Section Thématique 46
L’européanisation et ses coins d’ombre : vers une normalisation des études européennes ?
Beyond Europeanization? Mainstreaming European Studies
Responsables
Denis Duez (Facultés universitaires Saint-Louis, Bruxelles) duez@fusl.ac.be
Sabine Saurugger (Institut d’Etudes Politiques de Grenoble, IUF) sabine.saurugger@iep-grenoble.fr
Présentation scientifique
Dates des sessions
Programme
Résumés
Participants
Apparu dans le courant des années 1990, le concept d’européanisation s’est imposé comme un concept à succès dans le champ des études européennes. S’efforçant dans un premier temps de comprendre l’influence de l’Union européenne sur les changements politiques, économiques et sociaux au niveau des États membres, les travaux sur l’européanisation se sont par la suite complexifiés et nuancés. Ils intègrent désormais les dynamiques menant à l’émergence de structures de gouvernement strictement communautaires, les interactions permanentes entre les niveaux nationaux, subnationaux et européen ou encore entre acteurs et instruments.
Toutefois, si les travaux sur ce thème se sont multipliés, ils restent le plus souvent marqués par de nombreux coins d’ombre. La plupart des recherches achoppent en particulier sur un double écueil. Premièrement, elles regroupent deux littératures – excessivement auto-référentielles – qui dialoguent peu. D’un côté, une littérature anglophone s’est attachée à conceptualiser la notion d’européanisation, proposant au passage une multiplicité de définitions et/ou modélisations des mécanismes à l’œuvre. De l’autre, une littérature francophone, privilégiant une investigation plus sociologique des processus d’européanisation, juxtapose des travaux empiriques, parfois au détriment d’une conceptualisation poussée. Deuxièmement, les études sur l’européanisation peinent à proposer une montée en généralité susceptible de nous informer des effets politiques et sociaux structurels de l’intégration européenne. Il s’agit selon les cas d’enrichir et de nuancer les débats théoriques antérieurs ou d’apporter une validation empirique supplémentaire à des concepts et modèles dont l’intérêt intrinsèque n’est que rarement questionné.
Compte tenu de ces écueils, l’objectif de la ST est de réinscrire les recherches sur l’européanisation dans une perspective plus large. Cet effort de normalisation des études européennes suppose de rompre avec la posture considérant l’Union européenne comme un phénomène sui generis.
Les communications présentées seront aussi bien théoriques qu’empiriques et proposeront une discussion sur les apports et les limites de la notion d’européanisation. Théoriques, elles éviteront de reproduire un nouvel état de l’art au profit d’une ouverture accrue sur les approches classiques de science politique (analyse des politiques publiques, politique comparée, théories de l’État, etc.). Empiriques, elles porteront sur les politiques publiques (policies), les structures politiques et constitutionnelles (polity) ou encore les jeux politiques et électoraux (politics). Elles veilleront à ne pas offrir une simple étude de cas mais à discuter les résultats obtenus à l’aune d’autres recherches empiriques ou d’autres approches et méthodes de science politique.
Dans le cadre de la section thématique, une attention particulière sera accordée aux problématiques suivantes :
1. Les sources de l’européanisation : comment différencier l’influence de l’Union européenne de l’influence exercée par la mondialisation, d’autres institutions internationales (FMI, ONU, etc.), des systèmes de valeurs dominants ou encore d’autres États ? Comment, en d’autres termes, sortir l’européanisation de son européocentrisme ? Ces questions sont très directement liées à celles de la causalité et de la corrélation des études sur l’européanisation. Comment penser le passage d’une causalité séquentielle et unidirectionnelle à un modèle de causalité intriqué supposant que les niveaux nationaux, européen et international interagissent en permanence, et ce, tout en conservant le souci d’opérationnalisation des modèles de recherche ?
2. Le non-changement du niveau national : comment penser et étudier empiriquement l’absence de changement au niveau national ? Si cette attitude a été étudiée sous forme de résistances au changement aussi bien d’un point de vue de politique, de sociologie et de pensée politique, il est pertinent d’élargir la réflexion. Quels enseignements peut-on tirer des travaux en ce domaine ? Dans quelle mesure les études sur les résistances à l’intégration européenne ont-elles contribué à enrichir la science politique ?
The concept of Europeanization has imposed itself as one of the most successful theoretical frameworks in European studies. A large number of theoretical and empirical studies has questioned the impact of European integration processes at national and regional levels.
Nevertheless, some shadowy areas persist, due to two problems. First, the very limited dialogue existing between the very rapidly growing mainstream Europeanization literature published in English and the French-speaking literature more inspired by critical sociology which seems to linger somewhat behind. Second, both approaches have difficulties to generalize beyond the often narrow field work and to embrace European integration as a whole.
