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Responsables scientifiques :
Hélène Buisson-Fenet (Triangle – UMR 5206 – CNRS/ENS de Lyon) helene.buissonfenet@ens-lyon.fr
Laura Michel (CEPEL – UMR 5112 – CNRS/U. Montpellier) laura.michel@umontpellier.fr
La polarisation du débat, les reculs institutionnels ou la remise en question de la science s’observent à la fois dans le domaine de l’environnement, du genre, des droits des minorités ou en santé publique. Dans quelle mesure la notion de « backlash » est-elle pertinente pour éclairer ces phénomènes sans doute moins homogènes qu’il y paraît ? Cette semi-plénière propose d’engager une discussion sur la conceptualisation de la montée de ces dynamiques anti-progressiste.

Alors que les politiques publiques de transition écologique visaient l’acceptabilité sociale, voilà qu’elles sont désormais le terrain de tensions marquées et qu’elles font à la fois l’objet d’une polarisation du débat public et de reculs institutionnels. Alors que le « progrès social » pouvait paraître encore en marche au travers des politiques de promotion de la parité ou de reconnaissance des droits des minorités, voilà qu’une partie des opinions publiques remet en cause des acquis de liberté et d’égalité qui semblaient gravés dans le marbre démocratique. Alors que les avancées en santé publique laissaient espérer qu’on pourrait mieux gérer les crises en prévenant les risques, voilà que l’efficacité techno-scientifique est prise à partie et le raisonnement expérimental, mis en cause.
Comment délimiter, caractériser et penser ces formes de réactions collectives, sociales et politiques ? A-t-on affaire à un moment historique de « révolutions conservatrices » et la dynamique de rationalisation, caractéristique wébérienne de la modernité, se grippe-t-elle ? Doit-on y voir un format moderne de politique litigieuse (contentious politics) dopée par les réseaux sociaux ou un épuisement du politique dans le vacarme des émotions collectives ? Enfin dans quelle mesure la notion de « backlash », dans les différentes acceptions qu’on a pu lui donner depuis l’essai à succès de S. Faludi (1991), est-elle pertinente pour éclairer des phénomènes sans doute moins homogènes qu’il y paraît et que l’analyse sociologique et politiste doit travailler à distinguer, discriminer, différencier, par-delà l’internationalisation de leurs similitudes ?
La semi-plénière propose d’engager une discussion sur la conceptualisation de ces dynamiques anti-progressistes, qui s’incarnent à la fois dans des discours, des mobilisations sociales et politiques et dans l’action publique. Pour en débattre, les échanges prendront la forme d’une table-ronde entre Stéphanie Dechezelles (TREE, U. Pau), Jean-Yves Dormagen (CEPEL, U. Montpellier), Eve Fouilleux (LISIS, U. Eiffel), Arnaud Miranda (CEVIPOF, Sciences Po) et David Paternotte (Striges, ULB).
While public policies for ecological transition initially sought to secure social acceptability, they have now become sites of pronounced tension, subject both to the polarization of public debate and to institutional backtracking. While “social progress” once appeared to be advancing through policies promoting gender parity or the recognition of minority rights, segments of public opinion are now calling into question hard-won freedoms and equalities that seemed firmly embedded in the democratic order. While advances in public health had fostered hopes of improved crisis management through risk prevention, techno-scientific effectiveness is now being challenged, and experimental reasoning itself is being called into question.
How should these forms of collective, social, and political reaction be delineated, characterized, and conceptualized? Are we facing a historical moment of “conservative revolutions,” and is the dynamic of rationalization—Weber’s hallmark of modernity—breaking down? Should these developments be understood as a contemporary form of contentious politics, amplified by social media, or rather as a sign of political exhaustion amid the din of collective emotions? Finally, to what extent is the notion of “backlash,” in its various meanings since Susan Faludi’s influential essay (1991), relevant for shedding light on phenomena that are likely less homogeneous than they may appear—phenomena that sociological and political analysis must work to distinguish, discriminate, and differentiate, beyond the internationalization of their apparent similarities?
This semi-plenary session seeks to open a discussion on the conceptualization of these anti-progressive dynamics, as they take shape in discourse, social and political mobilizations, and public policy. The discussion will take the form of a roundtable bringing together Stéphanie Dechezelles (TREE, University of Pau), Jean-Yves Dormagen (CEPEL, University of Montpellier), Eve Fouilleux (LISIS, Université Gustave Eiffel), Arnaud Miranda (CEVIPOF, Sciences Po), and David Paternotte (Striges, ULB).

Table-ronde avec Stéphanie Dechezelles (TREE, U. Pau), Jean-Yves Dormagen (CEPEL, U. Montpellier), Eve Fouilleux (LISIS, U. Eiffel), Arnaud Miranda (CEVIPOF, Sciences Po) et David Paternotte (Striges, ULB).

Buisson-Fenet Hélène helene.buissonfenet@ens-lyon.fr
Dechezelles Stéphanie stephanie.dechezelles@univ-pau.fr
Dormagen Jean-Yves jean-yves.dormagen@umontpellier.fr
Fouilleux Eve eve.fouilleux@cirad.fr
Michel Laura laura.michel@umontpellier.fr
Miranda Arnaud arnaud.miranda@sciencespo.fr
Paternotte David David.Paternotte@ulb.be