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La section 04 du CNU a adopté le 10 mars 2026 une motion pour une réforme structurelle des congés pour recherche des enseignant·es-chercheur·es.
La section 04 du CNU souhaite interpeler le ministre de l’Enseignement supérieur de la recherche pour engager une réforme structurelle des congés pour recherche des enseignant·es-chercheur·es.
Face aux profondes modifications du métier d’enseignant·e-chercheur·e depuis une trentaine d’années, et particulièrement l’alourdissement continu des tâches administratives, le constat est unanime : les enseignant·es-chercheur·es n’ont plus le temps nécessaire à leur activité de recherche. Pour répondre à cette situation, des dispositifs existent pour alléger conjoncturellement la charge d’enseignement : principalement les Congés pour recherche ou conversions thématiques, l’accueil en délégation dans les EPST (établissements publics à caractère scientifique et technologique) et l’accueil en délégation à l’IUF (Institut universitaire de France).
Ces dispositifs sont appréciés, à juste titre, par ceux et celles qui en bénéficient. Cependant, tels qu’ils sont organisés actuellement, notamment via une compensation sous forme de financement d’heures complémentaires, ils posent de nombreux problèmes à l’échelle collective qui nécessitent de penser une réforme en profondeur :
Pour répondre au besoin évident de temps des enseignant·es-chercheur·es pour mener leur activité de recherche – ce qui profite autant à leurs enseignements qu’à l’institution universitaire dans son ensemble – tout en évitant les écueils des dispositifs actuels ainsi que la multiplication des « guichets », la section 04 considère qu’une seule réponse est possible : introduire un droit automatique, à intervalle régulier, à un congé pour recherche, comme cela se fait dans de très nombreux pays. Les contours d’un tel dispositif (quelle durée ? quelle périodicité ? etc.) sont à définir collectivement et dans le dialogue. Ce droit automatique permettrait de mettre fin aux situations de concurrence et pourrait apporter de la stabilité – avec des congés recherche régulièrement programmés – dans les équipes enseignantes. Il constituerait une véritable amélioration de la situation des enseignant·es-chercheur·es et favoriserait à n’en pas douter le dynamisme et la qualité des recherches.
La section 04 appelle solennellement le ministre à ouvrir le chantier d’une réforme structurelle des congés pour recherche, pour mettre fin à une situation injuste et très largement contre-productive.
Motion adoptée à l’unanimité des membres titulaires et suppléant·es de la section 04 du CNU.
Lille, le 10 mars 2026.
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