The aim of this panel is to initiate innovative ways of conceptualising Europeanization that would allow to go beyond these limits. The organizers look for theoretical and empirical papers that attempt answering one of the two questions:
1. The origins of Europeanization: How to differentiate the influence of European integration from other factors of change such as globalization, models stemming from other states or international organizations? This question is very much linked to correlation or causality in Europeanization studies. How can we think the passage from a unidirectional and sequential causality to that of circular or complex interrelations between processes? Is the concept of policy transfer or the literature on policy diffusion a promising venue for going beyond Europeanization studies?
2. Non-Europeanization, inertia or resistance to Europeanization: How can we conceptualise and empirically study the absence of change – inertia, or the resistance to change at the national level? While an increasing number of studies is published in this political sociology and political theory, we are looking for ways to think this puzzle more generally. Is it possible to develop a general conceptual framework which helps us to think non-Europeanization?
Les travaux de la Section Thématique se dérouleront sur les sessions suivantes :
Session 3 : 1er septembre 2011 13h30-16h15
Session 4 : 2 septembre 2011 15h15-18h
Voir planning général...
Lieu : Institut Le Bel (Amphi 3)
Axe 1
L’européanisation : évolutions et pistes conceptuelles
Président : François Foret (Université Libre de Bruxelles)
Ramona Coman (Université Libre de Bruxelles) et Luca Tomini (Université Libre de Bruxelles)
La troisième génération des travaux sur l’européanisation. Bilan empirique et théorique
Fabrice Larat (Centre d’expertise et de recherche administrative – ENA)
Pour une prise en compte des facteurs géo-historiques de l’européanisation
Discutants : Denis Duez (Facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles) et Sabine Saurugger (IEP de Grenoble)
Les résistances à l’européanisation et au transfert
Présidente : Ramona Coman (Université Libre de Bruxelles)
Cécile Leconte (Université de Lille 2 – CERAPS)
Entre contraintes communautaires et re-nationalisation: la présidence tournante du Conseil à l’épreuve de l’euroscepticisme
Clément Fontan (IEP de Grenoble – Pacte) et Sabine Saurugger (Institut d’Etudes Politiques de Grenoble, IUF)
Comprendre les conditions de réussite d’un transfert de modèle économique : le cas de la BCE et des mesures de rigueur budgétaire dans la zone Euro.
Bastien Nivet (Institut de relations internationales et stratégiques et Ecole de Management Léonard de Vinci, Paris-La Défense)
L’Europe de la sécurité et de la défense par-delà l’européanisation: un champ politique entre normalisation et (re-)nationalisations.
Discutant : François Foret (Université Libre de Bruxelles)
Axe 2
L’action politique et les zones d’ombre de l’européanisation
Président : Denis Duez (Facultés universitaires Saint-Louis)
Antoine Mégie (Université de Rouen – Credho-di)
L’européanisation au prisme des acteurs transnationaux : entre circulations sociales et cognitives.
Thomas Kostera (Université Libre de Bruxelles)
EU patient mobility and the Austrian healthcare system: Path-dependent conditions for the usages of Europe
Mehdi Arrignon (IEP de Grenoble – Pacte)
L’Europe et l’emploi : comment penser l’européanisation sans la loi ?
Discutante : Ramona Coman (Université Libre de Bruxelles)
Comment penser européanisation et transfert face aux acteurs ?
Présidente : Sabine Saurugger (IEP de Grenoble)
Bruno Cautrès (CEVIPOF – CNRS/Sciences Po)
Les attitudes des Français vis-à-vis de l’UE et vis-à-vis de la mondialisation : une seule et même dimension ?
Nanou Kyriaki et Stéphanie Novak (Institut Universitaire Européen, Florence)
Party government and European integration: policy (dis)agreement in the EU-15?
Isabelle Guinaudeau (Sciences Po Bordeaux – SPIRIT)
Comment penser l’européanisation des partis politiques et de la compétition électorale ? Les apports de la politique comparée
Thierry Delpeuch (Institut des Sciences sociales du politique - Cachan)
L’Européanisation au prisme des théories sur les transferts de politiques publiques et des théories sur les transferts juridiques
Discutante : Dorota Dakowska (IEP de Strasbourg)
Axe 1
Ramona Coman (Université Libre de Bruxelles, ULB) et Luca Tomini (Université Libre de Bruxelles, ULB)
La troisième génération des travaux sur l’européanisation. Bilan empirique et théorique
Cette communication se propose d’insister sur les dynamiques de recherche qui structurent les travaux sur l’européanisation et de souligner quelques évolutions théoriques et méthodologiques qui résultent de la juxtaposition, d’une part, des travaux empiriques réalisés les dernières décennies et, d’autre part, des avancées théoriques dans la littérature anglo-saxonne et francophone. Ce travail de réflexion théorique s’inscrit dans la troisième génération d’études sur l’européanisation après les travaux pionniers. L’européanisation n’est pas un processus unidirectionnel, mais interactif. Elle n’est pas seulement « quelque chose qui explique », mais aussi « quelque chose qui doit être expliqué » (Radaelli 2000, 2004). Les résultats qui se basent sur un large éventail de sources empiriques peuvent être mobilisés pour compléter et, éventuellement, réviser certaines considérations théoriques sur l’européanisation. Notre communication s’inscrit dans cette perspective et se propose de redéfinir le concept d’européanisation, compléter la liste de facteurs explicatifs et faire le point sur les approches méthodologiques mobilisées. Comme dans le cas de l’UE, l’européanisation est un processus dont les effets sont « à géométrie variable ». Cette communication a donc pour objectif de synthétiser les principales conclusions empiriques et de proposer quelques pistes de réflexion en vue d’une re-conceptualisation.
