Section Thématique 34
Géographie et sociologie électorales : duel ou duo ? Actualité et avenir d'une concurrence/collaboration scientifique
Electoral geography and sociology: Actuality and future of a scientific concurrency/collaboration
Responsables
Joël Gombin (Université de Picardie Jules Verne, UMR CURAPP-ESS 6054 CNRS) joel.gombin@gmail.com
Jean Rivière (Université de Rouen, UMR IDEES 6266 CNRS) jean.riviere@unicaen.fr
Présentation scientifique
Dates des sessions
Programme
Résumés
Participants
C'est un lieu commun de rappeler que la sociologie électorale fut d'abord, en France tout au moins, géographie électorale. Dans le champ scientifique français, André Siegfried sert en effet de figure tutélaire à ceux qui font profession d'étudier de manière scientifique le phénomène électoral. Si dans d'autres espaces nationaux la filiation entre géographie et sociologie électorales est moins nette, l'étude du phénomène électoral a toujours été l'objet d'une certaine concurrence entre différents champs disciplinaires – même si cette présentation des choses peut paraître simplificatrice, tant il est vrai que les structurations disciplinaires varie selon les contextes nationaux et les époques. Ainsi, ce que la France appelle la « géographie électorale » fut longtemps l'apanage de chercheurs... non reconnus par les géographes comme étant des leurs, à l'instar d'André Siegfried ou de François Goguel. À l'inverse, dans d'autres pays, les géographes électoraux appartiennent pleinement à la communauté des géographes et non à celle des politistes : il en est par exemple ainsi de la géographie électorale britannique (Taylor et Johnston).
En France, après une quasi-disparition de la géographie électorale du fait du déferlement de la vague behavioriste (Gombin 2008), les approches proprement géographiques du phénomène électoral ont connu un regain d'intérêt remarquable au cours des années 1990 et 2000. Elles sont principalement le fait de géographes (Bussi, Lévy, Salmon, Rivière), mais les politistes ont également manifesté un réel regain intérêt pour ces questions, et ce dès les années 1980 (Guillorel, Bon et Cheylan). Ce réinvestissement du phénomène électoral par les géographes permet de poser à nouveaux frais la question des rapports entre les approches géographiques et sociologiques. S'agit-il de deux approches épistémologiquement différentes ? Ou bien peut-on envisager de raisonner à partir d'un paradigme commun qu'on pourrait dénommer « sciences sociales des phénomènes électoraux », ainsi que le laissent penser les travaux des géographes britanniques ?
L'objet de cette section thématique est d'effectuer un tour d’horizon des développements récents et des perspectives ouvertes par la géographie électorale et, plus largement, par les approches du comportement électoral sensibles à sa dimension spatiale, à l’image du bilan critique et des perspectives proposé autour des « électeurs dans leurs contextes » (Braconnier, 2010). Il s'agit d'ouvrir un espace d'échanges, de confrontation et de discussion entre géographes, politistes et sociologues, en prêtant une attention particulière aux apports pour les électoralistes français des travaux des géographes électoraux anglais et nord-américains.
Dans cet esprit, la section thématique comportera des communications qui reviennent, dans une perspective historiographique et épistémologique, sur la manière dont s'articulent (ou s’opposent) les différentes approches disciplinaires du phénomène électoral, et ce en tenant compte de l'évolution historique de ces concurrences et sur les structurations successives des champs nationaux des études électorales. Parallèlement et dans une perspective complémentaire, d’autres contributions sont basées sur des travaux empiriques qui tentent de prendre en compte la dimension spatiale des choix électoraux – entendue à la fois comme l’étude de la différenciation spatiale des votes mais aussi comme l’analyse de la formation localisée des opinions politiques – et ce en mobilisant des matériaux empiriques de différentes nature et en portant une attention particulière au jeu des échelles géographiques.
