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Section du Groupe de recherche CILEX – Conservatisme, Illibéralisme, Extrême droite
Responsables scientifiques :
Anemona Constantin (IEE) anemona.constantin@hotmail.fr
Bénédicte Laumond (CESDIP) benedicte.laumond@gmail.com
Raphaël Demias-Morisset (ILLSP) ra.morisset@gmail.com

Alors que l’extrême droite est au pouvoir dans plusieurs pays du globe, et en progression électorale dans de nombreux autres, cette section du groupe de recherche CILEX propose de réfléchir aux ressorts de ce succès. Est-ce le résultat d’une recomposition idéologique des droites autour des idées illibérales et conservatrices ? Quel est le rôle de transformations partiellement autonomes du champ politique ? Peut-on identifier des moteurs de radicalisation socioéconomiques, intellectuels, culturels ou médiatiques pour expliquer ce phénomène, au-delà des seules logiques politiques ?
Cette section propose également d’analyser cette recomposition des droites à la lumière des réactions qu’elle suscite parmi les élites politiques, culturelles et médiatiques, traditionnellement attachées au “consensus libéral”, au “cordon sanitaire” et au “front républicain”, ainsi qu’au sein de la “société civile” et des mouvements sociaux.
Pour ce faire, cette section s’articulera autour de deux sessions qui donneront lieu à un dialogue interdisciplinaire et transnational entre des approches de recherche relevant de la sociologie politique, de la théorie politique et de la politique comparée, tout en mobilisant des méthodes et matériaux d’enquête variés.
La première session s’intéresse aux productions intellectuelles alimentant la radicalisation des conservatismes. Il s’agira d’examiner ici la formation et le déploiement d’une idéologie « illibérale » en inscrivant la réflexion dans une perspective diachronique et synchronique attentive à l’hétérogénéité idéologique des droites et aux rivalités entre ses différentes traditions et foyers intellectuels (Varga et Buzogány 2022; Coman, Behr, et Beyer 2023), ainsi qu’aux enjeux normatifs et empirico-conceptuel soulevés par les phénomènes de syncrétisme et d’appropriations d’idées et de discours n’appartenant pas traditionnellement au répertoire idéologique des droites (Della Sudda, 2022 ; Farris, 2022).
La deuxième session s’intéresse à la recomposition idéologique des droites dans les espaces partisans et non-partisans et aux (non)réactions qu’elle suscite. Dans la continuité de la session précédente, il s’agit de comprendre le phénomène de droitisation du champ politique et médiatique (Matonti, 2021 ; Rouban, 2022) en s’intéressant à la dynamique de renforcement mutuel entre la diffusion infrapolitique des idées réactionnaires, notamment antiféministe, et la normalisation de l’extrême droite, en particulier en France – malgré les résistances qu’elle induit (Mayer 1994, Downs 2012, Backes et Lindenberger 2024, Bourne et al. 2024).
At a time when far-right parties hold power in several countries and are making significant electoral advances in many others, this section of the CILEX research group seeks to examine the factors underlying this success. Does it stem from an ideological realignment of the right around illiberal and conservative ideas? What role do partially autonomous transformations of the political field play in this process? Beyond strictly political dynamics, can we identify socio-economic, intellectual, cultural, or media-driven mechanisms of radicalization that help account for this phenomenon ?
This section also proposes to analyse the ideological reconfiguration of the right in light of the responses it has elicited from political, cultural, and media elites traditionally committed to the “liberal consensus,” the “cordon sanitaire,” and the “republican front,” as well as from civil society and social movements.
The section is structured around two sessions designed to foster interdisciplinary and transnational dialogue across political sociology, political theory, and comparative politics, drawing on a wide range of methods and empirical materials.
The first session focuses on the intellectual production underpinning the radicalization of contemporary conservatisms. It examines the emergence and diffusion of “illiberal” ideology through a diachronic and synchronic lens that foregrounds the ideological heterogeneity of the right and the competition among its distinct traditions and intellectual centres (Varga and Buzogány 2022; Coman, Behr, and Beyer 2023). Particular attention is paid to the normative and conceptual challenges raised by processes of ideological syncretism and by the appropriation of ideas and discourses not traditionally associated with right-wing ideological repertoires (Della Sudda 2022; Farris 2022).
The second session examines the ideological reconfiguration of the right within partisan and non-partisan arenas and the responses—or lack thereof—that it has generated. Building on the first session, it seeks to account for the broader rightward shift of political and media fields (Matonti 2021; Rouban 2022) by analysing the dynamics of mutual reinforcement between the infrapolitical circulation of reactionary ideas—particularly antifeminist discourses—and the normalization of the far right, especially in the French context, despite the resistance this process has provoked (Mayer 1994; Downs 2012; Backes and Lindenberger 2024; Bourne et al. 2024).

Session 1 / Les sources intellectuelles de la radicalisation des conservatismes
Juliette Faure (CERAPS), Cosmisme russe, technologie et droites radicales – Écologies idéologiques et circulations transnationales
Sarah Moretti (EHEHI, CERREV), Qui défend ‘’l’Occident’’ ? Un répertoire rhétorique disputé au sein des droites radicales ibéro-américaines
Maureen Bal (IRM), Un (éco)féminisme intégral ? Penser l’appropriation stratégique des concepts clés du féminisme par les droites
Alfredo Joignant (COES), L’imaginaire illibéral des NRx : des lumières sombres jusqu’aux techno-réactionnaires de la Silicon Valley
Session 2 / La recomposition idéologique des droites et les (non)réactions qu’elle suscite
Florence Haegel (CEE) et Vincent Martigny (ERMES), L’Assemblée Nationale : laboratoire de la recomposition des droites françaises ?
Tristan Boursier (CEVIPOF, UQAM), Véronique Pronovost (UQAM), Ophélie Lacroix (UQAM), L’intersection des haines : comprendre les mutations au sein des mouvements réactionnaires
Noémie Piolat (CEE), Quand les normes de genre polarisent : ‘’sexisme relatif’’ et vote pour l’extrême droite en Europe
Emilien Houard-vial (CESDIP) et Bénédicte Laumond (CESDIP), Se mobiliser localement contre l’extrême droite : la difficile émergence de stratégies d’opposition

Bal Maureen maureen.bal@u-bordeaux.fr
Boursier Tristan tristan.boursier@umontreal.ca
Constantin Anemona anemona.constantin@hotmail.fr
Demias-Morisset Raphaël ra.morisset@gmail.com
Faure Juliette juliettedfaure@gmail.com
Gianoncelli Eve evegianoncelli@gmail.com
Haegel Florence florence.haegel@sciencespo.fr
Houard-Vial Emilien emilien.houardvial@sciencespo.fr
Joignant Alfredo alfredo.joignant@mail.udp.cl
Lacroix Ophélie lacroix.ophelie@courrier.uqam.ca
Laumond Bénédicte benedicte.laumond@gmail.com
Martigny Vincent Vincent.MARTIGNY@univ-cotedazur.fr
Moretti Sarah sarah.moretti@casadevelazquez.org
Piolat Noémie noemie.piolat@sciencespo.fr
Pronovost Véronique vpronovost@gmail.com
Sapiro Gisèle gisele.sapiro@ehess.fr