The third generation of works on Europeanisation. Empirical and theoretical assessment
This paper analyses the research’s dynamics which define the works on Europeanisation and highlights some theoretical and methodological developments resulting from the juxtaposition, on one hand, of the empirical works in recent decades, and on the other hand of the theoretical developments in the Anglo-Saxon and French literature. This theoretical work is part of the third generation of studies on Europeanisation after the seminal works. Europeanisation is not a unidirectional process, but an interactive one. It is not just “something that explains”, but also “something that must be explained” (Radaelli 2000, 2004). The results based on a wide range of empirical sources can be mobilised to complement and possibly revise some theoretical considerations on Europeanisation. This paper fits into this perspective and proposes to redefine the concept of Europeanisation, to complete the list of explanatory factors and to review the methodological approaches. Therefore, the paper aims at synthetise the main empirical findings proposing some ideas for a reconceptualization.
Fabrice Larat (Centre d’expertise et de recherché administrative – ENA)
Pour une prise en compte des facteurs géo-historiques de l’européanisation
Cette communication se propose d'explorer les zones d’ombre qui entourent le concept d'européanisation en utilisant une approche permettant de raccrocher le temps court de l’histoire de la construction européenne avec le temps long des expériences historiques qui ont marqué les différentes parties du continent au fil des siècles.
En se situant dans une approche systémique de l’intégration européenne, la communication analyse les marqueurs géo-historiques que représentent différentes expériences politiques et socio-culturelles faites par les composantes de l’UE dans le passé. Celles-ci constituent à la fois a) le terreau de l’européanisation (facteurs facilitateurs en termes de volonté et capacité des États à se conformer - ou non – aux évolutions entrainées par l’intégration), b) les filtres affectant sa perception et son fonctionnement (manière dont ils conçoivent et appréhendent l’intégration, sa légitimité, sa finalité et ses réalisations), c) ainsi que le cadre même de l’européanisation (cadre normatif de référence, capacité de l'Union à se mettre d'accord sur ses orientations et ses politiques).
Grâce à cette étude longitudinale, on peut voir l’empreinte que le passé des États membres laisse sur le développement de l’Union européenne et comment il influence à la fois la nature et les formes de l’européanisation, mais aussi la volonté et la capacité des composantes de l’UE à se conformer à ses règles et principes et par extension à s’adapter en conséquence.
Taking geo-historic factors into account in the analysis of Europeanisation
This paper will explore some of the aspects covered by the concept of Europeanisation which have been neglected until now. Its approach combines the short-term history of the process of European integration since 1945 with an historical analysis on the long-run, focusing on the historical marks which the past has left on different parts of the Old Continent during the last centuries.
Starting from a systematic understanding of integration in Europe, this paper will analyse « geo-historical markers » ie the impact coming from a series of political and social historical events experienced by various different parts of today's Europe in the past.
This paper argues that such « markers » can be considered as (a) the nurturing elements for integration (factors that have a positive influence on the European Union Member States' will and capacity to comply and adapt – or not – with changes brought about by the process of integration) and (b) filters that modify the way integration is perceived (its legitimacy, its objectives and the way it works) and, last but not least, (c) the framework within which EU integration takes place (norms and references the European Union's capacity to to agree on policy making and important decisions).
Thanks to this longitudinal study of Europeanisation, we can see the footprints left by the past of the EU Member States on the development of the EU today and the way in which they shape both the nature as well as the different forms of Europeanisation.
Cécile Leconte (Université de Lille 2 – CERAPS)
Entre contraintes communautaires et re-nationalisation: la présidence tournante du Conseil à l’épreuve de l’euroscepticisme
Peu de travaux s’intéressent aux limites des processus d’européanisation au sein des institutions de l’Union.
La présente contribution entend ainsi analyser la portée et les limites du phénomène d’européanisation à travers le cas de la présidence tournante du Conseil – et ce, à travers un cas de figure particulier : les présidences controversées en raison du caractère supposé eurosceptique des gouvernements qui les exercent. En effet, la présidence tournante peut représenter une fenêtre d’opportunité pour des leaders eurosceptiques qui l’utilisent comme tribune. Elle peut aussi servir de vecteur d’influence pour des partis de coalition ou des segments de l’appareil d’Etat s’estimant marginalisés dans le débat national sur l’intégration européenne.
