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Démocraties, autoritarismes

Le groupe propose d’étudier les rapports d’opposition (et de rapprochement) entre les deux grandes catégories de régimes – démocraties et autoritarismes – mais également leur typification interne. Il souhaite revenir sur la façon dont ces catégories se sont constituées et se sont transformées dans le temps (d’abord en philosophie politique, puis en droit et en science politique), tout en étant attentif aux nombreuses critiques dont elles sont l’objet. Il invite ainsi à travailler les divers critères de différenciation des régimes et leurs usages au cours de l’enquête.

 

La science politique anglophone offre une production extensive de catégories et de sous-catégories des régimes démocratiques et autoritaires : « démocratie à adjectifs », « autoritarisme compétitif », « autoritarisme politiquement fermé », « semi-démocratie », etc. La science politique française, quant à elle, prend souvent ses distances avec cette classification. Les critiques sont nombreuses : essentialisme, absence d’enquête qualitative, caractère macro et désincarné de la comparaison, modélisation simplificatrice, ambition évaluative et normative. Notre groupe prend au sérieux l’opération de catégorisation des régimes qui ne peut être réductible à ces faiblesses. Si elle peut voiler la compréhension des régimes dans toute leur complexité, il parait difficile, sinon impossible, de rendre compte de leur diversité historique et géographique sans démarche classificatoire. On s’attache ici à deux situations distinctes.

D’une part, le groupe se penche sur les critères d’identification – et de différenciation – des régimes en situation de routine politique. Il convient ici de revenir aux auteurs classiques afin de saisir précisément le caractère (non) innovant des travaux contemporains. A propos par exemple de la notion très répandue d’« hybridité », il semble pertinent d’évoquer Aristote qui avait déjà pensé la « mixité » d’un régime politique ; ou encore, de mettre en regard le concept d’autoritarisme – dominant depuis le travail devenu classique de J. Linz (1964) – et celui d’autocratie qui prévalait dans la littérature de l’entre-deux-guerres (H. Kelsen, L. Loewenstein, H. O. Ziegler, E. Voegelin). Ce détour historique permet d’analyser à la fois la transformation des régimes « non démocratiques » et l’évolution des critères qui ont fondé leur différenciation avec les régimes démocratiques.

D’autre part, les situations de changement de régime, de bouleversement de règles du jeu retiennent notre attention. Le courant de la « transitologie », et ses détracteurs, mais également divers travaux récents conceptualisant le « democratic backsliding », la « dé-démocratisation » ou l’ « autocratization » entrainent une multiplication des catégories qui vise à saisir aussi bien la spécificité d’un type de régime que les modalités mêmes du changement. Ainsi, il ne s’agit plus seulement de distinguer les régimes, mais de comprendre les dynamiques qui les font évoluer. L’ambivalence relevée par Ian Hacking sur les mots en « tion » qui rendent compte « de la manière dont on atteint le but et le résultat » est particulièrement stimulante : il s’agit alors de s’interroger sur le point de départ et d’arrivée, sur ce qui change et perdure, et bien sûr sur la séquence temporelle du changement politique.

In fine, dans les deux types de situation politique, il convient de s’arrêter sur les méthodes d’enquête ajustées et sur les diverses façons dont les chercheurs conçoivent la place de la qualification des régimes et des critères de leur identification au cours de leurs recherches.

 

Responsables scientifiques :

  • Myriam AIT-AOUDIA, Professeure des Universités en science politique, Université Picardie Jules Verne, membre du laboratoire Curapp-Ess myriamait25@gmail.com
  • Clémentine FAUCONNIER, ATER en science politique, université de la Sorbonne-Paris 1, membre du CESSP clementine.fauconnier@sciencespo.fr
  • Alexandra GOUJON, Maître de conférences en science politique, Université de Bourgogne Franche-Comté, membre du CREDESPO alexandra.goujon@u-bourgogne.fr

 

ACTUALITE Le groupe de recherche AFSP « Démocraties, autoritarismes » lance un appel à communications sur « Hybridation et différenciation des régimes politiques » pour la session de 3h qu’il organisera lors des 2e Rencontres de la science politique début juillet à Nanterre.
La date limite de l’appel à communications est fixée au 15 avril 2020.
Voir l’appel

Juillet 2019 / CONGRES AFSP : Le groupe Démocraties, autoritarismes a organisé l’une des Sections thématiques du 15ème Congrès national de science politique.

Le groupe a proposé une section thématique intitulée «Démocraties et autoritarismes : la démarche classificatoire en politique comparée » structurée autour de 3 ordres de questions :
1) Penser la classification savante de manière synchronique et/ou diachronique
2) La classification dans l’enquête
3) Classification politique, classification savantePour retrouver le programme détaillé des interventions…

Juillet 2020 / Atelier lors des  « Rencontres de la Science politique » à Nanterre les 2-3 juillet 2020.

Le groupe de recherche AFSP « Démocraties, autoritarismes » lance un appel à communications sur « Hybridation et différenciation des régimes politiques » pour la session de 3h qu’il organisera lors des 2e Rencontres de la science politique début juillet à Nanterre. Lancé en juillet 2019 lors du congrès de Bordeaux, ce nouveau réseau de recherche propose d’étudier les rapports d’opposition (et de rapprochement) entre les deux grandes catégories de régimes – démocraties et autoritarismes – mais également leur typification interne. Il souhaite revenir sur la façon dont ces catégories se sont constituées et se sont transformées dans le temps (d’abord en philosophie politique, puis en droit et en science politique), tout en étant attentif aux nombreuses critiques dont elles sont l’objet. Il invite ainsi à travailler les divers critères de différenciation des régimes et leurs usages au cours de l’enquête.
La date limite de l’appel à communications est fixée au 15 avril 2020.
Voir l’appel

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