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Démocraties, autoritarismes, illibéralismes (DAI)

Le groupe DAI se propose de développer une réflexion sur les ressemblances et les distinctions opérables entre démocraties et autoritarismes, ainsi que sur le flou de leurs frontières en se penchant notamment sur la notion d’illibéralisme. Il vise à créer un dialogue entre chercheur.es et jeunes chercheur.es spécialisé.es sur les questions de régime politique, mais qui travaillent dans le cadre de sous-disciplines ou sur des aires culturelles distinctes. Il s’agira donc de discuter collectivement de la pertinence des catégories classiques, de la question des critères qui peuvent aider à les définir, ainsi que d’envisager les concepts de plus en plus nombreux qui ont surgi ces dernières années en les confrontant à des terrains spécifiques. Ce groupe vise ainsi à contribuer à éclairer les mutations des régimes politiques contemporains, notamment leur travail constant de légitimation et d’imposition de l’autorité, à partir d’une analyse synchronique, diachronique, mais aussi comparative.

Co-responsables du groupe :

  • Gwendal Châton, MCF en science politique (Université de Rennes, IDPSP)
  • Jérôme Doyon*, professeur junior en science politique (Sciences Po, CERI)
  • Clémentine Fauconnier*, MCF en science politique (Université de Haute-Alsace/SAGE)
  • Marie-Laure Geoffray, MCF en science politique (Université Sorbonne Nouvelle)
  • Marlène Laruelle, Research Professor (The George Washington University)
  • Bruno Ronchi, doctorant en science politique (Université de Rennes, IDPSP)
  • Nicolas Tardits, doctorant en science politique (Université Paris-Nanterre/ISP)

* coordinateurs du groupe

Contacts :

Ce groupe de recherche s’inscrit dans le prolongement du travail réalisé précédemment par le groupe « Démocraties, autoritarismes ». Celui-ci visait à développer une réflexion collective sur la démarche classificatoire, dont les apports et limites font l’objet de nombreux débats en science politique, notamment en France, mais aussi sur les rapports d’opposition ou de rapprochement entretenus par les deux grands types de régimes politiques contemporains.

Prolongeant cette perspective, le groupe DAI sera attentif à la complexification des situations et trajectoires politiques, il s’intéressera en particulier à la problématique générale de l’« hybridation » des régimes politiques. L’objectif est notamment de mieux saisir les régimes intermédiaires se situant entre l’idéal-type de la démocratie libérale d’un côté et celui de l’autoritarisme fermé de l’autre. C’est la raison pour laquelle il intègre désormais à sa réflexion le concept d’illibéralisme, qui connaît un succès croissant dans la littérature internationale pour qualifier des régimes qui ne correspondent ni des démocraties libérales classiques ni des autoritarismes électoraux strictes.

Outre la prise en compte du caractère foisonnant des recherches autour de l’illibéralisme dans la science politique anglophone (ce dont témoignent par exemple la publication en 2022 du Routledge Handbook of Illiberalism et le lancement récent du Journal of Illiberalism Studies), mais aussi de son importation rapide dans la science politique française (ce dont témoigne sa mobilisation dans plusieurs sections thématiques du Congrès 2022 de l’AFSP), l’adjonction de ce concept à l’intitulé de ce groupe présente un double avantage.

D’une part, dans une optique comparative, il permet d’étendre la réflexion sur les ressemblances et les distinctions opérables entre démocraties et autoritarismes, sur le flou de leurs frontières, et plus généralement sur les transformations des mécanismes d’imposition de l’autorité et de légitimation, le tout à partir d’une série d’objets particulièrement investis par la littérature sur l’illibéralisme : les trajectoires étatiques, les mutations des systèmes partisans, l’affaiblissement des institutions parlementaires, la transformation des lignes de clivages, la cooptation de nouvelles élites, la politisation des enjeux sociaux et culturels (éducation, religion, famille, sexualité, avortement, etc.), les rapports qu’entretiennent le champ politique et différentes sphères comme le judiciaire, le religieux ou le militaire, les politiques migratoires ou encore les reconfigurations idéologiques du conservatisme contemporain.

D’autre part, son application à des contextes aussi différents que la France du XIXe siècle, les régimes issus de la troisième vague de démocratisation ou encore les États-Unis contemporains offre des possibilités d’analyses synchroniques et diachroniques fructueuses. Cela permet notamment d’engager une discussion avec des travaux mobilisant d’autres concepts avec lesquels l’illibéralisme entretient des frontières poreuses, que ce soit le « populisme », « l’érosion démocratique », le « cultural backlash » ou encore les « régimes hybrides ».

Cette perspective générale inscrit donc le groupe DAI dans un souci d’interdisciplinarité et de pluridisciplinarité : seront mobilisées la sociologie politique, la sociohistoire du politique, la politique comparée et la théorie politique, dont les apports pourront être complétés par ceux de l’histoire et du droit constitutionnel.

L’un des objectifs de ce groupe « Démocraties, autoritarismes, illibéralismes », à côté du travail proprement intellectuel, est de soutenir la constitution d’un réseau de jeunes chercheurs associant les nombreux doctorant.e.s concerné.e.s par ces objets et dont la mise en relation reste limitée en raison de la fragmentation en sous-disciplines et aires culturelles différentes. Ce réseau aura aussi pour but le développement d’une réflexion collective sur l’évolution de terrains rendus de plus en plus difficiles dans un nombre grandissant de pays.

  • Organisation d’une table-ronde de lancement lors des Rencontres de la science politique (juin 2023)
  • Organisation d’une section thématique lors du Congrès de Grenoble de l’AFSP (juillet 2024)