The aim of this workshop is to provide an assessment of recent developments and perspectives opened by electoral geography and, beyond it, by electoral behavior approaches concerned with its spatial dimension. We would like to encourage transnational exchanges, confrontations and dialogues between geographers, political scientists and sociologists. The stress will be put for example on the way French election scholars can take advantage of British and North-American electoral geographers. This workshop could be organized around two directions.
Some papers offering insights on the way different disciplinary approaches of the vote hinge on (or oppose) each other. These proposals deal with the historical evolution of these concurrencies and the successive structures of national electoral studies fields. Using original empirical materials and playing with geographical scales, others proposals are based on recent empirical works that take into account the spatial dimension of electoral choices – understood as the study of spatial differentiation of votes but also as the analysis of the localized forming of political opinions.
Les travaux de la Section Thématique se dérouleront sur les sessions suivantes :
Session 1 : 31 août 2011 13h45-16h30
Session 2 : 1er septembre 2011 8h45-11h30
Voir planning général...
Lieu : Institut Le Bel (Amphi 1)
Discutantes : Céline Braconnier (CEPEL, Université de Cergy-Pontoise) et Nonna Mayer (sous réserve) (CEE, Science Po Paris)
Joël Gombin (CURAPP, Université de Picardie Jules Verne) et Jean Rivière (IDEES, Université de Rouen)
Introduction
Michel Bussi (IDEES, Université de Rouen)
La nouvelle carte électorale… 25 ans après
Éric Savarese (CERTAP - CEPEL, Université de Perpignan Via Domitia)
L’expression électorale de l’antisémitisme dans l’Algérie coloniale
Antoine Jardin (CEE, Science Po Paris)
L’élection municipale de Clichy sous Bois
Éric Auburtin (IFG, Université de Paris 8 Saint-Denis)
Approche électorale du sentiment européen des Lorrains et des Luxembourgeois à partir de l’analyse des résultats du référendum de 2005 sur le projet de traité constitutionnel
Geoffrey Pion (IGEAT, Université Libre de Bruxelles)
Les logiques spatiales de l'implantation militante des partis tribunitiens et le vote en leur faveur en Belgique
Quentin David, Jean-Benoît Pilet, Gilles Van Hamme (IGEAT, Université Libre de Bruxelles)
L’encadrement social comme frein au vote d’extrême-droite. Une analyse individuelle et contextuelle sur le vote d’extrême-droite en Belgique
Jessica Sainty (PACTE, IEP de Grenoble)
Le territoire dans la formation du jugement politique. De la nécessaire complémentarité entre sociologie et géographie électorales
Bruno Cautrès (CEVIPOF, Science Po Paris) et Anne Jadot (IRENEE - CEPEL, Université Nancy 2)
Comment combiner des données individuelles et agrégées pour l’analyse du vote ? Les perspectives du programme CARTELEC pour le plan d’échantillonnage et la contextualisation d’enquêtes par sondage
Joël Gombin (CURAPP, Université de Picardie Jules Verne), Jean Rivière (IDEES, Université de Rouen)
Introduction
L'objet de cette section thématique est d'effectuer un tour d’horizon des développements récents et des perspectives ouvertes par la géographie électorale et, plus largement, par les approches du comportement électoral sensibles à sa dimension spatiale, à l’image du bilan critique et des perspectives proposé autour des « électeurs dans leurs contextes » (Braconnier, 2010). Cette communication introductive entend ainsi ouvrir un espace d'échanges, de confrontation et de discussion entre géographes, politistes et sociologues.
Introduction
The aim of this workshop is to provide an assessment of recent developments and perspectives opened by electoral geography and, beyond it, by electoral behavior approaches concerned with its spatial dimension. With this introductory communication, we would like to encourage exchanges, confrontations and dialogues between geographers, political scientists and sociologists.
