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ST 02

« Faire groupe » dans une assemblée parlementaire : constructions, tensions, transformations

Political groups in Parliamentary Assemblies: Constructions, Tensions, Transformations

Responsables scientifiques :

Marie Acabo (Université de Strasbourg) marie.acabo@unistra.fr
Francisco Roa Bastos (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) francisco.roa-bastos@univ-paris1.fr

 

Si les assemblées parlementaires sont au cœur de travaux récents (e.g. l’Assemblée nationale : Ollion, 2021 ; le Parlement européen : Delaine, 2023 ; Michon et al, 2018 ; le Bundestag : Baloge, 2016 ; le Parlement jordanien : Abescat, 2024), ces enquêtes tendent à donner aux parlements le visage de leurs élu·es, laissant ainsi dans l’ombre un ensemble d’acteur·rices et de logiques qu’on ne connait que peu. Et, si la sociologie des entourages politiques a permis d’explorer le travail des collaborateur·rices les plus proches des élu·es (Beauvallet et Michon, 2017, Michon, 2014 ; Eymeri-Douzan et al, 2015), une part de la vie parlementaire demeure encore méconnue.

Espaces politiques pourtant centraux de la vie des assemblées politiques, les groupes parlementaires figurent parmi ces objets sous-explorés par la science politique. Cette section thématique entend réunir des travaux traitant directement ou indirectement de ces groupes, afin de dresser un état des lieux des recherches les prenant pour objet. Lieux de socialisation des député·es, « banque de ressources » (Beauvallet, 2015) pour les élu·es et leurs partis, espace de conflits infra- ou interpartisans, pépinières de professionnel·les de la collaboration politique, les groupes parlementaires représentent des objets clefs pour quiconque entend s’intéresser aux assemblées, et plus largement à la vie politique. Pourtant, ces groupes n’ont fait l’objet que de peu d’intérêt scientifique (voir toutefois Bardi et al., 2020 sur le groupe conservateur européen ; Collovald, 1980, sur le groupe gaulliste ; Birenbaum, 1992 sur le groupe frontiste), et sont généralement mentionnés comme indicateurs de l’inscription politique des député·es, ou, dans le cas du Parlement européen, font l’objet de travaux examinant leur degré de « cohésion interne » à partir de l’analyses quantitatives des votes (eg. Hix, Noury, Roland, 2005 ; McElroy, Bowler, 2015 ; Brack et Kelbel, 2016).

Regroupant des contributions issues de la sociologie, de la science politique et de l’histoire, cette section thématique entend ainsi contribuer à la construction d’un nouveau champ de travaux en études parlementaires, et participer à une sociologie compréhensive des parlements ainsi que de tous·tes cell·eux qui y travaillent.

While parliamentary assemblies have been at the center of recent research (e.g., the French National Assembly: Ollion, 2021; the European Parliament: Delaine, 2023; Michon et al., 2018; the Bundestag: Baloge, 2016; the Jordanian Parliament: Abescat, 2024), these studies tend to portray parliaments primarily through the lens of their elected members, leaving in the shadows a range of actors and logics that remain poorly understood. Moreover, although the sociology of political staff has made it possible to explore the work of the elected officials’ closest collaborators (Beauvallet and Michon, 2017; Michon, 2014; Eymeri-Douzan et al., 2015), a significant part of parliamentary life remains underexplored.

Yet central to the functioning of political assemblies, parliamentary groups constitute one of the objects that political science has only marginally investigated. This thematic section seeks to bring together research addressing these groups, directly or indirectly, in order to provide an overview of the existing scholarship on the subject. As sites of socialization for deputies, “resource banks” (Beauvallet, 2015) for elected officials and their parties, spaces of intra- and inter-party conflict, and nurseries for professional political collaborators, parliamentary groups represent key objects of study for anyone seeking to understand assemblies and, more broadly, political life. Nevertheless, these groups have received little scholarly attention (see, however, Bardi et al., 2020, on the European Conservative Group; Collovald, 1980, on the Gaullist group; Birenbaum, 1992, on the Frontist group) and are generally mentioned either as indicators of deputies’ political alignment or, in the case of the European Parliament, in studies examining their degree of “internal cohesion” through quantitative analyses of voting behavior (e.g., Hix, Noury, Roland, 2005; McElroy, Bowler, 2015; Brack and Kelbel, 2016).

