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Migration, politisation, mobilisation

Ce groupe de travail rassemble des politistes travaillant sur un objet en pleine expansion : le rapport au politique en migration. Parce que l’étude des processus de politisation et de mobilisation en migration déborde du cadre des frontières et recouvre des territorialités et des temporalités diverses, ce groupe propose d’être un espace de décloisonnement théorique et spatial dans un champ encore très marqué par les biais du nationalisme méthodologique. Il s’agira ainsi de réfléchir collectivement tant aux effets du temps et de l’espace sur les engagements que de faciliter une démarche comparative et une appréhension globale de mobilisations souvent pensées de manière fragmentée et restreintes à leurs formes les plus visibles. Enfin, ce groupe souhaite être un espace commun de discussions méthodologiques et réflexives tant sur nos pratiques au sein de terrains souvent contraints que sur les effets de nos travaux dans un contexte de sécurisation des migrations.

Co-responsables du groupe :

  • Marie Bassi, maîtresse de conférences (Université Côte d’Azur-ERMES).
  • Pauline Brücker, chercheuse postdoctorante (CRESPPA-GTM, Université paris 8)
  • Hélène Le Bail, chargée de recherche CNRS (Sciences Po-CERI).
  • Mathilde Zederman, chercheuse postdoctorante FRS-FNRS (Université libre de Bruxelles)

Contacts : 

Pauline Brücker po.brucker@gmail.com
Mathilde Zederman mathildezederman@hotmail.fr

Ce groupe de recherche se donne pour objectif de rassembler les politistes travaillant au croisement des études migratoires, des mobilisations et des processus de politisation, à partir d’une thématique en pleine expansion : le rapport au politique en migration. Il s’agit ainsi de favoriser le rapprochement de chercheur·es partageant un intérêt tant théorique qu’épistémologique et méthodologique autour de cette thématique, mais ne bénéficiant que de peu d’espaces communs de travail.

En effet, cet objet pâtit d’une multitude de contraintes qui rendent son appréhension souvent fragmentée : catégories d’action publique diverses qui divisent les groupes sociaux ; mobilisations ou formes de résistances infrapolitiques des migrants qui sont maintenues dans l’ombre ; mémoires des luttes parcellaires et invisibilisées ; trajectoires de politisation et d’engagement se déployant de manière complexe au gré des parcours migratoires et du temps long de l’exil, etc. En témoigne la sectorisation des mobilisations étudiées dans la majorité des travaux en science politique portant sur les dimensions politiques des migrations – telles que les recherches sur les luttes des travailleurs migrants, des enfants d’immigrés, des diasporas mobilisées vers leur pays d’origine ou encore des « soutiens » aux migrants issus de la société civile. Ces distinctions catégorielles fragmentent une appréhension globale de ces modalités de politisation et de mobilisation, du reste souvent restreintes aux formes visibles d’actions collectives. À cela s’ajoutent des lignes de fractures spatiales et de division du travail empirique : au « Nord » des mobilisations plus visibles qu’au « Sud » où le politique prend souvent des allures détournées dans des régimes autoritaires.

Avec pour objectif d’appréhender ensemble ces différentes facettes du politique en migration, la première vocation de ce groupe de travail est d’offrir un espace de dialogue et de réflexion dépassant les sous-champs disciplinaires et les distinctions aréales caractérisant trop souvent son étude. Il propose d’être le lieu du décloisonnement théorique et spatial dans un champ encore très marqué par les biais du nationalisme méthodologique. L’étude des processus de politisation et de mobilisation en migration déborde en effet du cadre des frontières et recouvre des territorialités diverses qui interrogent tant les effets du temps que de l’espace sur les engagements.

En premier lieu, elle demande de mettre en regard les parcours migratoires dans les pays d’accueil avec les formes de regroupement et de mobilisation qui prennent place dès le pays d’origine, mais aussi tout au long des itinéraires migratoires, dont l’allongement révèle d’autant plus l’importance de la dimension temporelle du rapport au politique. En deuxième lieu, elle suppose de mettre en commun et de confronter des questionnements à partir d’une grande diversité historique et géographique d’expériences de politisation et de mobilisation, de penser ces expériences en contextes démocratique et autoritaire, et d’envisager la circulation et l’évolution des pratiques et des représentations politiques dans ces contextes hétérogènes. En troisième lieu, une telle étude nécessite une conception large de la politisation, entendue comme un processus, sensible aux effets d’expériences sociales longitudinales et transnationales, faites de ruptures, de continuités et de circulations ; ainsi qu’une compréhension des mobilisations attentive à leur dimension transnationale, et dans laquelle le rapport au temps et à l’espace complexifie les carrières militantes, l’évolution des représentations politiques ou encore la question de la transmission des mémoires des luttes en migration. Dans cette perspective, l’approche comparative ici proposée est essentielle pour offrir un regard transversal sur les processus de politisation et de mobilisation en contexte migratoire.

La deuxième vocation de ce groupe de travail est d’offrir un espace de discussions méthodologiques et épistémologiques. En ce qui concerne les enjeux de méthode, nous souhaitons interroger en particulier les défis qui se posent à des terrains contraints, dans un contexte de sécurisation des enjeux migratoires dans différents pays du Nord comme du Sud. Ce groupe souhaite aussi être un lieu de réflexivité sur nos pratiques notamment vis-à-vis de la production du savoir sur les migrations et son rapport à la pensée d’Etat. À l’instar du terme « exilé » qui s’est imposé dans une grande partie des travaux sur les migrations ainsi que dans le champ militant depuis les années 2010, et dont les effets restent à interroger, ce groupe portera une attention centrale à la question des catégorisations et des catégories mobilisées dans nos travaux. Enfin, les enjeux éthiques et de réflexivité autour du rôle particulier du/de la politiste dans la cité travaillant sur les migrations nécessitent d’être abordés collectivement. Dans un contexte de sécurisation et de médiatisation autour de ces enjeux, l’ambivalence – entre nécessité et difficulté – de la prise de parole publique exige un espace commun de réflexion que ce groupe de travail se propose d’offrir.

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