Michel Bussi (IDEES, Université de Rouen)
La nouvelle carte électorale… 25 ans après
Les années 80 peuvent être considérées comme des années charnières pour les analyses électorales, pour les sciences politiques mais surtout pour la géographie électorale. Les raisons sont multiples et ont pu être analysées. A partir de 1981, la carte électorale français semble enfin bouger (arrivée de la gauche au pouvoir, émergence du Front national) ; à une autre échelle, à partir de 1989, la démocratie électorale s’ouvre sur de nouveaux horizons (Europe de l’est, Afrique, Amérique latine). Les années 80 sont également marquées par de fortes évolutions méthodologiques, dont l’émergence de la cartographie automatique. Cette convergence de facteurs se traduit par un fort renouvellement des travaux de géographie électorale, dont l’ouvrage de Bon et Cheylan, « la France qui vote » ou les trois volumes des « géopolitiques des régions françaises » dirigées par Y. Lacoste. En parallèle, les sciences politiques sont elles aussi confrontées à une évolution des proximités partisanes et à une relative remise en cause des variables lourdes électorales (dont la religion), au point que certains parlent de réalignement électoral lors de cette période. Si certains facteurs peuvent laisser penser à un rapprochement des deux disciplines (comme le préconise à l’époque le « rapport Guillorel »), le renouveau de la géographie électorale se traduit également par des débats scientifiques vifs, dont le compte-rendu de l’ouvrage « la France qui vote », dans Politix, par Michel Hastings, « les démiurges de l’introspection cartographique », apparaît emblématique.
L’objectif de cette communication sera d’interroger en quoi, vingt-cinq après, les paradigmes de la science électoraliste ont fait bouger les lignes des deux disciplines. L’hypothèse posée sera de montrer que malgré un dialogue ouvert et des collaborations réelles, le statut de la carte électorale est loin d’être soldé pour la sociologie électorale, le recours à des méthodes de plus en plus raffinées, intégrant la dimension multiscalaire, ne modifiant pas fondamentalement la donne. La carte électorale demeurerait, selon les usages, un outil d’analyse à chaud des scrutins, une matrice permettant de dégager des typologies d’où l’on peut isoler des bases de sondages ou d’analyses contextuelles, ou à l’inverse le marqueur de la permanence autorisant des explications relevant du déterminisme. Nous mobiliserons dans cette communication de multiples exemples d’usages de la carte électorale au cours des 25 dernières années, pour montrer comment les systèmes explicatifs ont pu, ou non, évoluer… Ou pour le dire autrement, quelles solutions les électoralistes ont-ils adoptées pour résoudre le glissement « de l’électeur vers l’électorat » inhérent à la carte.
The new electoral map ... Twenty-five years after
The ‘80s can be regarded as the turning point for electoral analysis, for political science but also for electoral geography. The reasons are multiple and have been analyzed. From 1981, the French electoral map seems to finally move (victory of the Socialist Party, emergence of the Front national). At another scale, since 1989, electoral democracy opens up new horizons (Eastern Europe, Africa, Latin America). The '80s were also marked by strong methodological developments, including the emergence of automated cartography.
This context leads to new studies of electoral geography (Bon et Cheylan, "La France qui vote" and the three volumes of "Géopolitique des régions françaises" headed by Y. Lacoste). At the same time, political sciences are also confronted to a relative questioning of heavy electoral variables (including religion), so that some political scientists suggest a realignment election during this period. If some factors suggest a rapprochement between the two disciplines (as advocated by the "rapport Guillorel"), the revival of electoral geography is also reflected in scientific debates (the report of "La France qui vote" in Politix, by Michael Hastings, "les demiurges de l’introspection cartographique" is emblematic for the geographers).
This communication will examine how, twenty-five years later, the paradigms of electoral science have changed in the two disciplines. The assumption will be to show that despite an open dialogue and real collaborations, the status of the electoral map is still ambiguous for electoral sociology. The electoral map is useful to quickly analyze election results, to produce a matrix to isolate sampling frames or contextual analysis, or reverse the marker of permanence, and of deterministic explanations. We develop in this paper many examples of uses of the electoral map in the past 25 years, to show how explanatory systems have change, or not...