L’objectif est d’évaluer la capacité réelle de présidences considérées comme eurosceptiques à influencer l’agenda, la législation et les politiques de l’Union. On analysera ainsi les diverses contraintes qui pèsent sur elles, qu’elles soient internes (opinion publique nationale, contraintes liées à une coalition gouvernementale) ou externes (par exemple, le positionnement des autres institutions de l’Union).
Pour ce faire, la contribution analysera le bilan des présidences italienne (2003) et tchèque, ainsi que de la dernière présidence française de l’Union (2008).
Between Community discipline and re-nationalization tendencies: the EU Council presidency and the challenge of Euroscepticism
Few existing works analyze the limits of Europeanization processes within EU institutions.
This paper aims at filling the gap, by assessing the scope and limits of the Europeanisation of the EU rotating presidency – especially, in the case of allegedly Eurosceptic presidencies. Indeed, for Eurosceptic leaders, parties or segments within the state apparatus, the Council presidency might represent a unique window of opportunity in order to voice their views on the EU or influence the EU development, especially if they perceive themselves to be sidelined in domestic debates on European integration.
In that regard, the aim of the paper is to assess the ability of so-called Eurosceptic presidencies to influence the EU agenda, its legislation and its policies. Special attention will be paid to those factors which limit the presidencies’ room of manoeuvre, be they internal constraints (e.g. domestic public opinion, the discipline of governmental coalition) or be they external constraints (e.g. the positioning of other EU institutions).
The paper will draw on several case studies: the Italian (2003), Czech and French presidencies of the Union (2008).
Clément Fontan (IEP de Grenoble, PACTE) et Sabine Saurugger (IEP Grenoble, IUF, PACTE)
Résister en temps de crise : les cas grecs et irlandais face à l’implémentation des plans européens de rigueur
La crise des subprimes américains s’est progressivement transformée en crise budgétaire aggravée pour certains pays de l’Eurozone (Grèce, Irlande, Portugal) à partir de Décembre 2009. Face aux sévères tensions subies lors de tentatives d’emprunt de ces pays attaqués sur les marchés financiers, les gouvernements de la zone Euro et la BCE ont été obligés d’intervenir. Ce sauvetage a été conditionné à l’implémentation de plans économiques très rigoureux, destinés à réduire la dette publique.
Ce papier s’intéresse aux résistances rencontrées lors de l’implémentation des ces plans dans les cas irlandais et grecs. En effet, si plusieurs études ont été menées sur les effets du Pacte de Stabilité et de Croissance ou des mesures de coordination ouvertes en matière de réformes structurelles, les effets de l’Union Economique et Monétaire sur les différents espaces nationaux n’ont pas encore étudiés à travers ces plans, qui nous paraissent pourtant plus porteurs de changement malgré le fait qu’ils ne soient pas des instruments légaux traditionnels de l’action publique en Europe.
La communication cherche à comprendre la variation des résistances des acteurs nationaux (variable dépendante) grâce à l’analyse de trois variables indépendantes 1) les structures institutionnelles nationales (nombre de veto players), 2) les « dispositions » de ces veto players face aux plans de rigueur et 3) les pressions exercées par les marchés financiers et les institutions européennes.
Dans un contexte de crise, ces résistances sont aussi influencées par le timing 1) des élections nationales dans les différents espaces européens et 2) des échéances sur les marchés financiers (variables intervenantes).
Finalement, afin de comprendre la spécificité du jeu de pouvoir entre acteurs, une attention spéciale est accordée à la variation de la valeur des ressources politiques en temps de crise financière et à l’utilisation stratégique des idées dans leurs discours.
Resisting in time of crisis : the implementation of European rigor plans in the Irish and Greek cases.
The financial crisis originated in the US subprimes market led to the aggravated budget crisis of some Eurozone countries (Greece, Ireland, Portugal) since December 2009. These countries were experiencing severe difficulties for borrowing money on financial markets, which prompted an intervention of both the ECB and the Eurozone countries. This rescue has been conditioned to the adoption of rigorous economic structural reforms, aiming at reducing public deficit.
This paper focuses on the national resistances against the implementation of these plans in the Irish and Greek cases. Indeed, many studies have been done on the effects of the Stability and Growth Pact and of the structural reforms in the context of the Open Method of Coordination. However, no studies have been done on these plans yet, which are not traditional EU legally binding instruments but still highly likely to trigger change on national spaces.
This communication aims at analyzing the variation of the resistance of national actors (dependent variable) thanks to the analysis of three independent variables 1) the national institutional configuration (number of veto players), 2) the “dispositions” of these veto players towards these plans and 3) the pressure exerted by financial markets and European Institutions.
In a context of crisis, these resistances are also influenced by the timing of 1) both national and other EU countries elections and 2) financial markets deadlines (intervening variable).
Finally, in order to understand the specificity of this actor’s power game, a special attention is paid to the variation of political resources’ value in time of financial crisis and to the strategic use of ideas in their discourses.
