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Section du groupe de recherche SPEP – Sociologie politique et économie politique
Responsables scientifiques :
Sarah Kolopp (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) sarah.kolopp@univ-paris1.fr
Yohann Morival (Université de Lille) yohann.morival@univ-lille.fr

Dans la perspective du GR, cette section du groupe de recherche SPEP accueille des contributions qui ambitionnent de croiser la sociologie politique et l’économie politique à partir d’approches de terrain centrées sur des objets économiques. Elle en organise le dialogue autour de deux axes : 1) qui gouverne l’économie capitaliste ? et 2) les matérialités de l’économie politique.
Axe 1 : Qui gouverne l’économie capitaliste ?
Cet axe a vocation à accueillir des papiers sur les formes, acteurs et échelles du pouvoir sur l’économie capitaliste. Si le capitalisme a toujours été « chaussé de bottes de sept lieues » (Braudel 1979), la mondialisation économique et financière des années 1990 a contribué à transformer les configurations de pouvoir sur l’économie. Elle a remis sur le tapis la question du rôle des États dans la régulation de processus économiques qui débordent souvent offshore. Elle s’est, surtout, accompagnée de l’affirmation du rôle politique joué par une grande variété d’acteurs économiques (patrons, multinationales, organisations patronales, clubs, think tanks etc.) à différentes échelles (locales, nationales, européenne, transnationale), dans le cadre de relations multiples d’interdépendance (de coopération, de délégation, de partenariat, mais aussi parfois de contrainte) avec des acteurs revendiquant un rôle de puissance publique.
Ces transformations nous invitent à nous re-saisir, avec les outils de la sociologie du politique, de la question de « qui gouverne » l’économie globale, i.e des configurations de pouvoir qui impriment une direction aux dynamiques de l’économie, au-delà des clivages ordinaires entre État et marché, public et privé, national et international. Les contributions à cet axe pourront explorer ces nouveaux assemblages politiques à partir de différentes entrées (par acteurs ou institutions ; via des assemblages instrumentaux ; par secteur de politique publique ; par des réseaux d’acteurs etc.).
Axe 2 : Saisir les matérialités de l’économie politique
La question de la matérialité de l’économie et de ses enjeux politiques est au cœur de plusieurs programmes de recherche aujourd’hui en économie politique. Inspirés par les STS, le matérialisme écologique, la géo-économie ou encore les approches réalistes en RI, ces travaux s’intéressent aux infrastructures de la globalisation, aux limites écologiques du capitalisme, aux circuits de l’argent et des matières premières, aux lois de la distribution des richesses, ou encore aux dynamiques d’accaparement des ressources et des technologies. Ils donnent à voir les significations politiques et les rapports de force imprimés dans et par l’économie matérielle. Comment une sociologie politique attentive aux acteurs peut-elle se saisir du pouvoir des choses, des techniques, des circuits ou des lois de la macro-économie ? Comment articuler variables techniques ou matérielles, variables sociologiques et variables politiques ? Cet axe a vocation à accueillir les contributions qui s’interrogent, à partir de cas empiriques concrets, sur les relations entre matérialité de l’économie, pouvoir et jeux d’acteurs.
In line with the theoretical ambitions of the SPEP research group, this mini-conference welcomes contributions which bring the perspectives of political sociology and political economy to bear on the economy. It organizes the dialogue between these two disciplinary perspectives around two themes: 1) who governs the capitalist economy? and 2) how can social sciences capture the materialities of political economies?
Panel 1: Who governs capitalism?
This panel explores the issue of who exercises power over contemporary capitalism. While capitalism has always been “shod with seven-league boots” (Braudel 1979), the economic and financial globalization of the 1990s drastically transformed power arrangements over capitalism. How states can regulate economic processes that often extend offshore has become a pressing academic issue. Economic globalization has also translated into the rising political role of a wide variety of economic actors (multinational corporations, business leaders, corporate networks, clubs and think tanks etc.) in local, national, European and transnational policymaking processes, with varying relationships with public authorities (cooperation, delegation, coercion, partnership etc.).
These transformations invite us to revisit, using the tools of political sociology, the classical question of “who governs” the global economy and to discuss common sense dualisms between state and market, public and private, national and international. Contributions to this panel may explore these new political assemblages from different viewpoints, focusing on social and professional groups and networks or on economic organizations, instrumental assemblages, policy sectors etc.
Panel 2: How can social sciences capture the materialities of political economies?
The materiality of capitalism and its political implications have inspired many research agendas in political economy. Anchored in STS, ecological materialism, geo-economics, or realist approaches in IR, existing academic works have focused on the infrastructures of globalization, on monetary and financial channels, on the dynamics of resource grabbing, or on the laws of wealth distribution to reveal the political meanings and power relations imprinted in and by the material economy. How can a political sociology attentive to social and professional groups adequately capture the power of things, techniques, circuits, and/or the laws of macroeconomics? How can technical or material variables, sociological variables, and political variables be articulated? This panel welcomes contributions that draw on empirical cases to examine the relationships between material capitalism, power, and agency.

Session 1 / Qui gouverne l’économie capitaliste ?
Discutant.e : TBA
Médéric Martin-Mazé (Université Paris 8), Conversion, régression, désajustement ? Trois hypothèses sur les échecs à gouverner l’économie capitaliste
Manuel Rolland (EHESS), Les conditions politiques du ‘verrou Bolloré’. La monopolisation du transport maritime dans le champ de la Françafrique
Héloïse Fioleau (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Quand rendre les crypto-actifs gouvernables implique de changer d’approche réglementaire : la montée en puissance des agences européennes ?
Jérôme Deyris (Sciences Po Paris), Faucons budgétaires : l’interférence de la Fed dans les affaires fiscales
Session 2 / Saisir les matérialités de l’économie
Discutant.e : TBA
Antonin Thyrard (Université Sorbonne Paris Nord), FI Compass, ou les soutiers de la financiarisation des politiques locales de l’UE
Marlène Rosano-Grange (Sciences Po Bordeaux), De Bagdad à Bruxelles. Sociologie matérialiste des institutions européennes pendant la guerre en Irak de 2003
Sabine Dini (Université de Clermont Auvergne), Gouverner par les objets. Économie politique de la coopération migratoire asymétrique à Djibouti
Pablo Cussac Garcia (Casa de Velázquez), La bonne, la brute et l’aubaine. Moralisation des dépenses publiques et gouvernement des inégalités dans la crise énergétique

Cussac Garcia Pablo pablo.cussac@sciencespo.fr
Deyris Jérôme jerome.deyris@sciencespo.fr
Dini Sabine sabine.dini@uca.fr
Fioleau Héloïse heloise.fioleau@univ-paris1.fr
Kolopp Sarah sarah.kolopp@univ-paris1.fr
Martin-Mazé Médéric mederic.martin-maze@univ-paris8.fr
Morival Yohann yohann.morival@univ-lille.fr
Rolland Manuel manuel.rolland@ehess.fr
Rosano-Grange Marlène marlene.rosanogrange@sciencespo.fr
Thyrard Antonin antonin.thyrard@univ-paris13.fr