Éric Savarese (CERTAP - CEPEL, Université de Perpignan Via Domitia)
L’expression électorale de l’antisémitisme dans l’Algérie coloniale
À partir d’un dépouillement systématique, en cours de réalisation, des listes électorales du département d’Oran, dans l’Algérie coloniale - principalement entre 1870 et 1940, il s’agit de mettre en relief les ressorts de la mobilisation électorale en croisant les inscriptions sur les listes avec les données démographiques sur les communes, les sites géographiques (Oran, communes rurales) où elle se produit, et les moments d’expression de convulsions antisémites. Cette recherche en cours de réalisation s’appuie donc à la fois sur des données traitées à l’aide des outils de la statistique descriptive, et sur des documents historiques visant à interpréter les corrélations. En particulier, il s’agit, à l’aide d’autres sources primaires – presse, tracts, sermons ecclésiastiques, d’apprécier dans quelle mesure la mobilisation vers les urnes des Français d’Algérie s’explique par le fait que le statut de Français est considéré comme synonyme de celui de chrétien ; le vote peut exprimer une hostilité aux juifs - électeurs depuis leur naturalisation par le décret Crémieux – autant qu’aux Musulmans cantonnés au statut de Français non citoyens. Et que dans une Algérie coloniale où l’apprentissage de la citoyenneté électorale est retardé par rapport à la métropole, leur vote constitue moins l’expression d’une opinion politique que l’occasion d’affirmer une appartenance à une communauté de citoyens restreinte.
Electoral voicing of antisemtism in colonial Algeria
Starting from a systematic examination, of the electoral registers of the department of Oran, in colonial Algeria - mainly between 1870 and 1940, we try to explain the conditions of the électoral mobilization, comparing thèses datas with demographical statistics of communes, geographical sites (Oran, rural communes), where it happens, and the periods of antisemitism growth. This current research is founded on statistical documents and historical archives. Particularly, we try to appreciate how much mobilisation of french citizens can be explained by their statute of french national citizens – that is considered like a synonymous of christians statute. In this case, maybe we can consider that the vote translates an hostility against judes and muslims – judes are french national citizens since the « Cremieux’s decree », but muslims are national french without citizenship. In the colonial Algeria, the learning of the electoral citizenship is delate, compared to the french metropolis ; in this case, the vote of the french citizens is more the sign of their membership of a reduced citizens’ community than the expression of a political opinion.
Geoffrey Pion (IGEAT, Université Libre de Bruxelles)
Les logiques spatiales de l'implantation militante des partis tribunitiens et le vote en leur faveur en Belgique
Le militantisme en faveur de partis politiques est un objet d'étude relativement commun en sociologie politique et électorale mais est étonnamment rarement pris en compte par les géographes. Et ce alors même que le militantisme est un phénomène éminemment spatial, les structures locales de parti devant être un relais entre l'électorat et les sphères de pouvoir et tenter pour les partis de masse de « quadriller le terrain ».
Cette communication aura pour objectif d'éclaircir les liens socio-spatiaux entre le militantisme en faveur de formations partisanes périphériques et le vote en Wallonie. Des travaux portent sur l'impact de la faiblesse ou de la baisse de l'encadrement socio-politique traditionnel sur l'émergence de votes en faveur de ces partis. Mais l'influence d'élus, de militants et de comités de soutien (si peu nombreux qu'ils soient) sur le vote en faveur de partis tribunitiens a jusqu'alors largement été négligé. Or il semble qu'en Wallonie, la forte polarisation spatiale de ces votes à la fois au niveau régional et local est entre autres choses liée aux différentes formes de militantisme de ces partis.
