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Congrès 2026

Séances plénières

Lors du Congrès 2026, deux temps en séance plénière seront proposés aux congressistes pour débattre de façon renouvelée, tant sur le fond que sur la forme, des conditions réelles d’exercice du métier de politiste. 

 

 

Plénière d’ouverture du congrès – Quand la recherche veut réformer. Quelle intervention des sciences sociales dans l’action publique aujourd’hui ?

mardi 30 juin 2026 à 14h30

Les intenses débats parlementaires et partisans soulevés ces derniers mois par la proposition de « taxe Zucman », du nom de Gabriel Zucman, professeur d’économie, ravivent une question classique mais plus que jamais d’actualité : à quelles conditions les enseignant·es-chercheur·es en sciences humaines et sociales deviennent-elles et ils des entrepreneur·es de réforme ? Comment, depuis leurs travaux de recherche, les universitaires veulent-elles et ils ou peuvent-elles et ils proposer des solutions aux problèmes publics qu’elles et ils étudient par ailleurs ? Est-ce leur rôle et si oui, comment le jouer ?

La science politique, du fait même de son histoire, est directement concernée par ces questions. Mais si l’engagement « politique » de notre communauté scientifique a été souvent analysé à partir de l’exercice de mandats électoraux, d’engagements partisans ou militants, les occasions de débattre collectivement de sa dimension « réformatrice » sont plus rares. Pourtant, tout comme l’influence des recherches en économie, en sociologie ou en urbanisme dans la conception de l’action publique a été étudiée, les enjeux, les contours et la portée des interventions de la science politique méritent que l’on s’y attarde. À l’heure où la « neutralité axiologique » est âprement discutée d’un point de vue épistémologique, il nous semble important d’interroger les liens entre résultats de recherche et propositions de réforme, analyse et action. La discussion s’appuie également sur un élargissement incessant des problèmes auxquels s’attaque désormais notre discipline : aux enjeux proprement institutionnels, sur lesquels elle est souvent la plus attendue (les réformes parlementaires, le fonctionnement des partis politiques, des systèmes électoraux et plus largement de la démocratie), elle porte aussi des positions normatives en matière de travail, de défense, de sécurité publique, de santé publique, de logement, d’égalité de genre, d’immigration, etc.

En nous concentrant sur des enjeux de politique intérieure (travail, retraites, santé publique, égalité femme/homme) nous proposons de réunir à l’occasion de cette assemblée plénière quatre enseignant·es chercheur·es en science politique, économie et sociologie, afin d’ouvrir un débat interdisciplinaire, en partant de leurs expériences diverses.

Participant·es (programme non définitif) :

  • Gwenola Le Naour (politiste, Sciences Po Lyon, laboratoire Triangle).
  • Bruno Palier (politiste, Centre d’études européennes et de politique comparée, LIEPP).
  • Michaël Zemmour (économiste, Université Lumière Lyon 2, laboratoire Triangle).

La discussion sera animée par Éric Lagneau, journaliste à l’Agence France-Presse et chercheur associé au LIER-FYT (EHESS/CNRS).

Pour le pilotage scientifique de la session : Renaud Gay (Université Lumière Lyon 2 – laboratoire Triangle) renaud.gay@univ-lyon2.fr et Guillaume Gourgues (Université Lumière Lyon 2 – laboratoire Triangle) guillaume.gourgues@univ-lyon2.fr

 

Assemblée générale & Débat sur le contenu d’un projet de charte déontologique de l’AFSP – S’auto-réguler pour protéger notre autonomie professionnelle et notre liberté de chercher ?

mercredi 1er juillet 2026 à 17h30

Le Conseil d’administration de l’AFSP, sur la suggestion de son comité d’éthique, a décidé de mettre en place un groupe de travail destiné à produire un projet de charte déontologique qui permettrait de régler ou prévenir un certain nombre de problèmes auxquels sont de plus en plus fréquemment confrontés les politistes et les apprenti·es politistes. Ces problèmes ont trait notamment à l’anonymisation des données d’enquête, aux relations avec les enquêté·es dans le cadre du RGPD, aux droits et statuts des assistant·es de recherche, aux usages de l’IA générative, aux relations avec des financeurs privés.

Les politistes ne sont pas les seuls à réfléchir à ces problèmes et à éprouver la nécessité de clarifier les devoirs mais aussi les droits des chercheur·es, en particulier non statutaires. Des chartes déontologiques existent au niveau européen et national. Elles s’appuient souvent sur l’expérience et les problèmes rencontrés par la recherche expérimentale et se révèlent souvent peu applicables aux sciences sociales. Elles ignorent en outre pour l’instant les problèmes posés par le recours à l’IA. En bref, sans ignorer les textes existants, l’AFSP estime important que notre discipline élabore ses propres recommandations à partir des situations et expériences vécues par ses membres.

Trois groupes de travail sur 1) les conditions de l’utilisation d’outils d’IA générative dans la recherche en science politique, 2) les modalités d’exercice et définition des pratiques d’enquête en science politique, 3) les règles encadrant les recherches collectives et collaboratives (dont les thèses) (rétributions, conditions de production, d’analyse et d’exploitation des résultats, autorat, propriété des données…), ont travaillé au cours de l’année universitaire 2025-2026. Ils présenteront leurs propositions et les soumettront à débat.

Cette session sera animée par Frédéric Sawicki, Professeur de science politique à l’Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne et Président du Comité d’éthique de l’Association française de science politique frederic.sawicki@univ-paris1.fr