Bastien Nivet (Institut de relations internationales et stratégiques et Ecole de Management Léonard de Vinci)
L’Europe de la sécurité et de la défense par-delà l’européanisation: un champ politique entre normalisation et (re-)nationalisations
La flexibilité et l’adaptabilité du concept d’Européanisation en ont fait un outil descriptif et analytique séduisant pour rendre compte des développements d’une Europe de la défense depuis la fin des années 1990. Son apport théorique et analytique présente néanmoins des limites pour la compréhension des processus profonds à l’œuvre dans le cadre de la Politique commune de sécurité et de défense (PCSD) de l’Union européenne (UE). Cette contribution en propose une relecture critique autour de trois hypothèses en particulier.
La première hypothèse est celle d’une double normalisation de la PCSD, tendant à faire de la PCSD à la fois une politique européenne comme les autres et une politique de sécurité et de défense comme les autres.
Seconde hypothèse, celle de (re-)nationalisations multiformes de la PCSD, permettant par exemple d’étudier la multiplicité des influences et enjeux de corrélation et de causalité dans la prise de décision d’une telle politique européenne, et notamment l’influence des Etats membres et d’autres acteurs sur « l’européanisation » de la défense.
Troisième hypothèse, celle d’une nécessaire ouverture du concept d’européanisation à d’autres approches ou concepts pour rendre compte des mécanismes et jeux d’influence complexes à l’œuvre (relations interinstitutionnelles européennes, nationales et internationales, rôle des individus, etc.).
European security and defence policies beyond Europeanization: a political field between normalization and (re-)nationalizations
The flexibility and adaptability of the concept of Europeanization have made it a seducing descriptive and analytical tool to account for the developments of security and defence policies at the European level since the end of the 1990s. Its theoretical and analytical contributions nevertheless present limits for the comprehension of the major processes at work within the framework of the Common Security and Defence Policy of (CSDP) of the European Union (EU). This contribution therefore proposes its critical reassessment around three hypothesis in particular.
The first hypothesis is that of a double normalisation of the CSDP, which may turn it both as a European policy like the others and as a security and defence policy like the others.
Second hypothesis, that of multiform re-nationalizations of the CSDP, allowing for example to study the multiplicity of influences, correlation and causality sources in the decision making of such a European policy, and in particular the influence of the Member States and other actors on “the Europeanization” of defence.
Third hypothesis, that of a necessary opening of the concept of Europeanization to other approaches or concepts so as to account accurately of the complex mechanisms and games of influence at work (European, national and international relations inter-institutional, role of individuals, etc.).
Nanou Kyriaki et Stéphanie Novak (European University Institute)
Gouvernement par les partis et intégration européenne : (dés)accord politique dans l’UE- 15 ?
Au fil des années, l’intégration européenne a accru sa portée et couvre un domaine croissant de secteurs politiques. Les accords conclus au Conseil européen ou au Conseil de l’UE dérivent de la conviction partagée par les gouvernements que des buts communs peuvent être atteints par la coopération et l’harmonisation des politiques ou que l’action collective est plus efficace pour remplir des objectifs. De manière croissante, dans plusieurs secteurs politiques, les politiques dans les États membres sont affectées par les décisions prises au niveau de l’UE. Nous nous demanderons si ce processus a conduit à une convergence dans les politiques proposées par les gouvernements des États membres. L’impact varie-t-il dans les différents États en posant un défi aux traditions nationales dans certains secteurs et en offrant des opportunités dans d’autres secteurs ? Afin d’examiner l’impact de l’intégration sur les politiques proposées par les gouvernements, nous utilisons les données du Comparative Manifesto Project (CMP) pour les élections de 1952 à 2005 dans les 15 États membres avant l’élargissement de 2004. Nous analysons différents secteurs politiques dans lesquels on constate des degrés variables de compétence communautaire. Enfin, nous nous demandons s’il existe des divergences entre les politiques proposées par les partis au pouvoir et leur comportement de vote au sein du Conseil.
Party government and European integration: policy (dis)agreement in the EU-15?
Over time, European integration has accelerated in scope and covers a growing range of policy areas. The agreements reached at the EU level, either in the European Council or the Council of Ministers, derive from a shared conviction among national governments that common aims can be reached by cooperation and harmonisation of policy-making or that collective action is more efficient in achieving goals. Increasingly, policy-making in the member states is affected by decisions at the EU level across a range of policy areas. In this paper we examine whether this process has led to convergence in governments’ proposed policies across EU member states. Does the impact vary across different member states by posing a challenge to national traditions in certain areas and providing opportunities in other areas? To examine the impact of European integration on the proposed policies of national governments, we use Comparative Manifesto Project (CMP) data for elections held between 1952 and 2005, across the 15 EU member states prior to the 2004 round of enlargement. We analyze different policy areas which show varying degrees of EU competence. We then examine whether there are discrepancies between the proposed polices of parties that assume office and their voting behavior in the Council of Ministers.