Nous tenterons donc ici d'étudier essentiellement de manière quantitative d'abord au niveau de la région wallonne puis à l'échelle intra-urbaine à Charleroi, la présence militante du FN et du PTB+ et sa relation socio-spatiale avec le vote.
The spatial interactions between political activism in support of the extreme right and left parties and their electoral geography in Wallonia
Though political activism is a spatial phenomenon commonly studied in political and electoral sociology, it is surprisingly rarely taken into account by geographers. Local political activities are supposed to represent a bridge between electorate and authorities and help mass parties control the electoral field. This paper tries to highlight the socio-spatial links between political activism from marginal parties and the vote in Wallonia. The impact of the weakness of traditional socio-political frameworks on marginal votes is well known, but the influence of representatives, activists and support committees (even if not numerous) on the vote in favour of marginal parties has not been studied yet. Indeed, in Wallonia, the geography of extreme voting seems to be linked, at both regional and local level, to political activism. Hence, we attempt to study, in a statistical way, the geography of political activism by the National Front (FN) and the Belgian Labour Party (PTB+) at the regional and local level (in Charleroi) and its socio-spatial relation to the vote.
Gilles Van Hamme (ULB), Jean-Benoît Pilet (ULB), Quentin David (Université de Luxembourg)
L’encadrement social comme frein au vote d’extrême-droite. Une analyse individuelle et contextuelle sur le vote d’extrême-droite en Belgique
L’émergence et la configuration sociale et géographique de l’extrême droite font l’objet d’une abondante littérature. De nombreuses théories explicatives ont été émises sur les raisons de l’émergence de l’extrême droite et ses succès différenciés dans le temps et dans l’espace. Parmi celle-ci, les théories de nature sociologique ont en commun l’accent mis sur l’individualisation et la démassification de la société. Au niveau collectif, l’affaiblissement des structures d’encadrement intermédiaire favoriserait l’émergence de nouvelles forces politiques. Au niveau individuel, la société postindustrielle induit la destruction de liens sociaux majeurs (associations, communautés, familles, …) qui produit de l’anomie et de l’isolement social. Cet isolement social favoriserait la recherche d’ordre et de morale sécuritaire qui mène potentiellement à l’adhésion à l’extrême-droite.
L’objectif de cette contribution est de s’interroger sur le rôle de l’encadrement social dans le vote d’extrême-droite. Plus précisément, notre analyse s’interroge sur la conversion inégale – socialement et spatialement – d’attitudes associées à l’extrême-droite en vote effectif pour l’extrême-droite. Des analyses ont en effet suggéré que selon les contextes dans lesquels les individus étaient implantés, il peut y avoir des freins plus ou moins puissants au vote d’extrême-droite à attitude égale. En particulier, notre hypothèse générale est que la faiblesse de l’encadrement social par les structures intermédiaires pourrait favoriser la conversion d’un vote potentiel en vote effectif pour l’extrême droite. Notre analyse sera menée sur le cas de la Belgique où l’extrême droite – en particulier flamande – a connu des succès précoces et une grande continuité dans ses succès électoraux.
The social embedding as a restraint to extreme right voting. An individual and contextual analysis on extreme right voting in Belgium
The social and spatial configuration of extreme right voting constitutes a large body of literature. Numerous explanatory theories have intended to explain the emergence of extreme right as well as its differentiated successes through times and space. Among these theories, sociologists have highlighted the individualization and demassification process among developed societies. At aggregate level, the weakening of intermediary structures might favour the emergence of new political forces. At the individual level, post industrial society produces the destruction of social links (associations, families etc.) and favour anomy as well as social isolation. This process might favour the search for order and security and, at the end of the day, boosts extreme right voting.
This contribution aims at interrogating the role of intermediary structures in the extreme right voting. More precisely, we try to understand the socially and spatially unequal conversion of negative attitudes toward immigrants into extreme right voting. Some analyses have suggested that according to the contexts in which individuals are embedded, they can be more or less powerful restraints to extreme right voting, all other things being equal. In particular, we raise the hypothesis that the weakening of social embedding through intermediary structures might favour extreme right voting. We will test this hypothesis for extreme right voting in Belgium, especially in Flanders where it had large electoral successes.
