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Section du Groupe de recherche IPPI – Politique de l’image/Image du Politique
Responsables scientifiques :
Annabelle Allouch (Université de Picardie/CURAPP-ESS) annabelle.allouch@u-picardie.fr
Emmanuelle Reungoat (Université de Montpellier/CEPEL) emmanuelle.reungoat@umontpellier.fr

Le recours à des supports audio-visuels pour enseigner, restituer mais aussi pour écrire la recherche est une pratique en expansion en sciences sociales du politique. La SG propose d’interroger nos pratiques d’écriture, dites alternatives, et de mener une réflexion sur les modalités et les enjeux scientifiques de ces écritures, autour à la fois de la production de la recherche, de la médiation scientifique ou encore de création. Outre ces enjeux scientifiques et éventuellement esthétiques, il s’agit d’objectiver collectivement les ressources requises, les conditions de production et les nécessaires collaborations avec d’autres professionnel·les de la représentation du monde social qu’induisent ces écritures. La SG questionnera donc la manière dont l’image et les écritures alternatives deviennent des instruments d’écriture ou de restitution de la recherche ainsi que les tensions et les enjeux épistémologiques soulevés au cours de ces pratiques. Elle interrogera les tensions ou au contraire les cohérences, de ces formes d’écriture par l’image avec les modalités et les exigences de l’écriture scientifique, et leurs effets sur la recherche.
Cette SG accueillera également des communications interrogeant l’image comme objet et comme outil de production et d’analyse scientifique. Si les historiens ont de longue date constitué l’image en source pour l’enquête (faute le plus souvent d’accès à d’autres types de sources), les politistes ont pour une grande part ignoré les productions audio-visuelles de leurs enquêté·es, faute en partie d’une réflexion sur les enjeux méthodologiques d’une analyse de l’image. On entend également questionner les logiques de constitution de corpus visuels en science politique. Certains chercheurs en sciences sociales du politique ont posé les bases de cadres d’analyse mêlant analyse sémiotique et sociologie de la communication (notamment sur les images fixes Dezé 2007), ou proposant des angles diversifiés (voir Pina, Savarese, 2017 ou Levy, Taïeb 2023). Il apparaît néanmoins encore nécessaire de penser un cadre élargi à l’analyse des images fixes et animés (ou hybrides) en sciences sociales du politique permettant en outre des comparaisons à plus grande échelle. Les images peuvent également être mobilisées comme instrument de la recherche (photo-élicitation, vidéo-élicitation, dessin, cartographie sensible …). Des méthodes plus couramment employées en ethnologie, sociologie ou géographie. La SG propose de déployer l’analyse sur les modalités et les effets de l’usage des images comme outil d’enquête.
Enfin les images semblent prendre une part croissante dans les enseignements, du power point donnant à voir photos et extraits de films ou séries pour incarner une dimension du cours, les écritures alternatives (bandes dessinées, récits visuels, formats hybrides) étant présumées des vecteurs d’attractivité important pour les étudiant·es. La SG s’intéresse donc enfin à ces usages pédagogiques, en interrogeant les conditions d’exercices, les limites et les ficelles de la pédagogie par l’image et les supports audio-visuels.
Depuis plusieurs années, des lieux autonomes de réflexion collective et de formations sur les écritures alternatives se sont également déployés dans différentes disciplines. Plus récemment, les institutions de gouvernement de la recherche ont déployé une série d’incitations notamment financières visant à favoriser le déploiement de nouvelles formes narratives susceptibles d’élargir le public des sciences sociales : systématisation d’un onglet « diffusion » dans les dispositifs d’évaluation des projets de recherche, appels à projets « science et société », « médiation scientifique », « Ma thèse en BD », “Ma thèse en manga”, etc. L’accroissement de ces dispositifs et invitations faites aux chercheur·es de prendre la parole dans la cité en mobilisant des supports culturels non académiques et hors de l’académie, comme la multiplication des travaux faisant le choix d’expérimenter de nouvelles des modalités d’écriture (par exemple en histoire des sensibilités : Foa, 2021), invite à prendre pour objet de recherche ces nouvelles dynamiques de visual turn dans notre discipline.
The use of audiovisual media to contextualize and document research is a growing practice in political social sciences. The SG proposes to examine our so-called alternative writing practices and to reflect on the scientific methods and issues involved in these forms of writing, focusing on research production, scientific mediation, and creation. In addition to these scientific and possibly aesthetic issues, the aim is to collectively objectify the resources required, the conditions of production, and the necessary collaborations with other professionals involved in representing the social world that these forms of writing entail.
This SG will more broadly welcome papers that question the image as an object and as a tool for scientific production and analysis. While historians have long used images as a source for research (most often due to a lack of access to other types of sources), political scientists have largely ignored the audiovisual productions of their research subjects, partly due to a lack of reflection on the methodological issues involved in image analysis. The working group also intends to question the logic behind the constitution of visual corpora in political science. Some social scientists specializing in politics have laid the foundations for analytical frameworks combining semiotic analysis and the sociology of communication (particularly with regard to still images, Dezé 2007), or offering diverse perspectives (see Pina, Savarese, 2017 or Levy, Taïeb 2023). Nevertheless, it still seems necessary to develop a broader framework for the analysis of still and moving (or hybrid) images in the social sciences of politics, which would also allow for comparisons on a larger scale.
For several years now, independent forums for collective reflection and training on alternative forms of writing have also been developed in various disciplines (the FRESHS collective of sociologists – film and research in the humanities and social sciences, Salon FOCUS – annual meetings on alternative forms of writing organized by anthropologists from EHESS, and the MATE-SHS and EASI networks of the CNRS). More recently, research governing institutions have rolled out a series of incentives, particularly financial ones, aimed at promoting the deployment of new narrative forms likely to broaden the audience for social scientists: systematization of a “dissemination” tab in research project evaluation mechanisms, calls for projects on “science and society,” “scientific mediation,” “My thesis in comics,” “My thesis in manga,” etc. The increase in these mechanisms and invitations to researchers to speak out in the city by mobilizing non-academic and non-academic cultural media, such as the proliferation of works choosing to experiment with new forms of writing (for example, in the history of sensibilities: Foa, 2021), invites us to take these new dynamics of the visual turn in our discipline as a subject for research.

