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Comité de soutien à Fariba Adelkhah et Roland Marchal arrêtés en Iran

Un Comité international de soutien issu d’un réseau européen déjà existant, le Reasopo, réseau dont Fariba et Roland sont des membres fondateurs a été créé le 17 octobre 2019. Il vise à donner une résonance internationale au soutien déjà exprimé par la communauté académique de Sciences Po et les institutions académiques françaises. L’AFSP vous invite à rejoindre ce comité et à relayer toutes les informations et mobilisations en soutien à nos collègues Fariba Adelkhah et Roland Marchal, incarcérés en Iran.

Plus d’infos ici…

NEW Communiqué du Comité de soutien à Fariba Adelkhah et Roland Marchal (10 février 2020)
Les nouvelles des chercheurs français Fariba Adelkhah et Roland Marchal, arrêtés à l’aéroport de Téhéran le 5 juin et prisonniers scientifiques depuis cette date, sont mauvaises et préoccupantes.
En grève de la faim depuis le 24 décembre, ayant refusé de réintégrer sa cellule et ayant dormi dans les parties communes du quartier des femmes de la prison d’Evin pendant 25 nuits, Fariba Adelkhah est aujourd’hui très affaiblie et peine à garder son équilibre. Elle demeure néanmoins parfaitement lucide. En dépit de notre appel et des pressions des autorités carcérales et judiciaires, elle n’a toujours pas interrompu sa grève de la faim.
Roland Marchal, pour lequel elle s’inquiète énormément, est désemparé et est confronté à des problèmes de santé qui font l’objet de soins mais qu’aggrave évidemment sa détention.
Fariba Adelkhah et Roland Marchal ont été convoqués le 5 février par « la section 15 (du tribunal révolutionnaire) qui fait peur à tous les détenus politiques ». Ils ont été auditionnés séparément, pendant 10 minutes pour Fariba Adelkhah, et 30 minutes pour Roland Marchal, sans doute pour les besoins de la traduction. Le juge Abolghasem Salavati, le plus dur des magistrats du tribunal qui a la réputation d’entériner les recommandations du « pouvoir à l’envers », du « pouvoir qui ne dit pas son nom » – celui des Gardiens de la Révolution, selon les propres termes de Fariba Adelkhah – ne semblait pas au courant du fond du dossier, ni même de la grève de la faim de Fariba Adelkhah. Il s’est contenté de leur dicter et faire signer une lettre. Fariba Adelkhah et Roland Marchal n’étaient pas assistés par leur avocat pendant cette audience.
Ils estiment être confrontés à une « procédure juridique longue et sans dénouement » qui « peut durer ad vitam aeternam ».
Nous croyons comprendre pour notre part que le procès ne devrait pas tarder, et survenir sans doute avant le 20 mars, début des longues vacances de Nowrouz au cours desquelles le pays s’arrête de fonctionner.
Venez nombreux au Rassemblement silencieux sur le Parvis des droits de l’Homme, Esplanade du Trocadéro, mardi 11 février, de 12h30 à 13h30.