Éric Auburtin (IFG, Université de Paris 8 Saint-Denis)
Approche électorale du sentiment européen des Lorrains et des Luxembourgeois à partir de l’analyse des résultats du référendum de 2005 sur le projet de traité constitutionnel
Les résultats seront présentés et analysés tant à l’échelle des territoires lorrain et luxembourgeois entiers qu’à celle de l’agglomération transfrontalière du Pôle européen de Développement de Longwy, considérée comme l’un des cœurs de la dynamique transfrontalière entre les deux pays. Au delà de la dimension spatiale des choix électoraux des Lorrains et des Luxembourgeois (Salmon, Poirier), c’est davantage la frontière dans ses rapports sociaux qui est interrogée ici, comme objet de représentation et de cristallisation d’un certain rapport à la construction européenne. Le résultat du vote voire certains éléments de sociologie électorale servent ainsi à la construction d’un système de représentations permettant d’éclairer les processus d’identification à une certaine réalité transfrontalière voire européenne.
Ce travail s’inscrit de manière générale dans le champ d’analyse développé par l’Institut français de Géopolitique (IFG), Paris 8 (la géopolitique comme champ d’étude des rivalités de pouvoirs sur des territoires, Lacoste, Giblin). Il cherche aussi à approfondir certains des axes de recherche initiés par la Jeune Equipe Frontières, acteurs, représentations de l’Europe (FARE) de l’Université de Strasbourg qui tente d’appréhender la multiplicité et la dynamique des résistances à l’Europe autour des concepts d’anti-européisme, identité européenne, relations transfrontalières (Rolland, Wassenberg, Hamman).
Electoral approach of European feeling, analyses of Lorraine and Luxemburg inhabitants vote to the European constitutional treaty (2005)
The results will be presented and analyzed as well on a whole territory scale as to that of the transborder agglomeration of the European Pole of Development of Longwy, in heart of transborder dynamics between the two countries. Beyond the space dimension of the electoral choices (Salmon, Poirier), it’s more the border like identity object in its social and political reports to European construction which will be explored here. It’s will particularly to clarify identification’s processes to a certain even European transborder reality.
This work is registered in a general way in the field of analysis developed by the French Institute of Geopolitics (IFG), Paris 8 (studying actors competitions on territories, Lacoste, Giblin). This paper also seeks to look further into some of the research orientations initiated by the Young Team (Frontiers, Actors and Représentations of Europe) (FARE) of the University of Strasbourg which tries to apprehend the multiplicity and the dynamics of resistances to Europe around the concepts of anti-Europeanism, European identity, transborder relations (Roland, Wassenberg, Hamman).
Jessica Sainty (PACTE, IEP de Grenoble)
Le territoire dans la formation du jugement politique. De la nécessaire complémentarité entre sociologie et géographie électorales
Cette communication présente l’avancée d’un travail de thèse en cours portant sur l’analyse de la « territorialisation » à l’œuvre dans la construction des raisonnements politiques des individus : son objectif est d’évaluer la part relative de la composante territoriale dans la constitution des raisonnements individuels en matière politique, par le biais d’une enquête géographiquement restreinte. Sans faire l’hypothèse d’un déterminisme géographique des opinions, nous cherchons à identifier les agencements territorialisés qui sont partie prenante du raisonnement politique des électeurs.