Bringing together contributions from sociology, political science, and history, this thematic section thus aims to contribute to the construction of a new field of parliamentary studies and to advance a comprehensive sociology of parliaments and all those who work within them.

 

Session 1 / Les groupes politiques, outils et révélateurs de l’institutionnalisation d’espaces politiques 

Président : Francisco Roa Bastos (CESSP, Paris I)

Axe 1 : Un parlement sans groupe et un groupe sans Parlement : sociogenèse et institutionnalisation des groupes politiques 

Discutante : Delphine Dulong (CESSP, Paris I)

Nicolas Tardits (ISP, Univ. Paris Nanterre), Un parlement sans groupe. (Dé)formation des groupements parlementaires sous le Second Empire. 

Benjamin Riviale (ISP, Univ. Paris Nanterre), « Not a policy-making body ». Le groupement parlementaire international du Mouvement européen (1949-1957). 

Axe 2 : Ce que “faire groupe” nous dit de l’institutionnalisation des champs politiques 

Discutant : Sébastien Michon (CNRS, Univ. Strasbourg)

Emilien Devidal (Triangle, Lyon), Avoir & Être : le groupe comme condition sine qua non pour « faire vivre » l’opposition dans les assemblées régionales françaises

Antonin Cohen (ISP, Univ. Paris Nanterre), « Faire groupe transnational transversal » dans les assemblées parlementaires européennes. Sur les conditions d’institutionnalisation d’un champ politique européen. (c.1950-c1970).

Session 2 / Les groupes parlementaires, des groupes politiques parmi d’autres ? Groupes, partis et mouvements à l’épreuve de l’institution

Présidente : Marie Acabo (SAGE, Univ. Strasbourg)

Axe 1 : Groupes parlementaires et mouvements sociaux : “traduction” ou “trahison” ?   

Discutante : Catherine Achin (IRISSO, Univ. Paris-Dauphine)

Hervé Do Alto (IEP d’Aix-en-Provence, CSPC/CREALC), Une « heureuse contrainte », ou quand le groupe parlementaire contribue à produire le parti : le cas du Mouvement vers le socialisme (MAS-IPSP) de Bolivie, 2002-2006.

Benjamin Castellanelli (CRESPPA, Univ. Paris Nanterre), ​​Parlementaires de tous les pays, unissez-vous… pour la taxe Tobin !

Axe 2 : Ce que le parti politique fait au groupe parlementaire, et vice-versa 

Discutante : TBC

Théo Blanc (Max Weber fellow, EUI), La spécialisation parlementaire du parti islamiste Ennahdha : entre consolidation et fragilisation du bloc parlementaire pendant la transition démocratique tunisienne (2011-2021) 

Rémi Lefebvre (CERAPS, Univ. de Lille), Le solide dans le gazeux. La parlementarisation de la France Insoumise (2017-2022). 

 

Acabo Marie marie.acabo@unistra.fr 

Achin Catherine catherine.achin@dauphine.psl.eu

Blanc Théo theo.blanc@eui.eu

Castellanelli Benjamin castelanelli.benjamin@outlook.fr

Cohen Antonin acohen@parisnanterre.fr 

Devidal Émilien emilien.devidal@univ-lyon2.fr

Do Alto Hervé herve.doalto@gmail.com

Dulong Delphine delphine.dulong@univ-paris1.fr

Lefebvre Rémi remi.lefebvre@univ-lille.fr

Michon Sébastien smichon@unistra.fr

Riviale Benjamin benjamin.riviale@orange.fr

Roa Bastos Francisco francisco.roa-bastos@univ-paris1.fr

Tardits Nicolas nicolas.tardits@gmail.com