NEW Rassemblement silencieux sur le Parvis des droits de l’Homme, Esplanade du Trocadéro, mardi 11 février, de 12h30 à 13h30
Fariba Adelkhah et Roland Marchal, tous deux chercheurs au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po et du CNRS, sont prisonniers scientifiques en Iran depuis le 5 juin 2019. Comme une quinzaine d’autres universitaires étrangers, ils sont sous le coup de chefs d’accusations politiques – atteintes à la sûreté de l’Etat, propagande contre le régime, espionnage – qui ne trompent personne, et pas même la justice iranienne puisqu’un tribunal a demandé la libération sous caution de Fariba Adelkhah et de Roland Marchal, en décembre, et qu’un autre tribunal a levé l’accusation d’espionnage à l’encontre de Fariba Adelkhah, en janvier. Mais les Gardiens de la Révolution, qui sont les auteurs de ces arrestations arbitraires, ont toujours le dernier mot tant sur le fond que sur les modalités de la détention, dont les conditions sont très dures. Fariba Adelkhah, croyons-nous savoir, parle à ce propos d’un pouvoir qui ne dit pas son nom et que nul n’ose nommer, d’un « pouvoir à l’envers ».
Partie prenante des institutions collégiales de décision – le Conseil de discernement de la raison d’Etat, le Haut Conseil de sécurité nationale – ce « pouvoir à l’envers » ne dépend constitutionnellement que du Guide de la Révolution. C’est donc à celui-ci que nous nous adresserons solennellement, ce mardi 11 février, date de la commémoration de la révolution de 1979, à l’occasion d’un rassemblement, pour lui demander la libération inconditionnelle et immédiate de Fariba Adelkhah et Roland Marchal dont le seul tort est d’exercer leur métier en toute intégrité, en toute indépendance.
De sa prison Fariba Adelkhah a lancé un appel aux autorités iraniennes et, par delà, moyen-orientales : « Sauvez les chercheurs, sauvez la recherche pour sauver l’histoire ! ». Ce message s’adresse à chacun(e) de nous, dans le monde entier.
Pour porter cette demande, nous vous invitons à venir nombreux sur le parvis des droits de l’Homme, au Trocadéro, à Paris, mardi 11 février, de 12h30 à 13h30, et à rejoindre le rassemblement silencieux organisé par le Fonds d’analyse des sociétés politiques et le Comité de soutien à Fariba Adelkhah et Roland Marchal.
L’artiste sénégalais Alioune Diagne dansera pour eux sur le parvis.
Contact : F&R Support Committee fariba.roland@gmail.com

NEW Journée de rencontres en soutien à Fariba Adelkhah et Roland Marchal le 31 janvier 2020 Retrouvez ici les podcasts !
Le centre de recherche international de Sciences Po (CERI) organise le vendredi 31 janvier une journée de rencontres, en soutien à Fariba, à Roland et à tous les chercheurs et chercheuses dans le monde qui sont incarcérés, intitulée “Captifs sans motif : figures contemporaines du prisonnier et de l’otage”.
Journée de rencontres, de soutien et de réflexion où les intervenants exploreront les questions importantes que pose la détention de nos chercheurs. Elle entend notamment nourrir la réflexion sur les prisonniers et les otages, d’un point de vue politique, juridique et éthique.
Responsables scientifiques : Ariel Colonomos et Gilles Favarel-Garrigues.
En savoir plus sur le programme détaillé et s’inscrire…

 

Le 24 décembre, Fariba Adelkhah et Kylie Moore-Gilbert, académique australienne également détenue à Evin, ont commencé une grève de la faim pour exiger leur libération mais aussi celle d’autres prisonniers académiques en Iran et au Moyen Orient. Au nom de la liberté académique, toutes deux s’engagent dans une nouvelle phase de lutte et en appellent à notre soutien. L’information nous a été confirmée par le Quai d’Orsay et une autre source.
Lire la lettre qu’elles ont réussi à faire diffuser par un réseau de soutien au droits de l’homme en Iran.
Lire le communiqué de la direction de Sciences Po (26 décembre 2019)


A l’annonce de la détention arbitraire en Iran de notre collègue Roland Marchal, directeur de recherche CNRS au CERI, l’Association Française de Science Politique avait immédiatement tenu à faire part le 18 octobre 2019 de sa profonde émotion et de sa totale solidarité, comme elle l’avait fait en juin dernier en apprenant l’emprisonnement, en Iran aussi, de Fariba Adelkhah, chercheure FNSP.  Notre association, attachée au principe intangible des libertés académiques, exprime son entier soutien à nos deux collègues et appelle à leur libération immédiate. Rien ne justifie l’incarcération de Fariba Adelkhah et Roland Marchal dont les activités sont strictement universitaires.

 

Et aussi…

Communiqué du FASOPO du 15 octobre 2019

Communiqué de Sciences Po du 17 octobre 2019

Chercheuse emprisonnée en juin : Téhéran met en garde Paris contre toute «ingérence» (Le Figaro, 4 octobre 2019)

Qui est Roland Marchal, le deuxième chercheur français arrêté en Iran en juin ? (La Parisien, 16 octobre 2019)

#FreeFariba #FreeRoland