Axe 2
Antoine Mégie (Université de Rouen)
L’européanisation au prisme des acteurs transnationaux : entre circulations sociales et cognitives
Cette contribution entend s’intéresser à la notion d’européanisation en affirmant l’importance d’analyser les professionnels sectoriels qui participent au champ du pouvoir européen afin de comprendre l’orientation et les effets politiques et sociaux de l’intégration européenne. Dans cette perspective, nous chercherons à discuter de l’hypothèse selon laquelle l’européanisation se réalise à travers les représentations, les choix et les pratiques quotidiennes des acteurs du niveau meso qui construisent un savoir spécifique et s’engagent dans la construction d’un espace de pouvoir européen.
Au centre des mécanismes de changement les représentations et normes discursives portées par les policy entrepreneurs s’autonomisent et s’imposent comme représentations et savoirs dominants en raison de la position d’expert que leurs promoteurs réussissent à se construire au carrefour des différents niveaux internationaux, européen et nationaux. Afin de dégager un ensemble de pistes de réflexions théoriques sur l’européanisation, notre démonstration s’appuiera sur l’étude d’un terrain empirique concret, les professionnels du droit dans les différents secteurs notamment le domaine de la sécurité européenne.
Transnational’s Actors within Europeanization: between social and cognitive circulations
The aim of this contribution consists in analyzing the Europeanization through the central role of professionals’ actors within European power field. In this perspective, we discuss the hypothesis regarding the importance of meso actors in the Europeanization. We will describe how these actors define knowledge and uses at the European level and in what extend their individuals and collectives’ actions influence the constructions of political and policy European field. At the heart of change process these knowledge and uses become independent and central thanks to the experts positions of their producers. As policy entrepreneurs, these actors locate at the crossroad between International, European and national level. The understanding of this multilevel configuration through the circulation of transnational’s actors is essential to think the different factors of Europeanization. In order to illustrate these social and cognitive circulations, our study focuses on the professionals of Law in different sectors in particular within the European security domain.
Thomas Kostera (Université Libre de Bruxelles)
La mobilité des patients et le système de santé autrichien : des conditions dépendant du sentier emprunté pour les usages de l’Europe
Pendants les dernières années, les approches sociologiques dans la recherche sur l’Européanisation ont intéressé de manière croissante les chercheurs. Cette contribution suggère une approche bottom-up dans l’analyse de l’impact de l’Union européenne sur les Etats-membres en utilisant le concept d’« usages de l’Europe » (Jacquot&Woll 2008, 2010) dans le domaine des soins de santé. Une série d’arrêts marquants de la Cour de Justice sur la mobilité transfrontalière des patients ont entrainé une crainte des Etats-membres que les frontières étatiques de leurs systèmes de santé pourraient devenir dangereusement poreuses. En analysant les positions des Bundesländer autrichiens vis-à-vis du droit européen en matière de mobilité des patients, cette contribution évalue si les acteurs régionaux peuvent faire un usage de l’Europe qui peut entrainer une « déstructuration des frontières nationales de l’Etat-providence » (Ferrera 2005). Comme le concept « d’usages de l’Europe » ne spécifie pas les conditions dans lesquelles les acteurs feraient un usage de l’Europe, nous argumentons que les logiques de dépendance au sentier définies par le système de santé national conditionnent les stratégies des acteurs dans leurs usages de l’Europe. Par conséquent, les acteurs régionaux peuvent faire un usage de l’Europe à leur avantage, mais ils « n’échappent pas » à leurs systèmes de santé nationaux et laissent les frontières nationales largement intactes.
EU patient mobility and the Austrian healthcare system: Path-dependent conditions for the usages of Europe
During the last couple of years sociological approaches in Europeanization research have gained an increasing attention by scholars. This paper suggests a bottom-up approach in researching the EU’s impact on Member States by using the “usages of Europe” concept (Jacquot&Woll 2008, 2010) in the field of healthcare. A series of European Court of Justice's landmark rulings on cross-border patient mobility made Member States fear that the boundaries of their healthcare systems could become dangerously porous. Looking at the Austrian Bundesländer positions regarding EU patient mobility law, the paper evaluates if regional actors in the Austrian healthcare system could make a usage of Europe that would result in possible “destructuring of national welfare boundaries” (Ferrera 2005). Since the “usages of Europe” concept does not specify the conditions for actors using Europe, the paper argues that path-dependent logics of action defined by the set-up of the national healthcare system condition actors’ strategies of using Europe. Therefore regional actors can make a use of Europe to their benefit, but do not “escape” from their national healthcare system and leave the national boundaries largely intact.
Mehdi Arrignon (IEP de Grenoble – Pacte CNRS)
L’Europe et l’emploi : comment penser l’européanisation sans la loi ?