Nous définissons le territoire avant tout comme un espace dynamique résultant de la combinaison variable de différents facteurs en interaction constante (environnements politique, économique et institutionnel et vie interne du territoire) mais aussi comme un prisme que peuvent mobiliser les individus pour (re)considérer le monde. Il s’agit donc, dans un premier temps, de mettre en évidence cette double vision du territoire, perçue par les individus à la fois comme un espace donné et un espace vécu. Nous mettons ensuite, en évidence la pluralité des pratiques et des représentations individuelles des espaces donnés observables chez les différents enquêtés, ce qui nous conduit à identifier des espaces vécus individuels, et nous focaliser enfin sur la façon dont le raisonnement politique de chacun intègre tout ou partie de l’espace vécu.
Notre communication entend ainsi affirmer la nécessité d’un dialogue entre géographie et sociologie électorales, qui conduit à de stimulantes pistes de réflexion pour l’analyse des raisonnements politiques des individus.
The territory in the constitution of individual political reasoning. About complementarity between electoral sociology and geography
This paper presents a part of the results of our PhD research (in progress) which deals with the analysis of the “territory” within role political thinking of voters. Our aim is to estimate the relative part of the territorial component in the constitution of individual political reasoning, based on a survey led on defined geographical areas. Without making the hypothesis of a geographical determinism of opinions, we try to identify the territorialised layouts that are full part of voters’ political thinking.
We define the territory both as a dynamic space resulting of a combination that varies with different factors which continuously interact (political, economical, institutional environments or territories’ internal life) and as a prism that individuals can use to (re)consider the world. Consequently, we can firstly highlight this dual view of the territory, which is perceived by voters both as a given space and a lived space. Secondly, we study how the individual practices and representations of the given spaces allows to identify individual lived spaces, in order to focus thirdly on the way of individuals’ political thinking is composed according to all or part of the lived space.
Our paper argues the necessity of a dialog between electoral geography and sociology that should lead to interesting new developments for analysis of voters’ political thinking.
Antoine Jardin (CEE, Science Po Paris)
Ségrégation socio-spatiale et inégalités de participation électorale dans les banlieues françaises, l'exemple de Clichy-sous-Bois
Depuis les émeutes urbaines de l'automne 2005, de nombreux travaux ont mis en évidence l'importance des inégalités de participation électorale marquées par une forte abstention dans les quartiers populaires. Ces recherches mobilisent d'importants travaux ethnographiques, mais aussi les bases de données de l'INSEE. Nous tenterons d'articuler ici les modèles sociologiques d'explication de la participation électorale et dynamiques de ségrégation socio-spatiale en incluant les résultats récents de la recherche en sociologie urbaine. Cette étude portera sur la commune de Clichy-sous-bois à la fois caractérisée par d'importants indices de ségrégation et de fortes inégalités de participation électorale.
Nous utiliserons des données d'enquête géolocalisées à l'échelle des IRIS (sondage post électoral réalisé après les élections municipales de 2008), les données agrégées des résultats électoraux à l'échelle des bureaux de vote, ainsi que les données de recensement de l'INSEE. Nous mettrons en évidence la portée de cette analyse croisée tout en prenant en compte les difficultés méthodologiques relatives aux différents découpages géographiques. Nous verrons ainsi comment les variations de participation électorale peuvent s'expliquer par une évolution sociologique de ces quartiers, en contrôlant les variations liées à la conjoncture politique via une analyse multiniveaux. À partir de ces résultats, nous démontrerons l'importance de la dimension spatiale révélée par les relations entre inégalités sociales, ségrégation socio-spatiale et comportement politique.
Socio-spatial segregation and voting turnout inequalities in French deprived neighborhoods, the exemple of Clichy-sous-Bois.
Since the 2005 riots, many studies have underlined the intensity of voting turnout inequalities related to the high level of abstention in deprived neighborhoods. They are based on ethnographic fieldworks, but also national data-sets collected by the INSEE. We will try to link existing sociological models of voting turnout with patterns of social segregation by building upon existing results in urban sociology. This study will be focused on the city of Clichy-sous-bois, characterised both by a high level of spatial-segregation and strong inequalities in political participation.
