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Le groupe de recherche AFSP Sociologie politique de l’État Outre-Mer (SPEOM) lance un appel à communications pour le prochain congrès de l’AFSP à Lyon du 30 juin au 2 juillet 2026 sur le thème « L’État outre-mer : perspectives comparatives et modes de production ». L’appel à communications est ouvert jusqu’au 25 janvier 2026.
Le groupe de recherche SPEOM lance un appel à communications pour sa section de groupe qui se tiendra lors du 18ème Congrès de l’AFSP à Lyon. Cette section se propose d’analyser les modes de production socio-historiques de la catégorie politique « outre-mer » à travers trois axes complémentaires qui visent à dépasser les approches culturalistes, à développer la sociologie historique de l’Etat outre-mer et à développer une approche de politique comparée de l’État et des élections dans ces territoires.
Axe 1 : Production de l’État outre-mer : la « crise » comme instrument ?
Ce premier axe s’intéresse aux modalités concrètes de l’intervention étatique. Il s’agit de comprendre comment l’État se produit et se reproduit dans des espaces qui sont structurés par des tensions récurrentes liées aux formes de gestion des marges par l’État central, avec une focalisation spécifique sur les notions de crise et d’exceptionnalité.
Dans un contexte marqué par la coexistence entre demande d’État et revendications d’autonomie ou d’indépendance, ainsi que par une décentralisation progressive, cet axe interroge les modalités concrètes de production de l’action publique.
L’État ne précède pas les crises ultramarines auxquelles il répondrait : il se produit dans et par ces crises. L’enjeu analytique de ce premier axe n’est donc pas d’évaluer l’efficacité des politiques publiques déployées, mais de saisir comment des situations critiques (pollution au chlordécone, ouragans Chido, Irma et Maria, invasion des algues sargasses, démoustications massives, mobilisations autonomistes et indépendantiste ou contre la cherté de la vie ultramarine) constituent des sites privilégiés de fabrication de l’État, où s’actualisent et se transforment les logiques de pouvoir et les modalités de gouvernement des populations et des territoires.
Les communications peuvent aborder les thématiques suivantes (liste non exhaustive) :
Axe 2 : Sociologie électorale et sociologie des campagnes à partir des Outre-mer
Les résultats de l’élection présidentielle de 2022 dans les départements dits d’outre-mer, à travers la poussée du vote RN (dans ses manifestations tant conjoncturelles que de plus long terme, l’installation et le renforcement de ce vote au premier tour, par-delà le caractère spectaculaire de son explosion sans doute plus circonstancielle au second, étant commune à tous les territoires, quoique appuyée sur des dynamiques diversifiées), ont attiré l’attention générale – le temps du scrutin du moins – sur le point aveugle de la sociologie électorale française que constitue le vote de ces territoires. Le caractère opérationnel des modèles explicatifs nationaux mérite d’être mis à l’épreuve d’une manière plus systématisée sur le plan empirique, dans des territoires où n’y correspondent de manière évidente ni la structuration de l’espace social, ni celle du paysage politique (qui relève de formes de territorialisations plus ou moins poussées, suivant les cas, des forces partisanes et du clivage politique, et d’une singularisation assez large du débat politique de manière générale). Le groupe entend de ce point de vue être un lieu propice à des échanges autour de ces questions entre chercheurs travaillant sur les territoires outre-mer mais aussi à une incitation des spécialistes du vote et de la sociologie partisane à un comparatisme attentif à ces cas particulièrement riches.
On souhaiterait à ce titre, dans le cadre du congrès de l’AFSP, offrir un cadre de réflexion collective sur ces thématiques en réunissant des communications qui pourront aborder les thématiques suivantes, dans la mesure du possible dans une dimension comparative (entre territoires dits des outre-mers, Hexagone et dits outre-mers, outre-mers français et étrangers, etc., mais aussi comparaisons entre partis, comparaisons à travers le temps) :
Axe 3 : Comparer l’État outremer
Ce troisième axe invite à une approche comparative qui s’oppose aux effets homogénéisants induits par l’usage de la catégorie d’intervention d’« outre-mer ». Il s’agit de mettre en lumière la diversité des processus de décolonisation ainsi que la complexité de leurs chronologies, en portant une attention particulière aux conditions différenciées ayant mené à l’émergence des formes d’intervention étatique dans ces territoires.
Une sociologie politique comparative de l’État outre-mer est encore peu développée entre les différents territoires français, et reste quasiment absente en ce qui concerne les Outre-mer européens.
Cet axe propose d’initier une analyse comparée, sur l’histoire coloniale et sur les dynamiques postcoloniales qui structurent les catégories, dispositifs et modalités d’intervention étatique dans les espaces dits outre-mer.
Les communications peuvent aborder les thématiques suivantes (liste non exhaustive) :
Modalités de soumission
Les propositions de communication (environ 3 000 signes, espaces compris) devront comporter :
– Un titre explicite
– Les coordonnées de l’auteur·e (nom, prénom, statut, institution de rattachement, adresse électronique)
– Une présentation de la problématique
– Une description des matériaux empiriques mobilisés et de la méthodologie
– Une bibliographie indicative (5 références maximum)
Date limite d’envoi des propositions : 25 janvier 2026
Les propositions sont à envoyer par courriel à :
Aurélie Roger (Université des Antilles, PHEEAC)
aurelie.roger@univ-antilles.fr
Jan Verlin (Université Jean Moulin Lyon 3, TRIANGLE)
jan.verlin@univ-lyon3.fr