Peut-on étudier l’emploi sous l’angle de l’européanisation ? La littérature identifie des points de veto et des facteurs de résistance nombreux à l’incursion communautaire dans un secteur qui reste du domaine de compétence des Etats-membres. La communication soutient que ces constats ne doivent pas conduire à abandonner l’hypothèse d’une influence spécifique de la Stratégie Européenne pour l’Emploi sur les systèmes nationaux de protection sociale, au prix toutefois d’un changement de perspective théorique à l’égard de la notion d’européanisation. Étudier l’européanisation dans un secteur caractérisé par une faible emprise des instruments juridiques exige et finalement permet de sortir du modèle classique du pouvoir politique comme imposition légale/bureaucratique, et fait émerger un modèle plus dynamique du changement de politique publique. Conceptualiser l’européanisation comme un mode de gouvernement interactif et multimodal permettrait de normaliser par le haut et par le bas l’objet européen, c’est-à-dire de comprendre ce qu’il nous dit des nouveaux modes de gouvernementalité à l’œuvre dans les politiques sociales, tout en lui appliquant les outils et les modèles théoriques contemporains sur le changement de l’Etat.
Europeanization and Employment: How Does Europe Matter?
How to study employment policies and Europeanization together? Theoretically, Member-States are responsible for employment policies and can resist to European pressures in this policy area. The paper shows that these statements don’t imply that the European Employment Strategy don’t have any impact on domestic structures. Nevertheless, they imply to change our way of thinking and theorizing Europeanization. The weakness of hard-law instruments in the employment sector obliges us and finally allows us to rethink classical models of political power. We propose in this paper to understand Europeanization as an interactive and multimodal mode of governance. This definition could contribute to the “normalization” of research on Europeanization: it could help to understand better the new ways of ‘governmentality’ experimented in social policies and to analyse together European governance and the transformations of State.
Bruno Cautrès (CEVIPOF – CNRS/Sciences Po)
Les attitudes des Français vis-à-vis de l’UE et vis-à-vis de la mondialisation : une seule et même dimension ?
Peu de travaux, au plan français ou au plan international, différencient les effets d’interaction entre les représentations populaires de l’intégration européenne et celles de la mondialisation. La littérature consacrée aux attitudes politiques des citoyens vis-à-vis de l’UE, opérationnalise l’analyse de ces représentations en passant souvent sous silence la question de leur « intrication » avec celle plus large à la mondialisation. Si l’on suit les lignes de recherche de Hans-Peter Kriesi, la mondialisation aurait provoqué l’apparition en Europe de l’Ouest d’un nouveau clivage entre « perdants » et « gagnants » traduisant ses effets dans les systèmes de partis et les comportements politiques et interprétable en terme de « critical juncture ». Les citoyens européens mettent-ils en œuvre des représentations sociales contrastées et différenciées pour les deux niveaux et les deux types de phénomène ? Nous proposons d’apporter des éléments de réponse à cette question sur le cas de la France qui présente des caractéristiques intéressantes comme étude de cas (formes de contestation de la mondialisation dans l’opinion, effets de cette thématique dans la campagne du « Non » lors du referendum du 29 mai 2005). Les données analysées seront celles de l’Eurobaromètre (notamment 69.2), mais aussi celles de Baromètre Politique Français réalisé par le CEVIPOF en 2006 et 2007.
The attitudes of the French towards EU and globalization: a single dimension?
Few research, on a French or international perspective, differentiate the effects of interaction between popular representations of European integration and those of globalization. The literature on political attitudes of citizens towards EU, operationalizes the analysis of these representations often passing over in silence the question of "entanglement" with globalization. According the recent research developed by Hans-Peter Kriesi, globalization has caused the appearance in Western Europe of a new political cleavage between "losers" and "winners ", having effects on the party systems and political behaviors and interpretable in terms of "critical juncture”. Are European citizens developing contrasted and opposed social representations for the two levels and two types of phenomenon? We propose to answer this question in the case of France, which has interesting features as a case study (contestation over globalization in the public, effects of this issue in the “No” campaign during the referendum of May 29, 2005). The data analyzed will be those of the Eurobarometer (including 69.2), but also those of French Political Barometer produced by the CEVIPOF in 2006 and 2007.
Isabelle Guinaudeau (Institut Universitaire Européen, Florence)
Comment penser l’européanisation des partis politiques et de la compétition électorale ? Les apports de la politique comparée
Analyser les effets de l’intégration européenne sur les partis politiques en s’appuyant sur une conception interactionniste de l’européanisation implique de repenser les liens de causalité en jeu. Concevoir les modalités d’européanisation des partis comme intrinsèquement indirectes permet d’intégrer la réflexion dans les cadres analytiques classiques du changement partisan, l’européanisation des systèmes politiques devenant un cas particulier de transformation de l’environnement des partis.
Ces derniers sont vus comme averses au changement, ne réagissant que lorsque l’intégration européenne affecte la poursuite des trois objectifs classiques – policy, office et votes. Ainsi, les canaux d’européanisation privilégiés sont (1) l’européanisation des politiques publiques, qui altère les contraintes et les opportunités des partis de façon différenciée ; (2) l’émergence des questions européennes sur l’agenda domestique, susceptible d’influencer le vote lorsqu’elles sont saillantes.