We will use geolocalised data at the IRIS scale (using a post-electoral survey conducted after the local elections of 2008), aggregated data of electoral results at the level of the polling station and census data collected by the INSEE. We will show the potential of a cross-sectional analysis while taking into account methodological issues related to various statistical mappings. We will see how changing patterns of political participation can be explained by a sociological evolution in those neighborhoods, while controlling for conjonctural variations using a multilevel analysis. On the basis of those results, we will demonstrate the significance of the spatial factor revealed by relationships between social inequalities, socio-spatial segregation and political behavior.
Bruno Cautrès (CEVIPOF, Science Po Paris), Anne Jadot (IRENEE - CEPEL, Université Nancy 2)
Comment combiner des données individuelles et agrégées pour l’analyse du vote ? Les perspectives du programme CARTELEC pour le plan d’échantillonnage et la contextualisation d’enquêtes par sondage
Nous établissons d’abord un bilan de la saisie de l’appartenance géographique des répondants par la sociologie électorale française travaillant avec des sondages. Or, cela a des conséquences importantes : dans le cas d’échantillons nationaux, il est difficile d’appréhender à un niveau fin les effets de l’insertion des électeurs dans des territoires ; dans le cas d’enquêtes localisées, il est difficile de généraliser les résultats. Ensuite, nous présenterons CARTELEC, projet de cartographie électorale au niveau des bureaux de vote, sous l’angle des débouchés attendus en terme d’outils et de résultats.
Enfin, nous montrerons que CARTELEC permettrait à terme d’innover en matière de sondages électoraux pour une meilleure combinaison de données individuelles et agrégées. D’une part, le plan d’enquête et l’échantillonnage pourraient être modifiés, pour tendre vers des échantillons aléatoires (méthode des itinéraires) ou des échantillons par quotas stratifiés en tenant compte du niveau des bureaux de vote. D’autre part, les données relatives à l’insertion géographique des répondants pourraient être enrichies pour mieux « contextualiser » les données individuelles et appliquer des analyses multi-niveaux. Le but est de saisir des effets d’interaction entre les répondants et leurs (mi)lieux d’appartenance.
How to combine aggregate and individual data to analyze voting behaviour? Perspectives from the CARTELEC project for innovations in sampling and contextualizing electoral surveys
We first establish an overview of how French electoral sociology has so far taken into account the geographical location of voters within surveys (or failed to do so). It has important consequences: in the case of national samples, it is difficult to capture at a detailed level the effects of voters’ insertion in territories; whereas in the case of localized studies, it is difficult to generalize results. We will then present CARTELEC, an electoral mapping project working at the lelel of polling stations, in terms of expected outputs and results.
Finally, we will show how CARTELEC could, in the long run, enable innovations in electoral surveys towards a better combination of individual and aggregate data. On the one hand, the survey design and sampling method could be adjusted to implement random sampling (with routes) or quota sampling stratified so as to take into account the polling stations’ level. On the other hand, information related to the geographical insertion of voters could be enhanced in order to better “contextualize” individual data and implement multilevel analyses. The goal is to capture interaction effects between respondents and their local / social belongings.
AUBURTIN Éric e.auburtin@ac-nancy-metz.fr
BRACONNIER Céline celinebraconnier@yahoo.fr
BUSSI Michel michelbussi@yahoo.fr
CAUTRES Bruno bruno.cautres@sciences-po.fr
DAVID Quentin qdavid@ulb.ac.be
GOMBIN Joël joel.gombin@gmail.com
JADOT Anne Anne.Jadot@univ-nancy2.fr
MAYER Nonna nonna.mayer@sciences-po.fr
PILET Jean-Benoît jpilet@ulb.ac.be
PION Geoffrey geofpion@ulb.ac.be
RIVIERE Jean jean.riviere@unicaen.fr
SAINTY Jessica jesssainty@hotmail.com
SAVARESE Éric savarese@univ-perp.fr
VAN HAMME Gilles gvhamme@ulb.ac.be