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Des nationalismes progressistes ?

Une journée d’étude intitulée « Des nationalismes progressistes ? » se tiendra le 10 juin 2026 à Sciences Po Grenoble – UGA, partenaire institutionnel de l’AFSP. Organisée avec le soutien de Sciences Po Grenoble – UGA, du laboratoire Pacte et du programme de recherche Democis, cette journée d’étude sera également accessible en visioconférence. 

En Europe, la tendance est à la multiplication des mouvements indépendantistes et séparatistes (A. Anderson 2018). Dans l’arène électorale, les partis politiques dont la rhétorique s’articule autour de la préférence nationale connaissent une forte progression (Halikiopoulou et Viandas 2019). Si la montée en puissance des institutions internationales et supranationales vouées à la promotion de droits fondamentaux universels (Conant 2006; Madsen 2010) aurait pu remettre en cause la pertinence de l’échelle nationale pour articuler les luttes (della Porta et al. 2015), cette dynamique semble également susceptible d’alimenter la tentation nationaliste dans un mouvement de backlash (della Porta 2020). Face à ces observations et dans un contexte géopolitique instable, dans lequel la raréfaction de certaines ressources naturelles attise les convoitises territoriales, réinterroger le phénomène nationaliste apparaît décisif.

Cette journée d’études invite à prendre le contre-pied des représentations ordinaires qui associent le nationalisme exclusivement à des groupes politiques de droite ainsi qu’à une idéologie conservatrice et nativiste. Elle vise à mettre en lumière des situations où des groupes politiques qui se réclament d’une idéologie progressiste s’engagent dans une lutte nationaliste. En multipliant les cas empiriques étudiés, son objectif est non seulement de contribuer à documenter la diversité des mouvements nationalistes et les logiques sur lesquelles repose leur essor, mais aussi de dévoiler de nouveaux modes de construction de la nation en tant que « communauté imaginée » (B. Anderson 1983).

Pour voir le programme détaillé en ligne sur le site web de PACTE : https://www.pacte-grenoble.fr/fr/actualites/nationalismes-progressistes

 

9h30 – Mot d’accueil institutionnel par Laurence DUMOULIN (Pacte) et Simon PERSICO (Sciences Po Grenoble – UGA)

9h45 – Introduction

Florent FRASQUE (Pacte, Sciences Po Grenoble – UGA) : « Le nationalisme progressiste-universaliste, une proposition conceptuelle à débattre »

10h – Session 1 : Traces d’un nationalisme progressiste-universaliste en Europe de l’Ouest à l’époque contemporaine

Claire BRENIAUX (CRJFC, Université Marie et Louis Pasteur de Besançon) : « Le ‘socio-nationalisme’ du Scottish National Party (SNP) en Écosse »

Luis EMALDI AZKUE (CED, Bordeaux) : « Des bulletins contre des balles : EH Bildu et la stratégie catch-all de la gauche souverainiste basque »

Ornella GRAZIANI (LISA, Corse) : « Circulations militantes et nationalisme : une analyse en termes de milieu partisan »

Hadrien HOLSTEIN (ISP, Université Lyon III) : « La cravate, la cagoule et le Starry Plough : la mise en scène des projets politiques lors des commémorations républicaines »

Cristian MONFORTE RUBIA (CARISM, Université Sorbonne Paris Nord) : « Dire la démocratie républicaine, représenter la nation catalane. Configurations médiatiques du référendum du 1er octobre 2017 en Catalogne »

12h15 – Pause

13h30 – Session 2 : Le nationalisme progressiste-universaliste à l’épreuve d’autres contextes politiques, historiques et géographiques

Serdar AY (INALCO, Paris) : « Le nationalisme kurde contre les Etat-nations : un autre récit civilisationnel au Moyen/Proche-Orient »

Guillaume GENOUD (IDHES, Paris) : « Nationalisme et syndicalisme dans la Corse du second XXe siècle : un universalisme sous condition ? »

Carla GUTTIÉREZ RAMOS (University of Sheffield) : « The social roots of ‘progressive-universalist’ nationalism? Trade unions and the emergence of a ‘Regionalist-Socialist’ Democratic Culture in the ‘long 1970s’. Scotland and Galicia »

Jan Yasin SUNCA (Université Libre de Bruxelles) – à distance : « Progrès vers où ? Universel de qui ? Colonialité et décolonialité des nationalismes au Kurdistan »

Anthony TUTUGORO (LARJE, Université de Nouvelle-Calédonie) – à distance : « Nationalisme et décolonisation. Le cas de la Kanaky et/ou Nouvelle-Calédonie »

15h45 – Session 3 : Des causes progressistes mises au service de projets nationalistes ?

Louise BRUYAS (Pacte, Université Grenoble Alpes) : « Le fémonationalisme à l’épreuve des données : profils sociaux, cohérences attitudinales et rapport à la démocratie »

Javier CARBONELL CASTANER (University of Edinburgh) : « Heimat nationalism vs nationalist environmentalism »

Anton EICHBERGER (Pacte, Grenoble) : « Le Myanmar et ses Etats de facto l’État Karen et l’État Kachin : une histoire complexe entre anti-colonialisme, fragmentation ethnique, instrumentalisation idéologique et destruction environnementale »

Noémie PIOLAT (CEE, Sciences Po Paris) : « Quand le sexisme divise : nationalisme et recomposition de la droite radicale européenne »

18h – Fin de la journée

 

Photo : DR – PACTE