Session 1 / Les usages de l’image dans la recherche : apports et enjeux méthodologiques
Discutant à préciser.
Cécile Vigour (Sciences Po Bordeaux, Centre Emile Durkheim), Enjeux et apports de la sociologie visuelle pour l’analyse des rapports aux institutions. Enquête comparée par photo-elicitation en Arizona et en France
Denis Rayer (EHESS, CESPRA/CERAPS), Étudier un festival politique avec des appareils photos jetables : retour d’expérience
Nathan Kraemer (Université de Strasbourg, SAGE), Analyser le film associatif. Retour sur une étude de la production audiovisuelle des associations de lutte contre le sida (1985-2000)
Session 2 / Mobiliser l’image et les formats alternatifs : enjeux épistémologiques et usages pédagogiques
Discutant à préciser.
Christine Cadot (P8 CRESSPA/LABTOP), Cartographie sensible de l’Europe face à l’Ukraine en guerre. Retour sur une mobilité étudiante en contexte de diplomatie culturelle
Adrien Duprielle (Cepel – Université de Montpellier), Vulgariser un travail doctoral en roman graphique : entre enjeux de vulgarisation et besoins de scientificité
Jean-Rafaël Santos-Arbones (ENS de Paris, Département de Sciences Sociales / EESI), Objectiver par la narration ? Sur l’heuristicité des usages de l’image documentaire en science politique

Allouch Annabelle annabelle.allouch@u-picardie.fr
Cadot Christine christine.cadot@univ-paris8.fr
Duprielle Adrien Adrienduprielle3@gmail.com
Kraemer Nathan nathan.kraemer@unistra.fr
Rayer Denis denis.rayer@ehess.fr
Reungoat Emmanuelle emmanuelle.reungoat@umontpellier.fr
Santos Arbones Jean-Raphael jr.santosarbones@eesi.eu
Vigour Cécile c.vigour@sciencespobordeaux.fr