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Pinar Selek : un cinquième procès qui s’enlise malgré quatre acquittements

Après – et malgré – quatre acquittements, la 7e audience du 5e procès de notre collègue sociologue et écrivaine franco-turque Pinar Selek a eu lieu le 2 avril 2026 à Istanbul. Universitaires, personnalités politiques, militant·e·s, avocat·e·s étaient présents en grand nombre au Tribunal d’Istanbul et à Paris au siège de la LDH. Audience à nouveau renvoyée, mais face à la « guerre d’usure » la résistance se poursuit.

Les délibérations ont duré 7 minutes : aucune charge nouvelle, mais la demande réitérée d’un emprisonnement immédiat et de la présence de Pinar Selek à la prochaine audience. Malgré quatre acquittements et aucun grief fondé, les autorités turques maintiennent leur exigence d’une extradition et poursuivent donc leur acharnement judiciaire.

Comme l’explique Mathieu Schneider, membre du comité de soutien international de Pinar Selek et ancien vice-président de l’Unistra, qui dirige l’École normale supérieure Louis-Lumière à Saint-Denis (93), « le pouvoir politique turc qui refuse les acquittements mène une guerre d’usure, car une condamnation de Pinar Selek est impossible sur le fond. Les juges ne savent pas comment la condamner. Alors ils renvoient le procès en expliquant qu’ils n’ont pas pu l’entendre. Mais Pinar Selek ne se rendra pas en Turquie et une notice rouge (mandat d’arrêt international) ne peut pas avoir de suite. Alors les juges jouent la montre ».

Reste que ce procès est entré dans une nouvelle phase avec la récente publication de « Lever la tête, la recherche interdite sur la résistance kurde ». Ce manifeste de défense de la liberté de penser a été versé au dossier du tribunal. S’y ajoute aussi une lettre de la directrice de l’Unité de Recherches Migrations et Société, Florence Boyer, qui informe de la publication de cet ouvrage par l’Université Paris Cité. Elle était présente à Istanbul comme le vice-président de l’Université de Paris Cité, Antoine Kouchner. France Universités était représentée par la politiste Nathalie Dompnier, Présidente de la ComUE Lyon Saint-Étienne. D’autres universitaires présent·e·s dans la délégation ont toutes et tous témoigné de leur volonté de transformer ce procès politique contre la science en acte de résistance et de défense de la liberté académique dans le monde entier. Artemisa Flores Espínola était présente à Istanbul pour représenter l’OALA (Observatoire des atteintes à la liberté académique).

Une nouvelle audience aura lieu à Istanbul le 18 septembre 2026. L’AFSP, avec les collectifs et les institutions solidaires, renouvelle son soutien indéfectible à Pinar Selek, enseignante-chercheuse à l’Université Côte d’Azur de Nice (URMIS), et réaffirme sa détermination pour que celle-ci soit définitivement acquittée et libérée d’un inacceptable harcèlement politico-judiciaire.

En savoir plus…

Procès de Pinar Selek renvoyé au 18 septembre : « une guerre d’usure » (L’Alsace, 2 avril 2026)

Turquie : après le 7ème renvoi de son procès, la sociologue Pinar Selek dénonce une « parodie » (Agence France-Presse, 2 avril 2026)

La recherche sauvée de Pinar Selek ouvre une nouvelle page du procès (Comité de soutien de Pinar Selek, 2 avril 2026)

France Universités solidaire de Pinar Selek (Communiqué de presse du 1er avril 2026)

 

 

 

À retrouver, le grand entretien de notre MagAFSP n°7 consacré à Pinar Selek : « Il me faut construire une stratégie du “persiste et signe”. (…) Le pire serait de faire profil bas. »