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Compétition politique

Le groupe « compétition politique » a pour objectif de rendre compte des permanences et des transformations de la lutte pour le pouvoir politique en démocratie. Pour ce faire, il a pour vocation de faire dialoguer des travaux qui du fait de la spécialisation des sous-disciplines en science politique n’ont pas suffisamment l’occasion de discuter ensemble : d’un côté, des travaux liés à l’« offre politique », à la sociologie des partis, du personnel politique, et des programmes politiques, et, d’un autre côté, ceux en lien avec la « demande politique », la formation des attentes, les enjeux et les comportements électoraux.

 

Le but de ce groupe est d’analyser les permanences et les mutations de la compétition politique démocratique contemporaine. Il s’agit de penser conjointement les évolutions des partis politiques, des conflits partisans et intrapartisans, des enjeux électoraux et des électorats. Le constat d’un déclin électoral des grands partis de gouvernement s’impose désormais dans la littérature. Il est accompagné de l’affirmation de nouvelles organisations, qui adoptent in fine la forme « parti ». En France, l’effondrement du Parti socialiste et l’émergence de La République en Marche offrent un exemple emblématique de ces bouleversements. Mais on peut aussi penser au développement de Syriza en Grèce, à Podemos en Espagne, au Mouvement cinq étoiles en Italie. En Allemagne, où les partis de gouvernement ont semblé mieux résister que d’autres à cette érosion, la progression de l’Alternative für Deutschland ébranle la position du SPD et de la CDU. Ailleurs, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, ce sont des leaders qualifiés de « populistes » qui ont accédé au pouvoir grâce aux formations gouvernementales établies et qui bousculent aujourd’hui les codes et les pratiques routinières de la compétition politique.

Ce groupe thématique a aussi pour objectif de confronter les transformations de la compétition politique aux cadres d’analyse établis ou plus récents. Comment expliquer la dynamique de vote pour les outsiders et, plus largement, quels facteurs expliquent le comportement électoral vis-à-vis des partis traditionnels et des nouveaux acteurs ? Comment expliquer les différences internationales dans l’ampleur du déclin des grands partis de gouvernement et dans les types d’acteurs qui en bénéficient ? Les transformations spectaculaires récentes reflètent-elles un bouleversement conjoncturel ou révèlent-elles des tendances à l’œuvre de long terme ?

Analyser ces recompositions du champ politique comporte plusieurs implications.
Tout d’abord, cela demande de convoquer des concepts et analyses qui appartiennent à des sous-disciplines différentes de la science politique (la sociologie du vote et l’analyse des comportements électoraux, d’un côté, et la sociologie des partis politiques de l’autre). Ce décloisonnement va de pair avec la nécessité de faire dialoguer des traditions de recherche sur le vote et les partis politiques qui n’ont que peu l’habitude de se côtoyer. On pense aux analyses organisationnelles et sociétales des partis politiques. En effet, le positionnement des partis dans la compétition politique ne peut se comprendre indépendamment d’une analyse rigoureuse de leur implantation électorale, de leur position dans le système politique, des liens plus ou moins objectivés qu’ils ont noués avec d’autres organisations politiques et sociales et des rapports de concurrence en leur sein.
Ensuite, il convient d’octroyer à ce groupe une forte dimension internationale. L’occurrence simultanée de transformations importantes dans de nombreuses démocraties rend la comparaison internationale à la fois intéressante et urgente. Enfin, et en parallèle, il semble nécessaire d’amorcer une réflexion sur le renouvellement des méthodes d’enquêtes dans le domaine de la sociologie électorale et des partis politiques. A côté des méthodes classiques, on peut se questionner par exemple, sur les apports potentiels des « big data » dans le domaine de l’analyse électorale et des partis politiques.

 

Responsables scientifiques :

  • Florent GOUGOU, Maître de conférences à Sciences Po Grenoble, Pacte florent.gougou@iepg.fr
  • Isabelle GUINAUDEAU, Chargée de recherches CNRS au Centre Emile Durkheim (Sciences Po Bordeaux), actuellement boursière de la fondation Humboldt à l’Université de Stuttgart, Allemagne i.guinaudeau@sciencespobordeaux.fr
  • Anne-Sophie PETITFILS, Docteure en science politique, rattachée au laboratoire ERMES, a-s.petitfils@wanadoo.fr

 

 

3 juillet 2019 / CONGRES AFSP : Le groupe Compétition politique a organisé l’une des Sections thématiques du 15ème Congrès national de science politique.

Le groupe « Compétition politique » a proposé et animé une section thématique intitulée « Transformations des conflits et des partis politiques en Europe ». Cette section nous a permis de développer, en croisant plusieurs perspectives théoriques et empiriques, des analyses des transformations actuelles de la compétition politique en Europe, marquées par le déclin électoral des grands partis de gouvernement et l’apparition de nouvelles organisations politiques. La section s’est tenu sur deux sessions le 3 juillet.

 

Aucun événement organisé par ce groupe.