Les réponses partisanes peuvent être éclairées par les théories de la saillance et de l’agenda-setting. La première permet de comprendre l’intérêt différencié des partis à se repositionner ou à se saisir d’enjeux européens ; la deuxième, marquée par l’idée d’un agenda systémique façonné par le contexte politique, l’opinion publique, les médias, l’exécutif et les partis, mais échappant au contrôle exclusif de chacun de ces acteurs, permet de comprendre comment les partis peuvent être contraints au changement ou à l’immobilisme, et de penser l’européanisation comme interactionniste.
How to think Europeanisation of political parties and party competition ? The contribution of comparative politics
The adoption of an “interactionist” conception of europeanization of political parties implies to reconsider relations of causality. The conception of europeanization of political parties as intrinsically “indirect” allows to integrate the analysis in classical frameworks dealing with partisan change, europeanization of political systems being seen as a particular case of transformation of parties’ environment.
Parties are seen as adverse to change, reacting only when European integration affects their three classical goals – policy, office and votes. The main vectors of europeanization are thus (1) the europeanization of domestic public policies that alters parties’ constraints and opportunities in a differentiated way; (2) the emergence of European issues on the domestic agenda, likely to influence vote when salient.
Partisan responses can be understood using salience and agenda-setting theories. Salience theory allows to understand the differentiated interest of parties in repositioning themselves or politicizing European issues; agenda-setting approaches are marked by the idea of a systemic agenda influenced by the political context, public opinion, media, the executive and parties, but escaping any exclusive control by each of these actors, allows to understand how parties can be forced to change or to immobilism, and to think europeanisation as an interactionist phenomenon.
Thierry Delpeuch (Centre Marc Bloch de Berlin)
L’Europeanisation au prisme des théories sur les transferts de politiques publiques et des théories sur les transferts juridiques
La communication, qui sera de nature théorique, aura pour objet de croiser, d’un côté, les résultats théoriques des travaux anglophones ayant mobilisé le concept européanisation pour rendre compte des changements sociopolitiques induits dans les pays du postcommunisme, par le processus d’élargissement de l’Union européenne (en particulier les travaux autour de Frank Schimmelfennig et Ulrich Sedelmeier) avec, d’un autre côté, les perspectives développées par deux courants, également à dominante anglo-saxonne, se réclamant de la science politique générale pour le premier, à savoir les policy transfer studies, et de la sociologie du droit pour l’autre, à savoir les legal transplant studies. Opérer des rapprochements entre ces trois courants est intéressante dans la mesure où ils s’efforcent de répondre aux mêmes questions à partir de perspectives différentes : la capacité d’institutions importées à susciter des changements dans le contexte de réception, les conditions de pertinence et d’efficacité des efforts internationaux visant à imposer des réformes au niveau national, la fausse neutralité politique des prescriptions internationales… J’effectuerai, en particulier, une comparaison des thèses portées par ces trois courants sur la question du non changement au niveau national.
The theory of Europeanization in the light of policy transfer and legal transplant studies
The aim of this mainly theoretical contribution is to compare, on one side, the social science literature which have used the concept of Europeanization to analyse the social and political change induced by the EU enlargement process towards post-communist countries (especially the research stream initiated by Frank Schimmelfennig and Ulrich Sedelmeier), and on the other side the approaches developed by two other schools of thought, namely the policy transfer studies (in the field of public policy analysis), and the legal transplant studies (in the field of sociology of law). Comparison between these three scientific streams is heuristic because they ask the same questions from different perspectives: the ability of imported institutions to induce changes in the context of adoption, the relevance and effectiveness of international pressure to promote administrative reforms at national level, the false political neutrality of international reform prescriptions.
ARRIGNON Mehdi mehdi_arrignon@yahoo.fr
CAUTRÈS Bruno bruno.cautres@gmail.com
COMAN Ramona ramona.coman@ulb.ac.be
DELPEUCH Thierry delpeuch@isp.ens-cachan.fr
DUEZ Denis duez@fusl.ac.be
FONTAN Clément clementfontan@wanadoo.fr
GUINAUDEAU Isabelle i.guinaudeau@sciencespobordeaux.fr
KYRIAKI Nanou Nanou.Kyriaki@eui.eu
KOSTERA Thomas thomas.kostera@ulb.ac.be
LARAT Fabrice fabrice.larat@ena.fr
LECONTE Cécile cecile.leconte@iep.univ-lille2.fr
MÉGIE Antoine antoine.megie@free.fr
NIVET Bastien nivetb@yahoo.fr
NOVAK Stéphanie stephanie.novak@eui.eu
SAURUGGER Sabine sabine.saurugger@iep-grenoble.fr
TOMINI Luca ltomini@ulb.ac.be