-elle de tremplin vers d’autres projets associatifs ou politiques ? Dans quels espaces reconvertissent-ils leurs compétences ? Et que deviennent les associations, lorsqu’elles s’investissent dans les dispositifs participatifs ? Cette communication analysera les trajectoires individuelles et collectives de participants à Paris et Cordoue, en s’inscrivant dans la lignée des travaux de la sociologie de l’engagement autour de la notion de trajectoire ou de carrière militante, pour replacer la question des apprentissages par la participation dans une trajectoire plus large des acteurs. En comparant leur expérience antérieure et leur pratique participative, on repère une évolution des trajectoires individuelles mais aussi collectives, lorsque les citoyens et les associations s’investissent régulièrement dans le processus de participation.

What happens after participating? Trajectories of individuals and collectives invested in participatory processes in Paris and Cordoba

Over the two past decades, participatory processes which aim at associating citizens with the elaboration of local policies have been spread out of Europe. If participation is limited in number and often excludes young people, foreigners and lower classes, the citizens who actively take part in these initiatives join dynamics of learning. What do they make of knowledge they acquire in the contact of associations, elected representatives and technicians? Is their qualification by participation limited to participatory processes, or is it of use in other associative or political projects? Where do they reconvert their skills? And what become associations, when they put a lot into participatory processes? This paper aims at analyzing participants' individual and collective trajectories in Paris and Cordoba. It’s inspiring by researches of the sociology of commitment around the notion of trajectory or militant career, to replace the question of the learning by participation in a wider trajectory of the actors. By comparing their previous experience and their participatory practice, we note an evolution of individual but also collective trajectories, when citizens and associations put a lot into participatory processes

Raphaëlle Parizet (Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales / CERAPS, Université de Lille 2)

Se rebeller ou participer : les enjeux de la participation comme élément du développement en milieu autochtone

Saisi par les instances internationales et nationales, le développement s’apparente à un dispositif universel, général voire impersonnel. Cette perspective est largement éloignée des spécificités des populations autochtones. Face à ce paradoxe, la participation des acteurs de la société civile a pour objectif de les faire passer de bénéficiaires-récipiendaires à de véritables acteurs responsabilisés participant à la définition et à la mise en œuvre des politiques. Au Mexique, notamment dans la région du Chiapas, face à la mobilisation armée zapatiste, des institutions comme le PNUD ou l'Agence mexicaine en charge de la politique autochtone mettent en place des dispositifs participatifs desquels émanent des représentants autochtones. Dans ce cadre, elles définissent les représentants légitimes en fonction de priorités parfois éloignées de ces communautés au nom de cet impératif de participation exigé par les institutions internationales et nationales. Cette contribution propose d’analyser certains « effets » de la participation sur l’autochtonie à travers des dimensions interdépendantes. D’une part, les institutions participent à la création d’enjeux relatifs à l’autochtonie en fonction de critères prédéfinis. Les enjeux de représentation institutionnalisée par les agences et de représentativité des communautés seront au cœur de notre analyse. De l’autre, l’institutionnalisation de cette élite participe à un double processus : nous envisagerons ces dispositifs comme des instruments politisés par l’action publique qui tendent paradoxalement à vider l’autochtonie de ses revendications politiques au niveau local. L’enjeu central de cette contribution repose sur l’analyse des légitimités, représentations, pratiques des acteurs conséquentes à cette « participation organisée ».

To rebel or to participate: participation issues as part of development in indigenous field

Development relates to a universal, general or impersonal system as it is determined by international and national organizations. Therefore this developmental approach can be adjusted with difficulty to the specific characteristics of indigenous peoples. Nonetheless, the participation of civil society aims to transform the beneficiary-recipients of development policies into  actors accountable for the definition and implementation of policies. In Mexico, particularly in the Chiapas region, given the Zapatista military mobilization, institutions such as the UNDP or the Mexican agency responsible for indigenous policy set up participatory mechanisms from which emerge indigenous representatives. In the name of participation, these organizations define so-called legitimate representatives in regard to specific priorities that are sometimes very far from the one concerning indigenous communities. Based upon an empirical study conducted in Mexico City and the Chiapas region, this communication aims to propose a sociological approach to participation's impacts in developing how interdependent dimensions interact in the definition of what is indigeneity. In the one hand, I will argue that international institutions take part in the creation of issues related to indigeneity from pre-defined criterion. On the other hand, I will highlight how the features of participatory development tend to depoliticize the issue, which is however still exacerbated issue at the local level in this region of Mexico. This paper focuses on institutional building process of indigenous representation and highlights legitimacies, representations, retributions and practices of the actors as results of this “organized participation”.

Daniella de Castro Rocha (Institut de Science Politique, Université de Brasília (UnB) et IRIS-EHESS)

Logiques et pratiques de participation dans les périphéries de Brasília. Leaderships locaux, relations de clientèle et militantisme professionnel

À contre-courant de l´image progressiste évoquée par les années Lula au gouvernement fédéral brésilien – la politique locale a Brasilia est aujourd´hui associée à l´existence de chefs politiques « archaïques », à la prééminence du clientélisme électoral et à la corruption comme mode de gouvernement. Prenant des distances avec cet imaginaire journalistique et afin de dévoiler les logiques à l´œuvre dans cet espace politique ambigu, nous proposons une analyse localisée des pratiques de participation dans les quartiers périphériques de la capitale brésilienne. Considérant que les pratiques participatives se réalisent le plus souvent sous les auspices des entrepreneurs locaux de la participation, notre analyse sera faite sous le prisme d´une sociologie des entrepreneurs de la participation dans deux quartiers populaires (Estrutural et Riacho Fundo). Nous examinerons les trajectoires type de ces leaders et restituerons certaines pratiques participatives locales. Il sera ainsi possible d´esquisser les contours du milieu participatif édifié dans les périphéries de Brasilia. Il s´agira de surcroît de réflechir sur les conditions de développement de pratiques participatives dans des contexte marqués par des relations de patronage et clientèle. Cette communication s´appuie sur un ensemble d´enquêtes menées depuis plusieurs années sur différents aspects de la vie politique à Brasilia ; elle restitue notamment les résultats d´une enquête ethnographique menée en 2010 auprès des leaders associatifs, des candidats aux conseils législatifs et des populations locales.

Logics and practices of participation on the outskirts of Brasilia. Local leadership, patronage relationshipsand professional activism

Contrary to the progressive image evoked by the Lula years in the Brazilian federal government - local politics in Brasilia is now associated with "archaic" political leaders, with electoral clientelism and corruption as a mode of government. Taking distance from this journalistic imaginary, and trying to reveal the logics operating in this ambiguous political space, we propose a localized analysis of participation practices on the outskirts of the Brazilian capital. Recognizing that participatory practices are carried out mostly under the auspices of local participation entrepreneurs, we analyse, through a sociology of participation entrepreneurs, two neighborhoods (Riacho Fundo and Estrutural). We will review the typical trajectories of these leaders and describe certain local participatory practices. This will make possible to sketch the contours of participatory community built on the outskirts of Brasilia. Besides, the work will allow to reflect on the conditions for the development of participatory practices in a context marked by relations of patronage and clientele. This paper is based on research conducted over several years on various aspects of political life in Brasilia. It draws most of its results from an ethnographic study conducted in 2010 with association leaders, candidates for legislative advice and local populations.

Marie-Hélène Sa Vilas Boas (IEP d’Aix-en-Provence)

Négocier un accès au guichet. Une analyse compréhensive de la participation aux "conférences municipales de femmes" au Brésil

Comment expliquer l’inversion du « cens » de la participation dans les dispositifs délibératifs brésiliens ? A partir de l’étude des « conférences municipales des femmes » à Recife, cette communication analyse le processus d’engagement des habitantes des quartiers populaires dans les arènes délibératives. Souvent considérée comme le résultat du dispositif lui-même ou du volontarisme des acteurs politiques, la participation des habitants est principalement expliquée à partir de facteurs extérieurs aux acteurs. Cette communication vise à comprendre, à partir d’une approche ethnographique, le sens qu’ils confèrent à leur participation et la manière dont ils investissent, en pratique, les dispositifs. La participation durable des habitantes repose sur des objectifs collectifs de négociation et de contestation des relations de « guichet », lesquels contribuent, en retour à la construction d’une position individualisée de leadership « communautaire », par le rôle de médiation joué entre les administrations et les quartiers. Ces formes de participation s’inscrivent, en outre, dans l’histoire de l’intervention publique dans les quartiers et des modalités d’accès aux programmes sociaux, lesquels ont contribué à structurer l’action collective en leur sein. Une double échelle d’analyse, micro et méso sociologique, est ainsi articulée pour comprendre la participation des habitantes dans les dispositifs délibératifs Recifenses.

Negotiating access to public services. A comprehensive analysis of participation in Recife’s “women’s municipal conferences” (Brazil).

How to explain that political minorities are majoritarian in Brazilian deliberative processes? By analyzing the "municipal conferences of women" in Recife, this paper studies the investment of poor women in Brazilian deliberative arenas. Often considered as the result of the participative process itself or of the voluntarism of political actors, this participation is mainly explained by factors external to actors. From an ethnographical analysis, this communication aims at understanding the meaning that the inhabitants confer to their participation and the way they invest, in practice, the deliberative processes. The participation of the inhabitants depends on collective objectives, that is to say facilitating an access to public services, which contributes, in return, to the construction of "community" leadership. This participation is, besides, inscribed in the history of public intervention in suburbs and the modalities of access to social programs, which has contributed to structure "community" collective action. A double scale of analysis, micro and meso sociological, is articulated to understand the actors’ participation in Brazilian participatory processes.


Participants

BARRAULT Lorenzo lorenzobarrault@yahoo.fr
DEVINEAU Julie jdevineau@hotmail.com
GARIBAY David david.garibay@univ-lyon2.fr
GOIRAND Camille cgoirand@wanadoo.fr
NEZ Héloïse lorenzobarrault@yahoo.fr
PARIZET Raphaëlle raphaelle.parizet@gmail.com
ROCHA Daniella de Castro daniella.decastrorocha@gmail.com
SA VILAS BOAS Marie-Hélène msavilas@hotmail.com